Le parfum du bonheur est plus fort sous la pluie.

L’amoureux s’endort avec mon manuscrit entre les mains.

Je ne suis pas certaine que cela soit vraiment bon signe.

Il est une heure du matin, le silence gronde fort.

Je l’attendais depuis des mois, partout j’ai cherché le réconfort.

J’en ai essayé d’autres, mais mes nuits n’avaient jamais retrouvé un aussi bon amant.

J’ai cherché en vain à retrouver cette émotion qui vous prend aux tripes, qui dès les premiers mots prend votre corps d’assaut.

Mardi dernier, je t’ai enfin eu entre les mains.

Je t’ai touché, timidement, tu étais lourd, chargé de promesses.

Je ne t’ai pas ouvert, j’ai attendu que nous soyons seuls pour nous retrouver, je ne voulais pas te partager.

Je suis égoïste, parfois.

J’ai fait durer le plaisir pendant quatre crépuscules, l’absence avait été longue, je voulais te garder le plus longtemps possible près de moi.

Enivrés de plaisir, nous ne pouvions plus nous séparer, tu te donnais à moi, je te prenais en retour.

Hier soir, à une heure du matin, tu m’as consumée, pleinement.

Tel un orgasme qui nous dévore après une longue étreinte, tu m’as secouée de spasmes.

J’étais triste de te quitter, déjà.

Tu ne m’as pourtant pas épargnée, tu m’as laissée baigner dans une mer de larmes.

Mais tu m’as aussi fait rire, sourire, beaucoup.

Ce fut d’ailleurs de cette façon que nous avions débuté notre relation, quelques années auparavant.

Femme qui rit, à moitié dans son lit, n’est-ce pas ?

Aujourd’hui, je pense qu’il serait totalement injuste de te garder dans mes draps, uniquement pour moi.

Tu mérites de prendre ton envol, d’aller semer ici et là ton parfum et ta sensibilité qui te rendent si uniques.

Alors voilà (copyright Baptiste Beaulieu).

Tu t’appelles « Le parfum du bonheur est plus fort sous la pluie ».

Ta maman, je l’aime d’amour, comme mon amoureux, Vianney, le chocolat, la mer et l’Italie.

Elle est un peu tout ça à la fois, ta maman : de la poésie, du soleil, de la délicatesse, du bleu azur, une chanson douce, une gourmandise, un éclat de rire.

J’étais contente que l’amoureux se soit endormi hier, finalement.

Cette fois-ci, il n’aura pas pu voir mes yeux de panda, ma morve qui menaçait d’investir ma bouche.

Il aurait démissionné sur le champ de son poste de faiseur du bonheur.

Ta maman est particulièrement douée pour provoquer un éventail d’émotions, des nuances de couleurs, allant du blanc au noir, mais en passant toujours pas le vert, le rouge ou le rose.

Car oui, tout n’est pas très gai, toujours.

La force de ta maman c’est qu’elle transforme le moche en joli, je lui ai souvent dit.

L’arc en ciel finit pas se dessiner, là-bas, au loin.

Cela n’est pas donné à tout le monde.

Comment ne pas être touchée pas cette histoire qui, sur un fond de vécu personnel, on le devine grandement, trace le portrait d’une famille dont chaque membre porte des blessures souvent profondes.

J’ai d’abord détesté Ben, d’avoir abandonné Pauline, avec leur petit garçon, Jules.

Il ne l’aimait plus. Point.

Je ne savais pas qu’il y avait une virgule.

Touchée au plus profond de moi même, les premières lignes ont réveillé mon histoire personnelle.

J’ai accompagné Pauline dans sa souffrance, son incompréhension, sa douleur, sa tentative de reconquête, sa reconstruction.

Brillamment, ta maman nous fait osciller entre les souvenirs, rendant la lecture addictive.

Je comprends mieux ce que ta maman voulait nous dire, quand mardi dernier, elle nous confessait qu’il s’agissait ici de son roman le plus personnel.

La fin n’est pas celle que j’attendais.

Elle m’a surprise, m’a d’abord rendue infiniment triste.

Puis j’ai relu cette phrase, encore et encore.

«  Ce n’est pas parce que ça ne finit pas comme on le veut que ça finit mal ».

Je devrais le savoir, depuis le temps.

J’ai pardonné à Ben, quand à son tour, il nous a livré ses souvenirs.

Je l’ai compris.

C’était la virgule.

Qui peut sortir indemne d’une telle épreuve ?

Peut-on jamais vraiment cicatriser d’une blessure si profonde, d’un drame qui vous marque au fer rouge pour toute une vie ?

Virginie Grimaldi signe ici son troisième opus, petit bijou de sensibilité, humour, amour et surtout résilience.

Volontairement, je ne dévoilerai pas ici les interlignes profondes de l’histoire, qui ne se résument pas à la simple séparation de Pauline et Ben, évidemment.

Chacun d’entre vous doit la sortir de son écrin, à sa façon, avec ses propres émotions et son ressenti.

Vous y reconnaîtrez peut-être des membres de votre propre famille, avec leurs qualités, leurs défauts, leurs éraflures.

Vous aurez également des nouvelles de certains des personnages de « Tu comprendras quand tu seras plus grande », s’ils vous avaient manqué.

Je ne peux vous affirmer qu’une seule chose avec une profonde certitude : une fois que vous l’aurez entre les mains, vous souhaiterez rajouter des heures à vos jours et vos nuits car vous ne pourrez plus vous en séparer.

Le moment de refermer le livre est toujours douloureux, bien sûr.

Vous aurez peut-être aussi envie de grimper sur la dune du Pilat, de manger des huîtres, de profiter de la vie, tout simplement.

Non, Virginie, ton dernier bébé ne m’a pas déçue, ô que non, bien au contraire.

Tu fais quand même chier d’écrire aussi bien et de me transformer en femme fontaine (le robinet du haut, hein).

Je te dis bravo.

Bravo pour tout, pour ce roman, le chemin parcouru, pour ta victoire sur la vie.

Au fait, tu me dois 36 paquets de mouchoirs.

« Le parfum du bonheur est plus fort sous la pluie » sort en librairie le 3 mai prochain, aux Editions Fayard.

Ça ne sent pas enfin bon le printemps, tout ça ?

Je vous laisse, je vais changer mes draps.

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Et je me suis lancée…

Cela fait plus d’un mois que je n’ai pas remis les pieds par ici.

J’ai eu du mal à ouvrir la porte, j’ai donné un petit coup d’épaule et ai réussi à rentrer de nouveau chez moi, comme si de rien n’était.

J’avais laissé la lumière allumée et un pot de nutella dans le placard, je comprends maintenant pourquoi je recevais encore des visites.

Seulement, cela sent un peu la poussière, j’ai dû me débarrasser de deux ou trois toiles d’araignée et ouvrir grand les fenêtres.

Depuis, les poils ont poussé sous les aisselles, et je n’en dirai pas plus.

Oh oui, vous m’aviez manqué !

Depuis l’ouverture de ce blog, je ne suis jamais partie à la chasse aux lecteurs ni à la course à la notoriété.

Avec la grande gueule que l’on peut me connaître, je suis paradoxalement, bien trop pudique pour cela.

De la même façon, je ne me suis jamais fixé de rythme de publication, d’obligation.

Je l’ai dit assez souvent, je blogue par plaisir (le verbe bloguer existe vraiment dans le Larousse les gars) et chaque petit billet, plutôt grand d’ailleurs (on ne se refait pas, pipelette depuis toujours), a été écrit parce que je souhaitais partager quelque chose avec vous, de façon spontanée.

Quand j’en avais envie et de la manière dont je le souhaitais.

Ma dernière destination coup de cœur, mes péripéties avec les progénitures, avec l’amoureux, la dernière position essayée, mes coups de gueule, mes lectures adorées, les gens et les choses que j’aime.

Le 12 mars dernier, j’annonçais ici par le biais d’une simple image que j’avais enfin décidé de maigrir de concrétiser mon projet fou.

Cougar assumée, 0 ride (celles des fesses, cela ne compte pas) et 37 cheveux blancs plus tard, je mets à exécution le rêve que je nourris depuis le collège, où pendant les cours de français, mes professeurs lisaient toujours à haute voix mes rédactions aux autres élèves.

Je rougissais, étais traitée de faillote par les copains mais, je m’en foutais.

Secrètement, j’étais fière d’entendre mes mots revivre dans la voix d’une autre personne.

Ecrire, j’ai toujours rêvé d’écrire.

Essayer de concrétiser ses rêves, n’est-ce pas là une jolie façon de colorier la vie ?

Je rêvais d’apparaître dans les pages du magazine ELLE que je piquais à ma mère.

Pas pour les crèmes minceur, photoshop n’existait pas encore à l’époque.

Pas pour les pubs de shampoings capables de faire apparaitre des paillettes dans les cheveux, ma crinière étant indomptable, naturellement.

Il n’y avait plus de place non plus dans la rubrique mode, Cindy, Linda et Naomi avaient pris la mienne.

Non, moi, je rêvais d’être dans le petit encart « Lectures coup de cœur ».

Celui-là même que je prenais tant de plaisir à découvrir pour ensuite courir à la Fnac des Ternes.

Parfois c’était bien, d’autres un peu moins.

Mais je trouvais ça tellement classe d’être dans les pages du magazine féminin par excellence, ELLE…même 5 petites lignes.

C’est également pour cette raison que je suis si heureuse et fière de voir certaines personnes dont j’ai toujours apprécié les écrits, réussir aujourd’hui et concrétiser également leur rêve.

Evidemment, ces personnes possèdent à mes yeux trois pré-requis qui les ont aidées à mener leur projet :

  • Du talent à en revendre, c’est indéniable. Le talent de bien écrire mais aussi et surtout à mon sens, de raconter jôôôôôli come on dit. Transmettre des émotions, faire rire et pleurer, toucher les autres avec les mots soigneusement choisis pour appuyer là où il le faut, c’est pour moi la plus grande réussite d’un écrivain et je ne les remercie jamais assez quand cela arrive, c’est une sensation unique (coucou Agnès Ledig, Virginie Grimaldi, Olivier Bourdeaut, Nina Bouraoui, Gabriel Garcia Marquez)
  • Le courage d’avoir osé se lancer, car il en faut, je le sais, cela fait des années qu’il joue à cache-cache avec moi, ce con.
  • La force ; travailler, recommencer, écrire, relire, tout barrer, recommencer, continuer. Ne pas renoncer.

Aujourd’hui, je peux affirmer sans prétention que je possède énormément de talent que j’ai validé deux de ces pré-requis.

Tout d’abord, je me suis lancée, ce qui n’a pas été chose évidente.

Se réveiller un jour et se dire avec le premier pipi de la journée (il faut rentabiliser chaque moment inutile) que ça y est, aujourd’hui, on y va, on pose le premier mot sur word et peut-être même le deuxième, n’est pas chose facile.

Se convaincre qu’on a peut-être quelque chose à raconter, qui vous touchera vous là, et peut être vous aussi, là-bas.

La confiance en moi n’a jamais été ma qualité première, des incidents de parcours l’ont encore plus amoindrie.

Mais la vie est tout de même bien faite car quand chaque chose a retrouvé sa juste place et que vous êtes prêts, les bonnes personnes viennent vous insuffler ce brin de folie qui vous manquait.

Depuis quelques années j’ai donc croisé le chemin de petits fous qui m’encouragent à me lancer (l’un d’entre eux dort même dans mon lit, impossible de m’en débarrasser).

Je les ai écoutés, et leur ai diagnostiqué un degré avancé de démence.

Le problème c’est qu’ils étaient plusieurs à être prodigieusement siphonnés du neurone.

J’ai eu le courage de lancer mon blog fin 2014, pour me sortir de cette torpeur qui me hantait et me paralysait.

Petit à petit, l’idée d’écrire quelque chose de plus grand (pardon, je ne sais pas si je suis légitime pour écrire livre) venait me titiller le téton gauche et l’oreille droite, je l’ai calmée avec de la crème anti-mycose.

Cela n’a marché qu’un temps.

Plus le temps passait et plus je m’entourais de gens azimutés qui me poussaient vers le bord du précipice.

Aucune crème ni aucun antihistaminique n’ont réussi à calmer cette envie depuis.

Je me suis penchée au bord du précipice, Ludo Dieu seul sait combien cela a été difficile avec mon vertige vieillissant.

Oui, je suis cette fille qui a le vertige en haut des escaliers du métro et qui bloque tout le monde.

J’ai alors pu voir une longue échelle avec des milliers de marches qui n’en finissent pas, peut-être faute à ma vue vieillissante, elle aussi.

Mais cela signifie donc qu’il y a des petites marches que je peux descendre, une par une, tout doucement, « envie de changer d’atmosphère, d’altitude » (si tu as connu la chanteuse Bibi, la chanson dans la tête, c’est cadeau).

Alors, je me suis lancée.

Mais le talent, il est où ?

Vianney m’a répondu « Pas là », « Mais t’es pas là ».

Ok, je sors.

Surtout que j’aime Vianney d’amour. Après l’amoureux, bien sûr.

Je ne sais pas s’il est là, le talent, mais si je ne me jette pas à l’eau, comment le saurai-je ?

Et puis j’étais bien la reine des plats à la piscine, je suis déjà allée chez le médecin avec du scotch sur les tétons (qu’il a vu, bien sûr, sinon ça n’aurait pas été drôle) et ai descendu l’avenue des Champs-Elysées avec une fesse à l’air après avoir laissé ma jupe coincée dans mon collant.

Alors, pourrai-je subir une plus grande honte ?

Au jour d’aujourd’hui, j’ai écrit 60 pages.

J’ai rayé, raturé, pris des notes sur le carnet rose donné par l’amoureux (toujours aux toilettes), effacé des pages, donné des noms aux chapitres puis tout modifié.

J’ai laissé quelques lignes en suspens car trop douloureuses.

Sur 7 chapitres écrits, je pense avoir parlé de joie, de tristesse, de sexe, de douleur, de peine, d’amitié, d’amour, de remise en question, de famille et beaucoup d’autres choses.

Mais l’ai-je bien fait ?

Arriverai-je à parler du sentiment de résilience ?

J’essaie de ne pas laisser ce sentiment de doute et d’incertitudes me terrasser, j’écris sans trop réfléchir, je laisse mes souvenirs et mes pensées prendre la plume.

Je consacre chaque minute libre à l’écriture depuis le 12 mars.

Je ne déjeune plus avec mes copines le midi, je ne lis plus de blogs, je ne m’autorise plus à écrire sur le mien, je ne passe pratiquement plus de temps sur le web.

J’essaie de rattraper le temps volé par ces démons qui m’ont tant habitée.

Le reste du temps, je lis ou relis des auteurs que j’aime passionnément et ai envie de tout arrêter car il ne faut pas déconner, je n’ai pas leur talent.

Mais je persiste et me nourris de leurs sentences.

Comme disait Henri Matisse, « La créativité demande du courage« .

Alors, je n’arriverai peut-être jamais à faire quoi que ce soit de mes mots, je n’apparaîtrai jamais dans les rubriques coups de cœur de ELLE, mais je l’aurai fait.

Et puis je crois que j’ai une chance pour les crèmes antirides spéciale cougars, à défaut d’autre chose.

Mes maux auront enfin valu la peine d’être vécus, je leur aurai donné un sens, j’aurai peut-être refermé une page de mon histoire.

Je vous laisse car je dois aller chez le médecin, je pense m’être démis l’épaule en poussant la porte.

Mais je laisse la lumière, hein ? Et quelques gourmandises aussi.

J’essaierai de repasser de temps en temps.

Bonne soirée à vous et merci pour tous les petits messages d’encouragement reçus ici et là-bas (Là-bas, tout est neuf et tout est sauvage Libre continent sans grillage, Ici, nos rêves sont étroits ….la troisième chanson dans la tête c’est encore cadeau).

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Etre femme, le combat de tous les jours

C’est fou ce qu’on a pu voir passer hier comme articles ou déclarations, comme statuts sur les réseaux sociaux,  parce que nous célébrions dans le monde entier la journée internationale des droits de la femme.

Enfin, célébrions, est un bien grand mot.

On inonde la toile de déclarations féministes, on trace, tout comme le 8 mars de l’année dernière, le constat affligeant de la disparité entre les hommes et les femmes, les violences et les inégalités, les moins farouches défileront seins nus en criant « GIRL POWER » et puis, on sera le 9 mars et on aura oublié toute cette symphonie rose et fleurie.

Voilà.

Aujourd’hui, tout est oublié et la défaite du PSG  face au FC BARCELONE aura pris le dessus et ça oui, ça restera dans l’histoire, les gars.

Ça nous fait une superbe jambe poilue de célébrer les droits de la femme une journée dans l’année, quand, le lendemain tu te fais traiter de chaudasse parce que tu portes une robe moulante et tu n’y peux rien, tu as un corps de déesse.

Les droits de la femme acquis, ôtés, retirés, violés, bafoués, reconquis, est un sujet tellement vaste que tout comme la question de l’épilation intégrale, on peut en faire une thèse.

J’ai peut-être l’air de prendre ce sujet à la légère, mais non, Messi (seuls les adeptes de foot peuvent comprendre cette blague carambar).

Mais évidemment que non, et si j’en viens à écrire sur le sujet c’est que je suis encore, tous les jours consternée par l’inéluctable besoin de devoir se battre pour exister en tant que femme.

Parfois, j’ai envie de remplacer « exister » par « survivre », car c’est le cas pour beaucoup trop d’entre nous.

Mon chemin vient récemment de recroiser la route d’une femme que j’ai connu il y a quelques années, qui vit actuellement en apnée, entre parenthèses, meurtrie, son corps entier n’est que douleur, ses pensées ne sont plus qu’en noir et blanc, ses rêves inexistants.

Je ne vous parle pourtant pas de violence conjugale, de coups, de blessures physiques.

J’aimerai vous parler de violences psychologiques, harcèlement, abandon, désamour, irrespect, soumission, humiliation.

Forcément, son histoire me touche bien là où cela a fait mal il y a quelques années, quand moi aussi, je me réveillais avec des couteaux dans le ventre, engloutie sous une montagne de peine, qui me paraissait infranchissable.

Après une histoire d’amour, sans trop de pierres sur le chemin, un test de grossesse est venu bouleverser ce quotidien et un avenir qui se dessinait plutôt en couleurs.

9 longs mois pendant lesquels Agnès a vu son corps se transformer, ses hormones lui dicter ses humeurs, ses réveils, ses nuits, bref, sa vie.

Et cela n’a pas plu.

9 longs mois à subir des remarques sur son poids, sa poitrine excessive qui lui a valu la distinction honorable de « vache laitière de l’année », sa fatigue inexplicable, ses nausées trop fréquentes, son manque d’envie de se faire culbuter à 4 heures du matin, jupe retroussée, sur le canapé usé.

Son compagnon a cessé de la voir comme une femme, la femme qu’il aimait.

Agnès s’est transformée en une enveloppe porteuse, un organisme charnel dont la morphologie ne lui appartenait plus mais qui se devait de rester la même à toute épreuve.

Son manque de libido s’est vu punir de propos et menaces élégantes telles que « tu vas m’obliger aller voir une pute », « tu ne m’en voudras pas de ramener une copine à la maison », « heureusement que les actrices des films X ne tombent jamais enceinte, elles », « regarde-toi, tu pourrais faire des efforts quand même ».

Agnès s’en est voulu pendant toute sa grossesse…elle ne savait même plus pourquoi.

Elle culpabilisait d’être tombée enceinte, de ne pas avoir avorté, d’avoir envie de ce bébé, de vouloir s’en défaire, de ne pas se sentir prête à l’accueillir, de ne plus rentrer dans ses slims, de ne pas ressentir la fibre maternelle.

Elle regardait avec envie les couples se promener main dans la main, dans la rue, le ventre de l’homme caresser amoureusement le ventre arrondi de la femme.

Mais ce n’était pas pour elle.

Chaque jour, elle se réveillait en disant que ça allait mieux, elle a attendu la première échographie, la deuxième, ses rendez-vous chez la sage-femme, seule.

Elle ne lui a même pas annoncé que c’était un petit garçon, il ne lui a pas demandé.

Ses sorties à elle, ne se faisaient désormais plus qu’en solo, le couple n’en était plus un, ils allaient devenir trois, mais elle n’était plus qu’une.

Aujourd’hui, Agnès est seule, élève seule ce petit garçon.

Son compagnon s’est peu à peu éloigné d’elle pour complètement l’abandonner à la naissance du bébé.

Brisée par la douleur et cette séparation pour laquelle elle n’a pas été consultée, elle fait face à la vie après l’avoir donnée.

Les messages d’insultes ou de menaces font encore partie de son quotidien, car cela n’était pas suffisant pour l’autre, il fallait continuer à la ruer de coups même si Agnès se trouvait déjà à terre, baignant dans ses larmes et sa peine.

Tout est bien entendu de sa faute, elle a trop changé, il n’était pas préparé.

Cela me donne envie de vomir, oui, comme si j’étais enceinte.

Autant de lâcheté et de mépris réunis, c’est un candidat à la légion d’honneur, toutes mes félicitations.

Evidemment que ce que je veux surtout dire à Agnès aujourd’hui et demain, et pendants tous les longs mois à venir c’est qu’elle va y arriver, bien qu’elle ne l’imagine pas un seul instant.

Le chemin va être long mais elle aussi va avoir le droit à sa part de bonheur, à un avenir insouciant et léger, plus pigmenté.

Parce que oui c’est un droit d’être heureuse et épanouie en tant que femme et maman.

Que cet homme n’était pas celui avec qui elle allait de toute façon poursuivre ce chemin.

Et si pour une fois je peux servir d’exemple, je veux bien être la démonstration vivante de la femme qui a réussi à renaître des cendres, cendres qui m’ont semblé chaudes pendant trop longtemps.

Aucun homme n’a le droit de nous maltraiter, nous humilier ou nous mépriser de la sorte.

Aucun homme ne le mérite non plus d’ailleurs, ceci dit en passant.

Alors c’est bien joli toutes ces émulations de part et d’autre pendant un jour de l’année, on ne le dira jamais assez, les femmes méritent d’être femmes et d’être traitées en tant que telles EVERY FUCKING DAY.

Voilà.

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A mon bébé sumo à la clavicule cassée

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Un doudou oublié, les chaussons rangés, le calme retrouvé, la porte de la chambre refermée, mais pas la sérénité.

Une nouvelle semaine qui commence chez papa, où tu vas cocher les jours sur le calendrier posé au dessus de ton lit, afin de compter les dodos qui te séparent des câlins de maman, de ses fajitas et des meilleures pâtes à la carbonara de l’univers, comme tu le dis.

Pourtant tu te plains souvent que chez maman on se couche trop tôt, on a trop de règles « énervantes ».

Tu m’as dit hier que tu préférerais que je retourne vivre avec ton papa.

Je te réponds que tu étais pourtant trop petit lorsque nous avons décidé de ne plus nous aimer, que tu as connu la valse des sacs à dos très tôt, que tu n’as peut-être pas eu le temps de garder des images de nous dans ta petite tête de bébé joufflu.

Et que c’est peut-être mieux ainsi.

Tu me susurres que tu t’en fiches, même si on se n’aime plus, ce serait le seul moyen de me voir plus souvent, car, après tout, ce n’est pas juste que ce soit ton frère qui profite de moi tous les jours et pas toi.

Toi qui es un petit bonhomme si dur et si fort de caractère, du haut de tes presque huit ans, tu oses enfin me demander pourquoi est-ce que l’on s’est séparé.

Toi, qui sais si bien faire la part des choses et qui semble profiter pleinement de ton papa et de ta maman séparément, tu poses enfin des mots sur ce qui apparaissait si naturel depuis toujours.

Comment mettre à mon tour des mots sur ce qui s’est passé ?

Je ne pourrai jamais te l’expliquer.

Je me dois de te préserver.

Distinguer mon rôle de maman et de femme et faire ainsi la part des choses, n’a pas toujours été facile.

Lors de ce tremblement de terre, j’aurai voulu t’arracher de ton père et faire en sorte qu’il ne te voit plus jamais, pour qu’il mesure les conséquences de ses actes et qu’il souffre, à son tour.

Je mesure la dureté de mes propos.

Cela n’aurait évidemment pas été intelligent, tu aurais probablement été celui qui en aurait finalement pâtit le plus, plus tard.

Mais fait-on preuve d’intelligence quand on est submergé par la peine et terrassé par la douleur ?

Il faut croire que oui, que l’on va puiser quelque part cette lumière de lucidité et c’est ce que j’ai choisi pour toi, alors que d’autres s’évertuent à faire la guerre, moi, j’ai déposé les armes.

Si tu avais vu « Kramer contre Kramer », tu comprendrais…

Pour l’instant nos échanges cinéphiles se limitent aux Disney.

Cela ne signifie pas que je n’ai pas décidé de me battre pour toi, bien au contraire.

Cette peur que tu m’en veuilles un jour me réveille parfois.

Je comprends mieux ton agressivité et ton hostilité à l’égard de l’image de la famille recomposée parfaite que nous véhiculons, tes paroles souvent rudes, tes regards et gestes qui peuvent être blessants.

Peut-être penses-tu au plus profond de toi que je ne t’ai jamais assez aimé pour te garder toujours auprès de moi.

Ta peine fait finalement surface, nous qui pensions avoir réussi à la noyer au milieu de l’océan de nos propres pleurs.

Il faudrait peut être que tu saches pour comprendre, toutes ces choses que je m’interdis de te dire.

La seule réponse que je puisse t’apporter est l’amour, l’amour A2, A3, A4, A5, l’amour sous tous ses formats, de toutes les couleurs, celui qui empêchera nos cœurs de s’assécher, de devenir aigris et vivre dans le passé.

Parce que le présent est aujourd’hui en quadrichromie et que c’est ainsi que nous souhaitons que tu vois l’avenir, la vie, l’amour, le monde.

Je me dois de t’écrire ces mots si un jour tu te mettais en quête de réponses.

Le fait que j’aime un autre que toi, ton frère ou ton papa, n’enlève rien à tout l’amour que mon cœur de maman ressent pour toi, bien au contraire.

Et que même si ce n’est pas le parfum de mon cou que tu respires les soirs où tu es avec papa, lorsque tu vas te coucher, je m’efforce de t’envoyer par bluetooth, toi qui es déjà si familier avec les nouvelles technologies, toutes les notes de senteurs qui sont uniquement les nôtres, à toi et moi, depuis que tu es apparu dans ma vie, cette journée ensoleillée d’avril, avec ta tête de sumo et ta clavicule cassée.

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P-S : Oui, je sais, ce n’est pas avec ce titre que je vais améliorer le référencement de mon blog sur Google…mais est-ce le but?

Le roman qui m’a dévorée : « Danser au bord de l’abîme », de Grégoire DELACOURT

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Il y a quelques jours de cela, sur la ligne 7, station Opéra, je tournais la page 364 qui marquait la fin du dernier roman de Grégoire Delacourt « Danser au bord de l’abîme », yeux de panda et goutte au nez (oui, encore).

J’ai dévoré ce livre ou plutôt devrai-je dire que ce livre m’a dévorée.

Impossible de ne pas établir un lien avec son vécu, ses ressentis, ses douleurs, ses peurs, ses propres abîmes.

On ne ressort pas indemne de ce livre.

Un élément vous surprend d’entrée de jeu, le parallèle avec « La Chèvre de Monsieur Seguin », nouvelle à travers laquelle Alphonse Daudet, tente d’alerter son ami poète Pierre Gringoire sur les dangers d’une trop grande soif de liberté:

 « Tu verras ce que l’on gagne à vouloir être libre ».

Ce parallèle deviendra d’ailleurs le fil conducteur de ce roman « virtuose » dont l’on devine au fil des pages, la part d’autobiographie.

Cette question me taraude encore aujourd’hui : serai-je capable de tout quitter, pour un inconnu, aperçu une fois, en abandonnant tout ce que j’ai aimé, tout ce que j’ai construit, au risque de tout balayer sur mon passage et de créer un véritable tsunami autour de moi?

J’aime à croire que non.

Serai-je capable de lâcher tout et tous pour succomber à mon désir ?

Est-ce que cela pourrait m’arriver, à moi ? Est-ce que cela pourrait vous arriver, à vous ?

C’est très déstabilisant de s’interroger sur la puissance du désir et, par conséquent, de notre fragilité.

Si vous ne le savez pas déjà, Grégoire Delacourt parle très bien des femmes, il semble avoir fouillé le moindre recoin de nos pensées, ce qui est également très troublant.

C’est d’ailleurs la plume d’une femme que l’on lit, sans équivoque.

Emma, protagoniste du roman, nous livre au travers de ses flash-backs, sa quête de liberté, l’écoute de son désir absolu.

Emma vit jusqu’ici une existence paisible, une belle maison, un mari avec une bonne situation, 3 enfants, what else ?

Mais il lui manque le principal, Georges : l’amour brûlant, celui qui met le feu à vos entrailles, celui qui possède votre âme et vos pensées, la folie qui peut tout faire basculer, celle là même qui vous fait sauter sans parachute:

« Je me vidais de moi-même. Je m’essoufflais à ne pas m’envoler. Je pâlissais, et Olivier parfois s’inquiétait – il parlait alors de quelques jours ailleurs, l’Espagne, l’Italie, les lacs, comme si leur profondeur allait engloutir ma mélancolie. Mais nous ne partions pas, parce qu’il y avait les enfants, parce qu’il y avait la concession, et parce que j’avais fini par mettre toutes mes frustrations dans ma poche, un mouchoir par-dessus, comme me l’avait enseigné ma mère. »

Puis, un jour, à la brasserie André, située dans le vieux Lille, Emma va accepter le regard nouveau d’un inconnu sur elle, va se laisser troubler par une serviette blanche qui essuie délicatement une bouche d’homme, celle d’Alexandre.

Alors qu’ils n’ont pas échangé un seul mot, cette femme mariée et mère de 3 enfants, va succomber au séisme provoqué par ce désir brûlant qui l’habitera désormais chaque jour.

Folle amoureuse, Emma se trouve belle, se surprend à danser dans la rue, Emma fond littéralement de passion.
Alors, je ne peux m’empêcher de penser à cette phrase de Paolo COELHO :

« Si vous pensez que l’aventure est dangereuse, essayez la routine, elle est mortelle ».

Est-ce que vous n’avez pas l’impression, vous, parfois que la routine grignote doucement et cruellement votre existence ?

Si ce livre m’a dévorée, je ne saurai vous dire avec certitude si je l’ai aimé.

Le sentiment qui m’a habitée à la fin de la lecture a été indéniablement la tristesse.

Et pourtant, l’écriture du grand maître des mots et des émotions Grégoire DELACOURT est belle, incisive, élégante, délicate, lui qui parle si bien de nous, les femmes.

L’intrigue qui se suit après cette fatale rencontre à la brasserie est des plus inattendues et ne peut en aucun cas être découverte d’un seul centimètre.

Une véritable gifle m’a été infligée à la fin du premier chapitre, de celles qui marquent votre joue d’un rouge écarlate pendant de longues minutes, qui m’a presque laissée fébrile.

Les larmes m’ont sacrément secouée, appelez moi pleurnicheuse si vous le voulez, je vous mets au défi de ne pas être bouleversé si vous entreprenez de danser au bord de l’abîme avec Emma.

C’est un roman sur l’amour, évidemment, mais surtout sur la fragilité de nos existences, les choix de vie que l’on décide de faire ou ne pas faire, leurs conséquences, notre soif de liberté, la puissance du désir, mais aussi sur la maladie et la mort.

La mélodie du sublime opéra « Madame Butterfly » accompagnera avec grande mélancolie certains passages du livre.

Alors, depuis, je ne laisse plus aucun homme croiser mon regard et je ne rentre plus dans les brasseries.

Je vous laisse avec un extrait du roman, qui est le seul message que je souhaite conserver de cette lecture chargée d’émotions :

« Le présent est la seule certitude, la seule île possible dans le vide.
C’est là que nous devons tous vivre. » Signature

P-S : Ne t’inquiète pas. Je déteste les brasseries.

Le voyeurisme contemporain

« Le voyeurisme est un terme à connotation morale, qui décrit un comportement ou une tendance « voyeuriste », c’est-à-dire basé sur l’attirance à observer l’intimité ou la nudité d’une personne ou d’un groupe de personnes dans des conditions particulières en cherchant à y éprouver une jouissance et/ou une excitation (délectation voyeuriste). Les pratiques voyeuristes peuvent prendre plusieurs formes, mais leur caractéristique principale est que le voyeur n’interagit pas directement avec son sujet, celui-ci ignorant souvent qu’il est observé », voici la définition de voyeurisme selon Wikipédia, ne me remerciez pas.

Ça commence bien me direz-vous.

Vous aurez certainement remarqué, qu’avec l’apparition des réseaux sociaux et de leur présence indéniable dans notre quotidien, une nouvelle forme de voyeurisme est née.

Si ces derniers ont ouvert la porte aux partages et à la diffusion massive d’informations, les dérives se sont empressées de leur emboîter le pas, comme pour nous rappeler les contes de fées de notre enfance, le bien versus le mal.

La dernière dérive en France, impossible d’être passé à côté, est la polémique générée par le malheureux tweet de cette jeune fille qui s’est empressée de partager avec la planète entière le texto reçu de la part d’un technicien Orange ; je ne reviendrai pas dessus car tout le monde l’a fait, il ne manque plus que l’avis de Benoît XVI et d’ Eve Angelie.

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Si nous ne nous dénudons pas tous sur Instagram et Facebook, quoi que je trouve que de plus en plus de personnes le font (WTF), et ne sommes donc pas victimes de « voyeurisme » au sens premier du terme, nous sommes tout de même tous observés mais aussi tous observateurs, n’est-ce pas ?

Et plus que jamais sur la toile, la définition de voyeurisme prend tout son sens : « leur caractéristique principale est que le voyeur n’interagit pas directement avec son sujet, celui-ci ignorant souvent qu’il est observé ».

Vous le savez, vous quand est-ce que quelqu’un est en train de compter vos capitons ou vérifier si vos deux seins sont à la même hauteur sur la dernière photo de vos vacances ?

NON….mais vous savez qu’il y a des gens qui le font.

Et je ne suis pas une victime, vous n’êtes pas des victimes, puisqu’en décidant volontairement de poster des moments, images, pensées de notre vie personnelle et parfois intime, nous savons que nous sommes exposés à un regard, une critique, un jugement mais aussi à un élan de sympathie, de compassion, d’amitié, d’enthousiasme, de partage (c’est plutôt pour cette partie là qu’on est là en général).

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Nous sommes responsables de l’image que nous véhiculons volontairement, quand elle n’est pas détournée à mauvais escient, évidemment.

Je suis moi-même assez présente sur Facebook et Instagram, ayant déserté Twitter car je juge ce réseau complètement inutile et redondant (sans parler du contenu souvent trop trash), et ne comprenant non plus pas le phénomène Snapchat avec lequel j’ai encore plus de mal, mais ça, ça doit être la maturité qui arrive.

Ce que j’ai pu observer dernièrement, c’est ce voyeurisme passif, qui me gêne plus que les personnes qui peuvent laisser des commentaires désagréables, par exemple.

Je veux parler des gens qui sont « amis » avec vous sur les différents sociaux et qui n’interagissent jamais avec qui que ce soit.

Parfois je me dis qu’ils ont créé un compte pour être dans le moove mais n’y passent pas leur vie comme moi et c’est tout à leur honneur (d’avoir une vraie vie).

Cependant, je note qu’ils sont toujours au courant de ce que vous avez fait, dit ou pensé (puisque vous l’avez partagé) et vous feront même allusion à l’air complètement bourré que vous aviez sur la photo prise à l’anniversaire de Peggy (non, pas la cochonne !).

Ce sont ces mêmes personnes qui disent ne jamais être présents sur ces conneries de réseaux sociaux, c’est pas leur genre de raconter leur vie à tout le monde, c’est tellement puéril et inutile.

Je ne condamne en aucun cas cette attitude (l’amoureux en serait d’ailleurs plutôt adepte mais ne me bridant pas du tout dans la mienne, d’attitude puérile) mais je me pose une question.

Si tu ne veux pas être observé, pourquoi observes-tu les autres ?

Pourquoi te connectes-tu à Facebook ou que sais-je, 130 fois par jour, pourquoi cliques-tu sur les photos, les agrandis-tu pour rire de la première ride ici ou du vernis écaillé là-bas, lis-tu les commentaires des autres si cela ne t’intéresse pas ?

Je vous assure, c’est un phénomène que j’observe beaucoup autour de moi, cette pseudo bobo attitude du « moi, j’ai une vie ».

Pas vous?

Moi aussi, j’ai une vie, certains jours j’ai même l’impression d’en avoir trois !

La partager n’est pas ma priorité mais pouvoir le faire avec des personnes que j’apprécie et avec qui je pourrai échanger sur la pose du stérilet, notre dernier coup de cœur voyage, le dernier livre qui m’a fait vibrer,et tiens, en parlant de vibrer…STOP. Envoie-moi un message privé si tu veux que je continue…pseudo bobo nous lit peut-être en cachette.

J’aimerai évidemment pouvoir le faire IRL avec tous ces gens que j’aime mais qui sont aux 4 coins de la France, du monde, de l’univers ou parfois à 10 minutes de chez moi (oui je sais que tu t’es reconnu) mais notre routine infernale complique ces rencontres et ces échanges.

Il est tellement difficile aujourd’hui de faire rentrer toutes les cases dans son emploi du temps.

(boulot- ami – chéri- famille- enfants- collègues-amant).

C’est donc pour moi une façon d’entretenir ce lien qui nous unit en quelque sorte.

Alors, toi et toi, que cela ne captive pas, arrête d’observer sournoisement derrière ton écran, ce qui te semble si inintéressant (la rime c’est cadeau).

Bonne soirée à tous et surtout à mes lecteurs voyeuristes !

Signature

, râleuse

Les grands voyageurs que nous sommes… (!)

Cadix - Septembre 2016
Cadix – Septembre 2016

« Mais vous êtes toujours en vadrouille ! »

« Vous bossez des fois ?»

« Mais comment vous vous débrouillez pour partir toujours en week-end ici et làbas » ?

Voilà le genre de réflexion épicée que nous nous prenons régulièrement en pleine face (parfois de dos), avec l’amoureux.

Amis, famille, collègues de travail ou co-locataires de bureau, tous y vont de leur commentaire quelque peu grinçant.

Au départ, cela me faisait sourire, et je répondais allègrement à chacun de ces commentaires, qui, à mon sens, ne présentaient aucune méchanceté (et je le pense toujours).

Puis en ce début d’année, je discutais avec quelqu’un de mon entourage qui énumérait tous les endroits où nous avions été dernièrement en me faisant remarquer avec une certaine poésie, que nous étions des enfoirés de chanceux.

Oui, je le sais…nous avons beaucoup de chance, évidemment, nous le reconnaissons et essayons de nous le remémorer autant que possible dans les périodes les plus compliquées (en fait, on se le rappelle du lundi au jeudi, à 06 :50, dès que le réveil sonne).

Mais, tout de même, j’aimerai éclaircir un peu la chose.

La chance se cherche, se titille (j’adore ce mot débile), il faut arrêter de croire que tout tombe du ciel, les enfants (l’amoureux ne m’est pas tombé du ciel non plus, je l’ai cherché !).

Tout d’abord, nous travaillons tous les deux, et on ne peut pas dire que ce soit l’amour à la plage (mes yeux dans tes yeux, baisers et coquillages, tchatchatcha) tous les jours !

Sauf que nous refusons catégoriquement de faire partie de ces gens qui se plaignent constamment que leur vie est métro-boulot-dodo depuis des années.

Ça l’est pour nous aussi parfois, je vous rassure, après tout, la frénésie de la vie parisienne nous affecte également, nous ne sommes pas intouchables, si seulement, si.

Mais nous ne laissons jamais ce passage sous le tunnel durer trop longtemps, au risque de mettre en péril tout ce qui fait notre bonheur aujourd’hui !

Alors, oui, nous estimons que nous avons le droit de nous octroyer ces phases spatio-temporelles, qui contribuent à notre équilibre et à la préservation de notre vie de couple et de famille.

Nous nous organisons toujours en conséquence, et prévoyons souvent quelques mois à l’avance…cela nous permet de réaliser de sacrées économies, croyez-moi (l’amoureux est champion du monde de l’organisation).

Et si nous y arrivons, nous mettons peut-être certaines choses en pointillés, voire parfois entre parenthèses.

Par exemple, depuis que nous avons acheté notre appartement en juin 2015, nous n’avons pas réalisé la moitié des travaux planifiés.

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Vous croyez vraiment que je suis faite pour les travaux?
Beaucoup de choses restent à faire pour que cela devienne le petit nid douillet de rêve, néanmoins, nous sommes désormais dans une période de notre vie où nous appliquons une logique non mathématique.

Nos précédentes relations et expériences nous auront appris cela.

Nous écoutons plus notre cœur et notre besoin d’être ensemble et préférons par conséquent, et encore une fois (combien de fois devrai-je le répéter ?), vivre des moments à deux, en famille, des moments qui resteront là pour TOUJOURS.

A quoi me servirait d’avoir la salle de bains de Maisons et Objets, ma cuisine où je pourrai me travestir en Bree Van Der Kamp si pendant tout ce temps, je ne peux m’offrir des moments d’escapade et de liberté pour justement fuir le métro-boulot-dodo ?

Chacun a sa manière de voir les choses, de concevoir sa vie et surtout, chacun ses priorités.

Les travaux se feront petit à petit, ce n’est pas cette demeure qui est en péril.

Notre vie de famille recomposée est de plus déjà assez compliquée pour que nous ne sachions lâcher prise.

Je ferai également remarquer que si nous faisons plusieurs escapades au cours de l’année, nous ne partons pas non plus à l’autre bout de la planète ou dans les endroits les plus exotiques qui existent.

Certains choisissent de faire un très beau voyage, loin, onéreux une fois par an, nous, nous privilégions de courtes escapades, mais plus régulières.

Nous ne passons pas non plus nos soirées au restaurant ou à boire des bières, et à Paris, cela peut rapidement être un sacré budget.

Ce budget que certains allouent à leurs sorties régulières, nous préférons le mettre dans notre cochon (tirelire, les gars) et nous envoyer en l’air !

Mettez l’argent de 2 restaurants en semaine et 2 pubs (qui en plus de vous faire pousser la brioche, vous videront le porte-monnaie) et vous pourrez partir en week-end !

Nous faisons également très attention à nos budgets voyage, en réservant les vols assez tôt (Skyscanner est devenu notre meilleur ami) et prenons la plupart du temps des appartements sur Airbnb.

Je me sens si coupable en écrivant cela, car je dois bien avouer quelque chose les gars, c’est que c’est la plupart du temps l’amoureux qui passe son temps à trouver les meilleures offres…mais il a évidemment tout mon soutien moral, pendant que je fais la vaisselle !

A l’heure qu’il est, par exemple, il a déjà réservé les vacances pour cet été…avec mon accord, of course !

Cyclades -Juillet 2015
Cyclades -Juillet 2015
Organisation, quelques sacrifices, une revue de nos priorités et surtout l’envie, sont nos atouts majeurs pour des fenêtre ouvertes sur le monde, sur la vie…et oui, notre business plan est pourtant simple, non ?

Alors, certes, nous n’avons pas besoin d’un gestionnaire de fortune pour gérer notre argent car nous n’en avons pas plus que ça, mais nous sommes intégralement responsables du portefeuille de notre bonheur et c’est pour nous le plus important !

A bon entendeur, je vous souhaite une belle soirée.

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4ans, Lisbonne et nous

Il y a 1464 jours, je rencontrais ce jeune homme aux cheveux grisonnants et au sourire ravageur que vous avez pu apercevoir sur toutes quelques-unes de mes photos.

Je vous rassure de suite, je ne vais pas réécrire ici « L’éducation sentimentale », Flaubert l’a déjà fait.

Je ne vais pas non plus vous parler de ce sentiment fiévreux qu’est la passion, ni vous peindre la beauté de l’amour, notre amour, Albert Cohen l’a déjà fait pour moi également, en écrivant ce majestueux roman qu’est « La Belle du Seigneur », j’aurai peur de faire mieux que lui (pffffff).

Ne comptez pas non plus sur moi pour vous laisser entrevoir nos 50 Nuances de Grey, vous seriez déçus de voir que nous mettons Anastasia et Christian KO, oui, oui, oui.

Je vous donnerai en revanche un petit tuyau : l’amour s’entretient et se nourrit de petits moments de bonheur, d’évasions, de fenêtres sur la mer, qui permettent la fuite de ce quotidien qui peut se révéler parfois fatal au couple le plus normal et amoureux qui soit.

Et ça, nous savons faire !

Pour célébrer les 4 années de notre rencontre (déjà ?), nous avons mis les voiles sur une ville que j’adore, une de mes préférées, chauvinisme et ultra-nationalisme mis de côtés, bien évidemment : Lisbonne.

Nous nous y étions déjà rendus en Août 2014…mais avec les enfants…donc pas tout à fait le trip souhaité.

J’adore Lisbonne pour une multitude de raisons que je ne pourrai toutes énumérer ici, au risque de faire un article de 10 000 mots.

Je suis amoureuse de ses couleurs pastel, de son architecture, j’affectionne la diversité d’univers que l’on y croise, sa gastronomie, ses rues pavées, ses monuments, ses collines, ses innombrables points de vue panoramiques, ses multiples places et cafés, mais surtout, surtout la mer et son ciel bleu qui se rejoignent pour le plus grand bonheur de nos yeux.

Je n’ai jamais vu un nuage dans le ciel de Lisbonne à chaque fois que j’y suis allée, le soleil restituant dignement à la ville toute sa splendeur.

Donc à chaque fois que quelqu’un me dit qu’il a été à Lisbonne et qu’il a eu mauvais temps, je me demande « comment il a fait » ? !!

Nous voilà donc levés vendredi à 5H00 du matin pour prendre un vol à 7H20 au départ d’Orly avec la compagnie Transavia (vols très bon marché), afin de profiter au maximum de notre première journée sur place.

Sachez qu’il y a une heure de moins au Portugal !

Nous avions loué une voiture sur place au prix de, tenez-vous bien, 16 € pour les 3 jours sur Drive On Holidays si ça vous intéresse), alors pourquoi nous en priver (la location n’est pas à l’aéroport même mais à 5 minutes en voiture, une navette vous y emmène).

L’aéroport est très proche de la ville (20 minutes) et facilement accessible.

Si vous pouvez aisément visiter Lisbonne à pied, en tram (vous êtes obligés de prendre le tram jaune !) ou en métro, il est recommandé d’avoir une voiture si vous avez un peu de temps et souhaitez visiter les environs de Lisbonne qui jouissent également de merveilleux trésors (Cascais, Sintra, Estoril, etc…).

Dès notre arrivée, nous avons pris la route qui longe la côte avec une magnifique vue sur l’océan, pour nous rendre à Cascais, charmant petit village de pêche, situé à l’ouest de Lisbonne, à une vingtaine de minutes si vous ne décidez pas de vous arrêter avant, tellement cette route vous donne envie de vous poser partout et de contempler la vue, tout simplement.

Pour me punir, quelques nuages avaient investi le ciel…

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La première chose que nous avons faite a été bien évidemment d’aller marquer de nos empreintes le sable blanc, nous délecter de cette harmonie de bleu entre le ciel et la mer.

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Et là, juste fermer les yeux, écouter le silence et le bruit des vagues.

L’avantage de voyager hors saison, c’est qu’on se retrouve souvent presque seuls dans des endroits bondés en été.

Nous y avons déjeuné dans un restaurant qui ne payait pas de mine et qui affichait tout de même à son entrée, en toute modestie « Ici, nous faisons le meilleur poulet grillé du Portugal ».

Nous n’avons pas été déçus, avons mangé et bu comme des papes, tout cela pour 21 €…

Je vous donne les prix car c’est vraiment à noter, à Lisbonne, comme dans beaucoup d’endroits au Portugal, vous mangez très très très bien (plus que de raison) pour un très bon prix.

Tout cela, bien sûr, si vous fuyez les restaurants à touristes, qui sont en général ceux qui ont un rabatteur pour vous y faire entrer à tout prix (!)…

Cascais vous enchantera par ses petites rues pavées, son centre historique au charme fou, la proximité de très belles plages, des monuments chargés d’histoire et de culture.

Cette petite ville vaut vraiment le détour et vous aimerez vous y perdre sans destination précise.

Vous pouvez également louer un vélo pour parcourir la piste cyclable de la côte, qui peut par exemple vous conduire, à « Boca do Inferno », qui signifie « la bouche de l’enfer ».

Boca do Inferno
Boca do Inferno
Son nom vient de la grotte effondrée contre laquelle les vagues de l’Océan Atlantique s’écrasent violemment.

Ce spot est très apprécié des pêcheurs et vous offrira certainement un très beau moment de méditation.

Vous pourriez ensuite vous arrêter sur d’autres magnifiques plages et contempler les prouesses des beaux surfeurs ou manger une glace dans un des nombreux bars/restaurants les pieds dans le sable.

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Ça vous tente ?

Mais la voiture, nous l’avions louée surtout pour nous rendre au sud de Lisbonne, à environ 40 minutes, dans ce qu’on appelle le « Petit Paradis du Portugal », Portinho da Arrabida, situé dans le luxurieux Parc Naturel du même nom.

Après un petit passage par la jolie petite ville de Sesimbra et quelques pas laissés sur la « Praia da California », nous voilà enfouis dans la végétation sur une route improbable (attention aux amortisseurs de la voiture !).

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Quiétude, paisaibilité, vue à couper le souffle, eaux transparentes, sable fin, nous avons débarqué sur ce petit bout de paradis à l’heure du déjeuner, sans savoir que nous n’allions plus vouloir en partir, nous qui avions tant à faire !

Nous avons pu pique-niquer sur le sable, seuls au monde, et cerise sur la gâteau, en t-shirt (je vous rappelle que nous étions le 14 janvier).

Je vous laisse en juger par vous-même.

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(Désolée pour la vidéo de mauvaise qualité (le bruit, la qualité de l’image, vous noterez qu’à un moment j’ai failli tomber…)

Notre retour vers Lisbonne s’est fait sur un fond de mélancolie, à travers les spectaculaires paysages que nous offrait la Serra, avec en musique de fond, du fado, chant traditionnel portugais, chant mélancolique, évoquant généralement ce sentiment de « saudade », mot très difficile à traduire, qui évoque un manque, mais non nécessairement empreint de nostalgie, c’est un mélange de joie et de tristesse, c’est très difficile à exprimer en français.

Le fado, soit vous adorez, soit vous détestez.

En bonne pleurnicheuse que je suis, j’y suis très sensible et m’émeut facilement en écoutant cette musique.

L’amoureux n’étant pas le meilleur pour rien, a trouvé un très bon restaurant pour le soir même où l’on peut y goûter les meilleurs plats traditionnels portugais (une véritable tuerie) tout en écoutant des chanteurs de fado chanter en live.

Pour votre plus grand dégoût (le chéri est outré à chaque fois que j’en mange), j’ai eu un orgasme culinaire en mangeant leur poulpe « à lagareiro » (grillé au feu de bois, huile d’olive et ail- j’ai dû me brosser les dents 17 fois avant de pouvoir rouler de nouveau des pelles).

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Polvo à lagareiro
J’ai également pris un très bon « caldo verde », soupe traditionnelle de chou, pommes de terre et chorizo (quoi j’ai pris 4 kilos ?).

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Caldo Verde
Si vous souhaitez tenter l’expérience, il s’agit du Retiro dos Sentidos, dans le très animé quartier Bairro Alto (attention, il vaut mieux réserver), toujours à un prix très raisonnable.

Découvrir le fado, c’est comprendre un peu mieux l’histoire et la culture du Portugal.

Nous restait la dernière journée pour déambuler dans les rues de Lisbonne la vagabonde, la colorée, la parfumée, Lisbonne la fière, la vieille, la nouvelle, la généreuse, la lumineuse, la bruyante, la silencieuse.

Visiter Lisbonne c’est un voyage de saveurs, de senteurs, pour lesquels il vous faudra…une bonne paire de baskets !

Lisbonne s’est formée sur 7 collines, alors autant vous dire qu’on monte et on descend en permanence, on se muscle le fessier, et après avoir goûté tous les mets qui s’offrent à vous, vous serez ravis de faire appel à vos cuissots !

La générosité des personnes et leur chaleur humaine vous interpelleront certainement, et c’est une caractéristique que l’on retrouve dans tout le pays, les portugais sont très humbles, toujours prêts à rendre service.

Les quartiers de Lisbonne à visiter sont très nombreux, je ne saurai vous en conseiller un en particulier, absolument tous ont leur charme.

Alors autant vous dire que le temps aura été notre pire ennemi…tant de merveilles restaient encore à voir ou à redécouvrir.

Je vais vous faire une petite confession « guimauvesque ».

La personne avec qui vous découvrez ce genre d’endroit est déterminante ; elle peut sublimer votre séjour ou au contraire, le rendre absolument abominable.

Dans une autre vie, j’étais déjà aller à Lisbonne, dans des conditions assez similaires…j’en garde pourtant un très mauvais souvenir…c’était sans doute la mauvaise, de personne.

J’étais cette fois-ci si heureuse de faire découvrir à l’amoureux et de partager avec lui ce petit bout de moi.

Et c’est un pari réussi ! L’amoureux est tombé sous le charme de Lisboa !

Ces 3 jours furent pour nous idylliques. Aucune ombre au tableau, tout était PARFAIT.

Pour l’hébergement, de nombreux Airbnb très sympas sont disponibles en plein centre historique, nous avions séjourné dans l’un d’entre eux en 2014 (mais n’avions pas dormi car il était situé dans le quartier qui ne dort pas la nuit, justement, le Bairro Alto).

Nous avons cette fois-ci opté pour un hôtel très bien placé, le MUNDIAL, à deux pas du quartier du Rossio, qui possède un restaurant gastronomique au 8ème étage, avec une vue panoramique sur la ville, dans lequel nous avons eu la chance de dîner le premier soir.

Je vous laisse avec quelques clichés qui parleront mieux que moi, et qui vous donneront peut-être envie de vous y échapper pour quelques jours (#NOFILTER).

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Enfin, je souligne  juste le fait que s’y rendre hors saison est une expérience absolument différente que par exemple en juillet ou en août où vous vous retrouverez noyés parmi les milliers de touristes 😉 (c’est du vécu)

Nous, nous, pourrions y passer toute une vie je crois…alors, nous y retournerons !

Rendez-vous dans 365 jours pour notre escapade des 5 ans <3.

Belle semaine à tous !

Signature