À l’aube d’une nouvelle réforme scolaire 

… J’ai envie de vous dire.

Que mon fils est actuellement en classe de 4ème, au collège André Malraux,dans le 17ème arrondissement de Paris.

À priori loin d’entre une zone considérée « à risque » ou avec des élèves en difficulté sociale ou économique (je le précise car ce sont souvent des facteurs pointés du doigt pour expliquer l’échec scolaire).

Il est toujours passé sur le fil du rasoir,avec tout juste la moyenne.

Il ne bosse pas,ne se montre pas spécialement motivé et a donc été très rapidement rangé dans la case des mauvais élèves auxquels on lâche soudainement la main dans la rue pour qu’ils apprennent à marcher seuls.

Sauf qu’ils tombent et ont du mal à se relever,parfois.

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Dans ce collège, il n’y a pas un seul jour où il n’y ai pas un professeur absent.

Aucune explication ne nous a jamais été donnée quand à ce taux d’absentéisme surréaliste.

Ma première phrase chaque soir quand je rentre est « qui était absent aujourd’hui? ».

Il a malheureusement toujours un nom à me donner,véridique.

J’ai envie de vous dire que mon fils est dans un collège où l’enseignement des langues est toujours fait avec des cassettes, vous savez les fameuses « Unit 1, Lesson 2 » ,exactement,celles que nous avions il y a 20 ans.

Si si, je vous le jure.

Je ne suis donc absolument pas étonnée qu’il n’éprouve aucune excitation particulière à aller apprendre la langue de Shakespeare.

Quel dommage.

J’ai envie de vous dire que mon fils est dans un collège où l’on fait 30 minutes de cours sur les 50 prévues.

Les autres 20 minutes sont consacrées par le professeur à faire ce qu’il n’a pas eu le temps de faire, corriger des devoirs,inscrire les devoirs sur l’intranet et autres correspondances (raconté par mon fils et ses petits camarades)…et les élèves sortent le portable en cours, ça rigole, ça chahute et puis on finit pas demander le carnet de correspondance pour mettre 2 heures de colle.

Logique.

Le projet « collège 2016 » de la ministre de l’éducation prévoit entre autres de laisser les équipes pédagogiques libres d’aménager 20 % du temps des élèves, afin de développer des enseignements pratiques interdisciplinaires (EPI) censés rendre les disciplines plus accessibles.

Mais je me demande quand est-ce qu’ils vont le trouver,ce temps?

Ce serait réellement génial qu’ils arrivent à dégager du temps pour cela,c’est une évidence, mais comment?

Ils ont déjà tellement de retard sur les programmes et n’arrivent pas à accompagner les élèves en difficulté, alors, dites-moi quand,s’il vous plaît?

Mon fils est dans un collège où les professeurs se plaignent à leurs propres élèves d’être sous-payés, d’avoir trop de travail, d’être épuisés et de ne pas y arriver.

Les professeurs sont démissionnaires et se sentent désabusés.

Quel regard porte l’enfant envers ce professeur?

Où sont passées les fabuleuses années collège?

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Et bien c’est triste, mais les enfants m’ont dit ressentir de la pitié, aucune admiration et qu’en aucun cas ils ne souhaitaient devenir à leur tour professeur.

Moi qui ai pris goût aux lettres grâce à des professeurs de littérature fabuleux,passionnés,engagés,je ne comprends pas ce qui ce passe.

J’ai aussi envie de vous dire que dans le collège de mon fils, si tu es bon élève et tu as des facilités,tu y arrives, si ce n’est pas le cas,tu es mis au placard et on te fait comprendre que tu ne feras pas d’études.

On encourage donc les élèves à décrocher,s’ils ne rentrent pas dans le moule? (ceci est une question)

Dans ce même collège (mon fils le fréquente depuis la 6ème), jamais aucune sortie, voyage ou escapade culturelle ont été organisés, j’ai d’ailleurs bien l’impression qu’aucun projet pédagogique n’est suivi.

J’ai le souvenir d’avoir été à Rome,en Allemagne et faire d’innombrables sorties au cinéma et au théâtre lors de mes années collégiennes.

Où se trouvent l’ouverture d’esprit,le partage,la découverte?

Je me demandais donc si avant de vouloir tout réformer,une nouvelle fois, on ne devrait pas commencer par donner aux professeurs et à tous les acteurs de l’école les moyens d’exercer leur profession  dans les meilleures conditions, car manifestement,ils ne les ont pas.

Redonner aux enfants l’envie d’apprendre,au corps enseignant l’envie d’enseigner et reconstruire une relation de partenariat et non d’opposition permanente.

Ce serait ma priorité,ce serait pour cela que j’œuvrerai.

Pour conclure,je vous dirai que je vais changer mon fils de collège et envisage même de le mettre dans le privé: son niveau est trop faible et je n’entrevois pas dans le système de l’école publique les conditions réunies pour qu’il puisse s’améliorer.

Ne croyez pas que j’en sois ravie,je vais être obligée de faire des sacrifices pour pouvoir lui offrir cette école et je ne trouve pas ça normal d’être obligée de passer par là.

Mais j’ai décidé de ne pas le laisser tomber à mon tour,je souhaite lui donner une chance de réussir.

Voilà,c’était mon coup de gueule du mercredi,sans aucun savoir ou connaissance particulière,mais c’était mon coup de gueule et témoignage de maman.

Une réflexion sur “À l’aube d’une nouvelle réforme scolaire 

  1. Je suis tout à fait d’accord avec toi ! Et je pense que cette réforme n’a qu’un seul but : appuyer les réformes de disette budgétaire et réduire les dépenses. L’économique passe devant l’éducation de la nouvelle génération alors même que c’est cette nouvelle génération qui sera gage de notre prospérité future! Suppression des classes bilingues/européennes sous prétexte qu’elles sont réservées à une élite ( j’ai fait bilingue allemand et je suis loin d’être une élite), la réalité est que cela coûte cher. Eviter au maximum les redoublements peut importe le retard de l’enfant, car les redoublements c’est des coûts pour l’Etat.Mutualisation des heures des profs, comme ça un prof de techno pourra remplacer un prof de bio absent par exemple, car payer un vrai prof de bio en remplacement coûte trop cher. Remplacement des heures de soutien aux élèves en difficultés par des heures de soutien destinées à l’ensemble de la classe, heures prises pendant les heures de cours. Evidemment aider les élèves en difficulté signifie ne pas être égalitaire par rapport aux autres élèves (super rhétorique!) et faire ces heures pendant les heures de l’année car qui dit heures supplémentaires de soutien dit prof à payer en heures supplémentaires. Etc etc etc.
    Moi qui trouvait Najat plutôt sympa voire sexy… déçue.

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