BURN-OUT

Le 12 mars 2017, je vous annonçais ici même, mettre le blog en pause car je décidais de me lancer dans cette aventure maintes fois rêvée.

Celle de poser mes propres mots sur le papier.

Depuis, des mois se sont écoulés et l’aventure continue de se tricoter au delà de mes espérances, de nombreux fils de couleurs guident désormais le chemin.

Mon premier livre sortira en mars 2018.

Je ne mesure absolument pas le poids de cette phrase, tant tout s’est rapidement propulsé.

J’aurai dans les semaines qui viennent, l’occasion d’en reparler.

Ce n’est pas pour cette raison que je reviens vous voir aujourd’hui après des nuits d’écriture, d’insomnie, de relecture, de doutes et d’autocensure.

Si, après des années d’hésitation et de remise en question, l’incertitude pesait toujours plus lourd face à ce besoin viscéral de raconter une histoire, un évènement est venu me prendre par la main.

Il y a un peu plus d’un an, je décidais d’accepter un nouveau poste au sein d’une structure qui me promettait mondes et merveilles.

Le cœur serré de laisser derrière moi des collègues devenus aujourd’hui des amis, je prenais un risque que je jugeais moindre.

Je n’étais de toute façon plus en accord avec ma direction et le temps de transport s’était terriblement rallongé à la suite d’un déménagement.

Je rejoignais ainsi une plus petite entreprise dans laquelle on me vantait allègrement une excellente ambiance, un véritable projet de croissance, une grande stabilité et autonomie, la possibilité de mettre beaucoup de choses en place, « a great place to work », en somme.

Pourtant, en cette journée automnale de septembre 2016, où j’ai passé la porte de mes nouveaux bourreaux bureaux pour la première fois, j’ai su.

J’ai su au bout de quelques minutes.

Je n’étais tout d’abord pas attendue.

Personne pour m’accueillir, pas un bic (même avec le capuchon mordu), pas un cahier à petits carreaux, pas un café, encore moins un croissant, pas un zeste de bienveillance.

Il faisait froid et sombre.

On me dit de me poser ici, ou là-bas, comme si j’étais un meuble encombrant mais il fallait tout de même que je trouve ma place.

Dans la foulée, j’envoyais un texto à l’amoureux pour lui dire « Je ne reviendrai pas demain ».

Alors que j’errais comme une funambule depuis trente minutes, armée de ma plus grande maîtrise, une fille arrive.

Très jolie, comme toutes les filles de la structure que j’avais pu apercevoir sur le site web.

J’avoue m’être demandé, en toute innocence, comment autant de jolies filles avaient atterri là, « comme de par hasard » – copyright mon fils de huit ans.

Je me souvenais l’avoir vue lors de mon entretien et avoir discuté brièvement avec elle.

Un seul garçon faisait partie de l’équipe, en plus des deux dirigeants.

Je trouvais cette coïncidence amusante mais ne m’en affolais pas plus que ça.

Après tout, ils m’avaient aussi recrutée, moi.

« Alors, finalement, tu es venue ? Tu n’aurais pas du »,

me lance-t-elle de sa voix à la fois rauque et mielleuse.

Je ne sais si sa remarque est à prendre sur le ton de la plaisanterie, elle aura eu toutefois le mérite de me mettre en garde.

« Ils t’ont vendu du rêve, n’est-ce pas ? Comme moi. Je comprends. J’espère que tu ne vas pas le regretter trop vite. Moi, je n’ai qu’une envie, me casser ! ».

Le ton était donné, le malaise était installé.

Il ne m’a jamais quittée.

Je découvre une ambiance tendue, où la véritable prise de parole n’existe pas.

La communication est désormais un concept lointain.

Les relations sont étranges, on y respire négativité et méfiance, on se dit à peine bonjour.

Les tensions sont palpables, on murmure le mécontentement, on tait son mal-être, quelque chose ne va pas mais je ne sais pas exactement quoi.

Commence pour moi une spirale infernale, dans laquelle je me laisse entrainer.

Je décide de relever le challenge et de mettre de côté toute la frustration que je ressens chaque matin, au moment précis où j’entends le réveil sonner.

Le soir quand je rentre, je pleure dans ma salle de bain.

Il ne faut surtout pas que l’amoureux me voie.

Les yeux rougis, je rejoins souvent la chambre, je prétexte une poussière, la crème antirides qui s’est investie dans mon canal lacrymal.

Le midi, je fuis, je veux être partout sauf là-bas, je me perds parfois dans les rues de Paris où je noie mon chagrin, mon inconscient me dictant de ne plus y retourner.

Je tente de rester par tous les moyens celle que je suis naturellement : enjouée, souriante, positive, une fille qui aime aller de l’avant.

Pourtant, je porte un masque, je le sais, puisque ses marques sur mon visage sont de plus en plus visibles.

Pendant de longs mois, j’enchaine des infections diverses, je souffre du dos mais je n’écoute pas mon corps.

Je mets ça sur le compte de la vieillesse.

Je vais y arriver.

Je ne suis pas une faible, je suis une battante, mon histoire me l’a déjà prouvé.

Je ne suis actuellement pas en mesure d’en parler plus.

Tout s’est arrêté un vendredi.

Le brouillard, les jambes flageolantes, le cœur dans la main, le bourdonnement dans les oreilles.

C’est pourtant le jour que je préfère dans la semaine, parce que je sais que je ne vais pas y retourner pendant deux journées de suite, quelle ironie du sort.

Je lisais récemment le livre de Philippe Labro, « Tomber sept fois, se relever huit », dans lequel il nous dévoile un très émouvant récit sur celle qu’il nomme « la broyeuse, qui vous ronge le ventre ».

Je me suis reconnue dans ses mots, lorsque moi aussi, je pensais que bien sûr, un jour ou l’autre ça irait mieux, c’était évident.

« Mais, bien sûr, ça n’ira pas mieux. Ça ira même un peu plus mal. Ça va, tout le temps, un peu plus mal. Et puis, ça va très mal. Et puis le mot « mal » lui même n’a plus de sens. Il faudrait trouver un autre mot ».

Je me suis alors réfugiée dans l’écriture, j’ai saisi à bras le corps ce projet fou que je pensais être incapable de mener à bien.

Chaque minute creuse était consacrée à l’assemblage de mots, à la convocation de souvenirs, à la couture de cette histoire, de mon histoire.

Je m’échappais ainsi de la réalité pour plonger dans une vie parallèle qui me permettait de fuir « la broyeuse », je me trompais moi même.

Je continuais de feindre que toute la souffrance que je ressentais au creux de mon corps était infime, sans importance, secondaire.

Un dédoublement de personnalité complexe s’opérait en moi.

Il fallait faire face.

Après tout, n’avais-je pas autant de bonnes raisons dans ma vie privée qui me prouvaient que la vie était belle, malgré tout cela ?

Quand j’écrivais ce billet « Trouver l’équilibre entre sa vie perso et sa vie pro », je me mentais, je vous mentais, déjà.

Sans m’en rendre compte.

Parce que oui, je suis celle qui est toujours de bonne humeur, celle qui a toujours le mot pour rire, qui a une solution à tout.

Je n’avais pas le droit de décevoir.

Minute psychologie de comptoir 

Moralité : il ne faut pas toujours croire ce que l’on voit.

La souffrance peut habiter un corps et un visage qui s’efforcent à vous prouver le contraire.

Message subliminal : un évènement négatif peut en déclencher un positif.

Me serais-je plongée dans ce projet d’écriture si je n’avais pas voulu prendre la fuite ?

Je vous souhaite une belle soirée.

Signature

 

Un viol par consentement.

Souvent, à l’heure du déjeuner, je vais écrire dans une célèbre enseigne américaine où le café est bien trop cher et assez mauvais, paraît-il.

Je m’en fiche, je n’y bois que du thé.

L’autre jour, alors qu’un rayon de soleil, capable de rendre le parisien hystérique (moi, y compris), baignait la terrasse de ce café, une personne de sexe masculin me dit bonjour.

J’écris personne de sexe masculin car, jusqu’à ce qu’il me parle, il n’était qu’une forme humaine comme une autre, poil au vent, tongs aux pieds.

Poliment, je lui réponds.

« Bonjour ».

Il faut savoir que si tu ne réponds pas, tu peux être considérée une salope.

Si tu réponds, tu es une allumeuse.

Je traverse la rue Lafayette, très passante, pour me rendre à mon bureau, situé à un peu plus de cinq minutes.

Je sens cette présence désagréable dans mon dos, un regard insistant, une attitude déplacée.

Le type en question me suit.

Je m’arrête, il s’arrête.

Je lui demande ce qu’il veut.

« Je marche avec toi, je n’ai pas le droit ? », me répond-t-il.

Je continue, paniquée, change de trajectoire.

Il est toujours là, me dévisage avec insistance, sa main droite se balade maladroitement le long de son aine.

A mon tour, je le tutoie.

« Tu me lâches, maintenant, laisse-moi tranquille ».

Ce type a la rage, le regard vitreux, le geste malsain.

Malgré mes talons, je me mets à courir, sur les trottoirs étroits tâchés de déchets canins et humains.

La rue qui mène à mon bureau est déserte.

Je veux crier mais la voix ne parvient pas à se frayer un chemin, la peur m’étouffe.

Je trébuche.

Derrière moi, il marche, toujours au pas.

Chaque seconde dure une éternité, chaque pas me semble un marathon.

Je pousse enfin la porte de l’immeuble et me précipite dans la cage d’escalier, délabrée.

Ce jour là, parce que j’ai dit bonjour, j’ai consenti à me faire suivre.

Mais pas seulement.

Je raconte la scène à quelqu’un que je ne saurai nommer poliment, il faudrait que je l’affuble d’adjectifs plus poétiques les uns que les autres.

Puis on dirait que j’ai le syndrome de Tourette.

« Si tu ne portais pas une robe dos nu et des chaussures rouges, tu n’attirerais pas autant le regard ».

Excusez, moi, je vais vomir, je reviens.

Ce genre de réaction ne me surprend même plus.

Nous sommes des milliers de femmes à souffrir quotidiennement de harcèlement de rue.

« Vous devriez être flattées », « C’est bon, il n’y a pas mort d’homme » sont encore des remarques trop fréquentes.

Pas plus tard qu’hier, je portais une robe patineuse, qui m’arrivait légèrement au dessus du genou.

Sur mes collants, couleur chaire, une couture graphique qui imite le porte-jarretelles.

Un détail coquin et féminin, certes, normalement invisible.

Cependant, un tantinet trop grands, mes collants descendaient un peu le long de mes cuissots potelés.

Quand je me suis assise, dans le métro, je me suis aperçue que la couture était visible.

C’est le type en face de moi qui me l’a fait remarquer.

Dans le couloir, je récolte en moins de trois minutes un joli « salope », un fracassant « quelle belle pute », un croquant « je te les arracherai bien avec les dents ».

De quoi puis-je me plaindre ?

Je l’ai bien mérité.

De part ma tenue, je suis consentante, bien évidemment.

Aujourd’hui, comme, je l’espère, beaucoup d’entre vous, je suis choquée par la décision du parquet de Pontoise de qualifier le viol d’une enfant de 11 ans par un homme de 28 ans, comme une simple « atteinte sexuelle sur mineure de 15 ans ».

Parce que nous sommes bien d’accord, à 11 ans, on est encore un enfant ?

Pincez-moi, je rêve.

Plutôt, je nage en plein cauchemar.

Comment est-il envisageable d’imaginer un seul instant qu’une fillette de cet âge rêve de fellation dans une cage d’escalier, de voir son intimité violée par un sexe d’homme, sauvage, ignoble animal préhistorique.

Je ne suis pas une féministe dans l’âme, je revendique plutôt d’être traitée d’égal à égal.

Je veux juste qu’on nous respecte, bordel.

N’y a-t-il pas un léger dysfonctionnement dans la loi française qui offre aux violeurs la possibilité de passer pour des victimes ?

Ah oui, parce que la justice française considère que « Se taire, c’est consentir ».

A vrai dire, je n’ai pas de mots pour qualifier cette décision surréaliste.

On vient de briser cette petite fille, probablement traumatisée à vie, en la rendant coupable et consentante d’un viol qu’elle a subi.

Certains commentaires sur les réseaux sociaux, me débectent, pure et simplement.

Des femmes, souvent, pointent du doigt l’enfant, qui selon leurs dires, n’en est plus un, cherchant maintes fois à provoquer les hommes plus âgés.

Je ne veux pas croire que ces gens aient des enfants, des neveux, des filleuls, des petites sœurs, des petits frères.

Je ne veux pas croire que ces gens n’aient pas eux mêmes subi un traumatisme pour afficher ainsi une réaction si absurde.

Comment espérer qu’une petite fille se débatte, tente de s’enfuir ou proteste quand nous, adultes pouvons être tétanisés par la peur ?

J’en ai fait l’expérience plusieurs fois et, plusieurs années après, garde toujours en mémoire chaque détail de ces outrages à ma personne.

J’espère sincèrement, que jamais, jamais, jamais, leur enfant, ne rentrera à la maison en leur disant avoir croisé la route d’un inconnu qui a souhaité l’initier à l’amour.

Mesdames et Messieurs, imaginez un instant, un tout petit instant, le fruit de vos entrailles, avec un cartable sur le dos, des socquettes blanches arrivant à la cheville, un pénis dans la bouche.

Oserez-vous me dire qu’il a été consentant ?

Madame Veil, vous avez bien fait de partir rejoindre Madame de Beauvoir.

A vous deux, pourriez-vous nous envoyer un semblant d’espoir ?

Signature

Bref, j’ai découvert Agnès Martin-Lugand (mon dernier coup de coeur littéraire)

Si je reviens vous voir en pointillés, les draps trempés de sueur et l’oreiller vaporeux, c’est pour vous livrer mon dernier coup de cœur littéraire.

Depuis que j’ai commencé l’écriture de mon livre, je suis devenue une boulimique compulsive des mots (ce qui explique ma prise de poids, voilà).

Encore plus qu’avant.

J’éprouve ce besoin brûlant de m’évader de ma propre histoire, échapper pour quelques heures à mes personnages qui me suivent jour et nuit depuis quelques mois, nourrir mon esprit d’émotions et couleurs nouvelles.

J’ai enfilé, à la chaîne, des dizaines et des dizaines de livres.

Certains très prometteurs.

La couverture était belle, le titre évocateur, le quatrième de couverture alléchant.

Pourtant, au fil des pages, rien ne se produisit.

Pas un rictus, pas une larme, pas un frisson, pas d’accélération du rythme cardiaque.

Que nenni.

J’ai avorté, à mon grand regret quelques lectures qui m’entrainaient dans le tunnel de l’ennui, voire de lassitude.

Je m’en suis voulue, mais impossible pour moi de continuer.

J’ai aussi fait des découvertes sympathiques et attachantes, des romans qui se lisent facilement, que l’on referme, satisfaits.

Puis on les oublie.

Il m’est arrivé récemment de m’acheter un livre, sur le conseil de la libraire.

Je me suis aperçue, une fois arrivée chez moi, que je l’avais déjà lu deux mois auparavant.

J’avais passé un agréable moment. Point. Il ne m’a laissé aucun souvenir par la suite.

C’est déjà bien de passer un bon moment, convenons-en.

Mais qui n’est pas à la recherche de ce plus, de cette petite touche de magie qui rend la lecture inoubliable ?

Cela faisait longtemps que je n’avais pas eu de tel coup de cœur, personne n’avait réussi à me faire rire ou pleurer comme Virginie Grimaldi, qui dans chacun de ses romans parvient à mélanger savamment un cocktail d’émotions.

Croyez-moi, après la lecture de ses livres, mon oreiller, mon canal lacrymal et mon mascara s’en souviennent encore.

Avant elle il y avait eu Agnès Ledig.

Depuis, des coups d’un soir, mais rien de fou.

C’est après avoir lu de nombreuses critiques dithyrambiques des romans d’une autre Agnès, Agnès Martin-Lugand, que, un peu après tout le monde, j’ai décidé de me procurer ses livres.

Il y a d’abord, les titres, qui, immédiatement vous donnent envie de savoir de quoi il en ressort et laissent votre curiosité piquée au vif.

«  Les gens heureux lisent et boivent du café »

« La vie est facile, ne t’inquiète pas »

« Désolée, je suis attendue »

« Entre mes mains le bonheur se faufile »

« J’ai toujours cette musique dans la tête »

Une fois entamées les premières lignes, il m’a été très difficile de levez mon nez du précieux.

La plume de cette auteure est légère, délicate, sensible, précise, fluide, poétique.

Agnès Martin-Lugand a un don inéluctable de conteuse, elle manie l’intrigue amoureuse avec suprématie.

Elle transforme, à travers ses personnages renversants d’humanité et de réalisme, chacune de ses histoires, en un merveilleux conte contemporain.

Je me suis attachée à chacun de ses personnages, les plus rudes, les plus aigris, les meurtris, les névrosés, les amoureux, les survivants.

Chacun de ses livres, est un véritable petit bijou, que l’on referme en poussant un grand soupir.

On est déçu que l’histoire soit terminée mais grisé d’avoir fait un bout de chemin avec Iris, Diane, Edward, Gabriel, Yaël, Marc, Yanis ou Vera.

Des prénoms que l’on n’oublie pas.

Une réflexion s’imposera à vous comme une douce mélodie, sur la vie et les choix que nous sommes amenés à faire (ou ne pas faire).

Si vous ne connaissez pas cette auteure, je vous invite à la rencontrer d’urgence.

Je ne saurai vous dire avec certitude lequel a été mon préféré.

Je les ai tous goulument dévorés en une semaine.

Dans « Les gens heureux lisent et boivent du café », vous serez frappés en plein cœur par cette poignante histoire de deuil et de renaissance, Diane réussissant à nous emmener dans les méandres de ses émotions.

« La vie est facile, ne t’inquiète pas », est la suite ; nous y retrouvons Diane, animée par la résilience et l’envie de se reconstruire. Les certitudes ne sont pas toujours celles qui sont apparentes.

Dans « Désolée je suis attendue » nous accompagnons, haletants, la frénésie de Yaël qui ne vit que pour sa carrière. Jusquà…

J’ai particulièrement aimé « Entre mes mains le bonheur se faufile », qui débute d’une manière simple, pour former petit à petit un tourbillon de folie qui termine en une folle apothéose.

Son dernier roman, « J’ai toujours cette musique dans ma tête », qui est aussi le plus long, prend un autre tournant, en pénétrant dans une sphère psychologique plus sombre. Le dénouement est loin d’être celui que nous pensons entrevoir, l’importance des choix de vie et de la force de l’amour y sont abordés avec une grande intelligence.

Je suis certaine que la formation de cette auteure en tant que psychologue participe généreusement à la fine analyse des personnages dont nous gratifie Agnès Martin-Lugand dans chacun de ses romans.

Pour tout vous dire, après avoir terminé la lecture de chacun des ses livres, j’ai voulu arrêter d’écrire le mien…tout ce talent m’a intimidée et je me suis sentie tout à coup, ridicule!

Si vous aussi avez découvert récemment des auteurs qui vous ont donné le vertige, je suis preneuse de vos bons conseils !

Bonne fin de week-end à tous !

Signature                                                                                         , intimidée

PARIS EST MAGIQUE ?

Alors, évidemment, ce pseudo coup de gueule passera pour une foutaise.

On dira que j’avais mes règles ou que l’amoureux n’avait pas honoré son devoir conjugal.

Ni l’un, ni l’autre, bien que je vous accorde que les deux auraient pu être liés.

Une fille, ça ne comprend de toute façon rien au foot, diront les machos, et encore moins les règles et les subtilités sous-jacentes au mercato.

Seulement, il s’avère que j’aime le foot.

Le foot, dans le pays de mes origines, c’est culturel, on a un peu ça dans le sang.

Ce matin, alors que je faisais défiler mon fil d’actualités dans le RER, on ne parlait que de deux choses : la canicule, certes, mais surtout le transfert le plus cher de toute l’histoire du ballon rond.

A moins que vous ne soyez en trek au cœur de l’Amazonie, que vous aimiez le foot ou non, vous n’avez pas pu passer à côté de cette information.

Le PSG a payé 222 million d’Euros pour s’offrir le joyau brésilien Neymar Jr.

Non, je ne me suis pas endormie sur la touche 2 de mon clavier.

Pas 2, pas 22, 222.

OUTCH.

Ce matin, je descendais à Gare du Nord, pour me mêler à la très éclectique population du quartier.

Comme d’habitude, j’ai croisé les toxicomanes.

J’ai vu ce jeune garçon, qui dort à même le sol, au milieu de son urine.

Il souriait, bien qu’il n’ait plus que deux dents.

Je me suis inquiétée de ne pas voir cette vieille dame, pieds nus, avec son foulard coloré et sa doudoune, quelle que soit la météo.

Elle, qui tient toujours entre ses mains, un vieux carton de déménagement qui a déjà vu la pluie et le beau temps, sur lequel on peut lire:

« J’ai 78 ans. Je suis dans la rue depuis cinq ans. Une petite pièce pour manger, un ticket resto ou un sourire ».

J’ai vu la famille syrienne avec ses trois enfants en bas-âge, désormais habituée à ce qu’on ne les regarde plus.

Au début, ils criaient, pour attirer notre attention.

Aujourd’hui, le son de leur voix ne parvient même plus à nos oreilles.

Devant la boulangerie, ce vieux papi.

Peut-être a-t-il ce partagé ce même morceau de carton que la vieille dame, un peu plus haut.

Son message n’est pas très différent :

« J’ai 81 ans. Je dors dehors. Aidez-moi. Pour manger ».

Une boîte de conserve de thon lui fait office de tirelire.

Plus bas, encore, quelques tentes Quechua colorent quelque peu cette rue un peu plus sombre.

Ce n’est pas du street-art.

Tous les matins, je croise la misère, je la regarde souvent dans les yeux, mais je ne la vis pas.

Alors, je me demande.

Si l’on peut trouver autant d’argent pour se payer le rêve de voir un des meilleurs joueurs de la planète jouer dans son club, pourquoi ne trouve-t-on pas quelques milliers de centimes pour palier à la misère profonde ?

Je ne vous parle pas des gens qui sont à découvert le 15 du mois, qui n’arrivent pas à joindre les deux bouts, ceux qui ne peuvent pas aller chez le dentiste ou l’ophtalmo.

Je vous parle de ces visages délavés, souillés, tristes, sans espoir et sans âme.

De ces pieds fatigués, souvent nus, noirs et empreints des marques de la rue.

Ceux que vous et moi croisons probablement tous les jours dans les rues de Paris.

Paris, la magnifique, ville qui fait rêver le monde entier, capitale du romantisme et de la mode.

Paris, est magique, disent les supporters du PSG.

Paris, qui laisse ses rues se peupler de détresse humaine.

Combien de millions faudraient-il pour esquisser une solution, pour tendre une main, offrir un moment de dignité, un sourire, une plus belle histoire ?

Je suis persuadée qu’avec 222 millions, on pourrait faire pas mal de choses.

Neymar aurait payé lui-même sa clause libératoire, bien sûr.

Prenez-nous pour des jambons de Paris.

Alors, oui, excusez-moi, mais je suis choquée.

Pas vous ?

Je m’excuse de ce billet qui ne sent ni l’été, ni les vacances.

La prochaine fois, je vous montre des photos de moi en maillot de bain, promis.

Bon week-end à tous et bonnes vacances à ceux qui partent  !

Signature

P-S : Neymar, je crois que tu as fais une grosse bêtise. Pas por ton porte-monnaie, c’est certain.

Bilan des vacances : je ne vous avais pas menti.

Je suis reviendue ! (oui, je suis une blogueuse qui souhaite être accessible à tout public).

Après vous avoir nargué pendant trois semaines, avec mes photos de mer turquoise, plages désertes, ciel bleu et bourrelets, je ne faisais pas ma maligne hier matin, entre ceux qui ignorent encore l’existence du déodorant et les autres pauvres gens que le sourire a déserté, ô pauvres gens.

Quand le réveil a sonné, j’ai pensé pendant quelques secondes que le coq me faisait une mauvaise blague et qu’il avait changé son chant, rien que pour moi.

Que nenni.

Il s’agissait bien de la sonnerie « vagues » de mon appareil à la pomme.

Mais si je reviens de si tôt, ce n’est pas pour vous faire un rapport détaillé sur la Sardaigne et le Portugal, car si vous partez bientôt, vos destinations sont déjà choisies et je ne vous serai d’aucune aide dans l’immédiat.

Je pourrai vous en reparler plus tard, si toutefois ma grande bonté ne m’a pas désertée (comme les autres avec le sourire).

A vous, qui trépignez d’impatience de faire vos valises avec vos marmots et qui ne m’avez pas crue un seul instant quand je vous disais que les vacances pouvaient se transformer en enfer avec ces nains qui font pipi dans la piscine, dans mon dernier billet, je viens vous prouver que je disais vrai.

Tout ce que je vais vous raconter est certifié conforme, avec mes respectueuses salutations.

Avant toute chose, et sans aucun rapport avec l’objet principal de cet assemblage de mots, je dois vous avertir que si vous partez en Sardaigne, vous devez porter un string sur la plage.

Toute sarde qui se respecte en portait un, pour le plus grand plaisir de ces messieurs (et de l’amoureux).

Choisissez-le sans couture et de couleur flashy.

Mon conseil mode vous ayant été gracieusement offert, je peux maintenant vous lister quelques situations qui peuvent se produire pendant les vacances dont vous rêvez depuis onze mois. Onze interminables mois.

Je commence doucement, pour ne pas vous brusquer et n’évoquerai cette fois-ci que trois cas d’école.

Vous qui n’avez pas d’enfants, fuyez.

  1. La piqûre de Méduse : nous y avons eu droit. Pas une fois, pas deux fois, mais trois. Une piqûre de méduse, ça fait mal, on le sait. Mais pas au point de mobiliser toute la plage autour de toi. Imagines-toi tranquillement installé(e) contre ta moitié, dégoulinant(e) d’huile solaire, les cheveux mouillés, prêt à pénétrer sa bouche avec…ta langue. Les enfants pataugent dans l’eau, la mer est calme, il n’y a pas de danger. Tout à coup, tu entends des hurlements provenant de la mer. Ô God, un squale ! Quelqu’un est en train de se faire démembrer par un requin blanc, c’est sûr. Les requins blancs, c’est connu en Sardaigne, m’enfin. Tout le monde, ABSOLUMENT tout le monde est debout sur la plage. Tu te lèves pour dire à tes enfants de sortir de l’eau et tu reconnais une symphonie familière. La même sirène qui se déclenche quand tu ordonnes à ton mioche d’aller se coucher ou quand tu lui annonces qu’il n’y a plus de Nutella. Nooooon. C’est mon enfant. Que faire ? Se cacher ? Non…tu ne peux pas. Musique d’Alerte à Malibu en fond sonore, tu clopines sur le sable brûlant et essaies d’arracher ta progéniture de la vilaine créature. Là, elle te voit approcher, et se met à hurler ton nom de plus en plus fort, au cas où les autres personnes ne sont pas encore au courant que tu es le parent indigne.Tu palpes le mouflet, il ne lui manque rien. Pour sauver la mise, tu le prends dans tes bras comme David l’aurait fait avec Pamela. Sur le cuissot du moutard (bon en fait, il s’agissait de la moutarde mais ça le faisait pas), un énorme tatouage.

« E una puntura di medusa ! » s’écrient Paolo et Gina autour de nous.

Medusa ? Come ?

Ah ? C’était donc ça.

Note positive : tout les gens autour de nous nous ont tendu leur crème à base de cortisone censée apaiser il bambino. Nous avons vu le sarde d’un autre œil. En échange, ils nous ont demandé de leur apprendre le french kiss. L’amoureux a refusé. S’il adore le string, il déteste le poulpe. Et ils avaient tous une haleine de poulpe.

La prochaine fois, je vous raconte la piqûre de frelon (vécue aussi).

  1. C’est bien connu, la mer ouvre l’appétit. Nous mêmes, adultes, sommes toujours en train de grignoter. Avec des chiards, tu sais que tu te ballades avec une valise en guise de garde manger. Quand tu choisis l’option pique-nique, normalement pour leur plus grand plaisir, tu peux très vite regretter ton choix. Un soir, jusqu’à minuit, au lieu de nous accoupler, nous avons cuit du riz, des pâtes, des œufs, haché des légumes frais afin de faire des salades colorées et nutritives à ces farfadets. Nous y avons mélangé thon, jambon, fromage et olives. Elles étaient belles, nous étions fiers. Sur un malentendu, nous avons pris un paquet de chips. Arrivée l’heure du repas, serrés sous le parasol blanc et rouge, les yeux collés par le sel, nous ouvrons fièrement la glacière, en nouveaux Bidochons que nous étions en train de devenir (certains diront Bonichons) et sortons nos deux saladiers aux couleurs de l’arc-en-ciel.

Un piquet de grève se constitue dans la minute. Flopée d’onomatopées.« Beurk », Arhrgg », « Hannn », « Bouh ».

Succès nul pour nos salades, évidemment. Le paquet de chips, par contre, a été savouré tel un met gastronomique.

Ingrats. Ces gosses sont des ingrats.

Un autre jour, alors que nous avions décidé de leur faire découvrir la gastronomie sarde dans un restaurant traditionnel, nous avons failli les abandonner. Un par un. Chacun commande son plat sans comprendre un mot de la carte. Pas de problèmes, tout a l’air très bon. Pour rappel, lecteur, le sarde pense que l’italien est la seule langue au monde et ne traduit pas ses menus. Tous les trois se ruent sur la corbeille de pains et de gressinis qu’ils dévorent en une minute trente, montre en main. Les plats arrivent. Flopée d’onomatopées. Les mêmes que celles du pique-nique. Les mini-nous souhaitaient tous le plat du voisin, mais surtout pas le leur. Nous avons été obligés de négocier sévèrement, méthode GIGN, pour les forcer à partager. Nous n’avons évidemment presque rien mangé, contraints de leur offrir nos plats, sous peine de déclenchement de sirènes.

Fière d’avoir su apaiser le conflit, je propose un dessert.

La seule chose que j’ai comprise de la bouche de la serveuse me donnait envie : desserts traditionnels, faits maisons. Entre ces mots, il y avait les mots Panacotta, Nutella et Ricotta. Miam.

Les voilà de nouveau enthousiastes. Ils sont presque charmants.

L’amoureux me dit que c’est une mauvaise idée. J’insiste.

Les desserts posés sur la table, nous découvrons qu’ils connaissent d’autres onomatopées. Nous les menaçons de leur supprimer les spinners, de les faire chanter tous nus dans la rue, de couper le WIFI, de faire l’amour devant eux pour qu’ils mangent au moins une petite bouchée. Une seule bouchée d’un truc en –A. Ils ne démordent pas et forment un trio solidaire. Ils ne mangeront pas.

Note positive : il n’y en a pas. Nous avons eu une addition ultra salée et nous, adultes, avons mis trois jours à digérer la farandole de spécialités en -A.

La prochaine fois, ils mangeront du sable, croyez-nous.

Ingrats, ces gosses sont des ingrats.

  1. Peut-être le point qui me fait le plus mal car je suis personnellement une grosse dormeuse.

Pourtant tu le sais, à l’instant où tu mets un bébé au monde, tes nuits et tes grasses matinées tu oublieras.

Quoi, tu ne le savais pas ? Quitte ce blog, ce sera certainement trop douloureux pour toi.

Avant les vacances, une fois nos trois progénitures réunies, nous avions convoqué un conseil exceptionnel de bambins.

Powerpoint à l’appui, nous leur avons sagement expliqué qu’ils avaient tout à gagner à nous laisser dormir au moins jusqu’à neuf heures et demie le matin.

Nous serions de meilleure humeur, aurions envie de sortir avec eux le soir, et promettions même des glaces à l’italienne à volonté.

L’enfant blond rétorquait que c’était tout à fait impossible pour lui, cela lui était biologiquement inconcevable.

Le châtain clair qu’il allait essayer mais ne promettait pas d’aller au delà de neuf heures.

L’ado, bien sûr, pour une fois, était notre allié.

C’est peut-être ça l’espoir, attendre qu’ils aient quinze ans pour qu’ils dorment jusqu’à midi.

Arrivés sur place, le premier jour, nous étions persuadés qu’ils allaient tomber comme des mouches et laisser sonner au moins onze coups au clocher de l’église, le lendemain.

Fingers in the nose.

Nous nous étions levés à quatre heures du matin, après trois heures de sommeil.

Autant vous dire que nous, les quadras, étions rincés et pratiquement sous perfusion.

Au préalable, l’amoureux avait redonné la consigne : s’ils se réveillent avant nous, ils restent sagement dans leur chambre. En cas de force majeure, ils peuvent venir gratter doucement à la porte. Si urgence force 2, trois petits coups peuvent être frappés. Mais on n’ouvre jamais la porte avant le signal.

Papa et maman font parfois du coloriage.

Le lendemain matin, chacun de notre côté du lit, pour essayer de ne pas fabriquer encore plus de chaleur que l’existante, nous ouvrons tous les deux un œil. Lui le gauche, moi le droit. Tels des chiens de garde, nos oreilles sont aux aguets.

Quelqu’un gratte à la porte.

Nous faisons les morts.

Je regarde mon portable : il est huit heures.

Quelqu’un frappe.

Nous sommes enterrés.

PAS LA.

Des petits pas d’éléphanteaux se font entendre dans le couloir. Les petits morveux.

Ouf, ils se sont recouchés.

J’essuie ma bave, l’amoureux tente un rapprochement.

On frappe de nouveau à la porte.

Il est huit heures quinze.

Cas de force 2.

« Qu’est-ce qui se passe ?

C’est NOUS !!!

Oui mais qu’est-ce que vous voulez ?

On veut vous faire un câlin ! On peut entrer ? »

Dois-je vraiment vous préciser que cette scène se répéta tous les jours ?

Note positive : je vous laisse deviner.

Je pourrai vous raconter encore des dizaines d’anecdotes de vacances avec les mouflets. Et vous, quelles sont les vôtres ?

Bonnes vacances à tous ceux qui partent bientôt, bon courage à ceux qui ne peuvent pas partir et bravo à nous d’avoir survécu à cette épreuve, bravo à vous d’être arrivés jusqu’ici.

A part ça l’eau était transparente, les plages plutôt très belles et le ciel très bleu.

 

Signature

Vacances A5

Ce matin, sur Paris, il fait tout gris.

Je crois que demain, ce sera le cas aussi.

Pourtant, je m’en secoue le sein gauche, voire même le droit.

Moi, j’attends midi.

Parce qu’à midi, aujourd’hui, après 27 rondades et 15 nuits sans dormir, nous entamerons 3 semaines A5, en 3D.

Vous suivez ?

Demain matin, décollage imminent pour les eaux turquoises, le ciel bleu (le vrai hein, pas la copie made in China), la focaccia, les gelati et les bibite (pour les incultes, ça ne veut pas dire petit bite, ça veut dire boissons).

Voilà.

Je vous vends du rêve, ou pas ?

Alors, imaginez, dans vos bagages…

Un petit garçon de huit ans, la maladie du purpura sous la peau, hyperactif, caractère de cochon, qui se croit le meilleur en tout et qui n’a JAMAIS sommeil.

Une petite fille de sept ans avec un ver solitaire qui a pris un bail à durée indéterminée dans son corps, qui se croit la meilleure (qui l’est sur beaucoup de points), capricieuse et coquine, qui se lève à SIX heures du matin (c’est un motif d’enfermement à la cave, nous sommes bien d’accord, les amis).

Un adolescent de quinze ans, dont je vous ai déjà beaucoup parlé ici , qui communique en monosyllabes, dort la journée entière si on le laisse et qui comme signe de contentement, se limite au grognement…sauf s’il y a le WI-FI everywhere…U see what I mean ?

Au milieu de ces trois adorables créatures, vraiment (promis à la fin du billet, je vous mets le lien vers l’annonce du boncoin.fr où nous les avons mis en donation – sans succès à ce jour), deux parents d’enfants qui ne sont pas les leurs, fous amoureux, ne rêvant que de nuits torrides.

Tout ça, sous 35 degrés.

Vous le sentez comment, vous ?

Avant d’arriver à la nuit torride, il faudra :

  • Préparer le petit-déjeuner pour 5
  • Préparer l’immense sac bleu IKEA, qui est le seul à pouvoir contenir 5 serviettes, le ballon de foot, le frisbee , deux seaux, deux pelles (si tu es un fou tu prends les râteaux), 3 paquets de brioches et 2 de petits-beurre, 3 bouteilles d’eau, les crèmes solaires, ton Cosmo que tu n’auras JAMAIS le temps de lire.
  • Déballer le contenu de ton sac IKEA sur le sable
  • Faire des châteaux de sable, TOUTE la journée.
  • Remettre TOUT le contenu dans le sac, cherchez la pelle, le râteau, tes enfants

Ca y est, j’ai mal à l’épaule droite.

Ce n’est pourtant pas fini. Continuons :

  • Préparer le déjeuner pour 5 ou aller au restaurant : tiens-toi bien, ne cries pas, ne manges pas avec les mains, ne prends pas ça, c’est trop cher, non pas de coca, non tu n’as pas le droit de prendre 3 desserts, tu as fait pipi il y a 5 minutes, quoi, encore ?
  • La douche…on en parle de la douche ?

A ce stade, vous rêvez déjà d’aller coucher…euh, vous coucher.

Ne rêvez pas…vous avez déjà une machine à faire tourner, car bolognaise, glaces, et autres substances illicites auront investi les t-shirts vieux de 3 jours.

Je vous vois venir…et je valide…laissons-les nus pour le reste des vacances.

Si vous avez le temps, vous prendrez votre douche.

A tour de rôle, bien sûr.

Oubliez les douches Tahiti, senteur vanille, sensuelles et parfumées, corps à corps.

Il faut toujours un garde de service pour surveiller la troupe.

Vous les aurez déjà punis à tour de rôle, menacés de rentrer ou de les abandonner au bord de la route.

Après le dîner, vous irez marcher sur la plage ou faire un tour dans le village, de façon à préparer la machine à laver du lendemain, car pendant les vacances, les tournées de glace du soir sont OBLIGATOIRES.

En vacances, aucun des nains ne veut JAMAIS dormir.

D’abord, parce que c’est les vacances.

Ensuite parce qu’il fait trop chaud, il fait soif, on entend les moustiques, un chien qui aboie au loin, le cœur qui bat, les rires refoulés de toutes les autres nuits de l’année, le pipi et plus si affinités.

Il est minuit.

Un inconnu est dans votre lit.

Bonsoir, vous! 

Aurez-vous encore de l’énergie après tout ça ?

Nous, oui,.

Dans quatre heures, il sera midi.

Salut, les ouistitis !Signature

P-S-1 Je viens de voir que leboncoin.fr vient de supprimer mon annonce, je me demande pourquoi…c’était gratuit 🤔

Lecture coup de coeur – « Une maison dans le ciel », un récit bouleversant.

Il y a des lectures vers lesquelles nous sommes naturellement attirés.

Des couvertures chaleureuses, des titres poétiques, une promesse d’amour, un élan d’émotion, parfois même un soupçon de tristesse.

On est toujours à la recherche de quelque chose lorsque l’on caresse la couverture d’un livre.

Va t-il nous offrir de la joie ? De la tristesse ? Va-t-il m’enseigner des choses, m’éclairer sur un sujet, me faire réfléchir ? Vais-je pleurer ou rire ? Peut-être même les deux.

Pour ma part, beaucoup de mes choix de lecture se portent et se porteront toujours sur l’amour.

Depuis les sœurs Brontë, à Stendhal, en passant par Jane Austen et aujourd’hui des auteurs contemporains comme Albert Cohen, Jojo Moyes, Gabriel Garcia Marquez ou Alexandre Jardin, j’ai toujours été en quête de la flamme qui nous a tous brûlé un jour ou par laquelle on rêve de se faire ravager.

Je suis une amoureuse de l’amour, que voulez-vous.

Trêve de minauderies.

Quand j’ai eu le livre dont je vais vous parler entre les mains, ce n’est pas le mot amour qui m’a sauté au visage.

Pas vraiment, non.

Le titre est assez parnassien, « Une maison dans le ciel ».

La couverture est le portrait d’une jolie jeune femme, que l’on imagine douce et délicate.

Puis je comprends qu’il s’agit d’une histoire vraie.

Cette histoire, c’est celle d’Amanda Lindhout, qui a été détenue pendant 460 jours aux mains de miliciens islamistes, en Somalie.

Vous conviendrez que l’on fait mieux comme histoire de romance, je vous l’accorde.

J’ai tout de même eu envie de le retourner, ce livre, et de lire le quatrième de couverture.

C’est en général l’épreuve de feu, celle qui va me convaincre de le mettre dans mon panier ou de le laisser sur l’étagère.

Indéniablement, ma curiosité avait été piquée au vif.

Comment cette jeune canadienne avait survécu à une détention dans un pays considéré comme l’un des plus dangereux au monde, où la milice islamiste Al Shabaab, liée à Al Qaida, contrôle la plus grande partie de la Somalie, dans sa condition de femme occidentale, qui plus est, non musulmane ?

Best-seller international, titulaire de plusieurs prix, j’ai saisi que ce témoignage avait quelque chose de poignant et qu’il me fallait le lire.

Me voilà alors embarquée dans l’enfance d’Amanda, au Canada, dans la ville de Silver Lake.

On ne peut pas dire qu’elle ait eu une enfance très heureuse, dans une famille modeste, très tôt éclatée, qui ne lui offrira pas le réconfort ou la tendresse dont rêvent toutes les petites filles.

Amanda s’évadera de son quotidien hostile en se plongeant dans de vieux numéros du célèbre magazine National Geographic, qu’elle achète vint-cinq cents, dans une bouquinerie de sa rue.

Ce furent les premiers voyages de la petite fille canadienne.

Ces paysages fabuleux, couchés sur le papier glacé, offraient à Amanda une fenêtre sur le monde, un monde qui se voulait riche et coloré, un monde qui la faisait fantasmer.

Plutôt que dans les pages des magazines, Amanda caresse l’espoir de découvrir ces merveilles que le monde a à offrir, de ses propres yeux.

Alors, plutôt que de faire des études, elle décide de travailler comme serveuse, job avec lequel elle parvient à réunir des sommes assez importantes pour partir d’abord à la découverte de l’Amérique du Sud, puis de l’Asie.

Amanda est curieuse et aura vite envie de tutoyer le danger de plus près.

Les seuls noms de l’Afghanistan, Syrie ou Irak nous auraient probablement fait fuir.

La canadienne, elle, est tentée de découvrir si ce que l’on raconte dans les médias est véridique et d’approcher ainsi l’horreur.

Elle s’imagine reporter de guerre et réunira toute son énergie et sa force de caractère pour pénétrer le très dur milieu du journalisme, en terrain si hostile.

En Éthiopie, elle rencontrera Nigel, avec qui elle vit une histoire d’amour.

Elle ne savait alors pas dans quel enfer elle allait l’entraîner, malgré elle.

Amanda est téméraire, aime à braver les dangers et se sent presque irrésistiblement attirée par les situations périlleuses.

On ne peut pas le nier, la jeune et jolie Amanda a l’amour du risque.

Elle finit par connaître le véritable visage du danger, lorsqu’elle se fait kidnapper, en Somalie, avec son désormais ami Nigel, par un groupe d’hommes armés, appartenant à une milice islamiste, à Mogadiscio.

S’en suivent 460 jours de captivité, aux mains de ravisseurs dont Amanda ignore au départ la véritable motivation.

Ils apprendront assez vite que les membres de l’organisation islamiste réclament une rançon s’élevant à plusieurs millions de dollars.

Les conditions de détention ont été effroyables.

Il n’existe d’ailleurs aucun adjectif pour qualifier véritablement la souffrance et l’horreur dans laquelle Amanda est jetée, sans appel.

Il est certain que la toute nouvelle reporter ne s’attendait pas à regarder la mort en face de si tôt.

Nous vivons au fil des pages une éprouvante et abominable histoire de violence, humiliation, maltraitance.

Je ne pourrai en dire plus, la réalité est bien plus dure que ces simples noms communs.

Très rapidement, nous sommes transportés dans cet incroyable récit, ce combat pour la vie, contre la mort qui la menace chaque jour, à l’encontre de la violence de ces hommes, ensorcelés par une folle illusion.

Seule femme au milieu de ces soldats du djihad, qui prétendent se réfugier dans la religion pour mener à bien leur mission, Amanda fait preuve d’une force de caractère inimaginable, pour s’accrocher au mince fil qu’est désormais son existence.

Elle se convertira à l’Islam, pour mieux comprendre ses ravisseurs mais surtout pour tenter de les adoucir et de se voir peut être considérée comme une sœur.

Elle deviendra Amina, étudiera le Coran, priera cinq fois par jour, s’appliquera à exercer le culte musulman du mieux possible.

Je lui tire ma révérence, sa force et sont courage sont presque surréalistes.

A aucun moment du récit, nous tombons dans le pathos.

Avec Amanda, nous nous raccrochons aux souvenirs, au mince filet de lumière qui pénétrera dans sa cellule, à la moitié d’une papaye qu’un ravisseur lui offrira dans un inattendu élan de générosité.

Son instinct de survie est absolument ahurissant.

Avec elle, nous pleurons aussi, dans les plus grands moments de désespoir et de cruauté.

Nous perdrons presque espoir et attendrons le pire.

Puis, avec Amanda, nous nous réfugions dans cette maison dans le ciel, qu’elle imagine joyeuse et synonyme de liberté.

Elle essaiera de comprendre les véritables motivations de ses tortionnaires, qui n’en restent pas moins des êtres humains et la façon dont ils ont pu sombrer dans cette folle épopée.

Cette histoire est évidemment d’autant plus touchante et saisissante parce qu’elle est vraie.

Nous pouvons mettre un visage sur ces mots, une âme véritable derrière ces pages noircies par les ténèbres.

Il n’en ressort pas moins un message d’espoir après sa libération qu’elle n’attendait plus.

Amanda Lindhout est un véritable modèle de bravoure.

On peut se dire qu’elle l’a cherché, qu’elle savait qu’elle prenait des risques, bien évidemment.

Mais malgré l’horreur vécue, elle véhicule aujourd’hui une déclaration de paix, une ouverture d’esprit et une véritable missive d’espoir, qui a tout son sens dans le contexte actuel que nous connaissons tous.

Elle a choisi de pardonner à ceux qui lui ont volé sa liberté, peut-être pour toujours.

« Pour mon propre bien, je fais primer le pardon et la compassion sur tous les autres sentiments – colère, haine, confusion, apitoiement sur mon sort – qui bouillonnent en moi… ».

Je me demande aujourd’hui où elle a puisé la force pour se reconstruire et être à la tête de la fondation « Global Enrichment Foundation » qui vient en aide aux femmes somaliennes, dans ce pays qui a été pour elle synonyme d’enfer.

Il y a des destins comme celui d’Amanda Lindhout, incroyables, qui vous mettent une claque et vous remettent à votre place.

Je salue ici le talent de Sara Corbett, co-auteure du livre, qui grâce à ses descriptions fouillées, nous livre une peinture sur papier, dans laquelle nous avons la chance de découvrir le moindre détail de l’histoire.

Bravo à Amanda qui a eu le courage de partager avec nous ce supplice, sans aucun doute un exercice très difficile, qui l’a obligée à fouiller de nouveau ses douloureuses réminiscences.

C’est un livre que je vous conseille, avant tout pour la leçon de vie qui nous est livrée.

Une fois entre vos mains, vous ne pourrez plus vous arrêter.

En tournant la dernière page, je me suis sentie toute petite…comme une envie de grandir autrement.

Merci aux Editions Seramis de m’avoir fait découvrir ce témoignage, absolument bouleversant.

Signature

Un anniversaire pour toute la vie

Il y a ceux qui laissent des dizaines de cadavres dans tout l’appartement.

Il y a ceux où vous finissez la tête dans la cuvette des toilettes.

Il y a ceux que vous passez en amoureux, d’autres avec votre bande de potes.

Sans que vous sachiez comment, vous terminerez certains en petite culotte.

Et puis, il y a ceux qui fabriquent vos plus beaux souvenirs.

Il y a encore quelques jours, j’appréhendais ce week-end.

Comme nous essayons de le faire depuis que nous nous connaissons, soit 1609 jours, 11 heures et 16 minutes, nous avions programmé une escapade pour mon anniversaire.

En septembre, ce sera au tour de l’amoureux.

Tous deux in love de l’Italie, nous avions choisi cette fois-ci de poser nos petites valises remplies de guimauve, sur le Lac de Côme.

Un cadre idyllique, une région magnifique, une gastronomie comme nous les aimons, le tout baigné par le soleil et arrosé par du vin pétillant.

Le décor était planté pour faire des bébés, pour passer un super week-end et par conséquent un très bon anniversaire.

C’était sans compter sur le départ de mes parents.

Je vous avais déjà parlé ici de ma fuite du canal lacrymal.

L’amoureux a beaucoup de qualités et de vertus, vous le savez déjà.

Plusieurs soirs, il avait revêtu sa salopette de Super Mario et avait tenté de réparer la fuite.

Il est à moitié italien, après tout, ça aurait presque pu marcher.

Pourtant, il n’y avait rien à faire, il me voyait inconsolable, encore plus quand mes yeux baignés de larmes se posaient sur sa casquette rouge et sa nouvelle moustache.

C’est néanmoins le cœur gonflé de tendresse et des papillons plein le ventre que je partais mercredi soir.

Plusieurs gaffes auraient pu me mettre la puce à l’oreille.

J’ai d’abord cru que l’amoureux s’était laissé convaincre par Frédéric (Beigbeder, pas mon frère).

Plus de 3 ans passés à s’aimer passionnément et à s’astiquer le dos (bande de coquins, vous pensiez que j’allais dire autre chose…m’enfin) et voilà, tout était fini, il avait trouvé une maîtresse.

Son portable ne cessait de sonner et il se précipitait pour cacher son écran et répondre hâtivement.

Il me mentait effrontément en se plaignant qu’il s’agissait de boulot, de clients chiants.

A 22H00 ?

Je l’imaginais alors écrire « j’ai envie de toi », « retrouvons-nous demain », « dire que l’autre se ballade dans l’appartement aves son nez en patate, son rouleau de PQ parce qu’il n’y a plus de mouchoirs et son pot de glace, alors que je pourrai être avec toi ».

Ma fuite s’aggravait.

Il ne manquait plus que mon périnée lâche et je fasse dans la culotte.

La boucle serait bouclée.

Je n’ai rien vu venir.

Même quand son papa a dit avoir réservé le restaurant pour 7 personnes.

Aveugle, j’étais.

Même quand l’amoureux me parlait d’un jean qu’il ne pourrait porter devant mes parents.

Bouchée, je dormais.

A aucun moment je n’ai ressenti une pointe de stress et d’énervement de sa part, notre programme semblait se dérouler comme il l’avait prévu.

Pourtant, rien ne se passait comme prévu, mais je ne le savais pas encore.

Sa maîtresse nous accompagnait, s’inquiétant de notre périple toutes les 30 minutes.

En fin de journée, nous avons découvert, des étoiles plein les yeux, la villa que l’amoureux avait réservé.

Le cadre était somptueux, la vue sur le Lac de Côme époustouflante.

Il y avait beaucoup de lits dans la maison.

Peut-être allait-elle nous rejoindre ?

Je n’étais pas encore prête pour un plan à 3.

Blondie par le soleil, je ne réfléchissais plus.

C’est après une journée de jeudi éreintante, que nous posions nos fesses sur des chaises en plastique d’une pizzeria de la petite ville de Bellano à 22 heures.

Alors que j’élaborais intérieurement un plan pour reconquérir celui que je ne voulais pas voir partir (et assassiner celle qui osait voler mon bonheur, la SALOPE), je les voyais.

Mon frère, d’abord, avec ses jambes toutes fines et ses dents blanches.

Puis, maman, un chapeau à fleurs blanches posé sur ses cheveux, la fatigue sur le visage.

Enfin, papa, égal à lui même, l’estomac criant famine.

Je restais quelques secondes sans voix.

Ils étaient là. Bien là.

J’apprenais alors qu’ils devaient arriver dans la matinée et que nous devions nous retrouver à Côme pour le déjeuner.

Seulement, mes parents avaient raté leur vol.

Ce n’est pas comme s’ils n’avaient pas dormi à l’aéroport la veille.

Un pipi de dernière minute et tout part en vrille.

Mes parents décollaient de Porto, mon frère de Paris, ils n’arrivaient pas au même aéroport.

Pour corser un peu les choses, mon frère avait oublié son permis.

Il ne pouvait donc pas prendre la voiture qu’il avait réservée.

A moins de changer le conducteur.

C’est alors que je recevais sur mon portable la photo du permis de conduire de mon père, dans un message envoyé par maman.

Elle n’avait pas vu qu’elle répondait à une conversation de groupe que nous avions eu avec mon frère.

Je demandais à maman pourquoi elle m’envoyait ça.

En menteuse professionnelle, elle me répondait que mon père était parti en courses et qu’il avait oublié son permis.

Et puis elle ajoutait « Sinon, il fait beau chez vous? ».

Vous suivez ?

Il n’y a que moi qui ne comprenais rien ?

Pendant que je me plaignais des embouteillages à Milan, mon frère qui était depuis 8 heures du matin dans la capitale de la mode italienne, se démenait pour trouver une solution afin que nos parents puissent nous retrouver.

Et il trouvait !

Nos parents furent obligés de prendre un vol Porto-Paris puis un deuxième Paris-Milan.

Evidemment, le vol n’atterrissait pas à l’aéroport où leur voiture de location était prévue.

Mon frère avait donc poireauté toute la journée à Milan, seul, affamé, avec sa petite valise métallique sous le bras, en attendant de pouvoir récupérer mes parents qui arrivaient en fin de journée.

D’autres auraient abandonné, je le sais.

Trop compliqué, trop d’imprévus, trop de frais, trop fatigant.

J’en connais plus d’un qui n’aurait pas tenté de trouver une solution.

Seulement, ils s’étaient tous promis de me faire une surprise pour mes 40 ans.

Je salue ici bien bas mon plombier adoré, qui en grand chef d’orchestre, a planifié tout cela, depuis des semaines.

Il confirme une nouvelle fois le titre de meilleur amoureux de l’univers.

Je remercie mon frère, Mac Gyver, et mes incroyables parents qui n’ont à aucun moment renoncé.

Ils m’ont offert le plus beau des cadeaux et ont fabriqué tous ensemble mon plus beau souvenir.

Les 40 ans, ça fait mal ? C’est passé comme une lettre à la poste, les amis.

Je me sens plus jeune qu’hier et prête à affronter demain.

Ne me reste plus qu’à ajouter que nous avons passé un trop court mais merveilleux week-end sous le soleil et la beauté de l’Italie, détail non négligeable.

L’ado n’a presque pas fait la tête.

Je repars la tête emplie de paillettes, les veines de spritz, les fesses de mozzarella.

C’était bien. Même très bien.

Je vous laisse, je dois aller perdre 4 kilos et devenir la maîtresse de mon mec.

Bonne semaine à tous.

Signature

Un je t’aime pour ma maman

Quarante ans, je vais bientôt avoir quarante ans.

Ce n’est pas le nombre qui me fait peur.

Je n’ai jamais été aussi épanouie que maintenant.

Absolument.

Je pénètre dans mon cycle d’accomplissements, je m’essaye à de nouvelles choses qui m’effrayaient jusqu’à présent, je me jette, je me guette.

Ce qui me terrifie vraiment, c’est l’idée de perdre mes parents.

Si les derniers jours ont été un véritable medley d’émotions, ce n’est pas uniquement parce que je suis en train de signer un contrat d’édition pour publier mon premier livre, rêve pourtant très cher à mon cœur.

C’est aussi parce que j’ai perdu un petit bout de mes parents.

Cela faisait des mois que j’y pensais, des sanglots dans la voix à chaque fois que j’en parlais.

Dimanche dernier, mes parents sont partis.

Ils sont partis rejoindre leur pays, qu’ils avaient quitté il y a plus de quarante ans, pour fuir la misère et la dictature.

Ils avaient quitté leurs proches, leur culture, leurs racines.

Ils n’étaient encore que des enfants.

Pendant toutes ces années, durant, nous y retournions pour les grandes vacances.

Chaque année qui passait, de nouvelles rides avaient creusé les visages teintés de soleil de mes grands-parents.

Nous les trouvions amoindris, fustigés par la maladie, nous n’étions pas là quand ils sont partis.

Ils n’ont pas pu leur dire au revoir, quand ils sont arrivés il était déjà trop tard.

Toute ma vie, je me rappellerai la douleur de mon papa, à la vue de ma grand-mère, dans le cercueil.

Papa était redevenu un enfant, il n’avait pas pu dire au revoir à sa maman.

Toutes ces années loin, à gagner sa croute de pain, pour ne pas pouvoir dans leur dernier souffle, leur donner la main.

Le temps passe si vite que nous n’en apercevons même pas.

Hier encore, nous étions des enfants, aujourd’hui, nous voilà à notre tour parents.

J’appréhende cette phase de ma vie où, à mon tour, je vais les voir se faner et perdre leurs pétales.

Je me sentais plus rassurée quand ils étaient à mes côtés.

Ils ne sont pas loin, bien sûr, 2 heures de vol et je peux les retrouver.

Mais ils ne font plus partie de mon quotidien et je ne fais plus partie du leur.

Je ne peux pas les retrouver le dimanche, je ne peux plus prévoir de retrouvailles spontanées avec mes enfants.

C’est dire si ce sujet m’émeut encore beaucoup trop, les larmes coulent sur mon clavier pendant que j’écris ces mots.

Je ne sais pas si mon frère ressent la même chose, nous n’en avons jamais parlé.

Chez nous, ces émotions sont difficiles à exprimer.

Nous préférons rester habillés de notre fierté.

Pourtant, là, je me sens, nue, complètement prise au dépourvu.

Depuis une semaine, je me sens comme orpheline.

Je pense à la fête des mères, dans huit jours et je la sens qui se resserre, ma poitrine.

Vous voyez, il ne faut pas croire tout ce que l’on vous dit sur Instagram.

On ne vous montre que le beau et le rigolo, et c’est tant mieux ainsi.

Auriez-vous aimé que je capture mes yeux rougis, remplis de larmes, mon nez de Madame Patate et mes cernes creusées ?

Je ne pense pas.

Si vous jugez que la fête des mères est une fête commerciale, vous avez probablement raison.

Il n’y a pas de jour spécial pour célébrer ses parents.

Mais c’est peut-être une occasion qui nous est donnée de leur dire « je t’aime », si nous n’arrivons pas à le faire autrement.

Personnellement, je regrette déjà de ne pas voir vécu plus de choses avec eux, ne pas leur avoir tout dit, d’avoir gâché de jolis moments que j’ai transformés en règlements de comptes.

Nous sommes tous soumis à la fuite du temps, inexorablement.

Les moments de bonheur avec les nôtres sont trop fugaces, il est important de savoir jouir de l’instant présent.

Profitez de ceux qui vous sont chers, n’attendez pas qu’il soit trop tard.

J’essaie d’enseigner la même chose à mes enfants et c’est peut-être la seule leçon que je leur demande de retenir.

Alors, malgré la distance qui s’est désormais mise entre nous, dimanche prochain, mon cœur sera avec ma maman, l’unique et la seule.

Pourtant, je vais avoir 40 ans.

Il n’y a pas d’âge pour dire je t’aime à sa maman.

Si vous avez la chance d’avoir la votre à vos côtés, profitez <3.

Bonne fin de week-end à tous,

Signature