Bilan des vacances : je ne vous avais pas menti.

Je suis reviendue ! (oui, je suis une blogueuse qui souhaite être accessible à tout public).

Après vous avoir nargué pendant trois semaines, avec mes photos de mer turquoise, plages désertes, ciel bleu et bourrelets, je ne faisais pas ma maligne hier matin, entre ceux qui ignorent encore l’existence du déodorant et les autres pauvres gens que le sourire a déserté, ô pauvres gens.

Quand le réveil a sonné, j’ai pensé pendant quelques secondes que le coq me faisait une mauvaise blague et qu’il avait changé son chant, rien que pour moi.

Que nenni.

Il s’agissait bien de la sonnerie « vagues » de mon appareil à la pomme.

Mais si je reviens de si tôt, ce n’est pas pour vous faire un rapport détaillé sur la Sardaigne et le Portugal, car si vous partez bientôt, vos destinations sont déjà choisies et je ne vous serai d’aucune aide dans l’immédiat.

Je pourrai vous en reparler plus tard, si toutefois ma grande bonté ne m’a pas désertée (comme les autres avec le sourire).

A vous, qui trépignez d’impatience de faire vos valises avec vos marmots et qui ne m’avez pas crue un seul instant quand je vous disais que les vacances pouvaient se transformer en enfer avec ces nains qui font pipi dans la piscine, dans mon dernier billet, je viens vous prouver que je disais vrai.

Tout ce que je vais vous raconter est certifié conforme, avec mes respectueuses salutations.

Avant toute chose, et sans aucun rapport avec l’objet principal de cet assemblage de mots, je dois vous avertir que si vous partez en Sardaigne, vous devez porter un string sur la plage.

Toute sarde qui se respecte en portait un, pour le plus grand plaisir de ces messieurs (et de l’amoureux).

Choisissez-le sans couture et de couleur flashy.

Mon conseil mode vous ayant été gracieusement offert, je peux maintenant vous lister quelques situations qui peuvent se produire pendant les vacances dont vous rêvez depuis onze mois. Onze interminables mois.

Je commence doucement, pour ne pas vous brusquer et n’évoquerai cette fois-ci que trois cas d’école.

Vous qui n’avez pas d’enfants, fuyez.

  1. La piqûre de Méduse : nous y avons eu droit. Pas une fois, pas deux fois, mais trois. Une piqûre de méduse, ça fait mal, on le sait. Mais pas au point de mobiliser toute la plage autour de toi. Imagines-toi tranquillement installé(e) contre ta moitié, dégoulinant(e) d’huile solaire, les cheveux mouillés, prêt à pénétrer sa bouche avec…ta langue. Les enfants pataugent dans l’eau, la mer est calme, il n’y a pas de danger. Tout à coup, tu entends des hurlements provenant de la mer. Ô God, un squale ! Quelqu’un est en train de se faire démembrer par un requin blanc, c’est sûr. Les requins blancs, c’est connu en Sardaigne, m’enfin. Tout le monde, ABSOLUMENT tout le monde est debout sur la plage. Tu te lèves pour dire à tes enfants de sortir de l’eau et tu reconnais une symphonie familière. La même sirène qui se déclenche quand tu ordonnes à ton mioche d’aller se coucher ou quand tu lui annonces qu’il n’y a plus de Nutella. Nooooon. C’est mon enfant. Que faire ? Se cacher ? Non…tu ne peux pas. Musique d’Alerte à Malibu en fond sonore, tu clopines sur le sable brûlant et essaies d’arracher ta progéniture de la vilaine créature. Là, elle te voit approcher, et se met à hurler ton nom de plus en plus fort, au cas où les autres personnes ne sont pas encore au courant que tu es le parent indigne.Tu palpes le mouflet, il ne lui manque rien. Pour sauver la mise, tu le prends dans tes bras comme David l’aurait fait avec Pamela. Sur le cuissot du moutard (bon en fait, il s’agissait de la moutarde mais ça le faisait pas), un énorme tatouage.

« E una puntura di medusa ! » s’écrient Paolo et Gina autour de nous.

Medusa ? Come ?

Ah ? C’était donc ça.

Note positive : tout les gens autour de nous nous ont tendu leur crème à base de cortisone censée apaiser il bambino. Nous avons vu le sarde d’un autre œil. En échange, ils nous ont demandé de leur apprendre le french kiss. L’amoureux a refusé. S’il adore le string, il déteste le poulpe. Et ils avaient tous une haleine de poulpe.

La prochaine fois, je vous raconte la piqûre de frelon (vécue aussi).

  1. C’est bien connu, la mer ouvre l’appétit. Nous mêmes, adultes, sommes toujours en train de grignoter. Avec des chiards, tu sais que tu te ballades avec une valise en guise de garde manger. Quand tu choisis l’option pique-nique, normalement pour leur plus grand plaisir, tu peux très vite regretter ton choix. Un soir, jusqu’à minuit, au lieu de nous accoupler, nous avons cuit du riz, des pâtes, des œufs, haché des légumes frais afin de faire des salades colorées et nutritives à ces farfadets. Nous y avons mélangé thon, jambon, fromage et olives. Elles étaient belles, nous étions fiers. Sur un malentendu, nous avons pris un paquet de chips. Arrivée l’heure du repas, serrés sous le parasol blanc et rouge, les yeux collés par le sel, nous ouvrons fièrement la glacière, en nouveaux Bidochons que nous étions en train de devenir (certains diront Bonichons) et sortons nos deux saladiers aux couleurs de l’arc-en-ciel.

Un piquet de grève se constitue dans la minute. Flopée d’onomatopées.« Beurk », Arhrgg », « Hannn », « Bouh ».

Succès nul pour nos salades, évidemment. Le paquet de chips, par contre, a été savouré tel un met gastronomique.

Ingrats. Ces gosses sont des ingrats.

Un autre jour, alors que nous avions décidé de leur faire découvrir la gastronomie sarde dans un restaurant traditionnel, nous avons failli les abandonner. Un par un. Chacun commande son plat sans comprendre un mot de la carte. Pas de problèmes, tout a l’air très bon. Pour rappel, lecteur, le sarde pense que l’italien est la seule langue au monde et ne traduit pas ses menus. Tous les trois se ruent sur la corbeille de pains et de gressinis qu’ils dévorent en une minute trente, montre en main. Les plats arrivent. Flopée d’onomatopées. Les mêmes que celles du pique-nique. Les mini-nous souhaitaient tous le plat du voisin, mais surtout pas le leur. Nous avons été obligés de négocier sévèrement, méthode GIGN, pour les forcer à partager. Nous n’avons évidemment presque rien mangé, contraints de leur offrir nos plats, sous peine de déclenchement de sirènes.

Fière d’avoir su apaiser le conflit, je propose un dessert.

La seule chose que j’ai comprise de la bouche de la serveuse me donnait envie : desserts traditionnels, faits maisons. Entre ces mots, il y avait les mots Panacotta, Nutella et Ricotta. Miam.

Les voilà de nouveau enthousiastes. Ils sont presque charmants.

L’amoureux me dit que c’est une mauvaise idée. J’insiste.

Les desserts posés sur la table, nous découvrons qu’ils connaissent d’autres onomatopées. Nous les menaçons de leur supprimer les spinners, de les faire chanter tous nus dans la rue, de couper le WIFI, de faire l’amour devant eux pour qu’ils mangent au moins une petite bouchée. Une seule bouchée d’un truc en –A. Ils ne démordent pas et forment un trio solidaire. Ils ne mangeront pas.

Note positive : il n’y en a pas. Nous avons eu une addition ultra salée et nous, adultes, avons mis trois jours à digérer la farandole de spécialités en -A.

La prochaine fois, ils mangeront du sable, croyez-nous.

Ingrats, ces gosses sont des ingrats.

  1. Peut-être le point qui me fait le plus mal car je suis personnellement une grosse dormeuse.

Pourtant tu le sais, à l’instant où tu mets un bébé au monde, tes nuits et tes grasses matinées tu oublieras.

Quoi, tu ne le savais pas ? Quitte ce blog, ce sera certainement trop douloureux pour toi.

Avant les vacances, une fois nos trois progénitures réunies, nous avions convoqué un conseil exceptionnel de bambins.

Powerpoint à l’appui, nous leur avons sagement expliqué qu’ils avaient tout à gagner à nous laisser dormir au moins jusqu’à neuf heures et demie le matin.

Nous serions de meilleure humeur, aurions envie de sortir avec eux le soir, et promettions même des glaces à l’italienne à volonté.

L’enfant blond rétorquait que c’était tout à fait impossible pour lui, cela lui était biologiquement inconcevable.

Le châtain clair qu’il allait essayer mais ne promettait pas d’aller au delà de neuf heures.

L’ado, bien sûr, pour une fois, était notre allié.

C’est peut-être ça l’espoir, attendre qu’ils aient quinze ans pour qu’ils dorment jusqu’à midi.

Arrivés sur place, le premier jour, nous étions persuadés qu’ils allaient tomber comme des mouches et laisser sonner au moins onze coups au clocher de l’église, le lendemain.

Fingers in the nose.

Nous nous étions levés à quatre heures du matin, après trois heures de sommeil.

Autant vous dire que nous, les quadras, étions rincés et pratiquement sous perfusion.

Au préalable, l’amoureux avait redonné la consigne : s’ils se réveillent avant nous, ils restent sagement dans leur chambre. En cas de force majeure, ils peuvent venir gratter doucement à la porte. Si urgence force 2, trois petits coups peuvent être frappés. Mais on n’ouvre jamais la porte avant le signal.

Papa et maman font parfois du coloriage.

Le lendemain matin, chacun de notre côté du lit, pour essayer de ne pas fabriquer encore plus de chaleur que l’existante, nous ouvrons tous les deux un œil. Lui le gauche, moi le droit. Tels des chiens de garde, nos oreilles sont aux aguets.

Quelqu’un gratte à la porte.

Nous faisons les morts.

Je regarde mon portable : il est huit heures.

Quelqu’un frappe.

Nous sommes enterrés.

PAS LA.

Des petits pas d’éléphanteaux se font entendre dans le couloir. Les petits morveux.

Ouf, ils se sont recouchés.

J’essuie ma bave, l’amoureux tente un rapprochement.

On frappe de nouveau à la porte.

Il est huit heures quinze.

Cas de force 2.

« Qu’est-ce qui se passe ?

C’est NOUS !!!

Oui mais qu’est-ce que vous voulez ?

On veut vous faire un câlin ! On peut entrer ? »

Dois-je vraiment vous préciser que cette scène se répéta tous les jours ?

Note positive : je vous laisse deviner.

Je pourrai vous raconter encore des dizaines d’anecdotes de vacances avec les mouflets. Et vous, quelles sont les vôtres ?

Bonnes vacances à tous ceux qui partent bientôt, bon courage à ceux qui ne peuvent pas partir et bravo à nous d’avoir survécu à cette épreuve, bravo à vous d’être arrivés jusqu’ici.

A part ça l’eau était transparente, les plages plutôt très belles et le ciel très bleu.

 

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A mon bébé sumo à la clavicule cassée

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Un doudou oublié, les chaussons rangés, le calme retrouvé, la porte de la chambre refermée, mais pas la sérénité.

Une nouvelle semaine qui commence chez papa, où tu vas cocher les jours sur le calendrier posé au dessus de ton lit, afin de compter les dodos qui te séparent des câlins de maman, de ses fajitas et des meilleures pâtes à la carbonara de l’univers, comme tu le dis.

Pourtant tu te plains souvent que chez maman on se couche trop tôt, on a trop de règles « énervantes ».

Tu m’as dit hier que tu préférerais que je retourne vivre avec ton papa.

Je te réponds que tu étais pourtant trop petit lorsque nous avons décidé de ne plus nous aimer, que tu as connu la valse des sacs à dos très tôt, que tu n’as peut-être pas eu le temps de garder des images de nous dans ta petite tête de bébé joufflu.

Et que c’est peut-être mieux ainsi.

Tu me susurres que tu t’en fiches, même si on se n’aime plus, ce serait le seul moyen de me voir plus souvent, car, après tout, ce n’est pas juste que ce soit ton frère qui profite de moi tous les jours et pas toi.

Toi qui es un petit bonhomme si dur et si fort de caractère, du haut de tes presque huit ans, tu oses enfin me demander pourquoi est-ce que l’on s’est séparé.

Toi, qui sais si bien faire la part des choses et qui semble profiter pleinement de ton papa et de ta maman séparément, tu poses enfin des mots sur ce qui apparaissait si naturel depuis toujours.

Comment mettre à mon tour des mots sur ce qui s’est passé ?

Je ne pourrai jamais te l’expliquer.

Je me dois de te préserver.

Distinguer mon rôle de maman et de femme et faire ainsi la part des choses, n’a pas toujours été facile.

Lors de ce tremblement de terre, j’aurai voulu t’arracher de ton père et faire en sorte qu’il ne te voit plus jamais, pour qu’il mesure les conséquences de ses actes et qu’il souffre, à son tour.

Je mesure la dureté de mes propos.

Cela n’aurait évidemment pas été intelligent, tu aurais probablement été celui qui en aurait finalement pâtit le plus, plus tard.

Mais fait-on preuve d’intelligence quand on est submergé par la peine et terrassé par la douleur ?

Il faut croire que oui, que l’on va puiser quelque part cette lumière de lucidité et c’est ce que j’ai choisi pour toi, alors que d’autres s’évertuent à faire la guerre, moi, j’ai déposé les armes.

Si tu avais vu « Kramer contre Kramer », tu comprendrais…

Pour l’instant nos échanges cinéphiles se limitent aux Disney.

Cela ne signifie pas que je n’ai pas décidé de me battre pour toi, bien au contraire.

Cette peur que tu m’en veuilles un jour me réveille parfois.

Je comprends mieux ton agressivité et ton hostilité à l’égard de l’image de la famille recomposée parfaite que nous véhiculons, tes paroles souvent rudes, tes regards et gestes qui peuvent être blessants.

Peut-être penses-tu au plus profond de toi que je ne t’ai jamais assez aimé pour te garder toujours auprès de moi.

Ta peine fait finalement surface, nous qui pensions avoir réussi à la noyer au milieu de l’océan de nos propres pleurs.

Il faudrait peut être que tu saches pour comprendre, toutes ces choses que je m’interdis de te dire.

La seule réponse que je puisse t’apporter est l’amour, l’amour A2, A3, A4, A5, l’amour sous tous ses formats, de toutes les couleurs, celui qui empêchera nos cœurs de s’assécher, de devenir aigris et vivre dans le passé.

Parce que le présent est aujourd’hui en quadrichromie et que c’est ainsi que nous souhaitons que tu vois l’avenir, la vie, l’amour, le monde.

Je me dois de t’écrire ces mots si un jour tu te mettais en quête de réponses.

Le fait que j’aime un autre que toi, ton frère ou ton papa, n’enlève rien à tout l’amour que mon cœur de maman ressent pour toi, bien au contraire.

Et que même si ce n’est pas le parfum de mon cou que tu respires les soirs où tu es avec papa, lorsque tu vas te coucher, je m’efforce de t’envoyer par bluetooth, toi qui es déjà si familier avec les nouvelles technologies, toutes les notes de senteurs qui sont uniquement les nôtres, à toi et moi, depuis que tu es apparu dans ma vie, cette journée ensoleillée d’avril, avec ta tête de sumo et ta clavicule cassée.

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P-S : Oui, je sais, ce n’est pas avec ce titre que je vais améliorer le référencement de mon blog sur Google…mais est-ce le but?

Traité de paix à Amsterdam

Quelques jours avant la fin de mon préavis qui ne passait décidément pas assez vite (3 mois cela semble une vie entière quand tu arrives au bureau à reculons tous les jours) et surtout avant la rentrée, je pris une bien inconsciente décision, certains la qualifieraient même de masochiste.

Les relations avec l’ado ne faisaient en effet qu’empirer, malgré les vacances, la Sardaigne et tout le bien être qu’un humain normalement constitué devrait ressentir après cette parenthèse bleutée.

Nous courions droit au mur et je ne souhaitais absolument pas que l’ado rentre au lycée avec cette colère inexplicable, de même que je ne voulais vraiment pas commencer mon nouveau job avec le sentiment d’avoir échoué, une nouvelle fois.

C’était ça ou la noyade accidentelle dans la Marne. Si, si.

Il avait été très dur pour lui de se faire une place entre les deux petits pendant les vacances, qui monopolisaient sans cesse l’attention de tous, et, l’amoureux qui, remplissant parfaitement sa mission, restait très proche de moi.

J’ai donc été, il faut le dire, très peu disponible pour lui, encore moins quand je le voyais tous les matins (vers midi en fait) avec son attitude blasée et qu’il se montrait heureux et enthousiaste comme si nous nous trouvions en Syrie.

Je recentrais donc tous mes chakras (mais vraiment tous), cassais ma tirelire et oubliais au passage les nouvelles chaussures que je voulais m’acheter pour la rentrée pour lui proposer quelques jours en amoureux, dans une destination qui pouvait lui plaire assez pour qu’il sourisse naturellement 5 fois pendant le séjour (les fois où il s’aperçoit qu’il y a du Wi-Fi ne comptent pas).

Vous aussi vous trouvez que je suis suicidaire, n’est-ce pas ?

Nous voilà partis pour Amsterdam, avec pour objectif principal la signature d’un traité de paix.

Je comptais sur la déconnexion de la réalité quotidienne et de la routine pour pouvoir réussir à communiquer de nouveau avec lui.

Pendant 4 jours je n’aurai pas à lui rappeler de mettre la table, de prendre sa douche, de descendre les poubelles, d’arrêter de faire la tête.

Pendant 4 jours, j’allais devoir le supporter 24/24H, mais que m’était-il donc passer par la tête????

OMG

C’était juste lui et moi, hors de notre périmètre, sans avoir à courir après le temps, sans avoir à faire semblant.

Comme pour dans un couple, je suis convaincue qu’un break peut être salutaire pour redonner un nouveau souffle à la relation parents-enfants.

Il s’est montré très content et surpris à la fois, quand je lui ai annoncé que nous ne partions que tous les deux.

Puis il s’est inquiété de savoir si tout allait bien entre l’amoureux et moi, trouvant totalement anormal que nous ne voyagions pas ensemble (bah oui alors !).

Rassuré sur ce point, son inquiétude se déporta vite sur la présence du Wi-Fi dans notre hôtel.

Pendant 4 jours, j’ai donc partagé mon intimité et la même chambre d’hôtel que mon fils, il a pu admirer ma scoliose et mes fesses parfaites de très près, j’ai fait pipi la porte ouverte, communion totale je vous dis.

Il m’a demandé pourquoi je ne faisais jamais la grosse commission, l’heure était venue de lui expliquer mes problèmes de transit ( il ne croit plus à l’histoire des paillettes, l’amoureux si).

Si je dois faire un bilan aujourd’hui, je peux dire qu’il est positif.

Nous ne nous sommes presque pas disputés, il s’est montré plutôt de bonne composition malgré les heures de marche indispensables pour explorer la ville, il n’a presque pas râlé.

Je dis presque car un ado qui ne râle pas et avec lequel vous ne vous disputez pas, n’est pas un ado, vous le savez bien.

Je pense avoir lâché du lest et toléré certaines ado-attitudes qui m’horripilent au quotidien.

J’ai laissé couler.

Parfois, cela est nécéssaire.

J’ai essayé de lui faire plaisir au maximum et il ne s’en est pas privé.

Un ado ne perd jamais le nord, sachez le, quand cela concerne son intérêt personnel.

Je lui ai donc accordé quelques bons restaurants et quelques séances shopping.

Peut-être devrai-je, dire « NOUS nous sommes accordés ».

Ce serait définitivement plus juste.

J’ai pris conscience qu’il fallait que j’arrête de penser que je fais quelque chose pour lui, je dois me convaincre que je le fais pour « NOUS ».

J’ai essayé de lui parler, de lui expliquer à nouveau certaines choses, plus calmement, la douceur de nos journées permettait de rendre certains sujets moins lourds et pénibles.

Nous les avons rendus plus légers et comestibles, assis sur un ponton au bord de l’Amstel, contemplant la façon de vivre de ces jeunes amstellodamois, insouciants.

Il ne manquait plus que vivre ensemble notre première expérience dans un des nombreux coffee shops de la ville (nous ne l’avons pas fait, hein).

La ville, l’a t-il aimée ?

Il a ADORE !

Il a été séduit par son charme incroyable, par ses maisons aux façades colorées et dingues, son ambiance folle, son originalité, la vie de ses habitants qui se compose allègrement autour de l’eau.

Amsterdam, c’est une ville qui vit en orgie permanente : le nombre de restaurants et de bars est juste surréaliste, tout semble se tourner vers la fête et la joie de vivre, vous tournez la tête et vous avez toujours quelque chose à faire, à admirer, à boire ou à manger, cela grouille de gens partout, it’s AMAZING !!!

A Amsterdam, toutes les folies sont autorisées !

L’ado a évidemment émis le souhait de faire une virée dans le Quartier Rouge, sans savoir vraiment ce qu’il allait y trouver et surtout ce qu’il allait ressentir, poussé par la curiosité et le sentiment d’interdit.

Passée l’excitation et après avoir vu quelques jolies (et d’autres moins jolies, beaucoup moins jolies) créatures de très près, derrière leurs vitrines, il a affirmé se sentir dégoûté de ce commerce de la femme et de ses attributs, qu’il ressentait même de la peine…

« Pourquoi les hommes viennent si nombreux ici pour ça, maman? ».

Une bière s’imposait…

Mon fils avait donc un cœur…

Je ne suis pas convaincue que l’ado ai changé pour autant et que demain matin, quand il se réveillera, il me fera le baise main et m’appellera « Mère », que je ne sois pas obligée de lui rappeler de mettre son linge sale dans le panier ou de déposer son portable dans le salon à 21:30.

Je sais néanmoins qu’il a été ravi de partager un moment en tête à tête avec sa daronne, entre parenthèses, avant la frénésie et l’angoisse de la rentrée.

Nous avons virtuellement signé un traité de paix, à Amsterdam.

Je vous laisse ici avec quelques clichés pris à Amsterdam et Haarlem (magnifique ville située à 15 minutes en train d’Amsterdam que je crois même avoir préférée, c’est so charmant).

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Devant chaque petite maison…un banc, invitant à la paresse
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Nous ne nous lassions pas de ses jolies façades

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Des bières, un paquet de chips, des amis, un bateau…c’est parti!
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Vélos, trams, bus, métros, tout est fait pour bien se déplacer dans Amsterdam
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Dans une petite rue de Haarlem
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Gold Bike…la classe !
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Tombée de la nuit sur Amsterdam

 

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A l’entrée du Quartier Rouge

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UN SOURIRE !!!!! (ça n’a pas de prix)

Si vous aviez encore un doute, Amsterdam est une destination idéale pour tous, tous y trouvent leur compte, fêtards, célibataires, romantiques, ados, enfants, amoureux, férus de culture, homos, hétéros…c’est une des villes les plus démentes que j’ai pu voir.

Bon courage à tous ceux qui sont en train de préparer leur cartable !
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Sea, Sex & Sun ? (ou les grandes vacances avec des enfants)

Tu crois que c'est ça?

L’été approche (je n’y crois pas une seconde si je regarde par la fenêtre, emmitouflée dans mes charentaises), bientôt le Sea Sex & Sun time!
Ah, cet adage que l’on criait sans vergogne à l’approche de l’été quand on avait 17 ans!

Est-il toujours d’actualité, 2 décennies plus tard, 3 enfants en prime?
Comme tu le sais, je compte les dodos pour renouer d’intimes et sexys liens avec le soleil.
Dans 20 dodos, je serai normalement en communion absolue avec l’astre suprême et la mer méditerranée…pour le reste, ce n’est pas si simple.

Partir en vacances avec des enfants, c’est évidemment du bonheur (pendant 1 jour et demi).

Tu as enfin du temps à leur consacrer, tu ne les presses pas au petit-déjeuner, tu tolères même un certain laisser-aller.

Partir en vacances avec des enfants, c’est aussi s’oublier un peu en tant que couple, ne nous mentons pas.
Pourtant, vacances à la plage riment avec farniente, lâcher prise et décontraction, n’est-ce pas ?
Ta peau est dorée, tes gambettes douces et épilées après des mois d’hiver en jachère, tu sens le monoï, tes épaules sont dénudées et tu es finement prête à te faire secouer la cafetière !

Sauf que les enfants, en vacances ou pas, ils ont toujours besoin que l’on s’occupe d’eux, ces assistés, dingue, vraiment dingue.

Ils n’ont toujours pas compris que toi aussi tu es en vacances, et que tu aimerais bien ne rien faire de tes journées, par exemple.

Seuls au monde

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Incapables de mettre leur maillot à tremper, d’aller à la douche avant 25 rappels et menaces de mort, de se tenir correctement au restaurant, de ne pas jeter un sceau de sable sur ta serviette alors que tu viens de t’allonger, cheveux mouillés, bouche en cul de poule, telle une sirène botoxée.

Tu te ballades, où que tu ailles, avec un garde manger mobile car un enfant, ça a toujours faim ou soif et surtout, un enfant, ça ne sait pas attendre.

Pelles, râteaux, ballons, bouées et autres jouets de plage deviennent les outils indispensables à ta survie…ou pas, quand tu es sacré champion de monde de constructeur de châteaux de sable, à l’insu de ton plein gré.

Alors que tu te délectes de ton livre et que tu arrives au moment où Christian enlève la culotte d’Anastasia la farouche, tu entends un de tes enfants (bien que tu fasses semblant de ne pas le connaître) hurler parce qu’un autre enfant que tu feins ignorer également, vient de lui faire manger une délicieuse pizza…en sable.

Désormais ensemble 24 heures par jour, les enfants tissent d’incroyables liens de complicité mais ont aussi beaucoup plus l’occasion de se chamailler allègrement.

Et au bout de 3 minutes de cris, tous les regards posés sur tes bourrelets, tu es obligé d’intervenir et de planter ton cornetto dans le sable, pour ne plus jamais le retrouver.

Tu deviens aussi agent de sécurité pendant les vacances, sache-le.

Derrière tes lunettes noires, tu rêves de piquer du nez, de Louboutins et de paillettes mais tu n’as jamais le temps d’écrire la première ligne de ton fantasme car tu surveilles en permanence ton enfant, ta plus grande peur étant la noyade de la progéniture.

Tout ceci est un peu hypocrite car secrètement, tu lui plongerais bien la tête sous l’eau pendant une heure ou deux, histoire d’avoir la paix ou d’envisager une sieste crapuleuse.

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La grasse matinée est une équation qui n’est toujours pas résolue chez tes marmots.

Tu les couches pourtant plus tard, les croyant épuisés et prêts à dormir 3 jours durant.

Que nenni, d’épuisé il n’y a que toi et tu finis par t’endormir en leur racontant une histoire.

Voilà, tu as passé ta journée à t’occuper d’eux et maintenant, 00 :17 affichés sur ton téléphone, 3 photos postées sur Instagram, tu regardes ta moitié et en même temps vous prononcez honteusement ces 3 mots :

« Je suis mort(e) ».

Les vacances censées être une parenthèse à la routine du reste de l’année peuvent donc mettre un couple à dure épreuve si les enfants prennent les commandes, ce qu’ils ont tendance à faire avec beaucoup d’aplomb.

Il est important de leur faire comprendre que ces vacances sont aussi et surtout les vôtres et que vous avez besoin de repos et d’intimité (mais ne les noyez pas).

N’hésitez pas à leur donner la chance d’être plus autonomes, en les responsabilisant, cela vous permettra de souffler un peu.

L’année dernière, il nous est par exemple arrivé, au restaurant, de faire table séparée.

Nous avions envie de nous retrouver en tête à tête et de ne pas passer le dîner à crier, pour une fois.

Aussi, nous avions demandé au grand de s’occuper des deux petits.

Je vous rassure, leur table était à côté de la nôtre, ils ont trouvé ça très drôle et nous avons payé leur addition !

Mais à aucun moment nous sommes intervenus et nous avons pu avoir une conversation longue de plus de trois mots sans interruption, admirer nos bronzages respectifs et nous dire que nous étions bien, là <3.

Dans notre situation de famille recomposée, les moments où nous pouvons être tous les 5 aussi longtemps sont finalement trop rares.

Nous nous efforçons par conséquent de partager le plus de moments ensemble, alors oui, parfois nous nous oublions un peu tous les deux, mais nous en avons conscience et savons pourquoi nous le faisons.

Enfants heureux

C’est pourquoi, dès que nous le pouvons, et, que notre austère banquière nous l’autorise, nous nous accordons de courts moments rien que tous les deux et revisitons pleinement l’adage de nos 17 ans, histoire de rattraper ces instants dérobés !

« Sea, Sex & Sun »

Bonne fin de week-end à tous!

Desperate ado’s Mum

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Le jour, je souris, je vis.

Le soir souvent je pleure, je me meurs.

Je me meurs de trouver enfin la clef du bonheur pour l’ado qui n’en finit pas de m’enseigner malgré moi, toutes les couleurs de la vie, surtout les tons gris, ces nuances qui vous acheminent vers l’obscurité et la nuit.

Je cherche partout cette clef, ce Saint Graal qui saurait lui donner le sourire, qui pourrait m’offrir la sérénité.

Rien à faire, je suis à deux doigts de me rendre à Fort Boyard pour supplier l’aide de Passe Partout.

Le temps passe, les jours ne se ressemblent pas mais la situation ne s’améliore pas, et cerise sur le gâteau, je ne maigris pas non plus.

Tu saisis ma détresse ?

Je me sens une maman pitoyable, sans qualité et talent pour y arriver, je me sens dépassée.

Parfois envie de démissionner.

La volonté, je l’ai pourtant ; je vais au sport tous les jours, c’est vous dire.

Le courage je pense l’avoir aussi, sans vouloir m’auto-congratuler, j’arrive à rentrer dans la chambre de l’ado sans en ressortir sans aucune lésion, soit-elle physique ou nasale.

Pourtant, dès que je passe la porte de la maison le soir, souvent dévastée par ma journée et les transports, et que je revêtis mon plus beau sourire avec mes lèvres fraîchement remaquillées dans l’ascenseur, ma bonne volonté et les courses dans les bras, tout s’effondre en quelques minutes.

L’ado exprime grandement la joie de me voir avec des grognements et des onomatopées dignes des fables de La Fontaine.

Inévitablement, reproches et lamentations font leur apparition, je ne suis pas la bienvenue dans son monde et je suis la maman la plus has-been de tous les temps parce que je lui demande de mettre un terme à cette émission hautement culturelle qu’est «  Les anges de la télé-réalité ».

C’est sûr que mettre la table ce n’est pas un échange équitable, me raconter sa journée une épreuve du Mud-Day, me dire ce qui le tracasse digne de la torture tchétchène.

Il n’hésite pas à provoquer, me choquer et me pousser dans mes retranchements.

Pourtant je sais que sa souffrance est grande, son mal être apparent.

Je me fais violence pour continuer le combat, ne pas baisser les bras.

Lui dire je t’aime est devenu un véritable tour de force, car si je l’aime parce que c’est mon enfant, j’aurai plutôt envie de lui crier qu’il m’insupporte et que je souhaite qu’il change TOUT DE SUITE.

Alors, je lui ressasse les mêmes mots sans cesse, je lui parle, je l’insupporte à mon tour, je l’étouffe de conseils et d’avertissements, je veux comprendre, je veux qu’il sache que je suis là.

J’essaie de nouer le dialogue au travers ce peu de choses futiles auxquelles il porte un intérêt, m’y intéresse à mon tour, l’encourage et le stimule comme je le peux.

J’ai pourtant l’impression que ce n’est jamais assez.

Après chaque tempête, un court instant de répits nous est accordé à tous et la houle nous frappe à nouveau.

Je coule, nous coulons.

Refaire surface rapidement, il le faut.

Pourtant je m’accroche au ponton flottant, je veux rire avec lui, je veux le soigner quand Il se sent blessé, lui donner la main quand il est à terre.

Je résiste, je me fais patience, vous me trouverez d’ailleurs à la lettre R du petit Robert, à la définition de résilience.

Tout ceci est bien éprouvant.

Mais dites-moi ado’s mum, comment faites-vous pour tenir le coup ?

N’êtes-vous pas DESPERATE?

Nous avons 7 ans toi et moi

Il y a exactement 7 ans, mes cheveux étaient longs, beaux et forts.
Mes pieds étaient knackis, mes fesses marmelade, la taille de  mes seins immensurable.
Tu prenais déjà une place si énorme dans mon corps que je me demandais s’il allait reprendre ses droits un jour, jour que je voyais fort fort lointain, peut -être au pays de Shrek.
Je me soûlais au jus d’orange en imaginant que c’était de la vodka, appréhendant le cataclysme qui tôt ou tard allait arriver dans ma vie.
12 heures de souffrance en silence et quelques poussées ont suffi pour que cette petite boule de 4500 grammes vienne changer ma vie par cette belle journée de fin avril.
À tout jamais.
Je ne t’ai pas tout de suite aimé comme tu le méritais, je le conçois.
Tu venais me voler ma place, tu étais la raison pour laquelle ton père était avec moi.
Pour lui je n’étais qu’un ventre qui couvait son trésor, son précieux, la prolongation de cette personnalité narcissique et égocentrique.
Tu étais pourtant un petit garçon que beaucoup de nouvelles mamans aimeraient avoir, sage comme une gravure de mode.
Je t’avais toi mais je le perdais, lui.
Je me suis longtemps sentie indigne de ne pas dédier tout l’amour d’une maman à son enfant.
Je crois bien que je t’ai même détesté parfois.
Tu m’as transformée en transparence, tu as fait de moi un fantôme, un accessoire dont on peut bien se passer, une pièce d’une collection qui n’est plus à la mode.
Je n’étais plus irremplaçable, tu étais plus important que moi.
Alors que la majorité des autres mamans consacraient toutes les minutes de leur vie, même celles qu’elles n’avaient pas, au fruit de leurs entrailles, je passais chaque minute à faire du sport alors que je venais d’accoucher, à me resculpter la silhouette, à partir à la recherche de ma féminité perdue, à m’affamer.
J’essayais en vain de sauver mon couple qui n’était plus depuis longtemps.
Je t’ai aimé en pointillés, ne sachant pas quoi faire, tiraillée entre ton amour bel et bien là, et ce mépris que je voulais aveuglement transformer en désir, mépris qui était le seul sentiment que ton père était dorénavant capable de m’offrir.
Mes nuits étaient longues et baignées de larmes et non plus de lumière.
Puis l’inévitable est arrivé comme une évidence, comme une page d’un livre écrite et vieillie depuis des années.
Ton père s’est séparé de moi, il a essayé de te séparer de moi également.
Il y est presque arrivé.
Il a failli transformer l’amour en haine, la bienveillance en indifférence, la joie en folie.
Les étapes qui s’en sont suivies furent éprouvantes et j’ai souvent cru que je n’y arriverai pas.
Que je n’arriverai pas à t’aimer.
Aujourd’hui tu apparais comme synonyme de gaieté dans mon dictionnaire.
Tu es un petit garçon dynamique, intelligent, sensible et vivant.
Tes mots pour me consoler quand tu me vois désemparée face à l’ado, tes gestes de tendresse quand tu me vois souffrir du dos, ta façon de me mettre de la crème ou de vouloir me coiffer, je ne les échangerais pour rien au monde.
Ta façon de comprendre les choses bien qu’on ne te les raconte pas tout le temps.
Ton intelligence émotionnelle qui te permet de faire la part de choses et nous aimer différemment, ton papa et moi.
Ta manière d’être heureux et de vivre cette vie que j’ai failli te voler, qui a presque mis fin à la mienne.

Ta façon de me dire que mes fesses sont quand même un peu grosses, mais que ça va encore.

Ton sourire.

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Aujourd’hui nous avons 7 ans, toi et moi.
Et ta place est bien là car j’ai enfin trouvé la mienne.

« Parce que tu m’aimes tout là-haut jusqu’au ciel »

Pardon pour tous ces « je t’aime » inaudibles, ces moments d’absence, ces coups de fil jamais passés, ce trop plein de larmes versées.

Le seul regret que j’éprouve aujourd’hui est de ne pas t’avoir choisi un autre père, mais il est trop tard et inutile de revenir sur ce « petit » détail.

Joyeux anniversaire ma petite tête de pastèque!

Maman au BDR

Au BDR est une expression que nous utilisons avec une copine du bureau quand nous avons les roubignoles qui nous remontent au niveau du cou.

« T’es au bout du rouleau?
« Ouais, je vais faire un meurtre »
« Moi aussi, viens, on se serre les coudes »

Et nous voilà réparties pour supporter gaiement Mr misogyne, Madame je sais tout, Miss je pète plus haut que mon cul, Monsieur qui s’adresse uniquement à mes seins quand il me parle.
Ça c’est au bureau.
A la maison, je suis la plupart du temps au BDR en ce moment.
L’ado sévit encore, plus que jamais.
Cela faisait longtemps que je ne vous parlais pas de lui alors vous vous disiez, ça y est, ils se font des snapchats en sous-vêtements ensemble, ils mangent McDo devant Pretty Little Liars et cultivent le no douche en famille.
Que nenni mes amis.
On m’avait prévenue que ce n’était que le début.
D’accord, d’accord (prendre l’accent de Francis Cabrel).
Mais on ne m’a pas vraiment dit sciemment quand intervenait la date de fin de l’adolescence.

Alors je me méfie, je me dis qu’il n’y en a peut-être pas.

Si c’est vraiment un contrat à durée indéterminée, je ne suis pas sûre de pouvoir l’honorer jusqu’à la fin.

Voyez-vous, j’envisage même une rupture conventionnelle, parce que vraiment, là, à l’instant présent où je vous me confie à vous, je suis au BDR.

Il n’y a pas un seul jour où un incident, non des moindres se produise.

D’abord, sachez, que tout dialogue est impossible avec l’ado.

Ne vous attendez pas à ce qu’il aille plus loin que le hochement de tête, le oui, enfin non, c’est plutôt le NON son mot de prédilection…ou plutôt un grognement préhistorique.

Dans la catégorie préhistoire, nous pouvons classer également son hygiène et son savoir-vivre.

Toute tentative de creuser un peu un sujet se solde en échec, en crise de larmes, en provocation.

L’ado finit par me clamer en vibrato qu’il me déteste.

Je serai donc la pire maman du monde.

Croyez-moi, j’ai le sens de l’humour, suis souvent taxée de rigolote, mais là, à moins que ce soit du 27èmedegré, ça ne me fait pas rire.

DU TOUT.

Je peux même vous confesser que ça fait mal, surtout après tout ce que j’essaie de faire pour que cela se passe bien.

Rien n’est jamais suffisant.

Tous les sujets sont une excellente thèse de conflit, voire de doctorat.

Les repas sont infectes, il n’a pas assez de baskets de marque, son iPhone, son manque de travail au collège, son trop grand intérêt pour des séries décérébrées, son manque d’intérêt en général pour quoi que ce soit, son arrogance et son insolence légendaires.

Ce sont des traits de comportement que l’on retrouve chez la plupart des adolescents de nos jours paraît-il.

Ce n’est pas pour cela que le quotidien est plus facile à vivre, en discutant avec les autres parents, on se dit  » ça me rassure » mais en fait ça ne rassure fichtrement personne.

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Parfois j’aimerai avoir de nouveau un bébé pour retrouver cette innocence et cet amour à toute épreuve, ce parfum de douceurs.

Recevoir des câlins et des  » Maman je t’aime » gratuits, sans que ce soit en échange d’une compensation consumériste.

J’aimerai surtout lui faire comprendre que je voudrai qu’il devienne quelqu’un de bien.

Plus que tout je souhaiterais qu’il se trouve, qu’il enfile enfin les bonnes chaussures à ses pieds et qu’il se sente bien dedans.

C’est terrible pour les parents de voir son enfant qui n’a envie de rien, ne semble aimer personne de son entourage alors qu’il vénère la moitié de la planète Instagram.

C’est comme si nous vivions dans deux mondes différents, dans lesquels l’ordre des priorités était totalement inversé.

Je voudrais qu’il devienne quelqu’un de bien, qu’il s’aime tout court.

Selon un psy vu à la télé l’autre jour, c’est normal, le cerveau d’un ado n’est pas tout à fait câblé.

A nous de les aider.

Mais comment faire quand vous essayez de vous connecter et il ne vous capte pas, vous avez beau relancer le routeur, l’adresse IP est incompatible, vous n’obtenez que des messages d’erreur.

Evidemment, il n’est pas bien dans sa peau, c’est une période bouleversante pour eux.

Il évoque dans ses cris de désespoir des mots que je ne peux que taire, trop douloureux de les prononcer pour une mère.

Parce que si l’enfant-adolescent a besoin d’amour qu’il rejette pourtant, une maman n’est pas préparée pour se faire rejetée par son enfant.

Cet enfant qui lui glisse entre les doigts.

Il me confesse que des idées noires le guette parfois, qu’il ne comprend pas le sens de la vie, que de toute façon l’amour n’existe pas.

Le regard vague, triste, assis en tailleurs sur son lit, je le trouve parfois.

Et je me sens démunie, entre cris, larmes et silences, moi essayant de parler, lui faisant tout pour ne pas m’écouter.

Parce que selon lui, je ne peux pas le comprendre.

Alors que moi, je n’ai envie que de l’entendre,

Me murmurer tout bas,

Que oui maman, ne t’inquiète pas, ça va.

Une maman au BDR

Femme ou maman? Les deux, s’il vous plaît !

Est-ce que l’on doit nécessairement se sentir plus maman que femme quand on a donné la vie?

Ces deux rôles seraient-ils réellement si incompatibles que cela ?
Vous êtes-vous déjà posé cette question, à savoir quel rôle choisiriez-vous si tel vous était demandé ?
Abdiqueriez- vous de votre vie de femme ou vie de maman ?
Cela fait beaucoup de questions à la fois, je vous l’accorde.
Mais c’est que personne ne me répond clairement,  voyez-vous.

Je vois des points d’interrogation partout mais nulle part je ne reçois de confirmation.
C’est une question qui plane toujours au-dessus de ma petite tête, perchée sur mes 10 centimètres de talons.
J’en parle beaucoup sur mon blog, il faut croire que cela m’obsède, et mon premier billet abordait déjà ce vaste et complexe sujet, évidemment, toujours à partir de mon expérience personnelle.
Je me sens souvent en décalage avec la plupart des mamans qui abdiquent de beaucoup de choses pour se consacrer uniquement au bien être de leur progéniture.

Est-ce que cela fait de moi une mauvaise maman ?
Elles abdiquent trop souvent de leur temps, de leurs rêves, de leur corps, démissionnent parfois de leur couple.
La frontière entre ces deux vies paraît beaucoup trop bien dessinée, souvent infranchissable, malheureusement.
Je ne ressens pas cela, moi, et je me demande maintes fois si c’est moi qui ne suis pas normale.
Je privilégie autant mon couple que mes enfants, et il m’est arrivé de choisir quelque chose qui serait plus bénéfique pour mon couple au détriment de mes enfants.
Si l’on peut utiliser l’expression « au détriment de », bien sûr.
En fait, je ne suis pas convaincue que se consacrer corps et âme à son mistouflon soit le meilleur et le plus salutaire des compromis.
C’est mon opinion personnelle (coucou la ligue des supers mamans).
Lui consacrer tout son temps au risque de s’oublier, ne me paraît pas mériter pour autant un oscar et je suis même convaincue que l’on finit par payer un jour une addition conséquente ( pour son couple).

Source Pinterest
Source Pinterest

Je me rends compte que mes enfants préfèrent me voir rayonnante, me pomponner, bien habillée, sortir, voyager, rire aux éclats, ou tout simplement heureuse, même s’ils ne sont pas tout le temps présents  pendants ces moments.

Ils savent que d’autres viendront, de moments, partagés cette fois-ci avec eux.

Ils ont fini par comprendre que du temps est nécessaire pour moi et avec l’amoureux pour que leur maman soit bien dans ses Stan Smith.

Si des femmes se montrent plus épanouies que jamais uniquement quand elles sont parées de  leur habit de maman, d’autres aimeraient qu’il en soit autrement et n’arrivent tout simplement pas à résoudre cette énigme.

Ces derniers mois, quelques copines sont devenues maman.

Des filles actives, qui avaient pour habitude de sortir, très coquettes.

Quand je les entends parler maintenant, je ne les envie vraiment mais vraiment pas.

Et pourtant, moi aussi, je suis passée par là.

Elles me disent que leur emploi du temps est uniquement et entièrement consacré à leur rejeton, ne plus savoir ce qu’est un coiffeur, un DVD, une vraie douche, Monoprix (la base), un miroir.

Elles ne font pas que me dire, elles le crient, elles pleurent, elles sont enragées, ne comprennent pas.

Mais ce n’est pas le pire, toutes les mamans ont connu cette difficile phase de réglages entre leurs désormais multiples jobs.

Le pire (à mes yeux) est l’éloignement de son amoureux, conjoint, mari, Lapinou, Petit Canard ou tout autre petit nom animalier que vous lui donnez en secret.

Une situation de crise s’est installée, sans qu’aucune des parties ne sache vraiment comment la résoudre, crise qui peut avoir des conséquences très néfastes pour la vie de couple.

Pour cet homme et cette femme qui se sont aimés mais qui ne savent plus se retrouver.

Je les vois claquer la porte pour faire un break, parfois ne pas revenir.

La maman déclame que le papa ne la comprend pas, l’homme riposte qu’il a perdu sa femme pour donner naissance à une maman.

Cette situation je l’ai connue, moi aussi.

C’est pour cela que je m’investis autant dans l’entretien de mon couple comme une bonne vieille Rolls.

Je ne culpabilise plus de partir en week-end sans les enfants, de sortir en semaine pour aller au théâtre, de prendre de temps en temps une après-midi pour m’occuper de moi et pas nécessairement d’eux.

Ce n’est pas si grave, ils le comprennent parfaitement et ne me l’ont jamais reproché.

Le reste du temps leur est généreusement offert, mon attention est là au quotidien, mes sourires, mes peurs, mes angoisses, mes reproches, mes préoccupations aussi.

Je sais que je peux mieux assumer mon rôle de maman en étant accomplie dans mon rôle de femme.

Mon ado conserve dans sa tête des souvenirs d’une époque où je souffrais profondément sans pouvoir lui cacher  et accueille aujourd’hui avec bienveillance la situation de paix et de bonheur installés dans notre Sweet Home.

Rien ne torture plus un enfant que de voir ses parents se déchirer, pensant parfois même être l’objet de ces disputes.

Je pense que le plus important c’est vraiment que vos enfants vous voient heureux, ils ne recherchent pas des parents parfaits, des nounous à temps plein, ils sont avides de votre amour.

Existe-t-il une meilleure façon d’aimer et d’apprendre à aimer à ses enfants que de leur montrer que vous aimez vous-mêmes ?

Si, l’amour est contagieux !

Je ne souhaite pas choisir entre mon rôle de femme et mon rôle de maman, je veux combiner harmonieusement les deux, avec mes défauts et mes imperfections, mais toujours avec amour.

Et vous?

Bonne soirée à tous ❤

Cette année, nous offrirons des souvenirs.

Hier matin, alors que la nuit avait été bien trop courte à mon goût, je me suis réveillée de la plus douce façon qu’il soit, avec des douces caresses sur le ventre et toutes les autres parties de ma peau que je n’avais pas réussi à enrouler autour des draps qui sentaient encore la bonne odeur de lessive.

Un concentré de douceurs de la part de mon petit mouflet, comme s’il cherchait à compenser la nonchalance et la désobligeance constante de son grand frère.

Il le sait, il le voit mais il ne comprend pas pourquoi son frère est si souvent de mauvaise humeur, incapable de transpirer une émotion positive ou un message d’empathie vis à vis des gens qui lui souhaitent du bien, c’est à dire nous.

C’est normal, il n’a que 6 ans.

Et pourtant, moi à 38, je ne suis plus.

Le seul élément qui le raccroche à notre monde, monde qui semble si terrifiant à ses yeux est son téléphone portable.

Cet objet sacré qui est devenu le faiseur d’amis et le seul lien social digne de son nom.

Tout le reste est pour lui anecdotique.

Il préfère s’enfermer dans sa chambre et passer en revue des comptes IG, Snapchat ou autres réseaux de désocialisation.

A ses yeux je ne comprends rien, car je suis restée dans les années 80.

En effet, je ne comprends pas qu’on ne passe pas plus de temps ensemble et que l’on préfère se cloîtrer pour mieux se regarder en chiens de faïence.

Je ne comprends pas non plus que la première question que l’on me pose quand on parle de la prochaine destination de vacances est de savoir s’il y aura du wi-fi.

Je ne comprends pas que l’on soit si égoïste et insensible.

Je ne comprends pas ce déversement de méchancetés gratuites vis à vis d’autrui alors qu’il en a été lui même victime.

Je m’insurge contre cette violence verbale, cette absence de mots et de sourires, ce déversement de colère, cette irrévérence.

Je refuse que mon fils ai comme idole un youtubeur de 15 ans, et qu’il le vénère plus que Shiva.

C’est l’adolescence me criez-vous.

Je le sais !

Mais je ne m’y fais pas, voyez-vous.

Ce contexte nous a fait prendre une décision à laquelle nous réfléchissions déjà depuis un moment.

Cette année, pour Noël , nous avons décidé que les enfants n’auraient qu’un seul cadeau de notre part.

Ils ont pourtant une liste aussi longue qu’une de mes rédactions de français (deux copies double s’il vous plaît, et oué, déjà plus jeune je parlais trop).

Las de les voir chaque année se battre pour compter le nombre de cadeaux remporté.

Soucieux de les voir s’approprier des valeurs qui nous sont chères.

Une forte envie de les réconcilier avec la vraie vie.

Noël revêtira cette année plus que jamais son plus généreux costume chez nous, et sans doute le plus important dans nos coeurs : le partage de moments, l’amour, la famille.

Nous sommes prêts à faire face à cette vague de contestation que nous croyons déjà presque entendre, nous y ferons face.

Cette année,notre plus beau cadeau de Noël à tous, sera partager un beau moment, tous ensemble, un moment qui restera pour toujours.

Notre budget sera presque entièrement alloué aux émotions, bien qu’elles n’aient pas de prix, nous le savons.

Un souvenir qu’ils garderont quand nous ne serons plus là, un sourire esquissé en regardant les photos, des images qui les rempliront de bonheur dans les moments plus durs que la vie leur offrira certainement.

Oui, cette année, nous avons décidé que nous offrirons des souvenirs.

Sans doute avez-vous vu circuler ces deux vidéos dernièrement sur la toile.

(en espagnol)

Elles illustrent parfaitement ce que nous ressentons et avons envie de faire.

Il ne tient qu’à nous de le changer, voyez-vous.

Avant qu’il ne soit trop tard.

Bonne semaine à tous <3.

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