Lecture coup de coeur – « Une maison dans le ciel », un récit bouleversant.

Il y a des lectures vers lesquelles nous sommes naturellement attirés.

Des couvertures chaleureuses, des titres poétiques, une promesse d’amour, un élan d’émotion, parfois même un soupçon de tristesse.

On est toujours à la recherche de quelque chose lorsque l’on caresse la couverture d’un livre.

Va t-il nous offrir de la joie ? De la tristesse ? Va-t-il m’enseigner des choses, m’éclairer sur un sujet, me faire réfléchir ? Vais-je pleurer ou rire ? Peut-être même les deux.

Pour ma part, beaucoup de mes choix de lecture se portent et se porteront toujours sur l’amour.

Depuis les sœurs Brontë, à Stendhal, en passant par Jane Austen et aujourd’hui des auteurs contemporains comme Albert Cohen, Jojo Moyes, Gabriel Garcia Marquez ou Alexandre Jardin, j’ai toujours été en quête de la flamme qui nous a tous brûlé un jour ou par laquelle on rêve de se faire ravager.

Je suis une amoureuse de l’amour, que voulez-vous.

Trêve de minauderies.

Quand j’ai eu le livre dont je vais vous parler entre les mains, ce n’est pas le mot amour qui m’a sauté au visage.

Pas vraiment, non.

Le titre est assez parnassien, « Une maison dans le ciel ».

La couverture est le portrait d’une jolie jeune femme, que l’on imagine douce et délicate.

Puis je comprends qu’il s’agit d’une histoire vraie.

Cette histoire, c’est celle d’Amanda Lindhout, qui a été détenue pendant 460 jours aux mains de miliciens islamistes, en Somalie.

Vous conviendrez que l’on fait mieux comme histoire de romance, je vous l’accorde.

J’ai tout de même eu envie de le retourner, ce livre, et de lire le quatrième de couverture.

C’est en général l’épreuve de feu, celle qui va me convaincre de le mettre dans mon panier ou de le laisser sur l’étagère.

Indéniablement, ma curiosité avait été piquée au vif.

Comment cette jeune canadienne avait survécu à une détention dans un pays considéré comme l’un des plus dangereux au monde, où la milice islamiste Al Shabaab, liée à Al Qaida, contrôle la plus grande partie de la Somalie, dans sa condition de femme occidentale, qui plus est, non musulmane ?

Best-seller international, titulaire de plusieurs prix, j’ai saisi que ce témoignage avait quelque chose de poignant et qu’il me fallait le lire.

Me voilà alors embarquée dans l’enfance d’Amanda, au Canada, dans la ville de Silver Lake.

On ne peut pas dire qu’elle ait eu une enfance très heureuse, dans une famille modeste, très tôt éclatée, qui ne lui offrira pas le réconfort ou la tendresse dont rêvent toutes les petites filles.

Amanda s’évadera de son quotidien hostile en se plongeant dans de vieux numéros du célèbre magazine National Geographic, qu’elle achète vint-cinq cents, dans une bouquinerie de sa rue.

Ce furent les premiers voyages de la petite fille canadienne.

Ces paysages fabuleux, couchés sur le papier glacé, offraient à Amanda une fenêtre sur le monde, un monde qui se voulait riche et coloré, un monde qui la faisait fantasmer.

Plutôt que dans les pages des magazines, Amanda caresse l’espoir de découvrir ces merveilles que le monde a à offrir, de ses propres yeux.

Alors, plutôt que de faire des études, elle décide de travailler comme serveuse, job avec lequel elle parvient à réunir des sommes assez importantes pour partir d’abord à la découverte de l’Amérique du Sud, puis de l’Asie.

Amanda est curieuse et aura vite envie de tutoyer le danger de plus près.

Les seuls noms de l’Afghanistan, Syrie ou Irak nous auraient probablement fait fuir.

La canadienne, elle, est tentée de découvrir si ce que l’on raconte dans les médias est véridique et d’approcher ainsi l’horreur.

Elle s’imagine reporter de guerre et réunira toute son énergie et sa force de caractère pour pénétrer le très dur milieu du journalisme, en terrain si hostile.

En Éthiopie, elle rencontrera Nigel, avec qui elle vit une histoire d’amour.

Elle ne savait alors pas dans quel enfer elle allait l’entraîner, malgré elle.

Amanda est téméraire, aime à braver les dangers et se sent presque irrésistiblement attirée par les situations périlleuses.

On ne peut pas le nier, la jeune et jolie Amanda a l’amour du risque.

Elle finit par connaître le véritable visage du danger, lorsqu’elle se fait kidnapper, en Somalie, avec son désormais ami Nigel, par un groupe d’hommes armés, appartenant à une milice islamiste, à Mogadiscio.

S’en suivent 460 jours de captivité, aux mains de ravisseurs dont Amanda ignore au départ la véritable motivation.

Ils apprendront assez vite que les membres de l’organisation islamiste réclament une rançon s’élevant à plusieurs millions de dollars.

Les conditions de détention ont été effroyables.

Il n’existe d’ailleurs aucun adjectif pour qualifier véritablement la souffrance et l’horreur dans laquelle Amanda est jetée, sans appel.

Il est certain que la toute nouvelle reporter ne s’attendait pas à regarder la mort en face de si tôt.

Nous vivons au fil des pages une éprouvante et abominable histoire de violence, humiliation, maltraitance.

Je ne pourrai en dire plus, la réalité est bien plus dure que ces simples noms communs.

Très rapidement, nous sommes transportés dans cet incroyable récit, ce combat pour la vie, contre la mort qui la menace chaque jour, à l’encontre de la violence de ces hommes, ensorcelés par une folle illusion.

Seule femme au milieu de ces soldats du djihad, qui prétendent se réfugier dans la religion pour mener à bien leur mission, Amanda fait preuve d’une force de caractère inimaginable, pour s’accrocher au mince fil qu’est désormais son existence.

Elle se convertira à l’Islam, pour mieux comprendre ses ravisseurs mais surtout pour tenter de les adoucir et de se voir peut être considérée comme une sœur.

Elle deviendra Amina, étudiera le Coran, priera cinq fois par jour, s’appliquera à exercer le culte musulman du mieux possible.

Je lui tire ma révérence, sa force et sont courage sont presque surréalistes.

A aucun moment du récit, nous tombons dans le pathos.

Avec Amanda, nous nous raccrochons aux souvenirs, au mince filet de lumière qui pénétrera dans sa cellule, à la moitié d’une papaye qu’un ravisseur lui offrira dans un inattendu élan de générosité.

Son instinct de survie est absolument ahurissant.

Avec elle, nous pleurons aussi, dans les plus grands moments de désespoir et de cruauté.

Nous perdrons presque espoir et attendrons le pire.

Puis, avec Amanda, nous nous réfugions dans cette maison dans le ciel, qu’elle imagine joyeuse et synonyme de liberté.

Elle essaiera de comprendre les véritables motivations de ses tortionnaires, qui n’en restent pas moins des êtres humains et la façon dont ils ont pu sombrer dans cette folle épopée.

Cette histoire est évidemment d’autant plus touchante et saisissante parce qu’elle est vraie.

Nous pouvons mettre un visage sur ces mots, une âme véritable derrière ces pages noircies par les ténèbres.

Il n’en ressort pas moins un message d’espoir après sa libération qu’elle n’attendait plus.

Amanda Lindhout est un véritable modèle de bravoure.

On peut se dire qu’elle l’a cherché, qu’elle savait qu’elle prenait des risques, bien évidemment.

Mais malgré l’horreur vécue, elle véhicule aujourd’hui une déclaration de paix, une ouverture d’esprit et une véritable missive d’espoir, qui a tout son sens dans le contexte actuel que nous connaissons tous.

Elle a choisi de pardonner à ceux qui lui ont volé sa liberté, peut-être pour toujours.

« Pour mon propre bien, je fais primer le pardon et la compassion sur tous les autres sentiments – colère, haine, confusion, apitoiement sur mon sort – qui bouillonnent en moi… ».

Je me demande aujourd’hui où elle a puisé la force pour se reconstruire et être à la tête de la fondation « Global Enrichment Foundation » qui vient en aide aux femmes somaliennes, dans ce pays qui a été pour elle synonyme d’enfer.

Il y a des destins comme celui d’Amanda Lindhout, incroyables, qui vous mettent une claque et vous remettent à votre place.

Je salue ici le talent de Sara Corbett, co-auteure du livre, qui grâce à ses descriptions fouillées, nous livre une peinture sur papier, dans laquelle nous avons la chance de découvrir le moindre détail de l’histoire.

Bravo à Amanda qui a eu le courage de partager avec nous ce supplice, sans aucun doute un exercice très difficile, qui l’a obligée à fouiller de nouveau ses douloureuses réminiscences.

C’est un livre que je vous conseille, avant tout pour la leçon de vie qui nous est livrée.

Une fois entre vos mains, vous ne pourrez plus vous arrêter.

En tournant la dernière page, je me suis sentie toute petite…comme une envie de grandir autrement.

Merci aux Editions Seramis de m’avoir fait découvrir ce témoignage, absolument bouleversant.

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Le parfum du bonheur est plus fort sous la pluie.

L’amoureux s’endort avec mon manuscrit entre les mains.

Je ne suis pas certaine que cela soit vraiment bon signe.

Il est une heure du matin, le silence gronde fort.

Je l’attendais depuis des mois, partout j’ai cherché le réconfort.

J’en ai essayé d’autres, mais mes nuits n’avaient jamais retrouvé un aussi bon amant.

J’ai cherché en vain à retrouver cette émotion qui vous prend aux tripes, qui dès les premiers mots prend votre corps d’assaut.

Mardi dernier, je t’ai enfin eu entre les mains.

Je t’ai touché, timidement, tu étais lourd, chargé de promesses.

Je ne t’ai pas ouvert, j’ai attendu que nous soyons seuls pour nous retrouver, je ne voulais pas te partager.

Je suis égoïste, parfois.

J’ai fait durer le plaisir pendant quatre crépuscules, l’absence avait été longue, je voulais te garder le plus longtemps possible près de moi.

Enivrés de plaisir, nous ne pouvions plus nous séparer, tu te donnais à moi, je te prenais en retour.

Hier soir, à une heure du matin, tu m’as consumée, pleinement.

Tel un orgasme qui nous dévore après une longue étreinte, tu m’as secouée de spasmes.

J’étais triste de te quitter, déjà.

Tu ne m’as pourtant pas épargnée, tu m’as laissée baigner dans une mer de larmes.

Mais tu m’as aussi fait rire, sourire, beaucoup.

Ce fut d’ailleurs de cette façon que nous avions débuté notre relation, quelques années auparavant.

Femme qui rit, à moitié dans son lit, n’est-ce pas ?

Aujourd’hui, je pense qu’il serait totalement injuste de te garder dans mes draps, uniquement pour moi.

Tu mérites de prendre ton envol, d’aller semer ici et là ton parfum et ta sensibilité qui te rendent si uniques.

Alors voilà (copyright Baptiste Beaulieu).

Tu t’appelles « Le parfum du bonheur est plus fort sous la pluie ».

Ta maman, je l’aime d’amour, comme mon amoureux, Vianney, le chocolat, la mer et l’Italie.

Elle est un peu tout ça à la fois, ta maman : de la poésie, du soleil, de la délicatesse, du bleu azur, une chanson douce, une gourmandise, un éclat de rire.

J’étais contente que l’amoureux se soit endormi hier, finalement.

Cette fois-ci, il n’aura pas pu voir mes yeux de panda, ma morve qui menaçait d’investir ma bouche.

Il aurait démissionné sur le champ de son poste de faiseur du bonheur.

Ta maman est particulièrement douée pour provoquer un éventail d’émotions, des nuances de couleurs, allant du blanc au noir, mais en passant toujours pas le vert, le rouge ou le rose.

Car oui, tout n’est pas très gai, toujours.

La force de ta maman c’est qu’elle transforme le moche en joli, je lui ai souvent dit.

L’arc en ciel finit pas se dessiner, là-bas, au loin.

Cela n’est pas donné à tout le monde.

Comment ne pas être touchée pas cette histoire qui, sur un fond de vécu personnel, on le devine grandement, trace le portrait d’une famille dont chaque membre porte des blessures souvent profondes.

J’ai d’abord détesté Ben, d’avoir abandonné Pauline, avec leur petit garçon, Jules.

Il ne l’aimait plus. Point.

Je ne savais pas qu’il y avait une virgule.

Touchée au plus profond de moi même, les premières lignes ont réveillé mon histoire personnelle.

J’ai accompagné Pauline dans sa souffrance, son incompréhension, sa douleur, sa tentative de reconquête, sa reconstruction.

Brillamment, ta maman nous fait osciller entre les souvenirs, rendant la lecture addictive.

Je comprends mieux ce que ta maman voulait nous dire, quand mardi dernier, elle nous confessait qu’il s’agissait ici de son roman le plus personnel.

La fin n’est pas celle que j’attendais.

Elle m’a surprise, m’a d’abord rendue infiniment triste.

Puis j’ai relu cette phrase, encore et encore.

«  Ce n’est pas parce que ça ne finit pas comme on le veut que ça finit mal ».

Je devrais le savoir, depuis le temps.

J’ai pardonné à Ben, quand à son tour, il nous a livré ses souvenirs.

Je l’ai compris.

C’était la virgule.

Qui peut sortir indemne d’une telle épreuve ?

Peut-on jamais vraiment cicatriser d’une blessure si profonde, d’un drame qui vous marque au fer rouge pour toute une vie ?

Virginie Grimaldi signe ici son troisième opus, petit bijou de sensibilité, humour, amour et surtout résilience.

Volontairement, je ne dévoilerai pas ici les interlignes profondes de l’histoire, qui ne se résument pas à la simple séparation de Pauline et Ben, évidemment.

Chacun d’entre vous doit la sortir de son écrin, à sa façon, avec ses propres émotions et son ressenti.

Vous y reconnaîtrez peut-être des membres de votre propre famille, avec leurs qualités, leurs défauts, leurs éraflures.

Vous aurez également des nouvelles de certains des personnages de « Tu comprendras quand tu seras plus grande », s’ils vous avaient manqué.

Je ne peux vous affirmer qu’une seule chose avec une profonde certitude : une fois que vous l’aurez entre les mains, vous souhaiterez rajouter des heures à vos jours et vos nuits car vous ne pourrez plus vous en séparer.

Le moment de refermer le livre est toujours douloureux, bien sûr.

Vous aurez peut-être aussi envie de grimper sur la dune du Pilat, de manger des huîtres, de profiter de la vie, tout simplement.

Non, Virginie, ton dernier bébé ne m’a pas déçue, ô que non, bien au contraire.

Tu fais quand même chier d’écrire aussi bien et de me transformer en femme fontaine (le robinet du haut, hein).

Je te dis bravo.

Bravo pour tout, pour ce roman, le chemin parcouru, pour ta victoire sur la vie.

Au fait, tu me dois 36 paquets de mouchoirs.

« Le parfum du bonheur est plus fort sous la pluie » sort en librairie le 3 mai prochain, aux Editions Fayard.

Ça ne sent pas enfin bon le printemps, tout ça ?

Je vous laisse, je vais changer mes draps.

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Le roman qui m’a dévorée : « Danser au bord de l’abîme », de Grégoire DELACOURT

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Il y a quelques jours de cela, sur la ligne 7, station Opéra, je tournais la page 364 qui marquait la fin du dernier roman de Grégoire Delacourt « Danser au bord de l’abîme », yeux de panda et goutte au nez (oui, encore).

J’ai dévoré ce livre ou plutôt devrai-je dire que ce livre m’a dévorée.

Impossible de ne pas établir un lien avec son vécu, ses ressentis, ses douleurs, ses peurs, ses propres abîmes.

On ne ressort pas indemne de ce livre.

Un élément vous surprend d’entrée de jeu, le parallèle avec « La Chèvre de Monsieur Seguin », nouvelle à travers laquelle Alphonse Daudet, tente d’alerter son ami poète Pierre Gringoire sur les dangers d’une trop grande soif de liberté:

 « Tu verras ce que l’on gagne à vouloir être libre ».

Ce parallèle deviendra d’ailleurs le fil conducteur de ce roman « virtuose » dont l’on devine au fil des pages, la part d’autobiographie.

Cette question me taraude encore aujourd’hui : serai-je capable de tout quitter, pour un inconnu, aperçu une fois, en abandonnant tout ce que j’ai aimé, tout ce que j’ai construit, au risque de tout balayer sur mon passage et de créer un véritable tsunami autour de moi?

J’aime à croire que non.

Serai-je capable de lâcher tout et tous pour succomber à mon désir ?

Est-ce que cela pourrait m’arriver, à moi ? Est-ce que cela pourrait vous arriver, à vous ?

C’est très déstabilisant de s’interroger sur la puissance du désir et, par conséquent, de notre fragilité.

Si vous ne le savez pas déjà, Grégoire Delacourt parle très bien des femmes, il semble avoir fouillé le moindre recoin de nos pensées, ce qui est également très troublant.

C’est d’ailleurs la plume d’une femme que l’on lit, sans équivoque.

Emma, protagoniste du roman, nous livre au travers de ses flash-backs, sa quête de liberté, l’écoute de son désir absolu.

Emma vit jusqu’ici une existence paisible, une belle maison, un mari avec une bonne situation, 3 enfants, what else ?

Mais il lui manque le principal, Georges : l’amour brûlant, celui qui met le feu à vos entrailles, celui qui possède votre âme et vos pensées, la folie qui peut tout faire basculer, celle là même qui vous fait sauter sans parachute:

« Je me vidais de moi-même. Je m’essoufflais à ne pas m’envoler. Je pâlissais, et Olivier parfois s’inquiétait – il parlait alors de quelques jours ailleurs, l’Espagne, l’Italie, les lacs, comme si leur profondeur allait engloutir ma mélancolie. Mais nous ne partions pas, parce qu’il y avait les enfants, parce qu’il y avait la concession, et parce que j’avais fini par mettre toutes mes frustrations dans ma poche, un mouchoir par-dessus, comme me l’avait enseigné ma mère. »

Puis, un jour, à la brasserie André, située dans le vieux Lille, Emma va accepter le regard nouveau d’un inconnu sur elle, va se laisser troubler par une serviette blanche qui essuie délicatement une bouche d’homme, celle d’Alexandre.

Alors qu’ils n’ont pas échangé un seul mot, cette femme mariée et mère de 3 enfants, va succomber au séisme provoqué par ce désir brûlant qui l’habitera désormais chaque jour.

Folle amoureuse, Emma se trouve belle, se surprend à danser dans la rue, Emma fond littéralement de passion.
Alors, je ne peux m’empêcher de penser à cette phrase de Paolo COELHO :

« Si vous pensez que l’aventure est dangereuse, essayez la routine, elle est mortelle ».

Est-ce que vous n’avez pas l’impression, vous, parfois que la routine grignote doucement et cruellement votre existence ?

Si ce livre m’a dévorée, je ne saurai vous dire avec certitude si je l’ai aimé.

Le sentiment qui m’a habitée à la fin de la lecture a été indéniablement la tristesse.

Et pourtant, l’écriture du grand maître des mots et des émotions Grégoire DELACOURT est belle, incisive, élégante, délicate, lui qui parle si bien de nous, les femmes.

L’intrigue qui se suit après cette fatale rencontre à la brasserie est des plus inattendues et ne peut en aucun cas être découverte d’un seul centimètre.

Une véritable gifle m’a été infligée à la fin du premier chapitre, de celles qui marquent votre joue d’un rouge écarlate pendant de longues minutes, qui m’a presque laissée fébrile.

Les larmes m’ont sacrément secouée, appelez moi pleurnicheuse si vous le voulez, je vous mets au défi de ne pas être bouleversé si vous entreprenez de danser au bord de l’abîme avec Emma.

C’est un roman sur l’amour, évidemment, mais surtout sur la fragilité de nos existences, les choix de vie que l’on décide de faire ou ne pas faire, leurs conséquences, notre soif de liberté, la puissance du désir, mais aussi sur la maladie et la mort.

La mélodie du sublime opéra « Madame Butterfly » accompagnera avec grande mélancolie certains passages du livre.

Alors, depuis, je ne laisse plus aucun homme croiser mon regard et je ne rentre plus dans les brasseries.

Je vous laisse avec un extrait du roman, qui est le seul message que je souhaite conserver de cette lecture chargée d’émotions :

« Le présent est la seule certitude, la seule île possible dans le vide.
C’est là que nous devons tous vivre. » Signature

P-S : Ne t’inquiète pas. Je déteste les brasseries.

Lectures d’automne

Quelques longues semaines d’absence de la toile, parsemées d’embûches mais aussi parfumées d’espoir.

D’autres penseront que je fais ma Diva et que je me fais désirer.

Que nenni.

La vie est ainsi parfois, a-t-on-besoin d’en dire plus ?

Je m’évade follement grâce à mes lectures, et étant une fidèle des livres papier (je n’éprouve absolument pas le même plaisir sur une liseuse, c’est comme l’amour avec une capote pour moi, vous voyez ?), mes yeux délaissent non sans une petite pointe de satisfaction, toute forme d’écran.

Mes infidélités au web m’ont donc conduite sur le chemin de nombreux livres, tous très différents, avec des messages et des histoires hétéroclites.

J’ai choisi de partager avec vous 3 de ces lectures, pour des raisons très différentes.

Vous savez que je ne suis pas la spécialiste du pitch que je n’affectionne d’ailleurs pas particulièrement de faire, mais, plutôt du partage d’émotions ressenties, cela me ressemble plus.

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Je commencerai par un livre qu’on destinerait au premier abord plus aux femmes, puisqu’il s’agit de la biographie de la créatrice de mode Diane Von Furstenberg, « The woman I wanted to be ».

Il s’agit en fait du deuxième volet de ses mémoires car elle avait déjà publié 16 années auparavant « Diane : a signature of life ».

J’avais envie d’en connaître en peu plus sur celle dont j’admirais d’abord les robes aux célèbres imprimés, la beauté et l’élégance.

Diane von Furstenberg est considérée comme une des femmes les plus influentes au monde, mais vous seriez surpris par son parcours quelque peu chaotique pour être la femme qu’elle est aujourd’hui, et surtout, la femme qu’elle voulait être : forte, indépendante, aimante et aimée.

Je vous confesse qu’au début du livre, j’ai rapidement pensé que le livre allait être « so cliché » : sa maman avait miraculeusement échappé à la mort dans un camp de concentration nazi, Diane a très tôt baigné dans l’aristocratie et la jet-set qui lui ont permis de côtoyer beaucoup de célébrités, ce qui a priori lui aurait gentiment facilité la vie, blablabalabla.

Puis j’ai rapidement changé mon fusil d’épaule (c’est quand j’utilise ce genre d’expression que je me dis qu’il faut que je songe au lifting).

Diane s’est révélée très tôt une femme d’affaires passionnée, créative, entrepreneuse, déterminée, n’ayant peur de rien.

Elle est en parallèle devenue princesse en épousant le beau Egon von und zu Furstenberg et très jeune maman de deux enfants.

Mais Diane ne voulait pas se contenter d’être femme de.

Elle rêvait d’indépendance, de créer et faire rêver.

La robe portefeuille qu’elle a elle-même dessinée et créée, lui a très vite valu reconnaissance et argent.

La suite ne fut pas toute rose.

Diane est avant tout une créative et pas une financière. Ses sociétés ont connu maintes fois des déboires économiques, qui l’ont contrainte à vendre, puis à tout recommencer de 0, à plusieurs reprises.

Jamais Diane n’a abdiqué ou a pensé que c’était fini pour elle, Diane, c’est un exemple de persévérance et combat.

Elle a affronté de cette même façon un cancer, un divorce, des désamours, son passé, toujours la tête haute, en assumant parfaitement ses actes et leurs conséquences, toujours avec beaucoup de lucidité.

Aujourd’hui adulée et très respectée, très engagée aux côtes des femmes, Diane, est en quelque sorte le symbole d’indépendance féminine et rien que pour cela, son parcours mérite d’être lu et connu.

Mon seul bémol va à la mauvaise traduction du livre en langue française, ce qui entraîne quelques fautes de syntaxe et même d’orthographe.

Source https://www.unidivers.fr
Source https://www.unidivers.fr

Dans un tout autre registre, le deuxième livre dont je souhaitais vous parler est le roman de Baptise BEAULIEU, « La ballade de l’enfant gris », un véritable tourbillon d’émotions intenses, qui vous prennent aux tripes, au cœur et tout autre partie de votre corps qui vibre à la lecture de mots à la fois délicats et percutants.

Vous connaissez peut-être le blog de Baptise Beaulieu Alors Voilà, si ce n’est pas le cas, allez-y jeter un œil avec un mouchoir ou deux (attention je n’ai pas dit que vos larmes ne seraient que de tristesse, au contraire, bande de crocodiles).

Dans ce roman, qui est son 3ème si je ne m’abuse, Baptiste, inspiré de son expérience de médecin généraliste dont il parle avec tant de sensibilité, humour et beauté sur son blog, nous raconte l’histoire d’un jeune interne en pédiatrie, d’un petit garçon à la personnalité si attachante, atteint d’une maladie incurable et de sa maman, si secrète, qui n’est pratiquement jamais au chevet de son fils, sans que l’on comprenne le pourquoi de cette attitude qu’on ne peut qualifier que de cruelle.

Je ne vous en dirai pas plus sur l’histoire, ô combien bouleversante.

On ressent toute l’émotion et la frustration de Baptiste qui planent au-dessus de ce merveilleux roman, clairement inspiré par le choc qu’il a ressenti lors de la disparition d’un de ses jeunes patients.

On ne comprend pas tout de suite, on s’interroge, on est souvent dans le noir, on souffre, on est en colère, on est triste, on a envie de percer les mystères.

Mais on sourit et on rit aussi, beaucoup.

On voyage, on s’illumine, on a peur, on ne veut presque plus savoir puis si, quand même, on veut tout savoir, vite.

Ce roman est un poème lyrique, une quête vers l’humain, une symphonie de couleurs sur un fond de fantaisie.

J’ai été prise à la gorge par des émotions si différentes, la tristesse, la tendresse, l’espoir, la bienveillance, la sensibilité, la douleur, la magie, l’inconnu.

Au travers de ces dualités de sentiments si forts auxquels on ne peut rester insensible à moins de s’appeler J.R Ewing (oui cette référence me dicte une nouvelle fois la nécessité du recours au lifting), les mots de Baptiste Beaulieu m’ont rappelé un peu Agnès Ledig dans sa façon de nous faire entrevoir le beau dans ce qui ne l’est pas forcément.

Alors, si comme moi, vous aimez avoir le rimel qui coule et le nez tout rouge, le cœur qui palpite, partez en ballade avec l’enfant gris.

9782714470980

Le troisième livre a été acheté sur un coup de tête alors que je flânais à la librairie des Galeries Lafayette, à la recherche de mon amie perdue.

La couverture m’a plu, le titre avait un goût d’espoir et de légèreté, « La tentation d’être heureux ».

Les « happiness books » se multiplient ces dernières années, et je ne suis pas la dernière à m’en nourrir et à m’en délecter, ce type de lecture fait toujours du bien, n’en déplaise à Yann Moix.

L’auteur de ce roman est Lorenzo Marone, un ancien avocat qui a décidé d’embrasser sa première passion, l’écriture.

Vous l’aurez deviné, l’écrivain est italien, tout comme le héros principal de l’histoire, Cesare, vieil homme de 77 ans, vivant seule dans la grouillante ville de Naples.

Ronchon à tout heure, Cesare déteste avant tout être vieux et ne prend de pincettes avec personne, ni même avec ses enfants (coucou papa).

Pourtant, dès les premières lignes, j’ai été conquise et je suis devenue la meilleure amie de Cesare : je le comprenais.

Je ne pourrai pas dire qu’un roman sur la vieillesse puisse être considéré très sexy ; néanmoins, encore une fois, je me suis rapidement attachée à chaque morceau de cette fresque de vie italienne, à chaque personnage, tous touchants à leur manière.

Marié à une femme qu’il n’aimait pas, ayant exercé une profession qu’il a toujours détesté, plus près de sa demeure ultime que de sa jeunesse, c’est en décidant de tendre la main aux autres que Cesare sera à son tour, tenté par le bonheur.

Lorenzo Marone ne tombe pas dans la niaiserie pour nous décrire ces portraits de vie, ces drames familiaux, ces tragédies de l’existence.

Il le fait parfois même avec un certain cynisme, un réalisme décapant, tout en subtilité.

Nous sommes souvent aux portes du drame dans ce roman, nous le touchons même du bout des doigts, c’est parfois d’une grande violence.

C’est avec lucidité, humour et justesse que notre spirituel héros napolitain affronte son quotidien avec un nouvel objectif : essayer d’être heureux le peu de temps que la vie voudra bien lui accorder, et surtout, essayer de rendre ses proches heureux avec les moyens que possède un vieux monsieur.

Cela peut vous paraître complètement bateau dit ainsi, pourtant cela ne l’est pas, croyez-moi.

Ce livre m’aide grandement à me remettre en question en ce moment.

Priorisez ce qui nous rend vraiment heureux au détriment de la superficialité de nos existences, Cesare le comprend peut-être un peu tard mais il le comprend encore à temps.

Certains s’acharneront toute une vie à passer à côté de la leur car ils n’ont jamais fait la différence entre l’essentiel et le futile, l’important et le désuet, le vrai bonheur et le faire semblant.

Pour ces raisons, cette petite pépite feel-good doit se retrouver sous le sapin d’une personne qui vous est chère, elle comprendra forcément le message.

J’ai lu sur ce livre une phrase qui l’illustre parfaitement :

« Un livre à mettre entre toutes les mains de ceux qui souhaitent mourir plus heureux et moins idiots » (Isabelle Falconnier, L’hebdo sélection Payot).

Vous êtes arrivés jusqu’ici? Vous êtes trop forts. Merciiiii!

Et vous, avez-vous des lectures à me conseiller, à partager ?

Bonne semaine à tous !

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Le récit bouleversant d’Antoine Leiris, « Vous n’aurez pas ma haine »

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« Melvil ne pourra pas passer ces pages de sa vie comme elle passait les pages de l’histoire. Je n’ai pas de baguette magique.Notre coccinelle s’est posée sur le nez de la sorcière, elle avait une Kalachnikov en bandoulière et la mort au bout du doigt »

Peut-être que le nom d’Antoine Leiris ne vous dit rien au premier abord.

Ses mots, si vous les avez lus, n’ont par contre pas pu vous laissez indifférents.

Antoine Leiris est journaliste, ancien chroniqueur culturel à France Info ou encore à France Bleu.

Antoine Leiris est papa du petit Melvil qui va bientôt avoir deux ans aujourd’hui.

Antoine Leiris est le mari d’Hélène Muyal-Leiris.

Ce nom ne vous dira peut-être rien non plus.

Pourtant pour eux, elle était tout, elle était « l’astre auquel ils ont prêté allégeance ».

Hélène Muyal-Leiris est aujourd’hui une étoile qui a rejoint trop tôt le ciel, victime de la barbarie de ces êtres animés pas la folie qui ont sévi le 13 novembre au Bataclan.

« Vous n’aurez pas ma haine » est la lettre qu’Antoine Leiris a écrite le lendemain des attentats, comme un message d’apaisement à l’encontre de ce sentiment grandissant de haine qui soufflait sur notre pays.

Bouleversante de courage et d’espoir, cette lettre d’amour est venue nous dire à tous que nous ne devions pas succomber à cette frénésie meurtrière qui nous habitait, ce besoin de vengeance face à une incompréhension ahurissante.

Nous, qui n’avions pas été touchés directement, mais qui étions inévitablement meurtris et qui avions grande peine à sortir de cette torpeur engourdissante.

Ce papa et ce mari abîmé par la douleur et la peine, nous livrent aujourd’hui un récit et un témoignage bouleversants, poignants, de ce qu’est devenue sa vie après ce 13 novembre, qui marquera notre histoire à tout jamais.

De l’annonce de la mort de sa bien-aimée, celle de qui il était tombé éperdument amoureux il y a douze ans, à l’annonce de cette trop injuste fatalité à ce petit garçon de 17 mois, ce petit garçon à qui sa maman ne racontera plus jamais l’histoire de la coccinelle, Antoine Leiris prend sa plume pour partager avec nous ce qui sera désormais son quotidien sans elle, sa lune et sa lumière, son équilibre, « sa dame aux airs de majesté ».

Regarder avec leur fils des photos d’elle sur le portable, écouter ensemble les chansons qu’elle avait soigneusement choisies pour apaiser Melvil, accepter la générosité des mamans de la crèche qui essaient d’adoucir leur quotidien avec leurs compotes maison, choisir les vêtements qui lui ressemblent pour ses funérailles, s’attendre à ce qu’elle revienne, apaiser sa douleur, survivre, continuer à vivre.

Ecrire une émouvante lettre de la part de Melvil à sa maman, exorciser cette suffocante souffrance, prendre le petit garçon par la main et aller au cimetière de Montmartre sur la tombe d’Hélène avec une photo d’elle, tenir debout, avancer, essayer de comprendre pourquoi la vie reprend son cours dehors, alors que tout est sur pause dans la leur.

Autant de moments tristes et difficiles, indispensables à la poursuite de leur chemin, chemin qu’elle a quitté trop tôt, sans aucun préavis.

Cette lecture n’était pas pour moi un exercice de voyeurisme ou de curiosité mal placée.

Moi qui encore aujourd’hui sursaute encore trop souvent dans le métro parisien ou dans les couloirs bondés de la gare Saint-Lazare, j’avais besoin de comprendre comment on peut ne pas être habité par un sentiment de haine lorsque l’on nous vole l’être aimé dans de si tragiques circonstances.

Antoine nous donne une leçon.

Il sait que ce livre ne le soignera pas.

« On ne se soigne pas de la mort. On se contente de l’apprivoiser. L’animal est sauvage, ses crocs sont acérés. J’essaie juste de construire une cage pour l’enfermer ».

Pour Antoine, les circonstances de la mort d’Hélène n’ont pas une si grande importance.

Elle aurait pu avoir un accident de voiture, être victime d’un crash d’avion ou encore d’une maladie.

Le résultat et les conséquences seraient les mêmes : elle ne ferait plus partie de leur vie et ils se doivent de continuer la leur, tous les deux en réalité mais toujours à trois pour l’éternité.

Car elle sera toujours là.

Ce n’est pas pour autant qu’il pardonne ou qu’il oublie.

Vous ne lirez et ne verrez dans ce récit aucun propos haineux, rancunier, violent ou malveillant.

Juste des mots censés apaiser des maux, un traité de paix, un pansement, une trêve.

J’ai été évidemment bouleversée par cette histoire qui n’est malheureusement pas un roman, c’est l’histoire d’un destin, d’une mort, d’une vie.

Mon adolescent m’a volé le livre des mains aussitôt après que je l’ai refermé et essuyé mes larmes.

Lui aussi a besoin de comprendre, pardon et compréhension sont des termes qu’il n’arrive pas encore à entendre.

Antoine Leiris ne sait pas ce que sera demain.

La seule chose qu’il affirme avec certitude :

« Nous sommes deux, mon fils et moi, mais nous sommes plus forts que toutes les armées du monde…Il a dix-sept mois à peine, il va manger son goûter comme tous les jours, et toute sa vie ce petit garçon vous fera l’affront d’être heureux et libre. Car non, vous n’aurez pas sa haine non plus ».

Et pour cela je lui dis Bravo.

Hélène Muyal-Leiris, 35 ans, avec son fils Melvi
Hélène Muyal-Leiris, 35 ans, avec son fils Melvil

Lecture coup de coeur « Tu comprendras quand tu seras plus grande », par Virginie GRIMALDI

Sur la quatrième de couverture du livre, une promesse :

« En le refermant, on n’a qu’une envie : se délecter des petits bonheurs qu’offre la vie ».

Ce livre, je l’ai terminé il y a quelques minutes.

L’amoureux a voulu nous prendre en photo, mes yeux de panda et moi, pour immortaliser ce que refermer la dernière page a provoqué en moi.

Je l’ai menacé de mort.

Il a dit « d’accord ».

Oui, je me retrouve encore à ressembler à une vieille prostituée.

(Note à moi même : ne plus me maquiller quand je lis un billet ou un livre de Virginie GRIMALDI parce qu’à chaque fois je pleure, de rire ou d’émotion).

Tout d’abord, je tiens à dissiper tout de suite la question de la promesse : elle est tenue, bien au delà de ce que vous pouvez espérer.

Effectivement, une fois lu le dernier mot de l’épilogue et le redoutable « FIN » qu’on repoussait aussi fort qu’on le pouvait, on ressent une sorte de bouleversement émotionnel.

Personnellement, j’ai été saisie d’une schizophrénie passagère, je suis passée du sourire aux larmes pendant quelques minutes, sans que l’on puisse m’arrêter.

Je pleurais, je riais, j’ai eu l’air con, je me suis posé des questions, je me suis dit « putain qu’est-ce que c’est beau ».

J’ai clamé que j’adorerai avoir le talent de Virginie, ce talent qui fait du bien aux gens, ce talent pour décrire et nous faire ressentir de telles émotions, de fabriquer de si jolis moments, ce talent de savoir appuyer sur les bonnes touches chez nous, afin de déclencher la symphonie de sentiments.

« Il faudra quand même que je vérifie sur Google si ça fait mal quand on explose de bonheur » (chapitre 107).

Quand j’ai commencé à lire « Tu comprendras quand tu seras plus grande », je me suis demandé tout de suite comment est-ce que Virginie avait tricoté cette histoire, qui commence plutôt très mal pour Julia, jeune trentenaire psychologue, originaire de Biarritz et installée à Paris.

C’est d’abord la perte de son papa, puis de sa grand-mère « Maminou » et comme ce n’était pas assez drôle comme ça, la séparation de son petit ami Marc, qui viennent chambouler l’existence de Julia.

Perdue et en grande détresse, elle quitte la capitale sur un coup de tête, pour accepter un poste de psychologue dans une maison de retraite dans sa ville natale, « Les Tamaris », elle qui n’affectionne pas particulièrement les papys et les mamies.

Dans ma tête, je me disais, mais dans quel merdier elle s’est foutue ? Dans une maison de retraite ? Ah bah on va se marrer !

Elle a craqué Virginie cette fois-ci ?

Mais confiante, je reprenais vite la lecture.

On découvre avec Julia chaque pensionnaire de cet établissement avec vue sur l’océan.

On s’attache aux petites manies, au grincheux, au raconteur de blagues potaches, à Miss Mamie, à ces personnes âgées qui ont décidé que la vie n’était pas terminée pour autant bien qu’ils aient tous traversé de nombreuses décennies, les déboires , les joies et les peines qui vont avec.

Vous savez quoi ?

On oublie que l’on a à faire à des personnages qui sont plus proches de la fin que du début tellement ils sont vivants.

Touchants, drôles, débordant d’énergie mais également de secrets inavoués, de nombreux chemins se croisent aux Tamaris, judicieusement tracés par la plume de Virginie.

Des cœurs brisés, des personnalités écorchées, de l’amour, de la tendresse, de la bienveillance, de la résilience, des rires, des renaissances, de l’espoir, du bonheur à l’état pur, tels sont les ingrédients principaux de ce roman, de cette ode à la vie.

Julia va donner énormément à ses pensionnaires mais elle va à sa grande surprise, énormément recevoir en retour.

Aux côtés de ses très vite inséparables collègues, le sexy Greg et l’authentique Marine, l’héroïne du roman va réapprendre le sens du verbe « vivre » et apaiser peu à peu ses peines et ses démons, tutoyer de nouveau l’amour de façon très inattendue.

J’ai enfin compris à la fin du livre le titre qui a pris tous son sens, comme une évidence (grosse quantité de liquide lacrymal versé à cet instant précis, si seulement ça pouvait peser en négatif sur la balance).

Le style de Virginie est celui que je connais depuis longtemps à travers les billets de son blog Femme Sweet Femme, et que j’ai retrouvé dans son premier roman « Le premier jour du reste de ma vie », mon Love Actually à moi.

Si vous ne le connaissez pas encore, je vous invite à y aller faire un tour en vous recommandant deux choses : essuyez-vous les pieds avant d’entrer et prévoyez du temps car vous risquez d’y passer un moment.

Je ne vais pas vous chanter à nouveau mon amour pour ses mots, son humour à toute épreuve, sa capacité à vous toucher, à traiter des sujets graves et délicats.

Ah merde, je viens de le faire.

Je ne vais pas vous dire que c’est le blog qui me procure le plus de plaisir à lire, toujours si drôle, inattendu et touchant, nourri de précieux moments de vie que Virginie nous offre avec tant de justesse.

Ah merde, je viens encore de le faire.

Ce que je n’ai pas encore fait c’est vous dire que vous devez absolument lire ce deuxième roman de Virginie GRIMALDI, que j’ai eu la chance et le privilège de recevoir avant sa sortie en librairie le 4 mai prochain.

Si j’avais adoré le premier, ce deuxième bébé consacre définitivement Virginie en tant qu’auteure, généreuse, sensible, à l’humour qui pétille, tout en restant simple et agréable à lire.

J’en redemande.

J’étais triste de voir que les billets de Virginie se faisaient de plus en rares sur son blog.

Maintenant que j’ai fait connaissance avec l’objet du crime, je lui pardonne.

Virginie a ce talent de faire du bien aux gens, elle aurait tort de s’en priver, elle aurait surtout grand tort de nous en priver.

(Oui, Virginie, tu peux dormir tranquille).

Vous voulez que je vous fasse à mon tour une promesse ?`

Vous allez l’adorer et vous allez en redemander aussi, bande de gourmands !

Bon dimanche à tous, n’oubliez pas de vous délecter de chaque petit bonheur de la vie!

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« Marie d’en haut », par Agnès Ledig, un hymne au bonheur.

Alors que j’attends depuis des semaines le nouveau diamant de Virginie Grimaldi, « Tu comprendras quand tu seras plus grande », trois livres me faisaient de l’œil sur le bord du lit, à côté de la petite boule de neige marmottes et de Notre Dame de Fatima.

Je les ignorais comme cela n’est pas permis, me disant que si le facteur daignait enfin m’apporter le livre de Virginie, j’allais les oublier lâchement, comme s’ils n’avaient jamais existé, les laissant orphelins avant l’heure.

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Décidément, je suis vraiment une mauvaise mère.

Le facteur étant peut-être en grève, le mauvais œil ayant éventuellement encore frappé ou le facho de voisin ayant possiblement sévi, la boîte aux lettres demeurait toujours aussi vierge.

J’ai alors timidement cédé à l’appel de « Marie d’en haut », d’Agnès LEDIG qui fut d’ailleurs son premier roman.

J’avais lu il y a quelques temps « Juste avant le bonheur », livre qui m’avait bouleversée et qui ne laisse assurément personne indifférent.

Ce fut un de mes grands coups de cœur de ce début d’année 2016.

« Marie d’en haut » c’est l’histoire de 3 adultes brisés par une enfance difficile : Olivier, Marie et Antoine.

Marie a 30 ans, est agricultrice dans une vallée de montagne perdue et élève seule son adorable petite fille, Suzie.

Elle a une forte personnalité et un caractère bien trempé, qu’elle nous révélera joyeusement à de nombreuses reprises.

Olivier, lieutenant de gendarmerie par dépit, souffre-douleur de ses parents, recueilli finalement par la gentille voisine Madeleine, personnage torturé et désabusé, se fait muter dans la vallée des naufragés de l’amour.

Enfin Antoine, meilleur ami de Marie, victime lui aussi de la violence de ses parents, pour une raison différente que je ne peux révéler ici sans parler de l’intrigue, raison qui l’a poussé à quitter son Cantal natal et s’éloigner de sa famille qui l’empêchait d’être lui.

Un fait divers permet à ces trois personnalités blessées de nouer un curieux trio, rencontre qui va bouleverser leur vie à tout jamais.

On découvre comment et pourquoi Marie élève sa fille seule, leurs fêlures, leur fragilité mais aussi leur force à vouloir se reconstruire, l’importance de l’amour et du regard des autres, la bienveillance.

Agnès LEDIG aborde avec simplicité, justesse et humour des sujets graves et prenants, dans un style fluide et vivant.

Si aucun de ces personnages n’a été épargné par la vie, ils décident de la défier et de la vivre pleinement, bien que celle-ci les mette régulièrement à l’épreuve et on lui en veut tellement pour cela, à cette chienne de vie parfois, de na pas leur offrir un moment de répit si mérité.

Oui, parce qu’on s’y attache à ces personnages.

De mon point de vue, ce roman est une cure d’amour et de tendresse, dans lequel on arrive à voir le beau dans le moins beau, la tendresse dans la dureté, la joie dans la tristesse.

C’est un roman d’espoir, tout comme l’est « Juste avant le bonheur ».

C’est une leçon de vie, qui nous enseigne la tolérance et nous rappelle combien il est important de vivre chaque jour comme le dernier.

Je vous avouerai avoir refermé le livre le visage baigné de larmes, le mascara coulant, le fond de teint creusé de sillons me faisant ressembler à une vieille prostituée.

Je sanglotais à chaque phrase et poème en hommage à l’amour, à cette peine ressentie malgré tout dans ce sentiment de bonheur si fort et intense.

J’étais dans le roman à deux mille pour cent, j’étais copine avec Marie et Olivier, j’avais envie de venir en aide à Antoine, je me plaisais pleinement à la ferme, j’avais envie d’adopter Suzie.

Et c’est exactement ce que j’attends d’un livre.

Je ne le répéterai jamais assez, l’auteur qui arrive à me faire rire et pleurer à travers ses mots a accompli pleinement son devoir auprès de moi.

Un tourbillon d’émotions, de sentiments et de réflexions.

On ressent, je pense, le vécu personnel de l’auteure qui a su retrouver le chemin de bonheur après un épisode tragique, le décès d’un de ses enfants.

Je remercie Agnès LEDIG d’avoir su me toucher par sa justesse et son regard sur la vie, on ne nous dira jamais assez qu’il faut en être acteur et pas spectateur.

Sans vous dévoiler les nombreuses autres ficelles du roman, vous comprendrez que je vous conseille indéniablement cette lecture, ce moment de partage, ce voyage vers le cœur, cette mélodie d’amour.

Je n’ai aucun talent pour la critique littéraire, mais vous livre mon ressenti sincère.

Je vous laisse avec un extrait du livre, un échange entre Olivier et Marie, qui me parle énormément :

Tu m’aimeras toujours ?

Toujours.

Et si j’ai les seins qui tombent ?

Je les relèverai.

Et si j’ai de la peau d’orange sur les cuisses ?

Je t’éplucherai.

Et si j’oublie tout le temps où j’ai mis mes lunettes ?

Je les chercherai.

Et si j’ai un dentier ?

Je ferai tremper le mien à côté du tien.

Et si je ne peux plus marcher ?

Je te porterai.

Et si je deviens méchante ?

Je te l’interdirai.

Et si je tombe malade ?

Je te soignerai.

Et si je meurs avant toi ?

Je te survivrai.

Bonne fin de journée et n’oubliez pas de croquer la vie à pleine dent !

Déconnexion forcée et bouillons de culture : mes coups de coeur #2

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La prise,le fil, c’est cadeau…mon fils était tellement fier de cette photo que je me devais de l’utiliser ❤

Comme promis, je reviens pour vous parler de mes derniers amours littéraires, après avoir partagé ici 3 de mes déceptions successives qui m’ont presque laissée KO sur le ring.

Mais maman au BDR ou pas, on se relève, on se ressaisit et on laisse de nouveaux ses yeux caresser les mots couchés sur le papier, on tourne les pages avec entrain, et sacrilège pour certains, on les corne parfois !

Comme dans la vie, pour ses rêves et ses amours, jamais vaincu tu ne dois t’avouer !

Franck Ribéry le disait déjà, la roue tourne ! (enfin lui, il a plutôt dit la roue tourne va tourner)#minuteculture.

800 pages plus tard, me voilà de nouveau amoureuse des mots, des maux, de l’amour, de la passion, de la tristesse, de l’écriture, de l’espoir, de la vie !

Je commencerai par le roman qui m’a pris aux tripes, dont j’ai dévoré les 500 pages en 3 jours à peine, l’emmenant avec moi dans tout recoin possible et inimaginable (non, n’imagine pas trop) :

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« L’invention de nos vies », de Karine TUIL.

« Sam TAHAR, brillant avocat au barreau de New-York, semble tout avoir : la célébrité, la fortune, un beau mariage…Mais sa réussite repose sur une imposture.

Pour se fabriquer une autre identité en Amérique, il a emprunté les origines juives de son ami de jeunesse Samuel, écrivain raté qui s’enlise dans une banlieue française sous tension.

Vingt ans plus tôt, la belle Nina était restée –par pitié- au côté du plus faible. A mie-vie, ces trois comètes se rencontrent à nouveau, et c’est la déflagration…L’histoire d’un triangle amoureux qui percute avec violence la grande Histoire de notre début de siècle ».

AMOUR : ingrédient numéro un pour me tenir en haleine, ne me blâmez pas et ne croyez pas pour autant que je regarde My Litlle Poney en boucle, mais j’aime l’amour bordel !

Et dans ce roman de Karine TUIL, nous en avons à revendre,de l’amour !

L’amour d’une mère pour ses enfants, l’amour inconditionnel d’une épouse aveugle pour son envoûtant mari, l’amour passionné et interdit de deux anciens amants, l’amour platonique d’un écrivain raté pour sa belle muse.

Je ne peux vous en dire plus, l’intrigue se démultiplie au travers des différents personnages, vous réservant de multiples surprises.

Cet excellent roman vient nous poser à tous cette question sur l’identité, notre appartenance à une communauté, ce que nous sommes prêts à faire pour atteindre la réussite, le succès, la richesse.

Comment peut-on construire la vie que tout le monde nous envie, sur une imposture, sur un tissu de faux-semblants, qui nous entraîne dans la spirale infernale du mensonge ?

Une histoire passionnante et bouleversante, vous en traverserez les couloirs avec parfois des sueurs froides, haletant, tournant nerveusement chaque page mais ne pouvant pas vous en empêcher.

Ce roman est addictif, son intrigue est captivante, ce, jusqu’à la dernière ligne de l’ouvrage.

Bref, j’ai adoré !

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« Un tout petit rien », de Camille ANSEAUME

Je reviens de très loin avec Camille.

Je vous avais fait part de ma déception après la lecture de son tout nouveau roman, « Ta façon d’être au monde »

Je m’excusais presque de ne pas y avoir été sensible, de ne pas en être tombée amoureuse.

Je pensais surtout que mon manque d’attirance envers ses mots était essentiellement liée à l’univers triste inhérent à celui du deuil, de la perte d’un être cher.

C’est donc avec prudence que j’ai entamé la lecture de celui qui fut le premier roman de cette jeune écrivaine, « Un tout petit rien ».

On ne peut pas dire que le sujet soit celui qui me fasse faire des roulades de rire par son sujet, qui lui aussi, est assez grave.

Dans ce roman, Camille ANSEAUME nous raconte le choix qu’une jeune fille de 25 ans va devoir faire lorsqu’elle découvre qu’elle est enceinte.

Enceinte d’un homme avec qui elle ne partage pas grand chose à part ses nuits.

« On s’aime surtout à l’horizontal et dans le noir.(…)On n’a ni projets ni même le projet d’en avoir. Le plus gros engagement qu’on aurait pris ensemble, c’était de se dire qu’on s’appellerait en fin de semaine. C’était quand même un mardi… »

Comme vous le devinez sans doute, l’amant de ses nuits fuit en apprenant cette nouvelle.

Nous assistons alors à la venue au monde d’une maman en devenir, qui face à l’urgence de décider si elle veut garder ou non cet enfant, dresse des listes, doute, angoisse, désespère, pleure, se relève, réfléchit.

Elle n’a que 12 semaines pour se résoudre à devenir maman célibataire avec toutes les complications qui s’annoncent déjà à elles, ou au contraire, reprendre le cours normal de sa vie.

Cette aventure presque dramatique, nous la vivons avec humour, poésie et la délicatesse qui caractérise si bien l’écriture de Camille.

Ce livre se lit d’une seule traite, tant l’écriture est fluide et formidablement bien cousue.

Sa plume est vive, tout comme sur son blog, Camille va à l’essentiel, sans pathos,ce qui rend sa lecture d’autant plus facile et délicieuse.

Impossible de rester insensible à cette histoire, qui peut être l’histoire de toute jeune fille, qui aurait pu être la mienne, la vôtre.

Je suis heureuse de m’être réconciliée avec Camille, peut-être aurai-je du commencer par son premier, très réussi, roman.

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« L’essence de l’être », de Marie Kléber.

« La vie dans toute sa complexité et sa beauté. Nos vies qui se croisent, se perdent, se séparent, se transforment. On peut vivre le pire et rebondir, se réinventer, dessiner notre avenir en lettres d’or ».

Cette lecture avait, avant même que je ne la commence, une saveur particulière.

Marie est une talentueuse blogueuse dont j’admire beaucoup l’écriture, si apaisante, juste et raffinée, qui aborde tous les sujets avec un regard toujours très authentique.

J’essaie de ne manquer aucun de ses billets, et ai fini par tisser un véritable lien avec elle et ses lettres, sur la blogosphère.

Aussi, quand elle nous a fait part de son souhait de sauter le pas de la publication de ses écrits, nous avons été nombreuses à l’encourager.

Ce recueil de poésie est, je l’espère pour Marie, le premier de nombreux autres pas vers le succès.

Dès les premières lignes, j’ai ressenti qu’il y avait beaucoup de Marie et de son histoire personnelle derrière ces délicats vers, ces courtes et percutantes phrases.

Nous devinons l’histoire d’amour dévastatrice, la passion destructrice.

Des mots précis pour décrire la douleur, l’incompréhension, la peur, la rage, l’existence.

Malgré tout cela, Marie nous transmet un message d’espérance, une déclaration d’amour à la vie.

Ce livre, je l’ai lu comme l’histoire d’une renaissance, une sorte de thérapie.

Beaucoup de justesse, de douleur, de tristesse, mais toujours ce sentiment vers la lumière qui nous accompagne tout le long.

Le jour où j’ai eu la chance de rencontrer Marie, j’ai encore mieux appréhendé le sens de ce livre, de son histoire.

J’ai vu de mes propres yeux cette sensibilité, j’ai touché cette douceur, cette authenticité.

Je ne suis habituellement pas une grande lectrice de poésie et ai néanmoins lu ce livre en un souffle.

Beaucoup de ses poèmes m’ont énormément parlé, de part mon histoire personnelle, également, évidemment.

Marie a su mettre les mots sur beaucoup des miens aussi, de maux.

Vous pouvez commander le livre de Marie sur le site internet The Book Edition, en format numérique ou papier.

Je profite de ces quelques jours de vacances pour embrayer de nouveau sur une nouvelle série de lectures qui commence par « Celle que vous croyez », de Camille Laurens.

Et vous?

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Bonne semaine à tous et bonne vacances à ceux qui en sont aussi!

Déconnexion forcée et bouillons de culture : mes déceptions #1

Cela fait un moment que je ne vous parlais pas de mes lectures, non pas que j’ai arrêté de lire, bien au contraire !

Je n’ai jamais lu autant que pendant les dernières semaines.

La principale raison : la batterie de mon smartphone à la pomme verte était HS et je ne pouvais donc ni écrire mes billets pour mon blog, ni vous lire aussi assidûment que j’aime à le faire.

Je passais également moins de temps sur les réseaux sociaux et vous savez quoi, ça m’a vraiment fait du bien !

Un peu libéréée, délivrééééééée, je ne me brancherai plus jamais !

Je vous en dirai même plus, j’ai supprimé mon compte Twitter, tellement ce réseau m’angoissait à chaque fois que je voyais l’oiseau bleu me narguer. Je me sentais happée par les mauvaises nouvelles, méchancetés, futilités et autres -és !

Et puis les live tweets de The Voice, je n’en avais rien à lustrer, je le regarde en direct quoi !

Premier pas de désintoxication fait !

Je vous rassure, ce n’est absolument pas le sujet de mon billet.

Revenons à mes derniers bouillons de culture.

Si je ne vous ai pas parlé de mes dernières collations littéraires, c’est que pour la première fois de ma vie, j’ai enchaîné 3 livres de suite qui ne m’ont pas plu.

CIEL !

Vous rendez-vous compte ? Moi, l’amoureuse des mots, des histoires, des personnages hauts en couleurs, j’ai tenu 700 interminables pages sans trémousser de plaisir, sans changer de petite culotte.

Sans sourire, sans trépigner d’impatience, sans passion.

J’aime être amoureuse de mes livres !

D’autant plus que j’avais lu d’excellentes critiques, beaucoup de gens semblaient les avoir apprécier, pourquoi pas moi ?

Je me suis diagnostiquée malade sans même avoir été consulter un médecin de la littérature, comment dirait-on ? Un « littératologue » ?

Puis l’amoureux m’a dit que ce n’était pas si grave de ne pas avoir aimé un livre que la terre entière acclamait.

Et que j’avais même le droit de le dire.

Sauf que voyez-vous, je ne suis pas Léa Salamé ou Natacha Polony.

Je ne suis pas critique, d’ailleurs je déteste dire du mal (j’ai toujours l’impression que c’est gratuit alors que non, c’est évidemment un vrai métier) je préfère parler de ce que j’aime.

Je n’ai toujours partagé avec vous que mes coups de cœur.

Alors, il m’a fallu relire 3 autres livres que j’ai passionnément aimés d’amour pour être prête à vous en parler.

Je vais d’abord évoquer vaporeusement avec vous mes déceptions pour aborder par la suite mes coups de foudre from the bottom of my heart, oué.

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  • « Cet été-là », de Véronique OLMI

L’histoire se déroule un week-end du 14 juillet, dans une maison de vacances, à Countainville.

3 couples s’y retrouvent depuis toujours, un rite qu’on n’ose plus transgresser.

Mais cet été là, leur rencontre avec Dimitri, un adolescent mystérieux, va rompre cette belle harmonie en faisant planer la menace de la disparition prochaine du grand pin.

Mon avis : Je vous avouerai que j’ai attendu jusqu’à la page 250 qu’il se passe quelque chose de fort. Le livre est écrit dans un style impeccable mais trop lisse et monotone à mon goût. J’ai vraiment peiné à le finir, je ne voulais pas regarder le tableau qu’on me peignait: fragilité du couple, non-dits, vieillesse, subtilités de la vie à deux.

Je n’ai pas pris de plaisir à me balader dans cette Normandie, le temps était trop lourd et orageux pour moi.

 

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  • « Debout-Payé », de GAUZ

« Debout-Payé désigne l’ensemble des métiers où il faut rester debout pour gagner sa pitance ».

Gauz a été lui même vigile au sein de grandes enseignes et retire de son expérience la grande indifférence de notre société face au drame des immigrés.

Il nous raconte l’histoire de ces hommes arrivés d’Afrique pour trouver en France une vie meilleure.

Cette nouvelle est un véritable hommage aux familles africaines, où, de père en fils, on devient vigile à Paris.

Mais c’est aussi un ode à cette communauté, que l’on découvre avec tendresse, avec ses travers et ses inébranlables qualités humaines, chanté avec ironie et humour.

Gauz porte un regard sévère sur les relations politiques entre la France et l’Afrique, sur la place des noirs dans notre société, sur les nouveaux temples de la consommation que nous fréquentons tous.

Mon avis : notre société de consumérisme en prend plein la figure, c’est un fait, c’est tellement réaliste.

Il est vrai qu’après avoir lu ce livre, vous ne percevrez plus jamais les vigiles de la même manière.

Mais cela reste pour moi une sorte de documentaire, certes, bien ficelé, mais je n’en suis pas fan, désolée pour cela.

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  • « Ta façon d’être au monde », de Camille ANSEAUME

« Elles sont amies d’enfance. L’une est inquiète, rêveuse, introvertie ;l’autre est souriante, joyeuse, lumineuse. Ensemble, elles grandissent, découvrent la vie, l’amour. Jusqu’à ce qu’un drame bouleverse le monde qu’elles se sont bâti… ».

Mon avis :c’est probablement le livre qui m’a le plus déçue, tellement j’avais lu d’éloges à son sujet, au style de Camille que je connais pourtant très bien à travers son blog « Café de filles » (et que j’apprécie sincèrement).

Probablement que le thème du deuil est pour moi trop difficile à porter sur la longueur, sur tout un livre.

Je ressentais tout au long de la lecture un secret lourd, un drame funeste, un mystère que je n’avais finalement pas envie de percer.

J’ai fermé le livre, voulu arrêter puis recommencé mille fois.

Les mots sont légers et fins, mais tristes, si tristes.

J’ai eu un mal fou à comprendre le choix de narration pendant presque toute la moitié du livre, je trouve que cela rend la lecture difficile et par conséquent moins plaisante.

J’attendais sans vraiment y croire un moment heureux, un feu d’artifice, un arc-en-ciel.

Il n’est jamais arrivé.

Je me suis sentie soulagée lorsque j’ai tourné la dernière page.

J’ai mis quelques heures à me remettre de cet état de chagrin dans lequel le roman m’a plongée, j’en ai voulu à la narratrice.

Mais je n’ai pas dit mon dernier mot pour Camille, car si son dernier roman m’a laissée de marbre, me plonger dans son premier  » Un tout petit rien », nous a réconciliées!

Voilà, je m’apprêtais à vous parler des trois autres livres qui ont suscité en moi papillons de lumière (copyright Cindy S), impatience, extase et changement de culotte cette fois-ci, mais je me rends compte qu’il est l’heure d’aller vous coucher les amis.

Un billet différent parsemé de cœurs vous attend donc dans les jours à venir car je pense parler beaucoup mieux des choses que j’ai aimées, pas vous ?

Bonne nuit les petits !