L’adolechience (suite)

Après notre traité de paix à Amsterdam, dont je vous parlais ici , une furtive prise de conscience s’était effectuée, puis, le retour au lycée a vite fait retrouver à l’adolechient ses caractéristiques d’origine : souriant, aimable, toujours content, obéissant, travailleur.

Bien sûr.

Cela fait maintenant 4 ans que cela dure (oui futurs parents, sachez que l’adolechience commence de plus en plus tôt, si vous souhaitez en tenir compte dans votre business plan) et j’estime être en droit de savoir quand est-ce que ça se termine ???!!!

La maison s’est transformée en hôtel all inclusive pour l’adolechient, des invités peuvent même faire leur apparition parfois, sans réservation préalable ou sans que je ne puisse leur facturer 1 centime.

En général, les invités sont de la même espèce, c’est pour cela qu’ils s’entendent bien entre eux et se soutiennent avec le même regard hagard et la même expression niaise (oui, celle qui donne envie de les emplafonner avec une super droite).

Ils réagissent de la même façon quand on leur demande de débarrasser la table, ranger les chaussures qui trainent dans l’entrée ou comble de la mère coincos et has been à souhait, poser le portable dans le salon à 21H30 (tenez-vous prêts à faire un massage cardiaque la première fois que vous lui demanderez…et les 100 suivantes d’ailleurs).

Sachez que l’adolechient ne profite pas des parties communes de l’hôtel, il reste cloîtré dans sa chambre 24/24 et y prendrait même ses repas si on l’y autorisait.

Les repas, on en parle ?

Si vous voulez voir l’adolechient esquisser une grimace qui pourrait s’approcher d’un sourire, servez-lui des frites, des hamburgers et des pizzas.

Toute tentative d’introduire une palette d’aliments s’approchant du vert, vous vaudra des grognements préhistoriques et un lancer de « merde, putain, fais chier ».

Aucune parole ne sera dirigée à votre attention, pendant le repas, le seul son que vous entendrez sortir de sa bouche sera l’éternel soupir, le soupir de celui qui est forcé à manger des carottes, de celui qui se demande bien ce qu’il fait avec 2 vieux qui s’embrassent et minaudent comme des ados (le comble), de celui qui est au bout de sa vie parce que « putain, c’est trop nul ».

Avec l’adolechient, tous les gens sont cons, sans exception, cela me rassure quelque peu car si c’était limité à nous, je commencerai vraiment à me remettre en question.

La seule façon de faire sortir l’ado de sa chambre et l’inviter à profiter des autres installations est ce que j’appelle la méthode radicale : suppression des choses les plus importantes de sa vie, vous l’aurez deviné, l’ordinateur et le portable.

Sans ces deux fondamentaux de son existence, l’ado errera comme un zombie ou une abeille qui n’arrive pas à retrouver sa ruche, au choix.

Il revêtira son plus beau costume de Calimero et vous menacera de se jeter par la fenêtre.

Il se forcera alors à essayer d’être presque gentil pour récupérer son précieux.

Il y a une autre façon de voir l’ado devenir sociable quelques instants éphémères: quand il a envie que vous lui achetiez un vêtement ou une paire de chaussures qui coûtent la moitié de votre salaire et vos 2 jambes, mais ça, il s’en fout.

Pour l’adolechient, l’apparence compte plus que tout, il faut pouvoir s’affirmer et se démarquer des autres par son supposé pouvoir d’achat.

Pour l’adolechient, faire tout le temps la gueule et se montrer toujours insatisfait est un genre qui se cultive.

Pour l’adolechient, la vie est toujours plus belle chez les autres.

Les parents de ses amis sont super cools, ne leur demandent jamais de mettre la table, vont tout le temps au resto et partent tout le temps en vacances dans des hôtels 5*.

Nous, on ne part qu’en Italie, en Grèce, en Sardaigne ou au Portugal, et en plus, parfois, on fait du airbnb, la honte suprême.

A l’heure où je suis en train d’écrire ce billet, je suis rentrée depuis une heure du bureau et je l’ai vu 5 minutes.

Je sais qu’il a contrôle demain et je me suis naïvement imposé de le laisser tranquille afin qu’il puisse réviser. Je passe devant sa chambre et je l’entends rire aux éclats.

Je me demande s’il s’agit bien de ma progéniture car celle là même que j’ai douloureusement mise au monde ne montre jamais ses dents, s’esclaffe encore moins comme une baleine.

Je rentre en furie dans sa chambre et le voit en plein face time, « j’ai besoin de me ressourcer tu comprends ».

« Je comprends surtout que tu vas aller mettre la table ».

Sachez, les amis, qu’hier même, je lui ai acheté le précieux auquel il aspirait depuis des mois (un manteau pour lequel j’ai du hypothéquer l’appartement). J’ai adopté la méthode GIGN : tu me donnes ça (bonne humeur, travail à l’école, participation à la vie de la maison) et je fais des efforts pour contribuer à ce que toi tu considères ton bonheur.

Je ne suis pas certaine que cela marche, voyez-vous, mais j’essaye, par tous les moyens.

Tout cela me rend vraiment triste.

Devoir quémander à son enfant un peu d’empathie, qu’il vous témoigne un peu d’affection et une once de reconnaissance, cela me fatigue, vraiment.

Je me sens désabusée, comme Claude François, « mal-aimée », et je me demande parfois si tout ce que nous faisons en vaut bien la peine.

Bien sûr que l’adolescence est une période difficile, que ce sont nos enfants, que nous les aimons plus que tout et nous devons être là pour eux, mais à quel prix, parfois ?

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Je rêve de retrouver ce petit garçon enjoué et souriant qu’il était quand il ne m’arrivait pas encore à la taille, qui me sautait dans les bras et m’appelait tendrement maman, tout simplement.

Tu me manques.

Quand allons-nous retrouver des rapports affectifs dignes de ce nom, quand va cesser ce conflit?

Vous savez, vous, quand est-ce que ça se termine, l’adolechience ?

Signature

Traité de paix à Amsterdam

Quelques jours avant la fin de mon préavis qui ne passait décidément pas assez vite (3 mois cela semble une vie entière quand tu arrives au bureau à reculons tous les jours) et surtout avant la rentrée, je pris une bien inconsciente décision, certains la qualifieraient même de masochiste.

Les relations avec l’ado ne faisaient en effet qu’empirer, malgré les vacances, la Sardaigne et tout le bien être qu’un humain normalement constitué devrait ressentir après cette parenthèse bleutée.

Nous courions droit au mur et je ne souhaitais absolument pas que l’ado rentre au lycée avec cette colère inexplicable, de même que je ne voulais vraiment pas commencer mon nouveau job avec le sentiment d’avoir échoué, une nouvelle fois.

C’était ça ou la noyade accidentelle dans la Marne. Si, si.

Il avait été très dur pour lui de se faire une place entre les deux petits pendant les vacances, qui monopolisaient sans cesse l’attention de tous, et, l’amoureux qui, remplissant parfaitement sa mission, restait très proche de moi.

J’ai donc été, il faut le dire, très peu disponible pour lui, encore moins quand je le voyais tous les matins (vers midi en fait) avec son attitude blasée et qu’il se montrait heureux et enthousiaste comme si nous nous trouvions en Syrie.

Je recentrais donc tous mes chakras (mais vraiment tous), cassais ma tirelire et oubliais au passage les nouvelles chaussures que je voulais m’acheter pour la rentrée pour lui proposer quelques jours en amoureux, dans une destination qui pouvait lui plaire assez pour qu’il sourisse naturellement 5 fois pendant le séjour (les fois où il s’aperçoit qu’il y a du Wi-Fi ne comptent pas).

Vous aussi vous trouvez que je suis suicidaire, n’est-ce pas ?

Nous voilà partis pour Amsterdam, avec pour objectif principal la signature d’un traité de paix.

Je comptais sur la déconnexion de la réalité quotidienne et de la routine pour pouvoir réussir à communiquer de nouveau avec lui.

Pendant 4 jours je n’aurai pas à lui rappeler de mettre la table, de prendre sa douche, de descendre les poubelles, d’arrêter de faire la tête.

Pendant 4 jours, j’allais devoir le supporter 24/24H, mais que m’était-il donc passer par la tête????

OMG

C’était juste lui et moi, hors de notre périmètre, sans avoir à courir après le temps, sans avoir à faire semblant.

Comme pour dans un couple, je suis convaincue qu’un break peut être salutaire pour redonner un nouveau souffle à la relation parents-enfants.

Il s’est montré très content et surpris à la fois, quand je lui ai annoncé que nous ne partions que tous les deux.

Puis il s’est inquiété de savoir si tout allait bien entre l’amoureux et moi, trouvant totalement anormal que nous ne voyagions pas ensemble (bah oui alors !).

Rassuré sur ce point, son inquiétude se déporta vite sur la présence du Wi-Fi dans notre hôtel.

Pendant 4 jours, j’ai donc partagé mon intimité et la même chambre d’hôtel que mon fils, il a pu admirer ma scoliose et mes fesses parfaites de très près, j’ai fait pipi la porte ouverte, communion totale je vous dis.

Il m’a demandé pourquoi je ne faisais jamais la grosse commission, l’heure était venue de lui expliquer mes problèmes de transit ( il ne croit plus à l’histoire des paillettes, l’amoureux si).

Si je dois faire un bilan aujourd’hui, je peux dire qu’il est positif.

Nous ne nous sommes presque pas disputés, il s’est montré plutôt de bonne composition malgré les heures de marche indispensables pour explorer la ville, il n’a presque pas râlé.

Je dis presque car un ado qui ne râle pas et avec lequel vous ne vous disputez pas, n’est pas un ado, vous le savez bien.

Je pense avoir lâché du lest et toléré certaines ado-attitudes qui m’horripilent au quotidien.

J’ai laissé couler.

Parfois, cela est nécéssaire.

J’ai essayé de lui faire plaisir au maximum et il ne s’en est pas privé.

Un ado ne perd jamais le nord, sachez le, quand cela concerne son intérêt personnel.

Je lui ai donc accordé quelques bons restaurants et quelques séances shopping.

Peut-être devrai-je, dire « NOUS nous sommes accordés ».

Ce serait définitivement plus juste.

J’ai pris conscience qu’il fallait que j’arrête de penser que je fais quelque chose pour lui, je dois me convaincre que je le fais pour « NOUS ».

J’ai essayé de lui parler, de lui expliquer à nouveau certaines choses, plus calmement, la douceur de nos journées permettait de rendre certains sujets moins lourds et pénibles.

Nous les avons rendus plus légers et comestibles, assis sur un ponton au bord de l’Amstel, contemplant la façon de vivre de ces jeunes amstellodamois, insouciants.

Il ne manquait plus que vivre ensemble notre première expérience dans un des nombreux coffee shops de la ville (nous ne l’avons pas fait, hein).

La ville, l’a t-il aimée ?

Il a ADORE !

Il a été séduit par son charme incroyable, par ses maisons aux façades colorées et dingues, son ambiance folle, son originalité, la vie de ses habitants qui se compose allègrement autour de l’eau.

Amsterdam, c’est une ville qui vit en orgie permanente : le nombre de restaurants et de bars est juste surréaliste, tout semble se tourner vers la fête et la joie de vivre, vous tournez la tête et vous avez toujours quelque chose à faire, à admirer, à boire ou à manger, cela grouille de gens partout, it’s AMAZING !!!

A Amsterdam, toutes les folies sont autorisées !

L’ado a évidemment émis le souhait de faire une virée dans le Quartier Rouge, sans savoir vraiment ce qu’il allait y trouver et surtout ce qu’il allait ressentir, poussé par la curiosité et le sentiment d’interdit.

Passée l’excitation et après avoir vu quelques jolies (et d’autres moins jolies, beaucoup moins jolies) créatures de très près, derrière leurs vitrines, il a affirmé se sentir dégoûté de ce commerce de la femme et de ses attributs, qu’il ressentait même de la peine…

« Pourquoi les hommes viennent si nombreux ici pour ça, maman? ».

Une bière s’imposait…

Mon fils avait donc un cœur…

Je ne suis pas convaincue que l’ado ai changé pour autant et que demain matin, quand il se réveillera, il me fera le baise main et m’appellera « Mère », que je ne sois pas obligée de lui rappeler de mettre son linge sale dans le panier ou de déposer son portable dans le salon à 21:30.

Je sais néanmoins qu’il a été ravi de partager un moment en tête à tête avec sa daronne, entre parenthèses, avant la frénésie et l’angoisse de la rentrée.

Nous avons virtuellement signé un traité de paix, à Amsterdam.

Je vous laisse ici avec quelques clichés pris à Amsterdam et Haarlem (magnifique ville située à 15 minutes en train d’Amsterdam que je crois même avoir préférée, c’est so charmant).

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Devant chaque petite maison…un banc, invitant à la paresse
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Nous ne nous lassions pas de ses jolies façades

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Des bières, un paquet de chips, des amis, un bateau…c’est parti!
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Vélos, trams, bus, métros, tout est fait pour bien se déplacer dans Amsterdam
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Dans une petite rue de Haarlem
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Gold Bike…la classe !
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Tombée de la nuit sur Amsterdam

 

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A l’entrée du Quartier Rouge

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UN SOURIRE !!!!! (ça n’a pas de prix)

Si vous aviez encore un doute, Amsterdam est une destination idéale pour tous, tous y trouvent leur compte, fêtards, célibataires, romantiques, ados, enfants, amoureux, férus de culture, homos, hétéros…c’est une des villes les plus démentes que j’ai pu voir.

Bon courage à tous ceux qui sont en train de préparer leur cartable !
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Maman au BDR

Au BDR est une expression que nous utilisons avec une copine du bureau quand nous avons les roubignoles qui nous remontent au niveau du cou.

« T’es au bout du rouleau?
« Ouais, je vais faire un meurtre »
« Moi aussi, viens, on se serre les coudes »

Et nous voilà réparties pour supporter gaiement Mr misogyne, Madame je sais tout, Miss je pète plus haut que mon cul, Monsieur qui s’adresse uniquement à mes seins quand il me parle.
Ça c’est au bureau.
A la maison, je suis la plupart du temps au BDR en ce moment.
L’ado sévit encore, plus que jamais.
Cela faisait longtemps que je ne vous parlais pas de lui alors vous vous disiez, ça y est, ils se font des snapchats en sous-vêtements ensemble, ils mangent McDo devant Pretty Little Liars et cultivent le no douche en famille.
Que nenni mes amis.
On m’avait prévenue que ce n’était que le début.
D’accord, d’accord (prendre l’accent de Francis Cabrel).
Mais on ne m’a pas vraiment dit sciemment quand intervenait la date de fin de l’adolescence.

Alors je me méfie, je me dis qu’il n’y en a peut-être pas.

Si c’est vraiment un contrat à durée indéterminée, je ne suis pas sûre de pouvoir l’honorer jusqu’à la fin.

Voyez-vous, j’envisage même une rupture conventionnelle, parce que vraiment, là, à l’instant présent où je vous me confie à vous, je suis au BDR.

Il n’y a pas un seul jour où un incident, non des moindres se produise.

D’abord, sachez, que tout dialogue est impossible avec l’ado.

Ne vous attendez pas à ce qu’il aille plus loin que le hochement de tête, le oui, enfin non, c’est plutôt le NON son mot de prédilection…ou plutôt un grognement préhistorique.

Dans la catégorie préhistoire, nous pouvons classer également son hygiène et son savoir-vivre.

Toute tentative de creuser un peu un sujet se solde en échec, en crise de larmes, en provocation.

L’ado finit par me clamer en vibrato qu’il me déteste.

Je serai donc la pire maman du monde.

Croyez-moi, j’ai le sens de l’humour, suis souvent taxée de rigolote, mais là, à moins que ce soit du 27èmedegré, ça ne me fait pas rire.

DU TOUT.

Je peux même vous confesser que ça fait mal, surtout après tout ce que j’essaie de faire pour que cela se passe bien.

Rien n’est jamais suffisant.

Tous les sujets sont une excellente thèse de conflit, voire de doctorat.

Les repas sont infectes, il n’a pas assez de baskets de marque, son iPhone, son manque de travail au collège, son trop grand intérêt pour des séries décérébrées, son manque d’intérêt en général pour quoi que ce soit, son arrogance et son insolence légendaires.

Ce sont des traits de comportement que l’on retrouve chez la plupart des adolescents de nos jours paraît-il.

Ce n’est pas pour cela que le quotidien est plus facile à vivre, en discutant avec les autres parents, on se dit  » ça me rassure » mais en fait ça ne rassure fichtrement personne.

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Parfois j’aimerai avoir de nouveau un bébé pour retrouver cette innocence et cet amour à toute épreuve, ce parfum de douceurs.

Recevoir des câlins et des  » Maman je t’aime » gratuits, sans que ce soit en échange d’une compensation consumériste.

J’aimerai surtout lui faire comprendre que je voudrai qu’il devienne quelqu’un de bien.

Plus que tout je souhaiterais qu’il se trouve, qu’il enfile enfin les bonnes chaussures à ses pieds et qu’il se sente bien dedans.

C’est terrible pour les parents de voir son enfant qui n’a envie de rien, ne semble aimer personne de son entourage alors qu’il vénère la moitié de la planète Instagram.

C’est comme si nous vivions dans deux mondes différents, dans lesquels l’ordre des priorités était totalement inversé.

Je voudrais qu’il devienne quelqu’un de bien, qu’il s’aime tout court.

Selon un psy vu à la télé l’autre jour, c’est normal, le cerveau d’un ado n’est pas tout à fait câblé.

A nous de les aider.

Mais comment faire quand vous essayez de vous connecter et il ne vous capte pas, vous avez beau relancer le routeur, l’adresse IP est incompatible, vous n’obtenez que des messages d’erreur.

Evidemment, il n’est pas bien dans sa peau, c’est une période bouleversante pour eux.

Il évoque dans ses cris de désespoir des mots que je ne peux que taire, trop douloureux de les prononcer pour une mère.

Parce que si l’enfant-adolescent a besoin d’amour qu’il rejette pourtant, une maman n’est pas préparée pour se faire rejetée par son enfant.

Cet enfant qui lui glisse entre les doigts.

Il me confesse que des idées noires le guette parfois, qu’il ne comprend pas le sens de la vie, que de toute façon l’amour n’existe pas.

Le regard vague, triste, assis en tailleurs sur son lit, je le trouve parfois.

Et je me sens démunie, entre cris, larmes et silences, moi essayant de parler, lui faisant tout pour ne pas m’écouter.

Parce que selon lui, je ne peux pas le comprendre.

Alors que moi, je n’ai envie que de l’entendre,

Me murmurer tout bas,

Que oui maman, ne t’inquiète pas, ça va.

Une maman au BDR

Parce que je t’aime tout là-haut jusqu’au ciel #2 (et pas le dernier)

Ce billet, je n’avais pas idée que j’allais l’écrire il y a 20 minutes.

En ce moment aucune envie d’écrire ni de m’adonner à aucune de mes passions, le médecin ma dit « REPOS ABSOLU MA PETITE DAME ».

Milles excuses de ces milles pièces jetées ainsi sur la toile de façon désordonnée.

Pourtant j’ai eu le temps cet après-midi de réfléchir, entre la préparation de mon moelleux au chocolat pour mon ado et le guacamole pour l’amoureux.

Attendez, j’ai d’ailleurs encore un peu d’avocat sous les ongles.

Voilà, c’est mieux, je me disais aussi que je sentais la mexicaine un peu périmée.

Puis pour me détendre, je lis un peu ce qui se passe sur la blogosphère.

Je tombe sur la dernière perle de Ginie, oui parce qu’on ne parle plus de billet avec Ginie, à chaque fois tu sais que c’est un bijou, tu n’en connais juste pas la couleur et c’est ça qui est génial.

Je vous écris encore avec des sanglots dans la voix, désolée si vous y voyez la morve qui en découle.

Je lis dans ce billet tout l’amour pour son bébé qui a fait sa première rentrée aujourd’hui.

Vous l’avez certainement lu, ri, souri et même pleuré si vous avez un petit cœur, que vous soyez parent ou pas; si ce n’est pas le cas, vous êtes un peu con, pardonnez-moi la franchise.

Tiens, tu peux te rattraper , espèce d’inculte : http://www.femmesweetfemme.fr/cetait-le-3-septembre-2015/

Je me suis mise à pleurer parce qu’indirectement j’ai fait le parallèle avec mon ado.

Il a 13 ans, et non, évidemment, ce n’est pas sa première rentrée.

La nature de nos rapports est plutôt houleuse, le commun des mortels me dit que c’est la puberté qui la dicte, la maman que je suis, trouve que je suis juste mauvaise.

Il me trouve trop cool quand je lui achète des T-Shirts Eleven Paris et lui prête mes Stan Smith, mais me fait sentir Maman Yeta quand je refuse qu’il sorte avec un copain que je ne connais pas.

Il revient de 3 semaines de vacances avec mes parents et j’ai su qu’il a glissé à ma maman avant de rentrer dimanche dernier « J’espère que maman va être contente de me retrouver ».

Oui parce qu’à cause de cette foutue phase de la vie qu’on appelle l’adolescence (mais Dieu, pourquoi nous as-tu imposé ça, on pouvait pas éviter les boutons, problèmes de code, besoin d’un développeur ?), nos rapports sont biaisés.

Attention cher lecteur, j’ai dit biaisés et non pas baisés, tu es fatigué si c’est ce que tu as lu.

Mais ce n’est pas faux non plus, j’aurai pu dire baisés.

Et donc, tu penses que je ne t’aime pas.

Ce que tu ne sais pas, parce que j’essaie de ne pas te le montrer, c’est que je ne dors plus depuis 2 mois.

Depuis exactement 63 jours où j’ai entamé une guerre contre les services de l’Education Nationale.

Parce que je veux le meilleur pour toi.

Même si tu es souvent insolent, dédaigneux, à la limite de 10 coups de ceinture (et je ne parle pas de sadomasochisme, maintenant que tu connais 50 nuances de Grey), je parle de réelle sanction face à ton comportement, à la limite du supportable.

Pourtant, pour toi, je me bats.

J’ai épuisé mon énergie à écrire des centaines de mails, des dizaines de courriers, passé des dizaines de coup de fils pour que tu sois dans l’école que j’avais choisie pour toi.

L’éducation Nationale en a décidé autrement jeudi dernier et nous déclare ainsi la guerre.

Elle ne sait pas que j’étais super forte à Street Fighter sur ma Nintendo.

Tu m’as surprise et tu t’es armé de courage,tu as ravalé ta bile cent fois sur le chemin de ce collège où tu as fait ta rentrée hier, cet établissement dont nous ne voulons pas tous les deux.

J’ai senti ton désarroi et lu dans tes yeux toute ta peur et ta tristesse quand je t’ai laissé seul et désemparé face à cette bande de gros cons et de petites connes.

Je sais ce que tu as ressenti aujourd’hui et je souligne ta noblesse de caractère, tu as fini par t’effondrer dans mes bras, une fois arrivé à la maison.

Je ne te croyais pas si fort, pardonne moi si je me suis trompée.

Ce que je veux te dire, mon fils, c’est que malgré les problèmes de santé auxquels je dois faire face en ce moment, une vie professionnelle aussi rose que la nuit, je n’arrêterai pas de me battre.

Pour toi.

Et tant que je n’aurai pas obtenu satisfaction, je n’arrêterai pas.

Parce que même si je suis parfois en overdose de tes demandes aussi martiennes les unes que les autres, tu es mon fils.

Tu es celui qui m’a laissé de grosses vergetures sur le ventre , alors crois-moi, je ne t’oublierai jamais.

Tu es celui qui m’a fait perdre une taille de bonnet de soutien-gorge tellement tu étais gourmand (bon, je ne vais pas me plaindre).

Tu es celui qui t’es perdu dans le métro à 8 ans alors que j’étais sur un salon professionnel et j’ai cru en mourir.

Tu es celui qui a pleuré des nuits entières en me voyant malheureuse quand les évènements de la vie ont fait que nous nous retrouvions seuls.

Tu as peur pour moi, je sais que tu as eu peur de me perdre.

Alors, écoute moi bien mon petit lascar, ma petite centrale électrique (mince le rendez-vous chez l’orthodontiste, je l’ai oublié avec cette affaire), mon petit gars aux pieds de hobbits : je ne te lâcherai pas.

Fais moi confiance.

La raison est simple, elle existe depuis la création du monde : l’amour.

Parce que je t’aime.

Et comme dirait ton petit frère, que je soupçonne d’être un petit philosophe en herbe, « Parce que je t’aime tout là-haut jusqu’au ciel ».

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J’ai trouvé qu’il était important de te le dire aujourd’hui, plus que les autres jours.

Ta maman qui s’habille encore comme une ado mais qui agira pour ton bien comme une adulte.

Parce que je t’aime tout là-haut jusqu’au ciel #2

Ce billet, je n’avais pas idée que j’allais l’écrire il y a 20 minutes.

En ce moment aucune envie d’écrire ni de m’adonner à aucune de mes passions, le médecin ma dit « REPOS ABSOLU MA PETITE DAME ».

Milles excuses de ces mille pièces jetées ainsi sur la toile de façon désordonnée.

Pourtant j’ai eu le temps cet après-midi de réfléchir, entre la préparation de mon moelleux au chocolat pour mon ado et le guacamole pour l’amoureux.

Attendez, j’ai d’ailleurs encore un peu d’avocat sous les ongles.

Voilà, c’est mieux, je me disais aussi que je sentais la mexicaine un peu périmée.

Puis pour me détendre, je lis un peu ce qui se passe sur la blogosphère.

Je tombe sur la dernière perle de Ginie, oui parce qu’on ne parle plus de billet avec Ginie, à chaque fois tu sais que c’est un bijou, tu n’en connais juste pas la couleur et c’est ça qui est génial.

Je vous écris encore avec des sanglots dans la voix, désolée si vous y voyez la morve qui en découle.

Je lis dans ce billet tout l’amour pour son bébé qui a fait sa première rentrée aujourd’hui.

Vous l’avez certainement lu, ri, souri et même pleuré si vous avez un petit cœur, que vous soyez parent ou pas; si ce n’est pas le cas, vous êtes un peu con, pardonnez-moi la franchise.

Tiens, tu peux te rattraper , espèce d’inculte : http://www.femmesweetfemme.fr/cetait-le-3-septembre-2015/

Je me suis mise à pleurer parce qu’indirectement j’ai fait le parallèle avec mon ado.

Il a 13 ans, et non, évidemment, ce n’est pas sa première rentrée.

La nature de nos rapports est plutôt houleuse, le commun des mortels me dit que c’est la puberté qui la dicte, la maman que je suis, trouve que je suis juste mauvaise.

Il me trouve trop cool quand je lui achète des T-Shirts Eleven Paris et lui prête mes Stan Smith, mais me fait sentir Maman Yeta quand je refuse qu’il sorte avec un copain que je ne connais pas.

Il revient de 3 semaines de vacances avec mes parents et j’ai su qu’il a glissé à ma maman avant de rentrer dimanche dernier « J’espère que maman va être contente de me retrouver ».

Oui parce qu’à cause de cette foutue phase de la vie qu’on appelle l’adolescence (mais Dieu, pourquoi nous as-tu imposé ça, on pouvait pas éviter les boutons, problèmes de code, besoin d’un développeur ?), nos rapports sont biaisés.

Attention cher lecteur, j’ai dit biaisés et non pas baisés, tu es fatigué si c’est ce que tu as lu.

Mais ce n’est pas faux non plus, j’aurai pu dire baisés.

Et donc, tu penses que je ne t’aime pas.

Ce que tu ne sais pas, parce que j’essaie de ne pas te le montrer, c’est que je ne dors plus depuis 2 mois.

Depuis exactement 63 jours où j’ai entamé une guerre contre les services de l’Education Nationale.

Parce que je veux le meilleur pour toi.

Même si tu es souvent insolent, dédaigneux, à la limite de 10 coups de ceinture (et je ne parle pas de sadomasochisme, maintenant que tu connais 50 nuances de Grey), je parle de réelle sanction face à ton comportement, à la limite du supportable.

Pourtant, pour toi, je me bats.

J’ai épuisé mon énergie à écrire des centaines de mails, des dizaines de courriers, passé des dizaines de coup de fils pour que tu sois dans l’école que j’avais choisie pour toi.

L’éducation Nationale en a décidé autrement jeudi dernier et nous déclare ainsi la guerre.

Elle ne sait pas que j’étais super forte à Street Fighter sur ma Nintendo.

Tu m’as surprise et tu t’es armé de courage,tu as ravalé ta bile cent fois sur le chemin de ce collège où tu as fait ta rentrée hier, cet établissement dont nous ne voulons pas tous les deux.

J’ai senti ton désarroi et lu dans tes yeux toute ta peur et ta tristesse quand je t’ai laissé seul et désemparé face à cette bande de gros cons et de petites connes.

Je sais ce que tu as ressenti aujourd’hui et je souligne ta noblesse de caractère, tu as fini par t’effondrer dans mes bras, une fois arrivé à la maison.

Je ne te croyais pas si fort, pardonne moi si je me suis trompée.

Ce que je veux te dire, mon fils, c’est que malgré les problèmes de santé auxquels je dois faire face en ce moment, une vie professionnelle aussi rose que la nuit, je n’arrêterai pas de me battre.

Pour toi.

Et tant que je n’aurai pas obtenu satisfaction, je n’arrêterai pas.

Parce que même si je suis parfois en overdose de tes demandes aussi martiennes les unes que les autres, tu es mon fils.

Tu es celui qui m’a laissé de grosses vergetures sur le ventre , alors crois-moi, je ne t’oublierai jamais.

Tu es celui qui m’a fait perdre une taille de bonnet de soutien-gorge tellement tu étais gourmand (bon, je ne vais pas me plaindre).

Tu es celui qui t’es perdu dans le métro à 8 ans alors que j’étais sur un salon professionnel et j’ai cru en mourir.

Tu es celui qui a pleuré des nuits entières en me voyant malheureuse quand les évènements de la vie ont fait que nous nous retrouvions seuls.

Tu as peur pour moi, je sais que tu as eu peur de me perdre.

Alors, écoute moi bien mon petit lascar, ma petite centrale électrique (mince le rendez-vous chez l’orthodontiste, je l’ai oublié avec cette affaire), mon petit gars aux pieds de hobbits : je ne te lâcherai pas.

Fais moi confiance.

La raison est simple, elle existe depuis la création du monde : l’amour.

Parce que je t’aime.

Et comme dirait ton petit frère, que je soupçonne d’être un petit philosophe en herbe, « Parce que je t’aime tout là-haut jusqu’au ciel ».

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J’ai trouvé qu’il était important de te le dire aujourd’hui, plus que les autres jours.

Ta maman qui s’habille encore comme une ado mais qui agira pour ton bien comme une adulte.

 

Je ne supporte plus mon enfant

Comment peut une maman proférer une telle phrase ?
Comment peut-on dire ça de sa progéniture, du fruit de ses entrailles?
On est bien censés les aimer à toute épreuve, quoi qu’il arrive, n’est- ce pas?
Et bien je dois vous confesser que je suis une bien mauvaise maman en ce moment.
Car je ne supporte pas mon fils.

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Ce fils qui a été un petit bébé dont on a jamais entendu les pleurs.
Ce petit garçon qui était toujours accroché à la robe de sa maman et qui me sautait dans les bras quand j’allais le chercher à l’école ou le récupérer chez sa grand- mère.
Où est passé ce petit garçon ?
Il a aujourd’hui 13 ans.
Il est là sans être là.
Nos relations sont devenues conflictuelles.
Nos moments de complicité ont disparu.
Son sourire s’est transformé en un masque triste et nonchalant.
Quand il était petit, je croyais que les nuits sans dormir,son manque d’appétit et les otites à répétition étaient les plus graves problèmes que je pouvais rencontrer.
Comme je regrette ce temps là!
Si seulement je pouvais le remonter,le temps.
Revenir en arrière et profiter au maximum de ses éclats de rire, de ses siestes contre ma poitrine ou encore de nos vacances à la mer où nous construisions des châteaux de sable ensemble.

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ENSEMBLE.
On ne fait plus rien ensemble aujourd’hui.
Sauf nous disputer.
Tu passes tes journées enfermé dans ta chambre.
Tu ne parles pas.
Tu ne souris jamais.
Tu sembles blasé en permanence.
Tu n’as pas l’air heureux.

Tu es insolent et provocateur.

Tu es paresseux.

Rien ne te contente.

Tout te semble inintéressant et désuet.

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Et moi?

Je me sens désemparée et impuissante.

Je rentre chaque soir pleine de bonne volonté en me disant que tout va bien se passer.

Puis en cinq minutes ma patience et ma bonne volonté sont anéanties.

Tu n’as pas fait tes devoirs, tu n’as pas pris ta douche, tes vêtements sont toujours éparpillés dans la chambre, rien de ce que je t’ai écrit sur la liste n’est barré.

Mais ce n’est pas le pire.

Le pire c’est de voir ta mauvaise humeur se dessiner dès que je passe la porte:

 » ça y est, la chieuse est rentrée, elle va me supprimer mon portable et m’obliger à faire mes devoirs ».

C’est ce que je lis sur ton visage.

Et tu es accroché à ce fichu téléphone qui est devenu ton meilleur ami et confident.

J’ai pourtant l’impression de faire plein de concessions et d’efforts pour pouvoir avoir la chance de pénétrer dans ton univers: Starbucks à répétition, restaurant japonais que tu affectionnes tant, regarder avec toi tes séries préférées et overdose de Twilight, t’autoriser à avoir un compte Instagram, faire dormir à la maison les copains que je n’apprécie pas forcément,écouter ta musique qui me donne envie de me pendre.

Mais le sourire ne revient pas.

Tu continues enfermé dans ta bulle.

Mais la bonne humeur n’est jamais au rendez-vous.

Tu continues à t’éloigner de moi.

Tous les ponts sont coupés, tu ne captes plus aucun réseau.

J’essaie pourtant de me connecter,en direct, en wi-fi,en bluetooth. Rien ne passe.

Tu n’aimes personne, ton petit frère n’échappe pas à la haine que tu voues aux humains de la terre entière, tous responsables de ton mal -être.

Alors, oui, en ce moment, je ne te supporte plus.

J’aimerai me réveiller demain et me dire que ça y est, c’est fini, le cauchemar a pris fin et tu fais de nouveau partie de la famille.

Mais ce n’était pas encore le cas ce matin et je sais que ce ne le sera pas après-demain non plus.

Combien de temps vais-je encore détester l’adolescent invivable que tu es devenu?

Quand vas-tu enfin venir me parler spontanément sans que ce soit pour une raison intéressée?

Où est passé mon bébé?

En ce moment j’aurai envie de reprendre la chanson de Stromaë « Où est mon papa » et changer le titre par « Où est mon bébé »?

Apprendre à accepter son corps et finalement s’assumer, le travail de toute une vie.

Apprendre à accepter son corps peut être un travail de longue haleine pour une femme.

Parfois la labeur de toute une vie.

Cela peut paraître une chose futile et superficielle, et pourtant…ne pas être bien dedans peut donner lieu à tant de mal-être.

Quand ton corps de petite fille  de 13 ans commence à voir se dessiner des formes voluptueuses, tu le vis mal, très mal.

Pour moi, l’adolescence a été un véritable calvaire pour cela.

Sur les photos de classe, depuis le plus jeune âge, j’étais toujours celle qui avait la tête qui dépassait, avec la frange trop courte (ça peut traumatiser tout une vie une frange trop courte, merci maman).

Puis à l’entrée au collège, je suscitais le regard et les convoitises de certains hommes.

A cet âge encore si tendre, on ne comprend pas.

On ne comprend pas qu’une poitrine naissante qui se dévoile au détour d’un débardeur petit bateau, un nombril à l’air et une petite jupette à fleurs qui laisse dévoiler plus que de jambes, cela ne laisse pas le sexe opposé indifférent.

A 13 ans, on est encore un enfant.

Puis comme au printemps, tout semble vouloir fleurir en même temps, on était encore en train de jouer à la poupée hier, que le lendemain on se retrouve femme.

Sans l’avoir demandé, sans que personne ne nous l’ai vraiment expliqué.

J’ai très mal vécu cette période, petite fille dans la tête avec le corps d’une femme, il devrait y avoir une matière au collège pour apprendre à l’appréhender.

J’avais une poitrine, trop grosse pour mon âge, des fesses trop proéminentes également, bref, ça y est, je me trouvais déjà trop grosse.

C’était l’époque des mannequins des années 90, Cindy, Linda, Naomi, Tatiana, Christy, Claudia et compagnie…

Je les trouvais tellement belles, je n’avais qu’un envie, c’était leur ressembler.

Elles, c’étaient de vraies femmes pour moi, tout ce qu’il faut où il faut et minces, surtout très minces.

Etre mince est alors devenu mon obsession pendant des années.

Moi qui était l’ado avec des formes qui faisaient se retourner les vieux pervers et suscitaient la risée des stupides garçons boutonneux ( coucou Frantz), je commençais à vivre un véritable cauchemar.

Je voulais à tout prix être mince, avoir des jambes fines,être transparente, ne pas avoir de seins, ne pas avoir de fesses.

J’enviais ces filles qui pouvaient tout mettre sans qu’aucune partie de leur corps ne soit spécialement mise en valeur, cette fille qui était en fait la femme cintre.

Je la détestais même. Car je n’étais pas comme elle. Je me démarquais.

J’étais « La Romaine » du roman d’Alberto Moravia.

Des formes trop lourdes et trop voluptueuses pour mon esprit si immature.

Le diktat de la minceur était déjà bien présent et j’en ai bien payé les frais.

Régimes à répétition, complexes maladifs,se cacher sous des vêtements qui, je le pensais, occultaient un peu ce que je ne voulais pas être.

J’adore la mer et la plage, pourtant y aller accompagnée était devenue l’épreuve ultime.

Je ne me levais jamais, j’allais me baigner quand tout le monde s’était endormi sous le soleil.

Il ne fallait surtout pas qu’on me regarde.

Puis on grandit et on commence à s’apercevoir que finalement, les formes, cela plaît à certains garçons.

Et on commence à aimer ça, plaire aux garçons. On commence à en jouer.

Puis viennent les grossesses qui viennent transformer votre corps, voire y laisser des marques indélébiles.

Avoir un sacré mental il faut avoir pour se regarder dans la glace après une grossesse : les vergetures, le ventre flasque, des rondeurs qui se sont installées et qui ont l’air d’avoir envie de rester, tu te tates et tu cherches la tonicité de tes 18 ans?

Youhou, où es-tu?

Mais devenir maman, c’est aussi ça.Accepter que son corps devient celui d’une maman, celui qui a porté un enfant et qui a donné la vie (ne pleurez pas, je vous en prie).

Sauf, que moi, souvenez-vous, je suis la maman qui veut être FEMME, FEMME, FEMME.

Alors, on y va au combat.S’accrocher. Régime. Se remettre au sport.Hop, hop, hop!

Surtout ne pas se transformer en patate, c’était mon adage (toi, qui me connais bien tu m’as entendue prononcer cette phrae des centaines de fois, n’est-ce pas?

Avoir vécu avec un homme qui trouvait toujours que vous aviez quelques kilos en trop et que vous pouviez toujours être mieux, qui vous interdisait de manger un dessert au cours des repas de famille, qui vous encourageait à vous affamer pour que vous soyez bien dans votre corps.

Tu parles !

J’ai compris qu’il y avait un problème quand après notre séparation,et ma maladie qui s’en ai découlée, il me dit un jour lors de la douloureuse passation d’enfant du week-end, qu’il ne m’avait jamais trouvé aussi belle.

Tout le monde me trouvait anorexique, je pesais 49 kilos.

Et lui me trouvait belle?

Il y avait réellement un problème qui existait.

Le problème c’était moi parce que j’ai cru pendant des années que c’était ça d’être belle, c’était lui parce qu’il a voulu me transformer en quelqu’un que je n’étais pas.

J’ai alors cessé de me mettre la pression.

Il fallait que je retrouve le chemin de la vie, et cela passait par l’acceptation de mon corps.

Il était là, il était à moi, seule moi pouvait m’entendre mieux que personne avec lui, et je ne devais plus autoriser quiconque à mal lui parler.

Pourquoi je vous raconte cela?

Pour vous dire qu’aujourd’hui, finalement à 37 ans, je m’assume.

J’essaie de prendre soin de moi, fais du sport mais je vis, putain, je vis.

Je mange,et je bois, je ne me prive plus et je n’ai plus l’obsession du corps de rêve.

Je suis comme je suis, apparemment plutôt pas mal pour mon âge et il ne faut pas que j’ai peur de le dire.

Avoir confiance en soi, c’est primordial et fondamental pour vivre sa vie à pleine dents.

Chez moi, cela passait par m’accepter, accepter de me regarder dans la glace sans faire la moue ou essayer de cacher mes fesses.

Se lever à la page devant tout le monde et ne plus avoir peur du regard des autres.

Accepter que l’on me trouve sexy bien que moi je me trouve toujours trop grosse (je vous apprends un truc les filles, non, se trouver toujours trop grosse?).

Mais aujourd’hui,je suis bien.

Alors, non, je ne suis par parfaite, loin de là.

Mais je ne suis pas TOP-MODEL, la bonne nouvelle :-).

Je m’habille comme je veux et je m’aime ainsi.

Vous montrer ces photos de moi, c’est une sorte de rédemption, la fin d’un travail de toute une vie.

Ce ne sont pas de belles photos, elles montrent également mes imperfections, mais elles sont moi et aujourd’hui j’ai envie d’assumer que « ça », c’est MOI.

Ceux qui me connaissent bien, savent que c’est un véritable effort que de faire cela, que je n’en aurai été incapable il y a quelques temps.

C’est fou, ce qu’à 37 ans, encore, on apprend.

Décidément, 2015, sera définitivement pour moi l’année de la remise en question, du changement et de l’acceptation de soi.

Comme quoi, il n’est jamais trop tard. Et cela ne fait que commencer.

En fait, j’ai l’impression, d’être au début du reste de ma vie.

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Le SAV de Noël

Noël me paraît déjà si loin…et pourtant c’était il y a 3 semaines.

Tant de choses se sont passées depuis. De bonnes choses.

Il y a eu ce 7 janvier aussi. Je n’ai pas souhaité écrire depuis, ni dessus (j’avais eu le malheur de publier mon article sur ma super escapade en Andalousie au même moment où se produisait la tragédie chez Charlie Hebdo et me suis sentie bien assez mal).

Aujourd’hui je me pose un peu pour savoir si comme je l’avais manifesté dans mon billet Si tout devient possible à Noël alors, la magie de Noël avait bien opéré.

Tout d’abord, matériellement parlant, je peux dire que j’ai été bien gâtée, j’ai même eu 2 cadeaux de ma wish-list, c’est que j’ai été très sage, hé.

Je vous écris avec l’un d’entre eux et porte l’autre au poignet. C’est déjà bien.Très bien.

Mais est-ce que j’ai réussi à obtenir ce qui me tenait vraiment à cœur?

Tout d’abord, nous avons eu la satisfaction de réunir chez nous, pour la première fois, les 2 familles.

Ce n’était pas une mince affaire, réussir à accorder les plannings et réunir tout le monde.

Et les parents de mon amoureux ont fait l’effort d’être présents tous les deux, alors qu’ils sont divorcés et je sais ô combien cela peut être compliqué ( je ne sais pas si je pourrai le faire moi même un jour plus tard, par exemple).

C’était déjà une grande satisfaction.

Se rendre compte que son amoureux est plus que parfait (d’ailleurs parfait dans son aide pour l’organisation de cette soirée) et une véritable épaule au quotidien, énormissime satisfaction.

Ne pas recevoir (ou presque pas) de critiques de maman, quelle autre grande satisfaction.

Ce 24 décembre, comme par magie, je n’étais ni trop grosse, ni trop maigre, mes cheveux n’étaient pas trop secs et je n’avais pas l’air de ne pas dormir depuis 1 mois.

A ses yeux du moins.

Et puis je lui ai enfin dit. Je n’ai pas réussi à lui dire en face mais j’ai réussi à lui écrire. A la fin d’un texto.

Oui, j’ai enfin écrit à maman « Je t’aime ».

Mais je n’ai pas eu de réponse.

Pas de « moi aussi ».

Pas de « ma chérie ».

Alors, vous comprendrez, je n’ai pas envie de recommencer. Pour l’instant.

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Le 23 décembre,la date était drôlement bien choisie, le bulletin de notes du grand garçon est arrivé.

Il était attendu et sans grande surprise, il était à la hauteur de mes espérances ( c’est ironique, bien sûr) : 9.5 de moyenne générale, un comportement je m’en fouttiste au possible et tous les professeurs soulignaient son manque d’implication et son irrévérence.

Je ne savais plus quoi faire.

Discussions interminables, silences insoutenables. Pas d’explication.

Insolence, paresse, insouciance et une sorte de révolte semblent s’être emparés de toi. Et tu trouves cela normal.

J’oeuvre à trouver une solution. Et écoute moi bien petit, je ne te lâcherai pas.

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Petit garçon lui, m’a comblée d’amour et de câlins. Comme s’il se disait qu’il devait compenser et qu’il avait lu ma peine quand il m’avait dit qu’il préférait papa, rappelez-vous c’était ici Parce que tu m’aimes tout là haut jusqu’au ciel.

J’ai même eu l’horrible satisfaction ( je le sais, ce n’est pas bien) de l’entendre dire qu’il voulait être tout le temps avec moi « mais tu comprends maman, si tu devais m’emmener à l’école tous les jours, tu arriverais tout le temps en retard au travail. Alors comme papa habite plus près de l’école, c’est bien aussi que je sois un peu chez lui ». CRO MIGNON.

Sans commentaires me direz-vous.

Donc le petit m’aime et il sait que je l’aime.

J’aime le grand ( je le déteste souvent parfois aussi en ce moment) mais lui a l’air ni de le savoir ni de m’aimer.

Alors s’il existe un service après-vente de Noël, je voudrai bien échanger tous mes cadeaux sans exception (même mes magnifiques perles d’AKoya AAA, désolée chéri) contre :

  • un je t’aime de ma maman ( je ne demande même pas mon papa car je sais qu’il en est incapable)
  •  un je t’aime de mon grand garçon
  • une prise de conscience (ou une demie) de mon grand garçon (je sais qu’à 13 ans c’est très dur de se rendre compte qu’on est en train de construire son avenir)

Voilà, c’est tout.

Est-ce que quelqu’un sait où je peux m’adresser?

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P-S : ne vous inquiétez pas pour moi, je garde espoir, je suis une battante et tant d’autres choses vont bien !

I will survive

13 ans déjà. Si grand et encore un enfant.

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Tu as déjà 13 ans.

Si grand et encore un enfant.

Encore un enfant, et pourtant, tout est devenu si compliqué.

Tout est source de conflit.

Manger un yaourt, se brosser les dents, ranger ta chambre, avoir un Iphone, faire les devoirs, prendre ta douche, vider le lave-vaisselle, descendre  la poubelle, discussions interminables sur le besoin réel d’avoir des vêtements et des chaussures de marque.

La vie de tous les jours d’un adolescent quoi.

Tout est si compliqué.

Si grand et encore un enfant.

Tu as déjà envie de faire ta vie, échapper à toute autorité, faire la sourde oreille aux règles, me montrer que tu peux me tenir tête.

Un ado normal en somme.

Sauf que toi tu revendiques en plus être un enfant qui en a déjà trop vu pour son jeune âge, ce qui te confère automatiquement plus de « droits ».

Je sais que tu m’en veux de t’avoir fait souffrir autant et j’ai également perçu à quel point tu as enduré ces tourments.

Les séparations ne sont jamais simples et comme je te l’ai dit tant de fois, «  il y a des choses qui se passent entre les grands qui ne regardent que nous et que vous ne pouvez pas comprendre, vous enfants ».

Je sais encore que tu as peur de te heurter à nouveau à la douleur et surtout de me voir comme il y a 5 ans.

Tu ne me le dis pas, mais je le sais. Une maman sait.

Tu as été l’homme de la maison  alors que tu étais encore un petit bout (d’homme).

Il faut que tu saches que c’est aussi et surtout grâce à toi et ton frère que j’ai surmonté cette épreuve.

Il faut que tu saches que si tu m’as vue partir, c’est toi qui m’as fait revenir.

Il faut que tu saches que je repense souvent à la force dont tu as fait preuve pour affronter ces difficiles moments de notre vie qui, je le regrette profondément, t’auront marqué au fer rouge pour toujours et surtout que je suis fière de toi.

Malgré tout ce que tu peux penser.

Aujourd’hui tu es en enfant fragilisé, qui ne croit plus en l’amour (ce sont tes mots), qui ne fait confiance en personne et dans la recherche permanente d’attention.

Tu as peur d’être déçu, qu’on ne te voit pas, qu’on ne t’entende plus.  Je comprends.

Aujourd’hui ta maman a retrouvé un amoureux qui s’occupe bien de toi mais tu ne lui fait pas confiance.Je comprends cela parfaitement, aussi.

Il ne faut pas que tu m’en veuilles d’aimer un autre homme que toi et de ne plus être qu’une maman.

Crois-moi, ta maman a beaucoup plus à donner quand elle est amoureuse et épanouie.

Tu apprendras une chose quand tu grandiras, une maman aime toujours ses enfants, quoi qu’il arrive.

Mais tu as peur que tout recommence.

Nous sommes plus forts maintenant, tu le sais, je te le répète incessamment.

Fais-moi confiance. Fais-nous confiance.

Ces moments de tension où tu recherches en permanence la confrontation pour vérifier si je t’aime, je les entends.

Mais comme je suis ta maman, je veux que tu grandisses dans les meilleures conditions, que tu te construises avec de véritables valeurs.

Je ne veux surtout pas que tu te victimises éternellement parce que tu as côtoyé la peine de si près.

Je veux que tu transformes tout cela en force, volonté et caractère.

Je ne veux surtout pas que tu deviennes un handicapé des sentiments.

Je veux que tu fasses de nouveau confiance, que tu crois en l’amour qui dure, sincère et désintéressé.

Si je suis exigeante avec toi, au point que tu me trouves vraiment pénible,c’est parce que je ne veux pas lâcher.

Si j’ai pu indirectement te porter préjudice et contribuer à cette allergie que tu fais aux sentiments positifs, je veux y remédier.

Non, en fait, je vais y remédier.

Pour cela, je vais encore être pénible longtemps, nos discussions vont continuer, tu vas crier, je vais m’énerver, tu vas me détester, nous allons encore pleurer.

Cette fois-ci en revanche, tout cela ne sera pas en vain, je te le promets.

Parole de maman. De maman qui t’aime.

Si grand et encore un enfant. Mon enfant.

Joyeux anniversaire mon chéri.

Rui et moi