Apprendre à accepter son corps et finalement s’assumer, le travail de toute une vie.

Apprendre à accepter son corps peut être un travail de longue haleine pour une femme.

Parfois la labeur de toute une vie.

Cela peut paraître une chose futile et superficielle, et pourtant…ne pas être bien dedans peut donner lieu à tant de mal-être.

Quand ton corps de petite fille  de 13 ans commence à voir se dessiner des formes voluptueuses, tu le vis mal, très mal.

Pour moi, l’adolescence a été un véritable calvaire pour cela.

Sur les photos de classe, depuis le plus jeune âge, j’étais toujours celle qui avait la tête qui dépassait, avec la frange trop courte (ça peut traumatiser tout une vie une frange trop courte, merci maman).

Puis à l’entrée au collège, je suscitais le regard et les convoitises de certains hommes.

A cet âge encore si tendre, on ne comprend pas.

On ne comprend pas qu’une poitrine naissante qui se dévoile au détour d’un débardeur petit bateau, un nombril à l’air et une petite jupette à fleurs qui laisse dévoiler plus que de jambes, cela ne laisse pas le sexe opposé indifférent.

A 13 ans, on est encore un enfant.

Puis comme au printemps, tout semble vouloir fleurir en même temps, on était encore en train de jouer à la poupée hier, que le lendemain on se retrouve femme.

Sans l’avoir demandé, sans que personne ne nous l’ai vraiment expliqué.

J’ai très mal vécu cette période, petite fille dans la tête avec le corps d’une femme, il devrait y avoir une matière au collège pour apprendre à l’appréhender.

J’avais une poitrine, trop grosse pour mon âge, des fesses trop proéminentes également, bref, ça y est, je me trouvais déjà trop grosse.

C’était l’époque des mannequins des années 90, Cindy, Linda, Naomi, Tatiana, Christy, Claudia et compagnie…

Je les trouvais tellement belles, je n’avais qu’un envie, c’était leur ressembler.

Elles, c’étaient de vraies femmes pour moi, tout ce qu’il faut où il faut et minces, surtout très minces.

Etre mince est alors devenu mon obsession pendant des années.

Moi qui était l’ado avec des formes qui faisaient se retourner les vieux pervers et suscitaient la risée des stupides garçons boutonneux ( coucou Frantz), je commençais à vivre un véritable cauchemar.

Je voulais à tout prix être mince, avoir des jambes fines,être transparente, ne pas avoir de seins, ne pas avoir de fesses.

J’enviais ces filles qui pouvaient tout mettre sans qu’aucune partie de leur corps ne soit spécialement mise en valeur, cette fille qui était en fait la femme cintre.

Je la détestais même. Car je n’étais pas comme elle. Je me démarquais.

J’étais « La Romaine » du roman d’Alberto Moravia.

Des formes trop lourdes et trop voluptueuses pour mon esprit si immature.

Le diktat de la minceur était déjà bien présent et j’en ai bien payé les frais.

Régimes à répétition, complexes maladifs,se cacher sous des vêtements qui, je le pensais, occultaient un peu ce que je ne voulais pas être.

J’adore la mer et la plage, pourtant y aller accompagnée était devenue l’épreuve ultime.

Je ne me levais jamais, j’allais me baigner quand tout le monde s’était endormi sous le soleil.

Il ne fallait surtout pas qu’on me regarde.

Puis on grandit et on commence à s’apercevoir que finalement, les formes, cela plaît à certains garçons.

Et on commence à aimer ça, plaire aux garçons. On commence à en jouer.

Puis viennent les grossesses qui viennent transformer votre corps, voire y laisser des marques indélébiles.

Avoir un sacré mental il faut avoir pour se regarder dans la glace après une grossesse : les vergetures, le ventre flasque, des rondeurs qui se sont installées et qui ont l’air d’avoir envie de rester, tu te tates et tu cherches la tonicité de tes 18 ans?

Youhou, où es-tu?

Mais devenir maman, c’est aussi ça.Accepter que son corps devient celui d’une maman, celui qui a porté un enfant et qui a donné la vie (ne pleurez pas, je vous en prie).

Sauf, que moi, souvenez-vous, je suis la maman qui veut être FEMME, FEMME, FEMME.

Alors, on y va au combat.S’accrocher. Régime. Se remettre au sport.Hop, hop, hop!

Surtout ne pas se transformer en patate, c’était mon adage (toi, qui me connais bien tu m’as entendue prononcer cette phrae des centaines de fois, n’est-ce pas?

Avoir vécu avec un homme qui trouvait toujours que vous aviez quelques kilos en trop et que vous pouviez toujours être mieux, qui vous interdisait de manger un dessert au cours des repas de famille, qui vous encourageait à vous affamer pour que vous soyez bien dans votre corps.

Tu parles !

J’ai compris qu’il y avait un problème quand après notre séparation,et ma maladie qui s’en ai découlée, il me dit un jour lors de la douloureuse passation d’enfant du week-end, qu’il ne m’avait jamais trouvé aussi belle.

Tout le monde me trouvait anorexique, je pesais 49 kilos.

Et lui me trouvait belle?

Il y avait réellement un problème qui existait.

Le problème c’était moi parce que j’ai cru pendant des années que c’était ça d’être belle, c’était lui parce qu’il a voulu me transformer en quelqu’un que je n’étais pas.

J’ai alors cessé de me mettre la pression.

Il fallait que je retrouve le chemin de la vie, et cela passait par l’acceptation de mon corps.

Il était là, il était à moi, seule moi pouvait m’entendre mieux que personne avec lui, et je ne devais plus autoriser quiconque à mal lui parler.

Pourquoi je vous raconte cela?

Pour vous dire qu’aujourd’hui, finalement à 37 ans, je m’assume.

J’essaie de prendre soin de moi, fais du sport mais je vis, putain, je vis.

Je mange,et je bois, je ne me prive plus et je n’ai plus l’obsession du corps de rêve.

Je suis comme je suis, apparemment plutôt pas mal pour mon âge et il ne faut pas que j’ai peur de le dire.

Avoir confiance en soi, c’est primordial et fondamental pour vivre sa vie à pleine dents.

Chez moi, cela passait par m’accepter, accepter de me regarder dans la glace sans faire la moue ou essayer de cacher mes fesses.

Se lever à la page devant tout le monde et ne plus avoir peur du regard des autres.

Accepter que l’on me trouve sexy bien que moi je me trouve toujours trop grosse (je vous apprends un truc les filles, non, se trouver toujours trop grosse?).

Mais aujourd’hui,je suis bien.

Alors, non, je ne suis par parfaite, loin de là.

Mais je ne suis pas TOP-MODEL, la bonne nouvelle :-).

Je m’habille comme je veux et je m’aime ainsi.

Vous montrer ces photos de moi, c’est une sorte de rédemption, la fin d’un travail de toute une vie.

Ce ne sont pas de belles photos, elles montrent également mes imperfections, mais elles sont moi et aujourd’hui j’ai envie d’assumer que « ça », c’est MOI.

Ceux qui me connaissent bien, savent que c’est un véritable effort que de faire cela, que je n’en aurai été incapable il y a quelques temps.

C’est fou, ce qu’à 37 ans, encore, on apprend.

Décidément, 2015, sera définitivement pour moi l’année de la remise en question, du changement et de l’acceptation de soi.

Comme quoi, il n’est jamais trop tard. Et cela ne fait que commencer.

En fait, j’ai l’impression, d’être au début du reste de ma vie.

photo (1) photo (2) photophoto (3) photo 1 (1)

cropped-page-de-garde1.jpg DSCF5325 DSCF4401

12 réflexions sur “Apprendre à accepter son corps et finalement s’assumer, le travail de toute une vie.

  1. J’aime beaucoup ton témoignage, il me donne tellement d’espoir (je suis sur le chemin de l’acceptation, j’en vois les contours au loin et j’en aime les formes).
    Et je te trouve magnifique, vraiment!
    Bise

    Aimé par 1 personne

    1. j’ai vu ça, j’ai lu ton billet ce matin et j’ai pensé ce qu eje venais d’écrire, justement. Je ne te dis pas que ça a été facile, je ne parle pas de tout, sinon j’aurai pu écrire un roman. J’ai rencontré aussi les bonnes personnes qui m’ont aidée à m’accepter comme je suis, belle à ma manière. Tu es sur la voie aussi puisque tu en parles…je suis de tout cœur avec toi. ❤ Merci encore. belle journée, Cristina

      J'aime

  2. un témoignage plein de sincérité comme toujours, tu t’acceptes et c’est vraiment la leçon à retenir, tu parles d’imperfections .. mais les imperfections ce sont par rapport à des stéréotypes matraqués par les médias avec mes conséquences désastreuses que ça peut avoir.
    les photos sont superbes

    Aimé par 1 personne

    1. Merci Bernard,c’est surtout pour cela que je racontes mes expériences, pour que les gens qui peuvent me lire comprennent que rien n’est figé, on peut changer les choses. Je ne détaille pas tout, mais mon corps a été pour moi une réelle source de souffrance. Comme tu le dis, à cause des stéréotypes qui sont encore très présents dans notre société (je vois que mon fils de 13 ans par exemple, trouve belles les filles anorexiques, pour lui je suis « un peu grosse ») mais aussi au travers du mauvais regard des autres et de mauvaises rencontres. On m’a aidé a jeter tout ça à la poubelle ! Et je m’aime enfin! Never too late !

      J'aime

  3. L’adolescence a été un véritable enfer pour moi aussi. A 12 ans, l’acné, héritage de mon paternel, est apparu et ma peau de Blanche-Neige a commencé à avoir des plaques rouges et des boutons blancs. Je ressemblais plus à rien. Ma poitrine a poussé au même moment et à 13 ans, j’en avais autant que ma mère (elle me passait ses soutien-gorges) et à 14 ans, je battais Pamela Anderson de deux bonnets sans avoir eu recours à la chirurgie esthétique. Puis sont venues les formes généreuses au niveau du bassin que la prof de danse voulait voir disparaître dans un régime (chose impossible bien sûr !). Le coup fatal. Terminé les tee-shirts à manches courtes ou sans manches. Je me cachais sous les manches longues et pire encore, j’avais récupéré un vieux sweat de ma mère qui cachait le tout en me donnant un air vintage. J’avais les cheveux jusqu’aux fesses et les attachais peu pour pouvoir me cacher. Il aura fallu attendre mes 17 ans pour troquer les baskets contre des bottines et bottes en cuir, des converses aussi (les ballerines arrivent tout juste mais difficilement avec mes palmes qui déchirent tout) et le sweat contre des gilets laissant apparaître mes formes. A 19, j’ai perdu 7 kilos dû au stress de mon entrée à la fac et depuis je me sens presque mieux. Aujourd’hui à presque 25 ans, je me suis enfin mise aux robes et aux jupes (merci l’Angleterre et le dress code). Manque plus que le prince dirons-nous.
    En conclusion, tu as tout à fait raison. On peut changer les choses, il suffit de le vouloir. En tout cas, merci, je me suis sentie moins seule le temps d’un instant.

    Aimé par 1 personne

    1. Holly, bien sûr que tu n’es pa seule, comme je te disais sur HC, on en parle juste pas assez, on a du mal à partager ce type de maux. Moi j’ai voulu mettre des mots desssus et si tout paraît rose comme la robe de ma photo, cela n’a pas toujours été le cas…c’est un long chemin, comme je le disais. Vivement que tu trouves ton Prince alors maintenant ! Il y en a un, qui est là, j’en suis sûre, et lui te rendra encore plus belle. Gros bisous.

      Aimé par 1 personne

  4. C’est vrai, tu es splendide Cristina, mais je crois aussi que c’est ce que tu ressens au fond de toi qui transparait sur ces photos. Tu es bien dans ton corps et ça se voit.
    Merci pour le partage de ton témoignage. Je crois que l’adolescence est une période difficile à vivre. Moi ça a commencé plus tôt, à cause de ma taille. Avec mes 1m75 à 11 ans, j’avais du mal à gérer ma vie de fille avec comme tu le dis si bien, ce corps de femme en devenir, qui nous fait passer d’un état à un autre en 1/4 de secondes.
    Grâce à ma taille, je n’ai jamais eu beaucoup de complexes de poids. Mais le corps change. Mon ex lui me trouvait trop mince (65kg) et me forçait à manger. Et puis la grossesse est passé par là. Mon corps s’est encore transformé et étrangement j’ai fini par l’accepter. Et c’est surtout depuis que je fais du sport que je me regarde differemment. Alors oui j’ai des rondeurs et tant mieux. J’arrive désormais à me regarder dans une glace et m’apprécier. Il a fallu que je change le regard que j’avais sur moi même pour me sentir bien dans ma peau. C’est un travail de longue haleine mais ça en vaut ma peine. (D’ailleurs ma mère qui a toujours eu du mal avec ses rondeurs ne cesse de me dire, tu rayonnes! ) Pour le coup, elle a raison…
    Grosses bises ma belle & Keep Shining!

    Aimé par 2 people

    1. Finalement, nos parcours sont parfois si similaires, portés par de mêmes blessures. Je sais que je ne suis pas parfaite mais c’est comme ça et de l’accepter et le comprendre, c’est avoir grandi pour moi. Manifestement, tu l’as compris aussi…et je sens que toi aussi tu rayonnes. On va y arriver ! Plein de bisous et une douce nuit Chère Marie.

      Aimé par 1 personne

  5. Très joli témoignage sur toutes les étapes qui rythment nos vies de femmes. Oui il arrive un moment où on devient plus sereine… peut-être aussi parce qu’on a quelqu’un qui porte un regard bienveillant sur nous au quotidien… ça aide 😉 Bisous ma belle, tu es splendide et rayonnante ❤

    Aimé par 1 personne

    1. Merci ma belle et rigolote Aileza! Je semble belle parce que je rayonne de l’intérieur, sûrement, et ce que tu dis es vrai, un regard bienveillant, une belle rencontre, peut réussir, au fil du temps à changer ta vision de toi même. ( ce n’est pas pour autant que j’aime me voir en photo, je les ai téléchargées et point barre, mais c’est un grand pas pour moi, crois-moi). Je t’embrasse. Douce nuit.

      Aimé par 1 personne

  6. J’aime beaucoup comme tu t’exprimes…simplement.
    On ne peut pas retrouver son corps de 20 ans et avoir des enfants et quelques vergetures c’est tout à fait normal dès que l’on arrive à un âge un peu plus avancé.
    Tu as tout le charme pour qu’un homme te regarde et ton ex ne savait pas qui il avait vraiment à ses cotés sinon il t’aurait gardé je pense (en tout cas je parle pour le physique car je ne vis pas avec toi et il n’y a pas que le physique loin de là!!)
    Tu as beaucoup de charme et désormais tu le sais. Et je peux te dire que la quarantaine pour une femme (et tu n’y es pas encore) c’est un âge subliminal…) tu verras.
    Trouve toi un homme qui t’aime pour ce que tu es…profite un peu avant si tu le souhaites mais rassure toi, tu plais.
    …j’ai trouvé où mettre ce commentaire!!ouf.
    Je pense qu’il faut ouvrir juste un article pour pouvoir poster…
    Un conseil: raccourci le nombre d’articles à afficher car ta page est longue à se charger et pourtant mon ordinateur ne rame pas…3 à 4 articles suffisent à mon avis.
    Bisous à toi
    https://instagram.com/brunomoulin48/

    J'aime

Envie de dire quelque chose?

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s