Publier son premier roman, et après ?

Nombreuses sont les personnes qui pensent que parce que j’ai réussi à faire publier mon roman, je suis désormais une star interplanétaire et que tout le travail est accompli.

Je n’ai plus qu’à boire des spritz en terrasse, les doigts de pieds en éventail et signer des autographes.

Détrompez-vous, les amis.

Je souhaitais lever le voile sur cette méprise et peut-être faire profiter les nouveaux auteurs de mon expérience.

Ce billet ne va d’ailleurs peut-être pas plaire à certaines personnes, mais je ne vois pas pourquoi je tromperai les lecteurs ou je devrai faire l’usage de la langue de bois.

Si écrire un livre est un très grand accomplissement et le fruit d’un travail de très longue haleine, lorsque tu publies ton premier roman et que tu es moins connue que Susan Boyle herself, crois-moi bien sur parole, le travail que tu dois fournir après la parution du livre est tout aussi conséquent.

J’avais deux alternatives : montrer mes seins et faire le buzz (quoi, il y en a pour qui ça marche et je ne suis pas mal du tout pour mon âge) ou œuvrer comme une petite fourmi pour faire connaître mon bébé.

L’amoureux n’était pas très d’accord pour que je dévoile mes jumelles qu’il affectionne tant, alors j’ai retroussé les manches.

Oui, parce qu’accoucher d’un pavé de presque 500 pages, c’est bien beau mais après, il faut en prendre soin, le prendre par la main, l’accompagner, alors que tu souffres encore des douleurs de l’épisiotomie.

Pas de répit, l’ami.

Je partais dès le départ, avec quelques handicaps :

  • il s’agit de mon premier livre
  • ma maison d’édition n’est pas encore très connue (ce qui ne signifie pas qu’elle ne travaille pas comme les autres, au contraire)

  • je n’ai pas d’attaché de presse

Les deux premiers points ferment d’emblée la porte de beaucoup de librairies indépendantes qui ne le mettent pas en vente car pour eux, il s’agit de produits non « bankable ».

Certaines (je dis bien certaines car j’ai reçu d’adorables messages de libraires indépendants) sont très élitistes et snobent volontiers les auteurs inconnus, presque marginaux du système.

Heureusement pour nous, Fnac, Cultura et autres gros réseaux sont eux, plus réceptifs et ouverts aux nouveautés. J’ai d’ailleurs fait la connaissance d’incroyables professionnels au sein de ces enseignes qui oeuvrent à donner une chance à leurs coups de cœur.

Et reste évidemment le géant et désormais incontournable, qui, quoi qu’on en dise, reste un formidable tremplin. Amazon se fout de savoir si tu es la star du Franprix en bas de chez toi ou la dernière révélation : ce qu’il veut, c’est vendre.

Et Amazon offre une très bonne visibilité aux auteurs. De plus, c’est simple et efficace.

Si j’avais le choix, bien sûr que je préfèrerai travailler avec les petites librairies indépendantes et ne pas lire dans la presse chaque semaine, qu’une nouvelle librairie va fermer.

Mais nous laisse-t-on le choix ?

Je raconte souvent, à titre d’exemple, la réaction d’un libraire à qui je demandais s’il avait le dernier livre de Jojo Moyes.

– Jojo qui ?

– Jojo Moyes, vous savez, l’auteure de plusieurs bestsellers, notamment « Avant toi », qui a été adapté en film.

– Connais pas.

– « Les yeux de Sophie », vous n’avez pas ?

– Non, Madame, nous ne faisons pas de cette « littérature là ».

Alors, si on dit ça de Jojo Moyes, vous imaginez, moi, la moustachue?

(je blague, en vrai, je suis juste poilue du dos)

Le pire, c’est qu’il ne m’a même pas proposé de le commander.

N’étant pas dans une grande maison d’édition, qui possède un département de communication,  contrairement aux grosses usines, la plus grande partie du travail doit être effectué par nos soins, ce qui est une tâche ardue, surtout quand tu as un travail à temps plein.

La plupart des journalistes, inondés de demandes ne laissent alors aucune chance à la causette du Bled.

Soit tu as des amis dans le réseau, soit tu trouves boutique fermée.

Ce n’est pour cela que nous nous sommes laissés démonter, car finalement, qui a le dernier mot ?

C’est le lecteur !

Il était donc indispensable de partager et faire connaître mon livre via les formidables outils que sont les réseaux sociaux.

J’ai découvert une super chouette communauté de blogueurs généreux et bienveillants, qui, en échange de rien, il est bon de le souligner, chroniquent le livre et divulguent leur avis auprès de leurs lecteurs, contribuant ainsi grandement à la promotion des livres.

En revanche, je me suis également confrontée à des réactions assez inattendues.

Certains blogueurs qui avaient accepté de recevoir mon livre en « Service Presse » avant sa parution, l’ont lu et m’ont fait de très bons retours en message privé. Mais se sont excusés de ne pas faire de chronique publique, pour plusieurs raisons : le titre est trop gnangan, la couverture est trop feel-good, et elles avaient un certain « standing » à maintenir, de par leur partenariat avec de très grosses maisons d’édition.

Je peux comprendre qu’on n’ait pas aimé le livre, qu’il ne corresponde pas à ses attentes, évidemment, mais j’avoue ne pas avoir très bien saisi les raisons invoquées.

Je suis surprise de voir que le feel-good est en genre que beaucoup condamnent, alors que les plus grandes ventes en France se situent dans cette catégorie-là. Etrange phénomène.

Aucun genre littéraire ne devrait être considéré comme moindre, ni ses lecteurs, d’ailleurs.

Le pire c’est que mon livre n’en est pas un, malgré effectivement ce qu’il peut en ressortir du titre et de la couverture. Pour ma part, je suis une lectrice très éclectique et je lis aussi bien des feel-good que des classiques.

Je pourrai par exemple être présidente du fan-club de Virginie Grimaldi et d’Albert Cohen, ce n’est absolument pas incompatible à mes yeux.

Ce clivage que semble vouloir instaurer grand nombre de « chroniqueurs littéraires », ne devrait pas avoir lieu d’être, mais c’est mon humble avis de lectrice passionnée (et non plus d’auteure).

Puis il y a les lecteurs qui ont à cœur de dire qu’ils ont aimé le livre, vous le font savoir et le partagent avec leur entourage, sans aucun à priori.

Chaque message reçu de leur part est une nouvelle dose d’énergie qui m’est donnée afin de poursuivre mon travail.

Et ce sont bien elles les petites fourmis de l’ombre.

Il est donc important que les lecteurs partagent leur avis sur le maximum plateformes possibles.

Vous aurez compris qu’il n’y pas pas de secret : le travail ne s’arrête pas à la sortie du livre, je dirai même, il commence ! Comme dirait ma copine Riri, #work #work #work #work #work

Je profite de ce billet pour remercier les formidables libraires, lecteurs et blogueurs qui me soutiennent, votre travail est très précieux.

Est-ce que je vous ai dit que j’avais commencé à écrire mon deuxième roman ?

Oui, car je m’ennuyais un peu, voyez-vous !

Bonne fin de week-end à tous !

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34 commentaires sur “Publier son premier roman, et après ?

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  1. De mon côté, je partage les livres qui me plaisent sur mon blog. Qu’ils soient dans la tendance ou pas. D’auteurs connus ou pas. A partir du moment que l’histoire me touche, j’ai envie de partager avec les gens.
    Un deuxième est en route ? Félicitations !

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  2. Je suis effarée de lire que certains blogueurs ne partagent pas leur avis sur leur blog au sujet d’un livre reçu en service presse. C’est irrespectueux pour l’auteur qui leur a transmis son bébé. Et les raisons invoquées sont hallucinantes. 😟 Je vous souhaite plein de succès, surtout que les retours sur votre livre sont très bons.

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    1. Hello ! Et si, c’est pourtant le cas…et encore, je ne suis pas rentrée dans les détails car je ne voulais pas faire un billet style Caliméro…et puis comme je disais plus haut, à côté de ça, il y a de supers blogueurs qui n’ont pas le melon malgré leur influence, et qui restent très bienveillants. Merci pour ce message et à très vite ! Cristina

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  3. Je suis à peine étonnée de ce que tu nous dis. Le monde du livre et de l’édition est un monde très fermé qui privilégie souvent l’entre soi. Ils se réveilleront dans quelques temps quand ton roman aura fait son chemin grâce au bouche à oreille et réseaux sociaux.
    Continue ma jolie tu as un bel avenir devant toi, foi de cacahuète 😉
    Bises ❤

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  4. Ravie de lire ton article, c’est hyper intéressant de connaître l’envers du décor et de désacraliser ce milieu.
    J’ai pour ma part écrit mon premier roman et effectué des envois aux éditeurs. A ce jour, j’ai reçu quelques refus, mais je ne baisse pas les bras.
    Je n’ai pas encore lu ton livre mais je suis très curieuse de le découvrir, il rejoint ma pile illico !
    Bonne continuation à toi !

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  5. C’est étrange, mais ça ne m’étonne pas ce que tu nous racontes là :/ Pour ma part, j’ai ton livre (tu es d’ailleurs, pour l’instant, la seule blogueuse passée de l’autre côté dont j’ai acheté un livre), ai commencé à le lire mais n’ai malheureusement pas réussi à le finir 😦 Je ne désespère pas d’y arriver un jour mais actuellement, je n’en trouve pas le temps ni la force.

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  6. Merci pour ce chouette article Moi qui me lance dans l’écriture de mon premier roman je prends tous tes conseils Et je vois bien en te lisant, que malgré la montagne qui s’annonce devant moi, je garde le smile 🙂 Et ça me fait du bien de sentir combien je suis motivée et que l’envie est là avant tout… on verra bien ensuite ! 😉 En tout cas un grand Bravo pour l’édition de ton livre Je suis admirative ❤

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  7. On idéalise toujours l’édition ma belle!
    Mais je ne doute pas (à mon petit niveau) que c’est énormément de travail. Je me répète mais tu peux être fière de toi, de ton travail et de ce superbe livre (qui n’a rien à voir avec un quelconque roman feel-good et comme tu le dis si bien chacun son style, chacun son histoire à raconter et sa façon de le faire).
    J’ai hâte d’en savoir plus sur roman numéro 2…

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  8. Merci pour cet article très vrai. J’en suis exactement à ce stade-là. Je suis publiée chez un vrai éditeur, mon roman sortira le 24 mai prochain, et je cherche à le faire connaître. J’ai envoyé des dizaines de messages à des blogueuses littéraires et, entre les refus pas toujours motivés et les non réponses, je suis quelque peu déçue… C’est que les blogueurs sont plus exigeants que les libraires et les journalistes !
    Je ne désespère pas mais je ne m’attendais pas à galérer autant… et, n’ayant pas la fibre commerciale, je suis loin d’être à l’aise dans cette démarche… J’ai parfois l’impression de faire du racolage avec mon livre ^^
    Je pense qu’il y a quand même une part de chance dans tout ceci, paraître au bon moment et toucher les bonnes personnes ce n’est pas offert à tous les nouveaux auteurs !
    Gardons espoir et continuons notre travail de fourmi !

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    1. Bonjour Corentine, oui c’est effectivemment un peu compliqué. Ce que je regrette surtout c’est une formme d’élitisme que l’on ressent de la part de certains…mais à côté de cela il y a de supers blogueurs, extrêmement bienveillants, alors il ne faut pas lâcher ! Je suis preneuse ! Bon courage et à très vite ! Cristina

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    1. Bonjour ! Oui, je me souviens d’avoir vu sur Instagram que vous étiez en train de le lire mais je ne savais pas si vous aviez terminé ! Super, je suis très heureuse qu’il vous ait plu… J’avance doucement avec bébé 2, mais je sais où je vais 🙂 Merci encore et à très bientôt !

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  9. Je ne suis pas etonnee par ce que vous decrivez
    On m’a toujours dit «  ecrire c’est difficîe mais on y arrive. Etre publiee c’est difficile aussi mais on y arrive. Le plus complique et ardu est d’etre distribuee et lue »
    C’est la femme d’un auteur qui m’a dit ces qq mots
    Il faut continuer de croire en soi, en la valeur de son roman et avancer
    Oui, c’est dur et souvent deprimant
    Mais la vie est semee d’embuches
    Et moi je crois qu’en semant des petites graines on recolte un jour ou l’autre
    Bon courage

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    1. Merci Sabine pour ce message ! Bien sûr qu’il faut croire en soi, c’est déjà le plus important ! Je n’en suis pas à mes premières déconvenues dans la vue, alors je les affronte la tête haute ! A très bientôt ! Cristina

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  10. Je n’aurais pas cru qu’il serait si difficile à l’heure actuelle de faire la promotion d’un livre… Surtout quand on voit la place grandissante des communautés Booktube, bookstagram et autre blogo littéraire. C’est fou que certaines personnes s’engagent et puis font marche arrière… Courage à toi pour la suite et surtout pour l’écriture de ton nouveau roman.

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    1. Et si Cyrielle…et heureusement qu’il y a justement les réseaux sociaux pour aider à cette promotion, devenue aujourd’hui indispensable ! Comme dans la vie, on a des déceptions avec les gens mais il ne faut pas baisser les bras ! A contrario, j’ai fait de supers rencontres! Et le positif annule donc le négatif ! A très bientôt !

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  11. Bonjour, J’en suis à 8 publications (dont 3 romans) qui ont été grandement appréciées par les lecteurs, mais qui sont snobées par les libraires généralistes…. malgré les excellents retours des indépendants, des lecteurs en salon du livre ou tout simplement des blogueuses littéraires (et encore des animateurs radios). Pourtant, sans attaché(e) de presse, sans maison un peu connue (et malgré le travail réalisé), le travail, l’envie et la présence sont les seules armes dont nous disposons, nous, les auteurs modestes et anonymes…
    Je ne désespère plus devant les refus des libraires « grands publics » qui privilégient les gros vendeurs, car ils ont une boutique à faire tourner.
    Je suis toujours en cours d’écriture, car j’aime cela. 6 romans en 36 mois, c’est mon record et ils ont été lus en avant-première par 2 libraires indépendants, 2 blogueuses et un professionnel du livre (hors édition), qui ont tous noté « l’univers passionnant et le fort potentiel à rester accroché au livre, à ses personnages et à l’histoire »…. Reste plus qu’à…..
    courage….
    Bonne continuation !

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  12. Je me suis entièrement et totalement retrouvée dans ton billet. Je viens aussi d’éditer mon premier roman, une Dystopie. Et la science-fiction est très difficile aussi à faire découvrir lol. Merci à toi pour ton article réaliste et sans concession.

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  13. J’ignorais que certaines blogueuses snobent des styles littéraires pour des raisons aussi superficielles! Elles pourraient au moins s’abstenir de le dire. Ça les rend encore plus bizarres à mon humble avis…

    De mon côté, je dis souvent que je lis plus vite que j’écris. J’ai plusieurs brouillons d’articles, et souvent, je fini par trouver une façon de parler de plusieurs livres en même temps lorsque je trouve un fil conducteur. Je ne m’oblige jamais à écrire sur un livre. Peu importe ce que je fais avec le livre, c’est ma décision et ça n’a rien à voir avec les maisons d’édition et avec ce que mes lecteurs vont penser.

    Merci de dire les vraies choses au sujet de la vie après la publication. Je te souhaite beaucoup de succès!

    Aimé par 1 personne

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