Nous pourrions être si riches

Source Pinterest
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Si tu me regardais vraiment, si je ne plongeais pas mes yeux dans les méandres de l’obscurité en cherchant lâchement à t’éviter, toi dont je croise le chemin chaque jour depuis des années.

Si vous vous écoutiez, si vous cessiez de ne pas vous entendre et appreniez à vous comprendre, vous qui préférez laisser votre voisin se méprendre.

Si nous ouvrions la porte aux autres au lieu d’en avoir peur, laissant entrevoir autre chose que de la stupeur, si nous cessions d’en tenir toujours rigueur.

Si ils se parlaient à la place de se jeter des pierres, on ne le dira jamais assez, faites l’amour putain, pas la guerre, eux qui cherchent des réponses là où il n’y en a guère.

Oui, nous serions bien plus riches.

Si nous offrions du temps à nos familles, à nos enfants, à tous ces êtres bienveillants, qui peuvent nous apporter bien plus que n’importe quel présent.

Si nous nous regardions dans la glace avec un peu plus d’audace et nous nous aimions enfin un jour, et pourquoi pas pour toujours.

Si nous étions capables de ranger notre égoïsme quelques instants et de ne plus regarder notre nombril narcissiquement, nous pourrions sûrement tendre la main avec un peu d’héroïsme.

Quand j’étais petite, les années 2000 me faisaient rêver.

Je me perdais à imaginer un monde parfait, où la technologie promettait de révolutionner nos vies, la rendre plus agréable.

Un monde dans lequel l’accès aux connaissances, la multiplication des sources de savoir et l’information ouverte à un grand nombre d’entre nous, nous permettraient de bannir les frontières et de porter un autre regard sur nos frères.

Et pourtant.

Aujourd’hui en 2015, presque 2016, nous n’avons jamais eu aussi peur, nous n’avons jamais été aussi cons.

Peur du chômage, de la faim, de la solitude, du célibat, des étrangers, de l’ignorance, de l’inconnu, du regard des autres.

Amitié, famille, mariage, loyauté, tolérance, autant de valeurs que je vois disparaître au cours des différentes saisons de ma vie.

Nous n’avons jamais aussi peu donné de temps aux autres.

Nous sommes plus fidèles à notre smartphone, à notre ordinateur ou à Netflix , y voyant un agréable substitut aux rapports humains et/ou une imparfaite compensation à nos carences.

Nous n’avons jamais aussi peu donné de nous.

Nous encourageons nos enfants à sélectionner sans frein ni explication  tous les jouets du catalogue de la Grande Récré.

Nous perdons du temps à critiquer sanguinairement telle blogueuse ou telle youtubeuse, en nous réjouissant de son lynchage public et en enviant secrètement son succès.

Nous sommes contre le mariage pour tous mais allons volontiers voir ailleurs.

Nous aimons prendre, mais avons tant de mal à donner.

À donner un sourire, un merci, un encouragement, cinq minutes, de l’espoir,  un café ou même une claque.

Alors je me demande ce que nous avons loupé, ce que nous avons mal fait ou pas fait du tout d’ailleurs.

Alors je me demande quel chapitre j’ai raté dans l’éducation de mes enfants.

Oui, je me le demande quand je vois mon fils aîné avoir plus de respect pour les intervenants de Vidéo City ( il fallait voir dans quel état il est revenu hier) que pour ses grands parents.

Oui, je me le demande quand mon plus jeune me répond qu’il choisirait plus volontiers toutes les cartes Pokémon du monde que du temps passé avec sa maman.

Oui, je le sais, ce billet est complètement décousu, un patchwork de lamentations, un tissu de constatations qui m’attristent.

Oui, je me demande si nous ne pourrions pas être plus riches.

Plus riches de nous, plus riches des autres.

Je suis partie dans ces considérations utopiques alors que nous discutions des cadeaux et des priorités pour Noël.

Chez nous, elles seront revues, c’est sûr.

Je divague à peine.

Merci de m’avoir lue jusqu’au bout…et de me dire ce que vous en pensez si vous en avez le courage.

Bonne semaine !

8 réflexions sur “Nous pourrions être si riches

  1. Plus je me balade sur la blogo et plus je lis des billets sur « l’état » actuel des choses, plus je me dis que la situation n’est pas si désespérée… n’est-ce pas le propre de chaque époque de voir ses travers ? Je pense que justement, ce que tu mets en avant, cette « prise de conscience » (et que tu n’es pas la seule à évoquer) est un très bon signe ! Voyons le verre à moitié plein ! Je suis certaine que nous allons vers un mieux ! Bisous Cristina

    Aimé par 1 personne

    1. Je sais Fedora, et effectivement beaucoup de gens en parlent mais je ne sais pas si on agit pour autant . Ce qui vraiment peur comme je disais plus haut c’est de voir la réaction de mes enfants, leurs valeurs … Je n’arrive pas à comprendre où j’ai failli à mes obligations . Bisous !

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    1. Merci Loreleï! J’ai un peu jeté tout et n’importe quoi mais ce sont des constatations quotidiennes et je ne suis pas de nature négative mais ce constat me fait un peu peur surtout quand je vois mes enfants en fait! Merci pour ton passage par ici ! A bientôt et bonne soirée

      Aimé par 1 personne

  2. Huuuuu je suis très en retard dans mes lectures …. 😦 (j’ai levé le pied après les « évènements »)

    Mais noooon tu ne divagues pas !
    Tu as fais un vrai patchwork d’instantanés, comme des polaroids, de l’état des « choses » qui posent problème, interrogent, interpellent … comme dirait l’autre…

    Et ces phrases lancées, comme des bouteilles à la mer… l’ont été juste 4 jours avant la .. monstruosité ! Et le fait de lire « en retard » éclaire tes paroles un peu différemment … comment dire… c’est comme si cela … flottait dans l’air…(je l’ai constaté ailleurs et je pense que je vais encore le constater…)

    Aimé par 1 personne

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