Ma come sei bella , Sardegna !

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Avant toute chose, je dois vous informer qu’un minimum de pré-requis est indispensable pour un voyage sur cette île enchanteresse qu’est la Sardaigne.

Je vous convie ainsi à valider les points suivants :

  • vous ne devez pas être allergique au bleu, à toutes ses infinies nuances possibles et rêvées, et plus particulièrement au turquoise
  • vous devez pouvoir être capable d’admirer votre reflet dans la mer sans vous en offusquer (rappelez-vous, c’était un vrai problème pour moi, il n’y a pas si longtemps que cela)
  • vous aimez à la folie, voire passionnément, l’astre suprême qu’est le soleil
  • vous êtes friands de paysages spectaculaires, dessinés avec une main de maître, par la Mère Nature, entre ciel, terre et mer
  • vous aimez faire votre rebel et sortir des sentiers battus, braver les guides touristiques
  • vous n’êtes pas jaloux (grosse concentration de belles créatures en string ou en moule-quéquette)
  • vous parlez l’italien (seule et unique langue connue par les sardes, en plus du sarde, bien sûr)

Vous voilà donc prêts à décoller vers ce joyau de la Méditerranée, située au sud de la Corse, avec laquelle nous avons d’ailleurs retrouvé énormément de similitudes.

Quand nous nous sommes penchés, en janvier, sur le choix de notre destination des grandes vacances, nous avions tout d’abord songé de nouveau aux Cyclades, que nous avions tellement affectionnées l’été dernier, destination préférée de nos enfants jusqu’à présent.

Mais, avec l’amoureux, nous avons à coeur de choisir des destinations qui nous sont inconnues à tous les deux, ce qui était le cas pour la Sardaigne.

Cinq autre raisons entrent toujours en considération dans notre choix:

  • beau temps garanti, 30 degrés minimum
  • budget raisonnable, famille nombreuse oblige
  • durée du voyage en avion tolérée par nos farfadets
  • alternatives à la plage, culturelles et historiques
  • destination hors de la France (houhou, je vous entends déjà huer), pour un dépaysement total

Après une petite étude de marché, la lecture de blogs divers et d’autres papiers tissés sur la toile, ces 5 critères se sont vite retrouvés cochés et, séduits par les alléchantes photos offertes par ses nombreux visiteurs, notre choix s’est porté sans aucun doute sur la Sardaigne.

Nous avons planté notre tente (comprendre loué une petite bicoque) sur le Golfe d’Orosei, situé à environ 80 kilomètres au sud d’Olbia, sur la côte Est.

1H30 au départ de Paris, nous aurons suffit pour rejoindre l’île de beauté et atterrir à Olbia.

Il était pour nous hors de question de nous retrouver sur la Costa Esmerala, lieu tant prisé par les touristes.

Si nous fuyions Paris et sa jungle, ce n’était évidemment pas pour nous retrouver avec des milliers d’autres voyageurs en mal de soleil, nez sur la ficelle de Paola, une demi-fesse sur la serviette de Maurizio.

Nous préférons de loin les lieux peu fréquentés, nous aimons à emprunter les chemins de terre, n’avons pas peur de nous retrouver seuls sur la plage (oui, nous sommes adeptes du nudisme).

La curiosité nous a tout de même poussés à monter dans la voiture et aller voir ce qui se passait chez les riches et nous n’avons pas regretté un seul instant notre choix, je vous laisser juger par vous même :

San Teodoro
San Teodoro

Si la Sardaigne est très réputée pour ses plages paradisiaques, l’arrière-pays n’en demeure pas moins charmant et mérite d’être visité.

Et pour cela, une voiture est indispensable, à moins que vous ne souhaitiez tourner en rond dans votre resort.

Mais revenons à la mer.

Ce qui nous revient à l’esprit en permanence, c’est la beauté de sa côte, creusée par d’innombrables grottes, ses baies, ses vertigineuses gorges venant mourrir sur cette eau transparente, d’un bleu caraïbéen qui met tous vos sens en émoi, si, si.

En Sardaigne, on se nourrit de la mer, rien qu’en la regardant.

Justement pour découvrir toutes les nuances de bleu tant attendues, nous avons loué un bateau à deux reprises, de façon à pouvoir explorer le maximum de criques, plages secrètes, jeter l’encre où bon nous semblait et nous offrir sans pudeur à cette mer qui n’attend qu’à être bue.

Nous avons révisé toutes nos onomatopées:

Piscine Di Venere
Piscine Di Venere

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Les fonds marins et la transparence de l'eau sont une invitation au snorkling
Les fonds marins et la transparence de l’eau sont une invitation au snorkeling

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Quand je vous parlais de la transparence:-)
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Hommage à mon maillot de bain de vieille, selon ma maman
Mer d'huile
Reflet dans la mer d’huile
Nous avons jeté l’encre ici pour rejoindre la petite plage, derrière la grotte
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Tant de beauté invite à la méditation
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Guimauve Time

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La vue en face de notre chez nous
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Ne te moque pas
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Ballade en mer
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Dans un virage, tu t’arrêtes, et tu aperçois cette crique de folie (Cala Golone)

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Je pourrai encore vous coller ici 2000 photos, que je ferai encore « ouaou » « oohohohoh » « uhuhuhuh », tellement c’est beau.

Les grottes marines seront appréciées par les amateurs de plongée, qui adoreront explorer les incroyables formations granitiques de ces immenses blocs de roche.
La Sardaigne, c’est  une beauté sauvage, brute et caractérielle, que vous pourrez contempler en parcourant ses villages escarpés, au sommet des montagnes, surplombant fièrement la mer.

Nombreux sont encore les vestiges de la culture nuragique, qui contribuent à une fidélisation des traditions antiques et à une atmosphère unique.

Loin des projets d’urbanisation de certaines zones côtières, la Sardaigne a su conserver une nature sauvage et fière.

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Orosei
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Magnifique ville de Bosa, sur la côte ouest
Village de Posada
Petit village médiéval de Posada, complètement désert où nous avons été merveilleusement accueillis
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Village fantôme, surréaliste, San Salvatore de Sinis, sur la côte ouest où ont été tournés de nombreux westerns
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Orosei et ses charmants tons pastels
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A Oristano
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San Salvatore de Sinis
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L’église immaculée d’Orosei

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3 semaines ne nous ont évidemment pas été suffisantes pour explorer l’île qui paraît petite mais offre une large palette de loisirs, activités et endroits à fouiller, approfondir, à expérimenter.

Nous aurions aimé pouvoir emprunter un des nombreux chemins de randonnée spectaculaires qui se faufilent dangereusement sur les falaises pour venir terminer leur chemin en mer mais cela nous était complètement impossible avec les farfadets (quelle idée de les emmener dans un endroit aussi paradisiaque – note à nous mêmes, se contenter de les emmener à Center Parcs, la prochaine fois).

Une autre escapade s’impose donc, cette fois-ci, en amoureux, sans pause-pipi et goûter toutes les 7 minutes 30 (on en reparle dans un prochain billet si vous le voulez bien).

Si nous avons été enchantés par les paysages sardes, nous noterons deux petits bémols à notre séjour:

  • Les sardes ne parlent pas un seul mot d’anglais, donc autant vous dire que le français est pour eux une langue morte.

Cela a généré quelques situations cocasses, au restaurant par exemple où nous nous sommes retrouvés avec de la viande à la place de poisson et vice-versa.

Nous avons également fait vivre à nos enfants le premier resto-baskets, après une attente et un service pitoyables dans le touristique village de San Teodoro !

Ils ne font aucun effort et te font comprendre que c’est à toi de parler leur langue, car c’est toi qui viens chez eux.

  • Nous avions lu partout que l’hospitalité des habitants de l’île était légendaire et pourtant nous ne sommes pas sûrs de l’avoir jamais rencontrée.
Hospitalité sarde
Sur un mur, à Posada

Pour la petite anecdote, la personne qui nous a réservé le meilleur accueil était allemande, tombée amoureuse d’un sarde et de son village perdu, Posada, qui s’y est installée et tient aujourd’hui un hôtel-restaurant avec son cher et tendre.

Certains disent qu’ils sont pudiques et fiers.

Peut-être…en tout cas, nous n’avons pu nous empêcher de faire le parallèle avec le sens de l’accueil si généreux des habitants de Paros et Naxos, l’année dernière, qui est une des raisons principales pour lesquelles nos exigeantes progénitures souhaitent y retourner.

Notre constat reste néanmoins sans appel :

 Ma come sei bella , Sardegna !

J’espère que vous passez tous un bel été de votre côté !

A très vite pour la suite des aventures!

                                                   , qui s’est prise pour une sirène pendant 3 semaines

Une bouffée d’air à 1 heure de Paris : cap sur les Yvelines.

J-3 avant le grand départ en vacances.

Je n’y crois pas un instant lorsque je glisse encore mon parapluie ridicule dans mon sac et je mesure la charge de travail qui m’attend impatiemment sur mon bureau.

Pourtant si, c’est bien vrai, dans 3 jours, à nous la Sardaigne et ses plages paradisiaques, ses eaux transparentes, son soleil réservé depuis plus de 6 mois, ses paysages pittoresques.

A nous aussi, les enfants qui se prennent pour des chiens parisiens en faisant la grosse commission au milieu de la plage, les pansements et les piqûres de moustique, les nuits aussi courtes que celles du reste de l’année.

Alors, de façon à affronter le mieux possible cette délicieuse et terrible épreuve de 3 semaines, le week-end dernier, nous nous sommes débarrassés de toute chose nécessitant notre assistance affective ou financière.

Nous avons retrouvé notre liberté le temps d’un week-end, à nous l’irrévérence des amoureux, sans horaires, ni contraintes.

L’homme a donc organisé une petite escapade non loin de Paris, à une heure en voiture.

Il avait réservé une charmante chambre d’hôtes, et, à partir de là, nous n’avions qu’à nous promener et nous arrêter comme bon il nous semblait.

Nous voilà partis direction les Yvelines, plus précisément vers Montfort-l’Amaury, charmant petit village médiéval situé entre Versailles et Rambouillet, à 45 kilomètres de Paris, village duquel nous sommes tombés de suite amoureux .

Ses rues pavées, ses magnifiques demeures en pierre, son histoire racontée par ses murs, ce calme et ce sentiment de paix, nous ont très vite transporté loin de notre bruyant et stressant quotidien.

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Son clocher baigné de lumière
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Son original cimetière, oui,oui

Nous avons pu déjeuner en terrasse sans une minute d’attente, entendre nos voix qui pour une fois ne se mélangeaient pas aux autres, écouter le temps passer sans courir après.

Ce temps qui semble s’être arrêté dans cette jolie région.

Il nous paraissait incroyable de n’être qu’à une heure de la capitale et pourtant en pleine campagne, revisitant presque nos souvenirs d’enfance dans les villages de nos grands-parents.

Sommes-nous devenus si vieux pour apprécier autant la sérénité et vouloir fuir ainsi la foule ?

Montfort-l’Amaury abrite également un château très original , le château de Groussay, classé monument historique, construit en 1815 pour la gouvernante des enfants du roi Louis XVI et Marie-Antoinette.

Je ne saurai vous dire ce que nous avons trouvé de plus beau, si son magnifique parc ou le château lui même.

Nous avons eu la chance de pouvoir le visiter avec un guide bénévole et passionné (habitant de Montfort-l’Amaury), qui fait partie d’une association qui a décidé de refaire vivre ce trésor historique.

Comme des enfants, nous l’avons écouté nous narrer l’histoire de Charles de Beistegui qui a racheté le château en 1938, et l’a transformé en haut lieu de rencontres culturelles et mondaines.

Pendant 2heures, nous avons découvert le moindre recoin de ce joyau mais également la vie de ce singulier personnage.

Le travail de cette association (uniquement constituée de bénévoles), pour restaurer le château est juste incroyable et mérite véritablement d’être connu.

Je vous assure que cela en vaut le détour, je vous laisse entrevoir ici une ébauche de ses merveilles:

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Sa bibliothèque de dingue

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Son pont palladien

 

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La tente tartare…non pas en tissu..mais en taule !
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Le salon de réception
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L’intérieur de la Tente Tartare
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J’en ferai bien ma salle de bains !
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Sa Pagode chinoise
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Théâtre privé dans le château, dans lequel la Comédie Française a pu jouer
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Magnifique « enfilade »

Nous avons passé la nuit aux Charmilles, maison d’hôtes située à Garancières-La Queue, cachée au milieu de la campagne yvelinoise, pour notre plus grand bonheur.

Une décoration de charme, une invitation à la zen-attitude, une chambre aussi grande que notre appartement, un délicieux petit-déjeuner, une adresse que nous recommandons vivement.


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Nous avons poussé notre titine jusqu’à Rambouillet, ville qui nous a un peu moins plue (bien que très mignonne) car évidemment bien plus grande (et plus peuplée…oh non, des gens) et ce n’était pas vraiment ce que nous recherchions pendant ce week-end.

Sur notre chemin, nous avons traversé une nouvelle fois une sphère spatio-temporelle quand nous nous sommes arrêtés à Rochefort en Yvelines où nous n’avons croisé absolument personne, sauf le silence.

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Si vous êtes parisiens et cherchez à faire une petite escapade à proximité, si vous êtes en quête de tranquillité mêlée au charme de la campagne et des petits villages, cette destination est pour vous!

Par contre, si comme nous, vous tombez sous le charme et vous vous demandez combien vaut une petite bicoque par ici, je vous conseille d’avoir d’excellentes relations avec votre banquier (ou d’être un riche héritier).

Ce billet est certainement mon dernier billet avant quelques semaines, le blog prend également des vacances, ce prolétaire:-).

Si je ressors vivante de cette nouvelle aventure A5, je me ferai une joie de vous montrer des photos de moi en maillot de bain, de vous parler de notre aventure sarde.

Je posterai certainement quelques photos sur IG, tout en m’étant fait la promesse intérieure de ne pas en abuser.

Je vous enverrai peut-être aussi une carte postale:-).

En attendant, je vous souhaite un bel été, quoi que vous fassiez.

N’oubliez pas de tout faire pour être heureux (mon ami Baloo dit qu’il suffit de peu).

Bises,

L’amour je…jetable?

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Parfois dans mes rêves qui ressemblent plus à des cauchemars, je me revois, couchée sur le sol marbré de la cuisine de mes parents.

Mon visage amaigri par tant de jours de privation, de nourriture mais encore plus d’amour, baignant dans ses propres larmes qu’il ne soupçonnait pas si amères.

Ce jour-là, je venais de me faire larguer comme un kleenex, à peine remise de mon accouchement, mon utérus peinait à retrouver sa place, mon cœur ne savait plus où était la sienne.

Oui, je venais bel et bien de me faire congédier comme une pestiférée, par téléphone, en deux phrases.

Je me souviens d’un épisode de Sex and the City dans lequel Carrie Bradshaw se faisait larguer par Burger (qui cela dit au passage était un mauvais coup), sur un post-it.

Elle avait du mal à comprendre comment on pouvait faire preuve d’autant de lâcheté, alors qu’entre adultes, à vrai dire, il est tout de même simple d’avoir une conversation plus ou moins censée selon les personnes.

Moi aussi.

Mais tout le monde mérite une explication, même notre pire ennemi.

Se faire jeter à la poubelle comme un vieux kleenex post-rhume, une vieille feuille sur laquelle on a trop écrit, une page de son agenda imbibée de café.

Ce jour-là, je venais à mon tour de comprendre ce qu’était l’amour jetable, se servir, consommer parfois jusqu’à l’intoxication, en redemander, puis décider comme si d’une chemise il s’agissait, de la jeter sans crier gare.

On se sert des gens comme de biens courants de consommations, on oublie qu’ils ont des sentiments, une âme, un cœur, des rêves, des projets.

On ne réfléchit pas trop, on fuit les problèmes, on ne se remet surtout pas en cause, il est tellement plus facile de faire table rase de tout et de faire comme si rien n’avait jamais existé.

Si aujourd’hui je vous parle de l’amour jetable, ce n’est pas pour m’apitoyer sur mon sort qui a finalement cassé la gueule au destin.

L’amour jetable, j’en entends parler tout le temps.

Régulièrement, trop à mon goût, j’apprends la séparation d’un couple, sans aucun préavis ou de signe avant-coureur.

Je suis parfois si triste de l’apprendre, déçue par le comportement de certains, désappointée par l’attitude de certaines.

J’essaie d’en savoir plus, de pousser les gens à communiquer, constatant trop souvent que les gens n’ont pas de raison digne de ce nom pour envisager des chemins séparés.

J’ai parfois l’impression que les couples empruntent trop facilement la voie de l’impasse, ne désirant pas voire les difficultés submerger leur quotidien qu’ils rêvent idyllique.

Mais qui ne l’a pas rêvé ?

Oui, parce qu’il est vrai que quand on se met en couple, on se croit invincible, plus forts que les autres, rien ne peut nous atteindre.

On est amoureux, aucune peine, souffrance ou problème n’osera s’attaquer à notre cocon, non, ils n’oseraient pas ces cons.

Pourtant, l’expérience nous apprendra à tous que le sentiment amoureux ne nous immunise pas contre les échecs, les faiblesses, les tracas du quotidien.

Quoi de plus propice à la friction d’un couple que d’habiter ensemble et découvrir les petits défauts dissimulés de l’autre, ses imperfections, son intimité ?

Alors, quand la première difficulté fait face, on se dit que ça y est, tout est fini.

Finalement, « on n’était peut-être pas fait pour être ensemble ».

Je suis peut-être vieux jeu, mais ne pensez-vous pas que dans une ère de consommation comme la nôtre, l’amour est devenu lui aussi un bien jetable, bac non-recyclable?

Quand l’amour ne correspond soudain plus aux illusions que nous nous étions faites, on le jette sans réfléchir aux conséquences.

On s’empresse de s’inscrire sur un site de rencontres, comme si la personne qui était allongée dans votre lit la nuit d’avant et les 7190 précédentes n’avait fait que passer, un fucking friend quoi.

Allez, salut !

On oublie de souffrir, là, tout de suite.

On balaye des années de joies et de bonheurs, de projets rêvés et réalisés, on semble aussi parfois oublier qu’on a eu des enfants et la raison qui nous a poussés à vouloir être parents.

Aurions-nous une mauvaise définition de la vie à deux, d’une relation ?

Une relation doit nous enseigner à nous dépasser, à accepter l’autre tel qu’il l’est et non pas tel que nous le voulons, à notre image.

Nous devons apprendre à nous améliorer pour mieux vivre ensemble !

Quoi de plus facile d’être amoureux quand tout va bien dans le meilleur des mondes, au pays de Candy ?

Je trouve que c’est justement dans les difficultés que l’on peut vérifier les capacités de l’autre à aimer, à écouter, à communiquer.

C’est ensemble que l’on doit essayer de trouver une solution aux problèmes.

Alors, évidemment, ce n’est pas simple.

Cela demande beaucoup de travail et surtout de la volonté, cela peut devenir un véritable parcours d’endurance : faire des concessions, fixer nos limites, gérer nos émotions mais aussi nos réactions, s’adapter, accepter un peu de changement, respecter l’autre et ce qu’il est, écouter, s’exprimer et laisser l’autre le faire, et surtout, je ne vous apprendrai rien, COMMUNIQUER.

Pourquoi est-ce qu’au début d’une relation, on est prêt et l’on se sent capable de déplacer des montagnes, et quand les premiers tracas font leur apparition, on se sent la mobilité d’un pachyderme ?

Evidemment, tomber et s’écorcher à vif cela nous forge, cela fait de nous des personnes plus fortes.

On se passerait pourtant de certains apprentissages et de certaines blessures, n’est-ce pas ? (ouiiiiiiiii).

Heureusement, beaucoup de couples y arrivent et sont pour moi des modèles.

J’ai récemment fait la connaissance d’un couple qui a vécu l’enfer d’un cancer du sein foudroyant, un autre qui avait perdu un bébé, épreuves aux immenses séquelles, on peut l’imaginer.

Des années après les avoir traversées, contournées et anéanties, ces épreuves, ils se sentent plus amoureux que jamais, leur amour renforcé de leur victoire commune.

Alors permettez-moi de dire que ceux qui abandonnent tout pour un surplus de kilos, une trop grosse charge de travail, une manie dérangeante, une baisse de libido, une incompatibilité de hobbies, un ongle incarné ou je ne sais quel autre motif qui n’en est pas vraiment un, devraient se remettre un petit peu en cause.

L’arc-en-ciel après la pluie, vous connaissez ? Cela n’existe pas que dans les Bisounours !

Photo prise après une grosse tempête...
Photo prise après notre premier orage ensemble

Accrochez-vous, putain !

Vivant moi-même une très jolie histoire, je peux affirmer sans avoir à demander l’autorisation de ma moitié que nous sommes très heureux en couple.

Ce n’est pas pour cela que nous n’avons pas de difficultés, ô que si, et elles sont de taille, notre modèle familial étant assez chamboulé, mais ça, j’en écrirai un jour un livre !

Elles sont d’ailleurs peut-être bien supérieures à celles rencontrées dans nos relations précédentes, ce qui peut paraître complètement fou.

Seulement avec lui, ou plutôt devrai-je dire ensemble, elles nous paraissent moindres et nous avons su en parler, les contourner, leur dire merde et avancer.

Les kleenex, nous avons décidé de les garder pour notre session de visionnage de «The Notebook »…ou nous faisons désormais l’usage de mouchoirs en tissu…ça se lave, et hop, c’est reparti !

Oui, je sais, il est presque parfait et je ne vous mens pas : il accepte de regarder avec moi « The Notebook », avec Ryan Gosling, oué.

Si ce n’est pas de la concession et de la capacité à s’adapter à l’autre, ça ;-) ?

Bonne soirée et bonne fête de la musique !

Sea, Sex & Sun ? (ou les grandes vacances avec des enfants)

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Tu crois que c'est ça?

L’été approche (je n’y crois pas une seconde si je regarde par la fenêtre, emmitouflée dans mes charentaises), bientôt le Sea Sex & Sun time!
Ah, cet adage que l’on criait sans vergogne à l’approche de l’été quand on avait 17 ans!

Est-il toujours d’actualité, 2 décennies plus tard, 3 enfants en prime?
Comme tu le sais, je compte les dodos pour renouer d’intimes et sexys liens avec le soleil.
Dans 20 dodos, je serai normalement en communion absolue avec l’astre suprême et la mer méditerranée…pour le reste, ce n’est pas si simple.

Partir en vacances avec des enfants, c’est évidemment du bonheur (pendant 1 jour et demi).

Tu as enfin du temps à leur consacrer, tu ne les presses pas au petit-déjeuner, tu tolères même un certain laisser-aller.

Partir en vacances avec des enfants, c’est aussi s’oublier un peu en tant que couple, ne nous mentons pas.
Pourtant, vacances à la plage riment avec farniente, lâcher prise et décontraction, n’est-ce pas ?
Ta peau est dorée, tes gambettes douces et épilées après des mois d’hiver en jachère, tu sens le monoï, tes épaules sont dénudées et tu es finement prête à te faire secouer la cafetière !

Sauf que les enfants, en vacances ou pas, ils ont toujours besoin que l’on s’occupe d’eux, ces assistés, dingue, vraiment dingue.

Ils n’ont toujours pas compris que toi aussi tu es en vacances, et que tu aimerais bien ne rien faire de tes journées, par exemple.

Seuls au monde

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Incapables de mettre leur maillot à tremper, d’aller à la douche avant 25 rappels et menaces de mort, de se tenir correctement au restaurant, de ne pas jeter un sceau de sable sur ta serviette alors que tu viens de t’allonger, cheveux mouillés, bouche en cul de poule, telle une sirène botoxée.

Tu te ballades, où que tu ailles, avec un garde manger mobile car un enfant, ça a toujours faim ou soif et surtout, un enfant, ça ne sait pas attendre.

Pelles, râteaux, ballons, bouées et autres jouets de plage deviennent les outils indispensables à ta survie…ou pas, quand tu es sacré champion de monde de constructeur de châteaux de sable, à l’insu de ton plein gré.

Alors que tu te délectes de ton livre et que tu arrives au moment où Christian enlève la culotte d’Anastasia la farouche, tu entends un de tes enfants (bien que tu fasses semblant de ne pas le connaître) hurler parce qu’un autre enfant que tu feins ignorer également, vient de lui faire manger une délicieuse pizza…en sable.

Désormais ensemble 24 heures par jour, les enfants tissent d’incroyables liens de complicité mais ont aussi beaucoup plus l’occasion de se chamailler allègrement.

Et au bout de 3 minutes de cris, tous les regards posés sur tes bourrelets, tu es obligé d’intervenir et de planter ton cornetto dans le sable, pour ne plus jamais le retrouver.

Tu deviens aussi agent de sécurité pendant les vacances, sache-le.

Derrière tes lunettes noires, tu rêves de piquer du nez, de Louboutins et de paillettes mais tu n’as jamais le temps d’écrire la première ligne de ton fantasme car tu surveilles en permanence ton enfant, ta plus grande peur étant la noyade de la progéniture.

Tout ceci est un peu hypocrite car secrètement, tu lui plongerais bien la tête sous l’eau pendant une heure ou deux, histoire d’avoir la paix ou d’envisager une sieste crapuleuse.

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La grasse matinée est une équation qui n’est toujours pas résolue chez tes marmots.

Tu les couches pourtant plus tard, les croyant épuisés et prêts à dormir 3 jours durant.

Que nenni, d’épuisé il n’y a que toi et tu finis par t’endormir en leur racontant une histoire.

Voilà, tu as passé ta journée à t’occuper d’eux et maintenant, 00 :17 affichés sur ton téléphone, 3 photos postées sur Instagram, tu regardes ta moitié et en même temps vous prononcez honteusement ces 3 mots :

« Je suis mort(e) ».

Les vacances censées être une parenthèse à la routine du reste de l’année peuvent donc mettre un couple à dure épreuve si les enfants prennent les commandes, ce qu’ils ont tendance à faire avec beaucoup d’aplomb.

Il est important de leur faire comprendre que ces vacances sont aussi et surtout les vôtres et que vous avez besoin de repos et d’intimité (mais ne les noyez pas).

N’hésitez pas à leur donner la chance d’être plus autonomes, en les responsabilisant, cela vous permettra de souffler un peu.

L’année dernière, il nous est par exemple arrivé, au restaurant, de faire table séparée.

Nous avions envie de nous retrouver en tête à tête et de ne pas passer le dîner à crier, pour une fois.

Aussi, nous avions demandé au grand de s’occuper des deux petits.

Je vous rassure, leur table était à côté de la nôtre, ils ont trouvé ça très drôle et nous avons payé leur addition !

Mais à aucun moment nous sommes intervenus et nous avons pu avoir une conversation longue de plus de trois mots sans interruption, admirer nos bronzages respectifs et nous dire que nous étions bien, là❤.

Dans notre situation de famille recomposée, les moments où nous pouvons être tous les 5 aussi longtemps sont finalement trop rares.

Nous nous efforçons par conséquent de partager le plus de moments ensemble, alors oui, parfois nous nous oublions un peu tous les deux, mais nous en avons conscience et savons pourquoi nous le faisons.

Enfants heureux

C’est pourquoi, dès que nous le pouvons, et, que notre austère banquière nous l’autorise, nous nous accordons de courts moments rien que tous les deux et revisitons pleinement l’adage de nos 17 ans, histoire de rattraper ces instants dérobés !

« Sea, Sex & Sun »

Bonne fin de week-end à tous!

A ma guise

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Depuis le 27 mai, joyeuse et chaude journée où j’ai souhaité la bienvenue à quelques rides invisibles au commun des mortels, arraché 7 nouveaux cheveux blancs mais aussi fêté les 30 ans de mon frère, je n’en fais un peu qu’à ma guise.

Oui, le 27 mai dernier, j’ai eu un an de plus et je suis officiellement une cougar en devenir.

Rassurez-vous, je le vis très bien, j’adore être le fantasme de ces jeunes premiers qui sentent encore le lait maternel et le mustela.

Le 27 mai, j’ai également appris que j’étais prête à quitter mon poste actuel et que je pouvais saisir ma plume et mon encrier pour inscrire sur une feuille longtemps rester blanche, les 3 mots providentiels :

LETTRE DE DEMISSION

Je quitte mon confort et des gens que je connais bien et que j’apprécie, mais aussi ceux que je n’ai finalement jamais réussi à cerner et que j’apprécie moins, une routine devenue trop routinière, je vous l’assure, le pléonasme est nécessaire.

Je suis prête pour un nouveau saut à l’élastique, n’en déplaise à mon acrophobie vieillissante.

Je ne sais pas si c’est le fait d’être bonifiée d’un an ou de tracer un nouveau chemin professionnel, je me sens soudain délestée d’un poids certain (au sens figuré, bien sûr).

Depuis le 27 mai, je nargue les obligations, je tutoie presque la désinvolture que j’assume finalement assez bien.

Tout est devenu léger, comme si la vie était désormais cuisinée à l’aspartme et au bridelight, avec le goût et la texture d’une bonne religieuse au chocolat.

Tout n’est pas si grave, rien n’est si important.

Ne pas répondre au téléphone et ne plus s’en faire.

Traîner un peu plus le matin et se rendre compte que cela n’a pas d’incidence sur le cours de la bourse, finalement.

N’accorder de l’importance qu’aux gens et aux choses qui le valent bien, se foutre infiniment de ce que pensent les autres.

Ne plus culpabiliser.

Ne plus en vouloir à personne, oublier la rancune et les sentiments négatifs, qui, finalement n’assouvissent aucune peine.

Prendre du temps rien que moi, sans me sentir un monstre d’égoïsme pour autant.

Prendre aussi du temps avec les miens, mes parents, mon frère, mes enfants.

Penser d’abord à moi et après aux autres, comprendre que je ne peux palier à tous les problèmes du monde.

Dire non.

Regarder droit devant, laisser derrière soi ce qui ne nous fait pas grandir.

Ne plus subir.

Buller et aimer ça.

Rire à gorge déployée jusqu’à me sentir enivrée.

Dire tout ce que je pense, plus ce que je ne pense pas.

C’est absolument fou ce qu’un changement dans votre vie peut insuffler comme énergie positive.

Un vent de légèreté, une nouvelle senteur, une brise de renouveau.

Je ne sais pas pour combien de temps mais depuis le 27 mai, je n’en fais qu’à ma guise, et bordel qu’est-ce que ça fait du bien.

                                                                        , cougar et nouvelle vieille en pleine forme

Je serai une petite sirène

orosei

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Youpi, nous sommes enfin au mois de juin, ça commence à sentir les vacances, le monoï, les chouchous, les glaces, les boissons fraîches!

Comment ça, tu ne le respires pas, ce doux parfum de l’été ?

La pluie non-stop, la Marne qui veut s’inviter sur notre balcon, l’écharpe du matin, les collants, le ciel chaque jour un peu plus gris qu’hier, le chauffage allumé, le gilet de mamie, non, ça ne rime définitivement pas avec la définition de l’été, je te l’accorde.

Alors, pour ne pas prendre des actions chez Lindt ou ne pas sombrer dans l’alcoolisme temporaire, j’ai ma petite méthode à moi : je bave tel un chat avec la rage féline, absolument chaque jour, sur les photos de l’endroit où nous partons en vacances.

Je vérifie les températures matin, midi, soir et parfois deux fois la nuit, et je hennis comme un cheval en voyant un petit 28 affiché au thermostat, crinière gonflée par cette chienne de pluie.

Et, évidemment, tu l’auras deviné, je compte les dodos, comme les tous petits.

Dans ces instants là, on aime à se sentir à nouveau un enfant, les soucis nous paraissent tout à coup moindres, au diable la déclaration des impôts et le coup de fil de la banquière hystérique.

Bientôt, nous allons retrouver le soleil !

Il reste donc 31 longs et interminables dodos, 31 réveils en mode hyène, 31 trajets de métro à haïr ceux qui boycottent le déodorant, au moins 15 « tu me donnes ton 06 Mademoiselle » (à l’approche de l’été, l’homme désespère au point d’appeler une Madame Mademoiselle).

Il y a un an de cela, à quelques jours près, j’avais écrit ce billet A un mois du bikini.

Parce que naturellement, été est pour beaucoup d’entre nous synonyme de plage.

Plage va de pair avec maillot de bain.

Maillot de bain est égal à corps exposé au regard des autres.

On la résout cette équation ?

Dans le mille : c’est le début du cauchemar pour grand nombre de petites âmes sensibles.

Vous en conviendrez, c’est le même scénario chaque année: les magazines nous bombardent de régimes miraculeux, de nouveaux produits minceur promettent de réduire à néant notre porte-monnaie, bikinis, trikinis et autres bouts de tissu rikikis envahissent tous les espaces publicitaires.

Nous voilà hésitants devant la part de carrot cake, réticents face au carré de chocolat censé sauver notre journée, fuyant toute invitation aux apéros qui se composeraient d’autres aliments que des bâtonnets de céleri, de citron et d’eau plate.

Quelle dictature, ne pensez-vous pas?

Mais qui a envie de ressembler à Adriana Lima dans la pub Calzedonia?

Pas moi?!!!!

Bah si moi! Mais il faudrait tout refaire et je n’ai pas envie de passer mes 10 prochaines années sur le billard, je n’aime même pas ça d’abord le billard, je préfère le baby- foot.

Dans 31 dodos, moi, qui me sens la grasse grâce d’un cachalot et d’un zèbre réunis, je vais faire semblant de me prendre au moins pour Ariel, la petite sirène (pas Dombasle, hein).

Le cachalot c’est pour les petites rondeurs ici et là mais surtout pour la façon de me déplacer sur le sable, tout doucement, en observant avec une vision 360 degrés, qui pourrait être en train de m’observer, moi.

Le regard des autres m’a longtemps traumatisée, rendu chaque virée on the beach très douloureuse.

Il faut que tu saches que j’attendais toujours que toutes les personnes soient endormies autour de moi pour oser me lever et aller me baigner.

Et là encore, je marchais dos à l’eau ( les enfants m’ont maudite et m’ont jeté leur râteau à la figure de nombreuses fois car j’ai détruit beaucoup de forteresses en marche arrière…ah, les femmes au volant).

Longtemps j’ai envisagé n’aller à la plage que la nuit.

Je n’enlevais jamais mon t-shirt, un paréo géant entourait mon popotin et les hanches de femme dessinées au pinceau gros-œuvre.

Mon bronzage était donc très inégal, d’où les zébrures.

Aujourd’hui, c’est plutôt mes vergetures de grossesses qui me donnent ce petit côté animal… Grrrr…. Mouais.

Mais laissez-moi vous dire que, peut-être pour la première fois de ma longue vie, je n’ai pas cédé à la dictature, je suis en monde anarchie totale et Bon Diou que ça fait du bien!

Je mange ce qu’il me plait (pas que en mai), brunchs et dîners sont les bienvenus, j’ai redécouvert le goût du martini et des blinis .

Attention les amis, je ne me laisse pas aller pour autant.

J’essaie d’aller au sport tous les jours et fais au moins 3 séances de cardio par semaine, j’entretiens la mécanique !

Je ne maigris pas mais je me sens bien, ehehe, c’est foufou que je puisse dire ça.

Mon corps est plus ferme (c’est pas moi qui le dit, c’est l’homme dans mon lit).

Je continue donc à avoir une vie sociale sans passer pour la régimeuse pénible de service, je peux manger à table avec tout le monde, céder à l’appel du fraisier sans m’infliger une séance de fouet.

C’est un long chemin pour moi, ceux qui me connaissent bien, savent ô combien mon image a été ma meilleure ennemie, des décennies durant.

Je ne suis pas la seule responsable de ce changement.

Le regard bienveillant et gourmand de l’amoureux y sont bien sûr pour beaucoup.

Se sentir désirée et aimée, entendre tous les jours qu’il me trouve belle (même le matin au réveil mais avec la bouche fermée), se nourrir de ses compliments quotidiens a été la meilleure des thérapies et ne m’a pas coûté une livre (on trouve un arrangement en nature).

Le regard de sa moitié est donc fondamental pour notre auto-estime, je ne vous apprendrai rien et je peux d’autant plus vous le dire pour avoir connu le juste contraire auparavant.

Alors, petite poignée d’amour ou pas au centre, vue dégagée sur ma poitrine plus au nord, fesses très apparentes vers le sud, je m’en fous, je suis fière de ne pas avoir cédé aux diktats de la société et de pouvoir vivre comme je le veux, comme je le suis vraiment.

Cet été, la petite sirène ce sera moi, et peut-être toi et vous, si vous le voulez bien, non?

Vous savez pourquoi ?

Parce que moi, les diktats, maintenant…

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Bonne soirée à tous !

                                                                                                                 , Petite Sirène

 

Merci à vous

MERCI

Ce matin, un œil ouvert, l’autre à moitié fermé, haleine de poney bourré en prime, je matraque mon portable pour que cette maudite alarme s’arrête et comme d’habitude, je jette un œil à mes mails.

Oui, tous les matins je caresse le rêve de folle dingue de recevoir un message de la part du maître de l’univers (Musclor, donc) qui m’annonce me dispenser de travail pour le restant de mes jours, m’invitant à voyager « au delà de ce que tu vois ».

Donc ce matin, je recevais un mail dont l’objet était « Demande de partenariat ».

Je ne sais pas pourquoi, (à chaque fois je tombe des nues), car mon blog porte encore des couches, je reçois toutes les semaines une demande de partenariat, de billet sponsorisé, etc…

Je ne dis pas ça pour flatuler gaiement, hein, je veux que tu comprennes mon malaise.

Ma petite épicerie locale n’est pas faite pour cela, toi qui me connais bien, tu l’as déjà lu par ici, ma petite production ne contient que des produits éco partagés, je suis à fond dans le commerce équitable.

Et puis je me demande, pourquoi moi, parmi les milliers de blogs existants, moi qui ne suis pas une blogueuse influente, qui n’ai aucune sex-tape qui traîne sur le net, et ne fais donc pas parler de moi.

La demande de partenariat du jour me surprend d’autant plus car elle concerne un site spécialisé en voyages pour personnes âgées.

Je me lève péniblement (la vieillesse, on y vient), vais faire mon pipi du matin et me demande si mes cheveux blancs sont aussi visibles que cela pour qu’on me fasse ce type de proposition, m’empresse de le vérifier (partout) avec mon œil toujours à moitié ouvert.

Tu l’auras compris, je suis partie prendre ma douche, ce que je veux te dire c’est que je reçois des demandes qui n’ont absolument rien à voir avec mon univers, ma façon d’écrire ou même ma ligne éditoriale si on peut considérer que la spontanéité en est une.

Je rigole souvent en voyant par la suite 10 billets identiques, à quelques jours d’intervalle sur un produit qu’il m’a été proposé de tester.

Je me sens tout à coup moins exclusive.

10 billets de plumes et univers complètement différents et également aux niveaux d’orthographe hétéroclites, qui vantent passionnément les qualités des incroyables magnets-photos à exhiber sur le frigo.

Je pourrai te dire encore une fois que je ne mange pas de ce pain là, je préfère le chocolat et les olives.

Ce n’est pas le but.

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Quelques personnes m’ont conseillé d’accepter ces propositions car « il faut bien commencer par quelque chose ».

Mais avec quel objectif ?

Le problème, c’est qu’il me semble déjà avoir commencé, en octobre 2014.

Je veux bien qu’Alzheimer me guette et que pour cette raison on me conseille de faire des croisières avec des octogénaires, mais la raison d’exister du « Blog de la Cristina sans H » est le partage et l’échange, capisce ?

Je radote, je radote (j’en suis à 7 cheveux blancs arrachés).

Dans ma boîte mail, je ne reçois pas que des demandes de collaboration loufoques.

Je reçois également d’adorables messages, des témoignages, de personnes qui se sont reconnues dans mes mots, d’autres qui me donnent leur avis sur une problématique soulevée dans un de mes billets, qui m’encouragent à écrire, qui me disent merci, qui me donnent leur avis.

C’est toujours avec un sourire moitié béat, moitié baveux que j’accueille vos mots et vos ressentis.

Parce que vois-tu, je bave sur mon oreiller toutes les nuits (l’amoureux te le confirmera), et cela fait donc de moi une personne humaine, n’est-ce pas ?

Une personne qui aime les compliments, qui rougit quand on lui dit qu’elle fait du bien, qu’elle aide certaines douleurs à cicatriser, qu’on aime ma façon de raconter les choses, qu’on me trouve drôle.

Pour moi, one-woman show refoulée, apprentie écrivaine de l’obscurité, Bridget Jones avortée (coucou Aileza), je me délecte de chacune de vos missives.

Ma satisfaction n’est autre que celle de vous avoir touchés au travers des mots que vous faites vôtres.

Ma fierté est celle de vous avoir donné la parole, vous avoir fait réfléchir ou suscité une réaction en vous.

Mon exultation (oui, j’ai mangé mon dico à la place de mes Weetabix ce matin), est celle de me raconter à vous en toute simplicité, sans prétention.

Sans prétention également, je voudrai remercier aujourd’hui mes lecteurs, les plus fidèles qui prennent toujours un petit bout de temps si précieux pour me donner leurs impressions, mais aussi ceux de passage, ceux qui ont fait un petit stop à ma station-service.

Merci à vous de faire de cette aventure une odyssée aussi riche et épanouissante.

Elle m’a déjà permis de faire de jolies rencontres et espère en faire d’autre IRL, of course.

En attendant, comme aujourd’hui était jour de brushing (Catherine avait murmuré que le soleil allait faire son come-back), j’ai eu le temps de penser à tous ces mails et commentaires qui m’avaient tant touchée.

Je ne peux les mettre tous, bien sûr, mais souhaite éclairer ceux qui doutent encore de la raison principale du Blog de la Cristina sans H.

Vous pourrez comprendre dans les lignes copiées-collées ci-dessous, remplies d’amour et de bienveillance, d’échanges et d’émotions.

Papas, mamans, hommes, femmes, célibataires, mariés, j’ai le plaisir de pouvoir échanger avec des humains des quatre coins de la planète, et ça, croyez-moi, c’est un vrai cadeau.

« Tout d’abord je voudrais te remercier de m’avoir fait découvrir Virginie Grimaldi !! Et oui je lis ton blog (depuis peu … D’ailleurs je n’ai pas encore fini d’en faire le tour)…

C’est fou comme on peut se reconnaître dans un personnage, vivre les mêmes émotions … Mais tu sais de quoi je parle, j’ai l’impression que toi aussi ton meilleur ami s’appelle « kleenex » !!! Je ne suis pas très douée en écriture … Je préfère laisser la plume à ceux qui la manie avec talent, humour, sincérité …

Enfin tout ça pour dire que je t’ai découverte par hasard (comme quoi ça a du bon de fouiller dans les amis des amis des amis … Facebook, mais aussi insta ) et que j’ai adoré te lire…
Je n’ai pas du tout le même parcours que toi c’est même l’inverse à quelques détails près !! Mais ça fait du bien au moral de te voir heureuse et profiter de la vie avec « l’amoureux » et ta tribu !!!
J’ai pleuré en lisant ton billet pour l’anniversaire de ton fils … Avoir des pensées négatives en parlant de ses propres enfants je pensais être la seule !!! Je te rassure je n’en ai pas souvent mais parfois c’est plus fort que moi (à croire que quelqu’un d’autre s’est emparé de mon esprit et m’a laissé mon corps … Mon corps de maman !!! )
En te lisant je me vois .. Le manque de confiance en soi, l’acceptation de mon corps   (Je pense être à peu près comme toi physiquement mais avec moins de seins  lol ) le regard des autres, ce qu’ils pensent …. Y a encore du boulot mais y a du mieux … J’y travaille !
Bref tu m’auras comprise !!!
Alors MERCI de partager tes tranches de vies, tes coups de gueule, tes découvertes littéraires, tes voyages … » 

« J’ai eu le plaisir aujourd’hui de découvrir votre blog et félicitations, il est très réussi!

Papa de 2 garçons…j’ai choisi l’option de l’entrepreneuriat pour pouvoir à terme avoir à la fois un job passionnant tout en pouvant m’occuper de mes garçons comme et quand je le veux

Est-ce le cas d’autres parents qui suivent votre blog? Avez vous déjà été contacté à ce sujet par certains parents?

Je serais ravi de pouvoir échanger avec vous. Au plaisir de vous lire »

« Quel joli récit, il ne me reste qu’une mamie que j’aime tellement, et qui est la plus heureuse lorsque toute la famille se réunit autour d’elle, on met de côté les querelles du passé et on profite de l’instant présent… Merci à toi pour ces jolies photos et ces si beaux instants de bonheur partagé »

« Je voyage sur ton blog ce matin, … dort.
Étrangement, ces mots m’ont parlé…même si mon corps l’exprime différemment. Putain de bordel, c’est con la vie parfois. Mais au moins, on apprécie d’autant plus les petits trésors qu’elle nous offre. Tes mots sont chouettes.( euphémisme mais « ils mettent du BEAU me au coeur » faisait niais) »

« Quand je lis certains de tes billets, comme celui-ci, je déculpabilise à mort! »

« J’suis fan de ta manière de conter tes péripéties !!! »

« Que tu sois tendance ou pas, tes billets me touchent car ils te ressemblent, ils sont vrais »

« J’ai beaucoup aimé cet article pour son authenticité et le franc parler de miss Cristina.Voilà donc pourquoi je re-partage son article !

« Bravo et merci ! Nous sommes à saturation de tout ce qui nous plombe et franchement, ça fait du bien de lire des billets légers, enfin ! »

« Tu as l’art de raconter les petits riens et les grandes questions qui font une vie… »

« Continues à t’épanouir et continues à être la Cristina sans h!!! Je vais faire lire ton billet â mes deux filles, je pense qu’elles pourraient en bénéficier ».

« Je me retrouve dans tes mots si bien choisis. »

« Je me sens si concerné par ton billet (tu sais que je suis à nouveau papa)

ll faudrait faire lire ce superbe texte à tous les papas à la maternité, l’imprimer dans le livret de paternité qu’on leur donne tiens!

« Si Paname est trop envahissant, gare st Lazare lève la tête et si on se croise je t’offrirai un café dont l’arôme figera le tumulte et te fera reprendre ta respiration »

« Encore un fois je me régale à te lire. Tu as ce talent d’envoyer les mots là où il faut avec humour mais une certaine force. J’adore ça ».

« Bien parlé ! Voilà, un blog, c’est échanger, c’est faire partager son quotidien ou sa passion, c’est écrire, s’exprimer… Bref, c’est un hobby, un plaisir avant tout et après tant mieux quand ça marche ».

« Quel beau billet jamais je ne pourrais écrire aussi bien sur ce sujet alors que je pense tellement comme toi (Vous ) Pardon c’est mon premier commentaire ici mais j’adore ton blog et je le suis de prêt il est dans mes favoris !
Et là je ne pouvais pas rester silencieuse face à ce billet tellement vrai »

« Bon ben voila tu me fais pleurer ».

Bon ben voilà, vous aussi vous me faites pleurer, souvent.

J’espère que vous n’avez pas vu dans ce billet une séance de masturbation publique, mais plutôt une réponse à pourquoi je tiens un blog et ce que j’attends en retour (enfin, pour ceux qui ne le savaient pas encore).

Bonne soirée à tous !

                                                           , qui va faire un tour au rayon coloration

Desperate ado’s Mum

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Le jour, je souris, je vis.

Le soir souvent je pleure, je me meurs.

Je me meurs de trouver enfin la clef du bonheur pour l’ado qui n’en finit pas de m’enseigner malgré moi, toutes les couleurs de la vie, surtout les tons gris, ces nuances qui vous acheminent vers l’obscurité et la nuit.

Je cherche partout cette clef, ce Saint Graal qui saurait lui donner le sourire, qui pourrait m’offrir la sérénité.

Rien à faire, je suis à deux doigts de me rendre à Fort Boyard pour supplier l’aide de Passe Partout.

Le temps passe, les jours ne se ressemblent pas mais la situation ne s’améliore pas, et cerise sur le gâteau, je ne maigris pas non plus.

Tu saisis ma détresse ?

Je me sens une maman pitoyable, sans qualité et talent pour y arriver, je me sens dépassée.

Parfois envie de démissionner.

La volonté, je l’ai pourtant ; je vais au sport tous les jours, c’est vous dire.

Le courage je pense l’avoir aussi, sans vouloir m’auto-congratuler, j’arrive à rentrer dans la chambre de l’ado sans en ressortir sans aucune lésion, soit-elle physique ou nasale.

Pourtant, dès que je passe la porte de la maison le soir, souvent dévastée par ma journée et les transports, et que je revêtis mon plus beau sourire avec mes lèvres fraîchement remaquillées dans l’ascenseur, ma bonne volonté et les courses dans les bras, tout s’effondre en quelques minutes.

L’ado exprime grandement la joie de me voir avec des grognements et des onomatopées dignes des fables de La Fontaine.

Inévitablement, reproches et lamentations font leur apparition, je ne suis pas la bienvenue dans son monde et je suis la maman la plus has-been de tous les temps parce que je lui demande de mettre un terme à cette émission hautement culturelle qu’est «  Les anges de la télé-réalité ».

C’est sûr que mettre la table ce n’est pas un échange équitable, me raconter sa journée une épreuve du Mud-Day, me dire ce qui le tracasse digne de la torture tchétchène.

Il n’hésite pas à provoquer, me choquer et me pousser dans mes retranchements.

Pourtant je sais que sa souffrance est grande, son mal être apparent.

Je me fais violence pour continuer le combat, ne pas baisser les bras.

Lui dire je t’aime est devenu un véritable tour de force, car si je l’aime parce que c’est mon enfant, j’aurai plutôt envie de lui crier qu’il m’insupporte et que je souhaite qu’il change TOUT DE SUITE.

Alors, je lui ressasse les mêmes mots sans cesse, je lui parle, je l’insupporte à mon tour, je l’étouffe de conseils et d’avertissements, je veux comprendre, je veux qu’il sache que je suis là.

J’essaie de nouer le dialogue au travers ce peu de choses futiles auxquelles il porte un intérêt, m’y intéresse à mon tour, l’encourage et le stimule comme je le peux.

J’ai pourtant l’impression que ce n’est jamais assez.

Après chaque tempête, un court instant de répits nous est accordé à tous et la houle nous frappe à nouveau.

Je coule, nous coulons.

Refaire surface rapidement, il le faut.

Pourtant je m’accroche au ponton flottant, je veux rire avec lui, je veux le soigner quand Il se sent blessé, lui donner la main quand il est à terre.

Je résiste, je me fais patience, vous me trouverez d’ailleurs à la lettre R du petit Robert, à la définition de résilience.

Tout ceci est bien éprouvant.

Mais dites-moi ado’s mum, comment faites-vous pour tenir le coup ?

N’êtes-vous pas DESPERATE?

Le récit bouleversant d’Antoine Leiris, « Vous n’aurez pas ma haine »

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« Melvil ne pourra pas passer ces pages de sa vie comme elle passait les pages de l’histoire. Je n’ai pas de baguette magique.Notre coccinelle s’est posée sur le nez de la sorcière, elle avait une Kalachnikov en bandoulière et la mort au bout du doigt »

Peut-être que le nom d’Antoine Leiris ne vous dit rien au premier abord.

Ses mots, si vous les avez lus, n’ont par contre pas pu vous laissez indifférents.

Antoine Leiris est journaliste, ancien chroniqueur culturel à France Info ou encore à France Bleu.

Antoine Leiris est papa du petit Melvil qui va bientôt avoir deux ans aujourd’hui.

Antoine Leiris est le mari d’Hélène Muyal-Leiris.

Ce nom ne vous dira peut-être rien non plus.

Pourtant pour eux, elle était tout, elle était « l’astre auquel ils ont prêté allégeance ».

Hélène Muyal-Leiris est aujourd’hui une étoile qui a rejoint trop tôt le ciel, victime de la barbarie de ces êtres animés pas la folie qui ont sévi le 13 novembre au Bataclan.

« Vous n’aurez pas ma haine » est la lettre qu’Antoine Leiris a écrite le lendemain des attentats, comme un message d’apaisement à l’encontre de ce sentiment grandissant de haine qui soufflait sur notre pays.

Bouleversante de courage et d’espoir, cette lettre d’amour est venue nous dire à tous que nous ne devions pas succomber à cette frénésie meurtrière qui nous habitait, ce besoin de vengeance face à une incompréhension ahurissante.

Nous, qui n’avions pas été touchés directement, mais qui étions inévitablement meurtris et qui avions grande peine à sortir de cette torpeur engourdissante.

Ce papa et ce mari abîmé par la douleur et la peine, nous livrent aujourd’hui un récit et un témoignage bouleversants, poignants, de ce qu’est devenue sa vie après ce 13 novembre, qui marquera notre histoire à tout jamais.

De l’annonce de la mort de sa bien-aimée, celle de qui il était tombé éperdument amoureux il y a douze ans, à l’annonce de cette trop injuste fatalité à ce petit garçon de 17 mois, ce petit garçon à qui sa maman ne racontera plus jamais l’histoire de la coccinelle, Antoine Leiris prend sa plume pour partager avec nous ce qui sera désormais son quotidien sans elle, sa lune et sa lumière, son équilibre, « sa dame aux airs de majesté ».

Regarder avec leur fils des photos d’elle sur le portable, écouter ensemble les chansons qu’elle avait soigneusement choisies pour apaiser Melvil, accepter la générosité des mamans de la crèche qui essaient d’adoucir leur quotidien avec leurs compotes maison, choisir les vêtements qui lui ressemblent pour ses funérailles, s’attendre à ce qu’elle revienne, apaiser sa douleur, survivre, continuer à vivre.

Ecrire une émouvante lettre de la part de Melvil à sa maman, exorciser cette suffocante souffrance, prendre le petit garçon par la main et aller au cimetière de Montmartre sur la tombe d’Hélène avec une photo d’elle, tenir debout, avancer, essayer de comprendre pourquoi la vie reprend son cours dehors, alors que tout est sur pause dans la leur.

Autant de moments tristes et difficiles, indispensables à la poursuite de leur chemin, chemin qu’elle a quitté trop tôt, sans aucun préavis.

Cette lecture n’était pas pour moi un exercice de voyeurisme ou de curiosité mal placée.

Moi qui encore aujourd’hui sursaute encore trop souvent dans le métro parisien ou dans les couloirs bondés de la gare Saint-Lazare, j’avais besoin de comprendre comment on peut ne pas être habité par un sentiment de haine lorsque l’on nous vole l’être aimé dans de si tragiques circonstances.

Antoine nous donne une leçon.

Il sait que ce livre ne le soignera pas.

« On ne se soigne pas de la mort. On se contente de l’apprivoiser. L’animal est sauvage, ses crocs sont acérés. J’essaie juste de construire une cage pour l’enfermer ».

Pour Antoine, les circonstances de la mort d’Hélène n’ont pas une si grande importance.

Elle aurait pu avoir un accident de voiture, être victime d’un crash d’avion ou encore d’une maladie.

Le résultat et les conséquences seraient les mêmes : elle ne ferait plus partie de leur vie et ils se doivent de continuer la leur, tous les deux en réalité mais toujours à trois pour l’éternité.

Car elle sera toujours là.

Ce n’est pas pour autant qu’il pardonne ou qu’il oublie.

Vous ne lirez et ne verrez dans ce récit aucun propos haineux, rancunier, violent ou malveillant.

Juste des mots censés apaiser des maux, un traité de paix, un pansement, une trêve.

J’ai été évidemment bouleversée par cette histoire qui n’est malheureusement pas un roman, c’est l’histoire d’un destin, d’une mort, d’une vie.

Mon adolescent m’a volé le livre des mains aussitôt après que je l’ai refermé et essuyé mes larmes.

Lui aussi a besoin de comprendre, pardon et compréhension sont des termes qu’il n’arrive pas encore à entendre.

Antoine Leiris ne sait pas ce que sera demain.

La seule chose qu’il affirme avec certitude :

« Nous sommes deux, mon fils et moi, mais nous sommes plus forts que toutes les armées du monde…Il a dix-sept mois à peine, il va manger son goûter comme tous les jours, et toute sa vie ce petit garçon vous fera l’affront d’être heureux et libre. Car non, vous n’aurez pas sa haine non plus ».

Et pour cela je lui dis Bravo.

Hélène Muyal-Leiris, 35 ans, avec son fils Melvi
Hélène Muyal-Leiris, 35 ans, avec son fils Melvil