L’amour je…jetable?

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Parfois dans mes rêves qui ressemblent plus à des cauchemars, je me revois, couchée sur le sol marbré de la cuisine de mes parents.

Mon visage amaigri par tant de jours de privation, de nourriture mais encore plus d’amour, baignant dans ses propres larmes qu’il ne soupçonnait pas si amères.

Ce jour-là, je venais de me faire larguer comme un kleenex, à peine remise de mon accouchement, mon utérus peinait à retrouver sa place, mon cœur ne savait plus où était la sienne.

Oui, je venais bel et bien de me faire congédier comme une pestiférée, par téléphone, en deux phrases.

Je me souviens d’un épisode de Sex and the City dans lequel Carrie Bradshaw se faisait larguer par Burger (qui cela dit au passage était un mauvais coup), sur un post-it.

Elle avait du mal à comprendre comment on pouvait faire preuve d’autant de lâcheté, alors qu’entre adultes, à vrai dire, il est tout de même simple d’avoir une conversation plus ou moins censée selon les personnes.

Moi aussi.

Mais tout le monde mérite une explication, même notre pire ennemi.

Se faire jeter à la poubelle comme un vieux kleenex post-rhume, une vieille feuille sur laquelle on a trop écrit, une page de son agenda imbibée de café.

Ce jour-là, je venais à mon tour de comprendre ce qu’était l’amour jetable, se servir, consommer parfois jusqu’à l’intoxication, en redemander, puis décider comme si d’une chemise il s’agissait, de la jeter sans crier gare.

On se sert des gens comme de biens courants de consommations, on oublie qu’ils ont des sentiments, une âme, un cœur, des rêves, des projets.

On ne réfléchit pas trop, on fuit les problèmes, on ne se remet surtout pas en cause, il est tellement plus facile de faire table rase de tout et de faire comme si rien n’avait jamais existé.

Si aujourd’hui je vous parle de l’amour jetable, ce n’est pas pour m’apitoyer sur mon sort qui a finalement cassé la gueule au destin.

L’amour jetable, j’en entends parler tout le temps.

Régulièrement, trop à mon goût, j’apprends la séparation d’un couple, sans aucun préavis ou de signe avant-coureur.

Je suis parfois si triste de l’apprendre, déçue par le comportement de certains, désappointée par l’attitude de certaines.

J’essaie d’en savoir plus, de pousser les gens à communiquer, constatant trop souvent que les gens n’ont pas de raison digne de ce nom pour envisager des chemins séparés.

J’ai parfois l’impression que les couples empruntent trop facilement la voie de l’impasse, ne désirant pas voire les difficultés submerger leur quotidien qu’ils rêvent idyllique.

Mais qui ne l’a pas rêvé ?

Oui, parce qu’il est vrai que quand on se met en couple, on se croit invincible, plus forts que les autres, rien ne peut nous atteindre.

On est amoureux, aucune peine, souffrance ou problème n’osera s’attaquer à notre cocon, non, ils n’oseraient pas ces cons.

Pourtant, l’expérience nous apprendra à tous que le sentiment amoureux ne nous immunise pas contre les échecs, les faiblesses, les tracas du quotidien.

Quoi de plus propice à la friction d’un couple que d’habiter ensemble et découvrir les petits défauts dissimulés de l’autre, ses imperfections, son intimité ?

Alors, quand la première difficulté fait face, on se dit que ça y est, tout est fini.

Finalement, « on n’était peut-être pas fait pour être ensemble ».

Je suis peut-être vieux jeu, mais ne pensez-vous pas que dans une ère de consommation comme la nôtre, l’amour est devenu lui aussi un bien jetable, bac non-recyclable?

Quand l’amour ne correspond soudain plus aux illusions que nous nous étions faites, on le jette sans réfléchir aux conséquences.

On s’empresse de s’inscrire sur un site de rencontres, comme si la personne qui était allongée dans votre lit la nuit d’avant et les 7190 précédentes n’avait fait que passer, un fucking friend quoi.

Allez, salut !

On oublie de souffrir, là, tout de suite.

On balaye des années de joies et de bonheurs, de projets rêvés et réalisés, on semble aussi parfois oublier qu’on a eu des enfants et la raison qui nous a poussés à vouloir être parents.

Aurions-nous une mauvaise définition de la vie à deux, d’une relation ?

Une relation doit nous enseigner à nous dépasser, à accepter l’autre tel qu’il l’est et non pas tel que nous le voulons, à notre image.

Nous devons apprendre à nous améliorer pour mieux vivre ensemble !

Quoi de plus facile d’être amoureux quand tout va bien dans le meilleur des mondes, au pays de Candy ?

Je trouve que c’est justement dans les difficultés que l’on peut vérifier les capacités de l’autre à aimer, à écouter, à communiquer.

C’est ensemble que l’on doit essayer de trouver une solution aux problèmes.

Alors, évidemment, ce n’est pas simple.

Cela demande beaucoup de travail et surtout de la volonté, cela peut devenir un véritable parcours d’endurance : faire des concessions, fixer nos limites, gérer nos émotions mais aussi nos réactions, s’adapter, accepter un peu de changement, respecter l’autre et ce qu’il est, écouter, s’exprimer et laisser l’autre le faire, et surtout, je ne vous apprendrai rien, COMMUNIQUER.

Pourquoi est-ce qu’au début d’une relation, on est prêt et l’on se sent capable de déplacer des montagnes, et quand les premiers tracas font leur apparition, on se sent la mobilité d’un pachyderme ?

Evidemment, tomber et s’écorcher à vif cela nous forge, cela fait de nous des personnes plus fortes.

On se passerait pourtant de certains apprentissages et de certaines blessures, n’est-ce pas ? (ouiiiiiiiii).

Heureusement, beaucoup de couples y arrivent et sont pour moi des modèles.

J’ai récemment fait la connaissance d’un couple qui a vécu l’enfer d’un cancer du sein foudroyant, un autre qui avait perdu un bébé, épreuves aux immenses séquelles, on peut l’imaginer.

Des années après les avoir traversées, contournées et anéanties, ces épreuves, ils se sentent plus amoureux que jamais, leur amour renforcé de leur victoire commune.

Alors permettez-moi de dire que ceux qui abandonnent tout pour un surplus de kilos, une trop grosse charge de travail, une manie dérangeante, une baisse de libido, une incompatibilité de hobbies, un ongle incarné ou je ne sais quel autre motif qui n’en est pas vraiment un, devraient se remettre un petit peu en cause.

L’arc-en-ciel après la pluie, vous connaissez ? Cela n’existe pas que dans les Bisounours !

Photo prise après une grosse tempête...
Photo prise après notre premier orage ensemble

Accrochez-vous, putain !

Vivant moi-même une très jolie histoire, je peux affirmer sans avoir à demander l’autorisation de ma moitié que nous sommes très heureux en couple.

Ce n’est pas pour cela que nous n’avons pas de difficultés, ô que si, et elles sont de taille, notre modèle familial étant assez chamboulé, mais ça, j’en écrirai un jour un livre !

Elles sont d’ailleurs peut-être bien supérieures à celles rencontrées dans nos relations précédentes, ce qui peut paraître complètement fou.

Seulement avec lui, ou plutôt devrai-je dire ensemble, elles nous paraissent moindres et nous avons su en parler, les contourner, leur dire merde et avancer.

Les kleenex, nous avons décidé de les garder pour notre session de visionnage de «The Notebook »…ou nous faisons désormais l’usage de mouchoirs en tissu…ça se lave, et hop, c’est reparti !

Oui, je sais, il est presque parfait et je ne vous mens pas : il accepte de regarder avec moi « The Notebook », avec Ryan Gosling, oué.

Si ce n’est pas de la concession et de la capacité à s’adapter à l’autre, ça 😉 ?

Bonne soirée et bonne fête de la musique !

« Marie d’en haut », par Agnès Ledig, un hymne au bonheur.

Alors que j’attends depuis des semaines le nouveau diamant de Virginie Grimaldi, « Tu comprendras quand tu seras plus grande », trois livres me faisaient de l’œil sur le bord du lit, à côté de la petite boule de neige marmottes et de Notre Dame de Fatima.

Je les ignorais comme cela n’est pas permis, me disant que si le facteur daignait enfin m’apporter le livre de Virginie, j’allais les oublier lâchement, comme s’ils n’avaient jamais existé, les laissant orphelins avant l’heure.

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Décidément, je suis vraiment une mauvaise mère.

Le facteur étant peut-être en grève, le mauvais œil ayant éventuellement encore frappé ou le facho de voisin ayant possiblement sévi, la boîte aux lettres demeurait toujours aussi vierge.

J’ai alors timidement cédé à l’appel de « Marie d’en haut », d’Agnès LEDIG qui fut d’ailleurs son premier roman.

J’avais lu il y a quelques temps « Juste avant le bonheur », livre qui m’avait bouleversée et qui ne laisse assurément personne indifférent.

Ce fut un de mes grands coups de cœur de ce début d’année 2016.

« Marie d’en haut » c’est l’histoire de 3 adultes brisés par une enfance difficile : Olivier, Marie et Antoine.

Marie a 30 ans, est agricultrice dans une vallée de montagne perdue et élève seule son adorable petite fille, Suzie.

Elle a une forte personnalité et un caractère bien trempé, qu’elle nous révélera joyeusement à de nombreuses reprises.

Olivier, lieutenant de gendarmerie par dépit, souffre-douleur de ses parents, recueilli finalement par la gentille voisine Madeleine, personnage torturé et désabusé, se fait muter dans la vallée des naufragés de l’amour.

Enfin Antoine, meilleur ami de Marie, victime lui aussi de la violence de ses parents, pour une raison différente que je ne peux révéler ici sans parler de l’intrigue, raison qui l’a poussé à quitter son Cantal natal et s’éloigner de sa famille qui l’empêchait d’être lui.

Un fait divers permet à ces trois personnalités blessées de nouer un curieux trio, rencontre qui va bouleverser leur vie à tout jamais.

On découvre comment et pourquoi Marie élève sa fille seule, leurs fêlures, leur fragilité mais aussi leur force à vouloir se reconstruire, l’importance de l’amour et du regard des autres, la bienveillance.

Agnès LEDIG aborde avec simplicité, justesse et humour des sujets graves et prenants, dans un style fluide et vivant.

Si aucun de ces personnages n’a été épargné par la vie, ils décident de la défier et de la vivre pleinement, bien que celle-ci les mette régulièrement à l’épreuve et on lui en veut tellement pour cela, à cette chienne de vie parfois, de na pas leur offrir un moment de répit si mérité.

Oui, parce qu’on s’y attache à ces personnages.

De mon point de vue, ce roman est une cure d’amour et de tendresse, dans lequel on arrive à voir le beau dans le moins beau, la tendresse dans la dureté, la joie dans la tristesse.

C’est un roman d’espoir, tout comme l’est « Juste avant le bonheur ».

C’est une leçon de vie, qui nous enseigne la tolérance et nous rappelle combien il est important de vivre chaque jour comme le dernier.

Je vous avouerai avoir refermé le livre le visage baigné de larmes, le mascara coulant, le fond de teint creusé de sillons me faisant ressembler à une vieille prostituée.

Je sanglotais à chaque phrase et poème en hommage à l’amour, à cette peine ressentie malgré tout dans ce sentiment de bonheur si fort et intense.

J’étais dans le roman à deux mille pour cent, j’étais copine avec Marie et Olivier, j’avais envie de venir en aide à Antoine, je me plaisais pleinement à la ferme, j’avais envie d’adopter Suzie.

Et c’est exactement ce que j’attends d’un livre.

Je ne le répéterai jamais assez, l’auteur qui arrive à me faire rire et pleurer à travers ses mots a accompli pleinement son devoir auprès de moi.

Un tourbillon d’émotions, de sentiments et de réflexions.

On ressent, je pense, le vécu personnel de l’auteure qui a su retrouver le chemin de bonheur après un épisode tragique, le décès d’un de ses enfants.

Je remercie Agnès LEDIG d’avoir su me toucher par sa justesse et son regard sur la vie, on ne nous dira jamais assez qu’il faut en être acteur et pas spectateur.

Sans vous dévoiler les nombreuses autres ficelles du roman, vous comprendrez que je vous conseille indéniablement cette lecture, ce moment de partage, ce voyage vers le cœur, cette mélodie d’amour.

Je n’ai aucun talent pour la critique littéraire, mais vous livre mon ressenti sincère.

Je vous laisse avec un extrait du livre, un échange entre Olivier et Marie, qui me parle énormément :

Tu m’aimeras toujours ?

Toujours.

Et si j’ai les seins qui tombent ?

Je les relèverai.

Et si j’ai de la peau d’orange sur les cuisses ?

Je t’éplucherai.

Et si j’oublie tout le temps où j’ai mis mes lunettes ?

Je les chercherai.

Et si j’ai un dentier ?

Je ferai tremper le mien à côté du tien.

Et si je ne peux plus marcher ?

Je te porterai.

Et si je deviens méchante ?

Je te l’interdirai.

Et si je tombe malade ?

Je te soignerai.

Et si je meurs avant toi ?

Je te survivrai.

Bonne fin de journée et n’oubliez pas de croquer la vie à pleine dent !

La femme derrière l’homme. Pourquoi pas vice versa? (le titre de malade)

Il ne manquait plus qu’une dernière phrase à mon billet sur mes derniers coups de cœurs littéraires (après mes déceptions) et une petite relecture au fond du lit.
Mais prise d’une flemmite aiguë, j’ai appuyé sur pause et ai eu envie d’aller voir ailleurs.

Ne fuis pas, je n’ai pas trompé mon mec.

Ni toi d’ailleurs, je suis un modèle « Fidèle ».
Cela faisait des semaines que j’avais envie de regarder le biopic sur la vie de  Einar Wegener, devenue Lili Elben  » The Danish Girl ».
Chose faite hier soir (malgré la gastro, les deux trains supprimés et l’enfant malade, oué).
Et j’avais envie de vous en parler, là tout de suite, à chaud, en sueur et en petit débardeur.
Pas nécessairement du film, vous avez pu lire ici et là de très jolies critiques auxquelles je ne viendrai rien ajouter de très constructif, sauf si j’avais envie de fleurir les balcons.
Je viendrai juste signifier ma vive émotion après avoir vécu avec Gerda la transformation du célèbre peintre danois en Lili, celle qu’il a toujours intimement été et qu’il ose enfin révéler.
Eddie Redmayne excelle dans ce rôle (il court le risque de rafler son deuxième oscar, c’est mon humble avis), sa sensibilité et ses émotions à fleur de peau transpercent l’écran, au point de vous faire ressentir tout ce qu’il vit, ses doutes, sa souffrance, ses envies, sa féminité, son amour pour Gerda, malgré tout.
Mais pas que.
Une nouvelle fois, à travers ce film, je vois la grande femme qui se cachait derrière le peintre (le grand homme) dont toute la critique vantait le talent, alors qu’elle même peinait à faire connaître son art.
Elle a certes encouragé son époux à se féminiser lorsqu’elle l’invitait à poser pour elle, ce qui lui vaudra plus tard un franc succès.

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Et curieusement, c’est déjà dans un autre film avec Eddie Redmayne, toujours basé sur une histoire véridique, que je vous parlais déjà ici, de l’importance d’une grande femme derrière un grand homme.
Ce post ne se veut absolument pas féministe, remballez vos fourchettes et vos stilettos.

Cependant je trouve qu’il paraît souvent trop naturel qu’une femme se sacrifie pour son homme, qu’elle abandonne ses rêves, sa carrière, ses amours pour accompagner le mâle dans son accomplissement, son épanouissement et même la recherche de soi.

Je vous entends déjà dire que c’est au nom de l’amour.

Bien sûr. Mais l’amour justifie-t-il tout?

Combien d’histoires ou de vies où l’on vous raconte l’inverse connaissez-vous ?

Pourquoi est-ce que ce ne serait pas l’homme qui se positionnerait sur l’autel du sacrifice ?

D’ailleurs, quand on est en couple, doit-on nécessairement vivre dans l’ombre de son conjoint ?

Est-ce que l’un doit être en position ON, l’autre OFF, la femme éteinte, l’homme allumé ?

Pourquoi ne peut-on pas former une petite constellation ?

Trop de questions, je rentre en processus d’auto-modération, d’accord.

Prenons l’exemple de vie de milliers de femmes, très banal mais aussi très réel.

Le quotidien de la femme est souvent un marathon, adepte du running ou pas.

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Crédit Photo : bonjourworkingirl.tumblr.com (sur Pinterest)

S’occuper des enfants, les emmener à l’école, courir tirée à 4 épingles et en talons pour arriver tout sourire au bureau  (moi je mets des baskets mais bon), souvent ne pas terminer son travail car elle se doit de rentrer faire les courses, préparer le dîner, lancer la machine, etc…

L’homme, lui, rentrera souvent bien plus tard, exténué pas sa journée, mais préservé du 42.195 km, pour mettre les pieds sous la table.

L’homme peut-être souvent en déplacement, il ne soucie pas trop du quotidien de la maison, la femme gère impeccablement d’ailleurs, what else ?

Mais le mâle a le droit, car il rapporte souvent plus d’argent au foyer, son travail est donc considéré bien plus important.

Et la femme, elle, n’a pas d’autre choix que de s’écraser, c’est la vie qui est ainsi faite, entend-on trop de fois.

Ceci devrait être un vieux stéréotype.

On devrait utiliser l’imparfait pour en parler.

Mais ce n’est pas le cas, bien que cela vous en déplaise (dansez la javanaise alors, ok je sors).

« Les temps changent » dit mamie, « et la femme est à égalité avec l’homme, on n’a jamais connu une chose pareille, de notre temps ! »

Nous vivons fort heureusement dans une société au sein de laquelle les tendances évoluent et la place de la femme commence à compter, enfin.

Pourtant les choses ne sont pas si évidentes, je réitère ma pensée initiale.

Nous avons la chance d’être en France, imaginez-vous ce qui se passe dans d’autres pays, mais nous aimons souvent à nous mettre des oeillères, à défaut d’être voilées.

Je pourrai continuer à coucher sur le clavier des montagnes de revendications, des multitudes d’exemples de femmes qui s’oublient quelque peu pour permettre à leur mari de ne pas s’oublier eux-mêmes et de voler dans les hautes sphères de la reconnaissance sociale et professionnelle.

Je ne suis pas dans la guérilla du féminisme, les FEMEN, ce n’est pas mon truc, je te l’ai déjà dit, je n’aime pas me balader seins nus dans la rue.

Mais voilà, ces deux films ont suscité en moi, malgré des histoires très différentes, ce sentiment d’admiration envers ces grandes femmes qu’étaient l’épouse de Stephen Hawking et de Einar Wegener (devenu Lili) et je voulais l’écrire, encore une fois, en caractère 72, en gras, surligné au stabilo rose.

« Oui,derrière chaque grand homme, se cache souvent une très grande femme.

Mais aux dépens de qui ?»

Et vous, vous êtes plutôt en mode ON ou en mode OFF dans votre couple ?

 

Présidente du Fan-Club d’Eddie Redmayne,

Féministe Refoulée,

Mais toujours bonnasse.

Pas de Saint-Valentin pour nous cette année

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A l’hôtel Meyerhold SPA, Paris 9ème

Pas parce que nous avons décidé de faire nos rebels et de nous hisser aux côtés de la ligue des anti Valentine’s Day, militer tous culs nus dans la rue, tout le tralalala.

Définitivement pas (tu sais à quel point je suis pudique).

Laissez-moi vous confesser que nous sommes plutôt bons clients en matière de célébrations (oui des chocolats aussi, surtout les milkyway), nous ne ratons pas un clin d’œil du calendrier pour une petite attention, Outlook n’a même pas besoin de nous faire de rappels.

Tout est prétexte à faire, à dire, à offrir, à plaire, à se souvenir.

Souvent je me dis que j’aurai du vivre à l’époque de Lord Byron, être l’héroïne d’un roman de Jane Austen ou encore jouer dans « Orgueil et Préjugés ».

Sauf que ce ne serait pas compatible avec la Bridget Jones que je suis parfois (et je ne suis pas Keira knightley, détail non négligeable).

« La Belle su Seigneur » est de tous les temps, mon roman préféré, cela vous en dira quelque chose sur ma personnalité.

Je devrais mettre « romantique invétérée » sur mon CV, je suis consciente que je ne dis pas toute la vérité.

Heureusement, j’avais annoncé très vite la couleur à l’amoureux.

Nous étions ensemble depuis très peu de temps, quand je lui ramenais déjà (après un séminaire à la montagne), une kitschissime petite boule de neige avec un couple de marmottes et des petits cœurs.

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Nos marmottes qui nous protègent, chez nous

Pour qu’il ne prenne pas peur et qu’il ne s’enfuie pas la queue entre les jambes, je lui avais également offert un t-shirt sur avec le kamasutra des marmottes.

Cela faisait 1 pour l’amour, 1 pour le sexe, balle au centre.

Tout est une question d’équilibre dans la vie, n’est-ce pas ?

Et l’homme est resté (toujours la queue entre les jambes).

Nous ne fêterons pas la Saint Valentin le 14 février car nous ne sommes tout simplement pas disponibles, le calendrier affiche « date de recomposition de famille ».

Et oui, vacances scolaires obligent (encore ?!!!!), nous redevenons une famille au complet, ce qui dans notre cas, redevient la priorité.

Alors, nous, la Saint-Valentin, nous la célébrons un peu quand on veut, quand on le peut.

Oui, je sais, cela va te paraître bateau et complètement banal, mais c’est pourtant vrai, juré, craché (sans photo à l’appui).

Et finalement je crois que c’est ainsi que l’on devrait tous faire.

Le week-end dernier par exemple, l’amoureux avait détecté que j’étais sur le fil rouge, après une période compliquée (lui avec une charge de travail qui ne fait qu’accroître, l’adolechiant au top de sa forme, moi qui patine dans mes projets).

Il m’a annoncé vendredi que nous nous ne dormirions pas à la maison, qu’il avait réservé une chambre sur Paris dans un charmant hôtel.

Nous avons envoyé valser nos tâches quotidiennes plus tôt que prévu et nous sommes retrouvés, dans tous les sens du terme.

Restaurant corse, orgasme des papilles, verre de chianti, pièce de théâtre drôle juste ce qu’il nous fallait et délicieuse nuit.

Prendre un bon petit-déjeuner sans être pressé, s’accorder du temps, au bon moment.

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Adieu les Watabix en 5 minutes aujourd’hui !

What else ? Tout le reste restera entre lui et moi, je ne sais pas si vous êtes tous majeurs par ici.

Nous avons déambulé dans Paris le lendemain, comme de jeunes touristes en lune de miel.

C’est tout con hein, mais ça te remplit la chaudière de fuel pour un moment !

Et notre quotidien peut ainsi se parsemer de jolis détails, Saint-Valentin ou pas.

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Les jolies couleurs de la rue Crémieux que nous n’avions jamais vues en vrai avant

Se faire plaisir, serait si nous le pouvions, remplir le calendrier des chiots que tu t’es senti obligé d’acheter au facteur, tous les jours avec des cœurs en guise de croix, et pas seulement aux dates stipulées officielles.

Un texto, un gâteau, un câlin, une bouquet, un silence, une rose, un sourire, une tenue, et mille autres choses que nous nous offrons tous les jours.

Alors, cette année, la Saint Valentin nous ne la célébrerons pas pendant, mais l’avons croisée avant et partirons à nouveau à sa rencontre après.

Et vous ?

PS1- Parce que c’est toi, je peux te confier que l’amoureux dort encore avec le t-shirt marmottes (so sexyyyyy)

PS2- Parce que tu es encore là, je veux te dire aussi que la boule de neige siège dignement dans notre chambre (so kitschyyyyy)

PS3- Que la force soit avec vous 😉

C’est l’histoire d’un dîner presque parfait, d’une robe trop moulante et d’un mariage qui n’aura jamais lieu…

Lors de nos festoyances des 1095 jours (quoi tu ne sais pas que nous avons franchi avec succès ce cap fixé par Fred Beigbeder), nous avions décidé  de nous faire plus que plaisir, de nous amputer d’un demi-salaire mais surtout de vivre un moment inoubliable, tout ceci avant l’arrivée du 1er acompte des impôts (garder les escarpins sur terre, toujours, il le faut).
Nous avons donc rendu  visite à Alain qui avait pris, depuis quelques années déjà, ses quartiers chez Gustave (Eiffel).
Surmontant mon vertige qui s’aggrave au fil des années, parée de ma superbe robe rouge (qui me fait des seins enooormes à l’insu de mon plein gré, personne ne me l’a dit, comment est- ce possible, j’avais l’impression d’être une actrice X sur les photos), nous voilà simplement mais avec classe accueillis à 123 mètres du sol, 2eme étage de la Grande Dame donc.
Comme demandé lors de la réservation, nous avons été installés à une table près de la fenêtre, avec une vue imprenable sur la capitale.
Étoiles plein les yeux, paillettes sur le string, rouge à lèvres passion Chanel, effluves de parfum langoureux, nous ne pouvions être plus que ça dans un état de romantisme (gnangnantisme) aigu, profond mais recherché, il faut se le dire.
J’aime les adjectifs qualificatifs.
Nous savourions notre cocktail Eiffel qui nous avait déjà coûté une demi-cuisse, nous jurant un amour éternel (je restais néanmoins inébranlable par rapport à ma position d’avoir un bébé, faut pas déconner non plus), quand un couple apparemment étranger est venu s’installer à la table voisine de la nôtre.
Très vite, je les entends parler une langue que je connais très bien, ils parlaient le portuguech.
Je laisse alors traîner une oreille pour écouter ce qu’ils disent, j’adore faire ça quand les gens ne savent pas que tu comprends leur langue étrange (et puis tu sais bien que nous les portugais, on est tous un peu concierges dans l’âme).
Nous avons choisi le menu Expérience à 5 plats qui, au stade du 1er plat, m’avait déjà amputée des deux jambes, de mon ventre fripé de maman (pas grave) et du sein gauche (que j’aime plutôt bien, ça me contrariait un peu plus).

Vous l’aurez compris, jamais le Jules Vernes pour un premier rendez-vous.

Vous imaginez si c’est foiré? Vous mangez des coquillettes-jambon pendant 6 mois.

J’entends ce charmant compatriote, apparemment issu d’une classe huppée et semblant presque blasé de fréquenter des restaurants étoilés, lancer à sa charmante épouse que j’avais vraiment l’air pitoyable en train de prendre des photos.

Je me suis retenue de lui dire qu’il n’avait pas l’air con avec ses chaussettes rouges et jaunes à petits pois.

Je me tais, mi-mièvre, mi bourrée, ignorant cette remarque et laissant tout de même mon portable de côté pendant quelques minutes, décidée à continuer de faire exploser le zip de ma robe.

Foie-gras de canard confit, saint-jacques dorée  et turbot engloutis avec l’art et la manière d’un restaurant si chic (alors qu’en vrai j’avais envie de lécher mon assiette et invoquer tous les Dieux tellement c’était succulent), arrive le moment du premier dessert.

3 personnes s’approchent alors de notre table avec les assiettes en nous souhaitant en cœur « Joyeux anniversaire de mariage ».

Dans une assiette sans prétention se disposait un vacherin contemporain mangue, citron vert et vanille, sur laquelle trônait royalement une bougie, the bougie.

Oui, une bougie, difficile d’en mettre 1095 les amis.

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Nous avons ri quand nous avons entendu « anniversaire de mariage » et avons soufflé comme des enfants, déposant sur ledit vacherin quelques vapeurs d’excellent alcool.

La personne qui avait pris la réservation avait du noter anniversaire de mariage à la place de « anniversaire de rencontre ».

Quelle est la différence?

Attention, cette remarque anodine n’est pas passée inaperçue à l’inspecteur Derrick qui décalquait avec un peu plus de minutie que le savoir-vivre ne le permet, nos doigts entrelacés.

J’étais soulagée, ma manucure datait de la veille, aucun souci de ce côté-là, je laissais alors retomber la pression (pas de ma robe, ne t’emballe pas).

« Regarde Joana, ce sont des menteurs.

En fait, ils ne sont pas mariés, aucun d’eux ne porte d’alliance.

Ah oui, c’est vrai ça, pourquoi se font-ils passer pour des gens mariés alors ?

Ce sont peut-être des serials menteurs, ils s’inventent une vie.

Oui ou peut-être qu’il s’agit d’un couple illégitime ».

Non, tu n’es pas dans l’épisode 43 de la saison 78 des Feux de l’Amour du Brésil.

Je suis bon public, j’ai ri, et j’ai continué à entretenir ma panse.

Le dîner s’est merveilleusement bien passé et bien que cela ne soit pas l’objet de ce billet, je vous recommande vivement ce restaurant, pour une occasion spéciale, évidemment.

C’est assez magique et étrange, de savoir que tu te trouves à l’intérieur même d’un des monuments historiques les plus visités au monde, le symbole de Paris, le fief du romantisme, à déguster un repas de gala, avec un personnel attentionné mais non envahissant.

C’est comme un rêve de petite fille.

Mon autre rêve de petite fille était de faire un mariage de princesse.

Bon, j’en ai déjà parlé ici, pour moi c’est raté, cela se produira certainement dans une autre vie, je ne perds pas espoir hein, je n’ai pas été sage dans celle-ci, je n’avais qu’à écouter mes parents.

Ce fut longtemps pour moi un sujet très sensible, vivant toujours par procuration le bonheur des demandes en mariage de mes copines, me demandant pourquoi elles et pourquoi pas moi.

Une fois que tu as tourné la page, 22 300 verres de vodka et autant de plaquettes de chocolat au beurre salé plus tard, tu te fais une raison.

Je ne suis pas mariée, je ne porterai jamais de robe blanche (en même temps, t’as vu les kilomètres au compteur maintenant), sur lesquelles j’ai bavé mille ans et me suis imaginée pieds nus, sans culotte, courant dans un champ de coquelicots, cheveux aux vents.

Certes.

Est-ce que le mariage est vraiment ce qui rend un couple légitime ?

J’ai longtemps pensé que oui, me disant que j’en aurai marre d’être présentée à 107 ans et quelques dents en moins, toujours comme « l’amie », « la concubine », la « chérie », la « compagne ».

Je voulais être la « femme de ».

Je ne le serai pas, ça fait un peu suer les marmites, surtout quand tu sais qu’avant toi, une autre a eu droit à tout le tralala et quand observe aujourd’hui le résultat …(best-of de gros mots).

Et bien laissez-moi vous dire que ce n’est pas pour cela que je ne serai pas heureuse, que je ne  vivrai pas intensément nos moments de bonheur.

Ce n’est pas parce qu’il y aura à chaque fois deux noms sur les réservations des chambres d’hôtel ou que je me ferai encore draguée parce que « tu ne portes pas d’alliance Mademoiselle », que je me sentirai moins le droit d’aimer et d’être aimée.

Ce n’est pas parce que notre union ne sera pas célébrée devant témoins, qu’elle n’en sera pas moins vraie.

Et peut-être que quand dans 1095 autres jours, nous retournerons au Jules Vernes, je continuerai à glousser comme Kevina,toujours dans ma robe rouge trop moulante  à prendre des photos comme la première fois, et sur la table je danserai la Samba (c’était juste pour la rime), mariés ou pas, je ne me sentirai pas moins légitime pour cela.

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Bonne semaine à tous chers concubins !

1095 jours

Grèce-Cris et Ludo

1095 jours.

A l’heure exacte à laquelle se publiera ce billet, cela fera exactement 1095 jours que tu es entré dans ma vie avec ta chemise rose à fleurs (que tu as eu la bonté de faire disparaître depuis), tes savons de Marseille, ta petite fille aux airs de princesse (juste aux airs), ton eczéma et tes habitudes méthodiques de rangement.

12 janvier, 18 :15, 15 minutes de retard, des mojitos, un froid de canard, une jupe en cuir, des copines inquisitrices, des bottes de grand couturier, pas de rouge à lèvres.

Quelques minutes auront suffi pour que tu succombes à mon charme, et moi, par solidarité, au tien.

Ma situation compliquée et les grandes blessures que j’arborais ne t’ont pas fait déguerpir sur le champ, tu étais un battant.

Nous avions un point en commun, nous étions tous deux des grands blessés de guerre qui essayaient malgré tout de reprendre le chemin de l’accomplissement.

Nous étions là, vivants, presque renaissants.

1095 jours que nous ne nous sommes vraiment quittés.

J’ai déjà évoqué tes qualités un peu plus haut, parlons un peu de tes défauts.

Ton entêtement, ta persévérance à vouloir quelque chose, ta détermination sans faille : c’est grâce à eux que nous sommes où nous sommes aujourd’hui.

Ta bonne humeur constante, elle aussi m’insupporte, je me demande ce qui n’est pas bien branché chez toi pour que tu sois toujours doux et souriant.

Tu me fais culpabiliser de préférer embrasser mon oreiller à l’heure où le réveil sonne, plutôt que de t’offrir mon haleine matinale.

1095 jours et nous avons déjà accompli tant de choses : nous avons beaucoup voyagé, édifié des tas de briques dans lesquelles j’ai voulu donné un coup de pied parfois, acheté notre appartement mais surtout, surtout, nous avons été heureux.

Heureux comme jamais, parmi toutes nos relations précédentes nous sommes unanimes sur ce point aussi, nous n’avons jamais été aussi heureux, aussi longtemps.

Encore un point en commun, serions-nous faits l’un pour l’autre, vraiment ?

Tu ne condamnes pas mon romantisme gluant, tu t’en réjouis et t’en émeut, souvent.

Tu aimes mon corps de maman que j’ai si longtemps malmené et que j’assume maintenant.

Tu ne pars pas en courant quand je me transforme en petite fille hystérique qui tape des pieds parce qu’elle ne veut pas aller chez le médecin.

Tu ne comprends pas toujours mes silences, mais tu les acceptes.

Tu rigoles de mes conneries, mon humour un peu tranchant, parce que tu sais ce qui se cache derrière.

Mon casier judiciaire amoureux est lourd, j’ai écopé de plusieurs condamnations graves et pourtant, à aucun moment, jamais, tu ne m’as jugée, toi.

Tu m’as sortie de la perpétuité.

Les nuages ont bien tenté de se profiler et de stationner au dessus de notre cocon.

Il a même plu, un peu.

Tu as su faire ce qu’il fallait, bien que tu aies fait quelques rechutes.

Laisse, après tout, tu n’es qu’un homme et il fallait bien que tu aies de vrais défauts.

Mais tu es le mien, d’homme.

Pour rien au monde je ne t’échangerai, même si on m’offrait ton poids (enfin plutôt le mien) en Ruinart rosé, sacs à mains et escarpins Blahnik (décision mûrement réfléchie).

Et je me réjouis d’être celle qui profite de toi, tout entier,je me réjouis  que d’autres n’aient pas su voir ce que je vois tous les jours, bien que tu aies l’impression que j’ai trop souvent les yeux fermés.

J’aurai aimé que tu sois le père de mes enfants, que nous puissions avec eux faire des plans.

Le destin en a décidé autrement.

Nous nous réjouirons d’autres plaisirs, nous bâtirons différemment notre avenir.

Puissent les deux tableaux installés dans notre entrée continuer à être notre leitmotiv.

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Plus jamais je ne veux te chanter la chanson de Vianney « Pas là » (oui, c’est maintenant que tu dois pleurer).

Continuons plutôt avec celle de nos débuts, sur laquelle tu m’inviteras encore à danser dans 54 750 jours, après m’avoir aidée à me lever de mon déambulateur V8,  seins sur les genoux, dentier hyper connecté, rides du bonheur creusées, Stan Smith dorées aux pieds : « Flightless Bird » de Iron and Wine.

Je te laisse car je m’en vais de ce pas écrire un email à Fréderic Beigbeder pour lui balancer dire qu’il s’est trompé, non, l’amour ne dure pas que 3 ans.

LOVE U (je suis timide)

Une maman rêvée, une maman en réalité

Etre mère, ce n’est a priori pas la mer à boire selon certains.

Une liste de règles, un soupçon de patience, quelques gouttes de sagesse, 3 cuillerées de bienfaisance et tu peux repartir faire du shopping en talons.

Si seulement, si seulement.

Quand tu n’es pas encore maman et tu souhaites le devenir un jour, tu imagines déjà parfaitement quelle maman tu rêves être pour tes progénitures.

Avant cela, évidemment, tu as imaginé le papa idéal, mais ça, c’est une autre histoire.

Et naturellement, tu sais que tu seras une super maman.

Comment est-ce que cela pourrait être autrement ?

Si, comme moi, tu as connu des parents qui ont passé leur vie à se haïr et à se faire la guerre, forcément tu n’aspires qu’à un foyer de paix et à une vie de famille digne de « 7 à la maison ».

Tu n’envisages pas autre chose que de construire le schéma contraire.

La réalité m’a pourtant trop vite rattrapée.

En handicapée de l’amour que j’étais devenue sans le savoir, j’ai fait subir deux séparations à mes enfants, multipliant ainsi leurs angoisses et entamant quelque peu leur éducation sentimentale.

Alors même que je condamnais en silence les choix et les décisions de ma propre mère, je me suis vue emprunter une route encore plus chaotique.

A la place des paisibles dimanches en famille, je leur ai offert une succession de rendez-vous sur les trottoirs au cours desquels on échangeait les sacs à dos et les consignes.

Au lieu de la stabilité que l’on sait si importante aux enfants, je leur ai fait connaître déménagements et changements d’école.

Je n’étais pas en ce point la maman que je rêvais d’être, c’est certain.

Encore à l’école, j’enviais secrètement les mamans qui étaient de toutes les sorties scolaires, qui étaient les premières à venir chercher les copines avec une compote à la main et une madeleine dans l’autre, toujours avec le sourire et une maîtrise Van Der Kampienne.

La petite Cristina que j’étais jurait être la première à franchir la porte en jupe crayon et chemisier blanc à 16 :30 quand elle serait maman à son tour.

J’ai très vite compris que ça n’allait pas être compatible avec la vie que je menais.

Si je préparais avec soin les goûters que je glissais avec amour dans leurs petits sacs à dos Disney, j’étais bien souvent la dernière à aller les chercher, ayant troqué les talons pour les baskets, de façon à courir plus vite dans les couloirs du métro.

C’est alors cheveux ébouriffés et parfois dégoulinante de sueur que j’arrivais à la garderie ou à l’étude du soir pour me voir accueillir par un « Maman, pourquoi tu viens jamais la première ? ».

Là encore, j’avais modifié le scénario de maman idéale sans le vouloir réellement.

Je voulais que nos moments soient plus importants que tout, que le bain dure des heures, que le repas ne soit pas englouti en un temps record alors que l’horloge du salon me rappelait à nouveau que je faillissais à mon devoir, que les week-ends soient synonymes de ballades au grand air.

Je confesse pourtant sans honte, m’être fait remplacer par un DVD (parfois deux), ne pas avoir respecté l’heure militaire du coucher, avoir cédé à la tentation de la junk-food parce qu’ils me le demandaient, avoir préparé le dîner en même temps que le bain, avoir fait les devoirs à leur place (chuuuuut).

Tu ne nais pas maman, tu le deviens.

Aucun livre ne te l’apprend, aucune théorie ne s’applique de la même façon, nulle part il n’est écrit que les choses ne peuvent pas changer.

Je me suis souvent demandé si j’étais réellement faite pour être mère, tellement mes choix de vie s’étaient révélés catastrophiques et douloureux pour les fruits de mes entrailles.

Une petite voix m’a longtemps murmuré que je préférais être femme et que c’est pour cela que je n’avais pas réussi à muer en la maman que j’idéalisais être.

J’ai appris depuis que les deux ne sont pas incompatibles, bien au contraire.

Souvent je rêve d’une baguette magique qui me ferait revenir dans le passé et agir différemment.

Pas pour moi, pour eux.

Est-ce que tout changerait pour autant ?

D’une chose je suis certaine : ce qui ne changera jamais sera l’amour que je leur porte à toute épreuve.

Alors, non, je ne suis pas du tout la maman que j’avais rêvée, j’en suis même très éloignée.

Je m’énerve parfois, me montre de temps en temps moins présente, rêve parfois d’ailleurs.

Mais avec une dose de folie, un zeste de tendresse, des litres de patience et surtout une tonne d’amour, je suis votre maman de la réalité.

Une maman qui vous AIME.

J’espère que vous le comprendrez un jour.

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Happy Birthday My Love (niaiserie et guimauve inside)

Il y a exactement une semaine, la tête sur l’oreiller, tu me disais que tu n’arrivais pas à y croire, que tu pensais vraiment ne pas les faire.

Alors que moi, je mourais d’envie de me replonger dans mon bouquin palpitant, génial, il a envie de causer, l’homme ce soir.

Mais il y a des moments où je sais qu’il faut que je t’écoute vraiment, que c’est important pour toi, que ça te travaille la moulinette.

Alors, j’ai corné délicatement la page et laissé Andréa et Emily pour quelques minutes.

Tu trouvais incroyable d’en être arrivé à ce stade de ta vie, parce que oui, on ne sait pas bien pourquoi, à cet âge, on parle d’un tournant, d’autres en profitent pour faire leur crise, ils s’agrippent à l’excuse du démon de midi, comme tu t’accroches à la barre dans le bus pour éviter de tomber quand le chauffeur décide de nous faire une petite blague et freiner d’un coup sec. Boolshit.

Tu as déjà accompli de merveilleuses choses, tu as connu le bonheur et la tristesse, les joies d’être papa, la richesse d’un tour du monde qui font sans doute de toi l’être exceptionnel que tu es, avec cette ouverture d’esprit et cette tolérance que je ne n’ai jamais vues chez quiconque avant.

Tu me dis que tu as encore tellement de rêves et de souhaits inavoués enfouis en toi.

Et que ces rêves, c’est avec moi que tu veux les réaliser, c’est moi que tu veux voir à tes côtés pour accomplir tes désirs les plus fous mais aussi pour t’epauler dans les épreuves de la vie.

Parce que oui, on le sait tous les deux, la vie nous sème parfois quelques embûches et se plaît à nous faire passer des tests.

Nous en avons déjà eu quelques uns, nous les avons conclus avec succès, et sommes passés avec brio au niveau suivant, toujours plus forts.

C’est ton adage d’ailleurs, « Seul on va plus vite, ensemble, on va plus loin« .

Depuis que je t’ai rencontré, malgré les difficultés incontournables du quotidien , tout me paraît plus simple et si facile.

J’ai enfin quelqu’un qui m’épaule à toute épreuve, un soutien inestimable.

Quelqu’un qui me dit que je suis belle tous les matins quand je suis en train de m’habiller, posé devant moi avec ce petit regard pétillant, comme un petit garçon.

Alors même si je fais ma Schtroumpfette grognon (en brune s’il te plaît, tu as déjà donné dans la blonde en plus), sache que ces moments sont très précieux et que je les apprécie, je ne te le dis pas assez, je le sais.

Parce que je suis une grande blessée de la vie et de l’amour, parfois je fais ma fière.

Mais tu me connais maintenant.

Tu sais que tous les deux, on fait un duo de choc, on se complète, on ne fait très souvent qu’un (non, je ne parle pas de ça…pas que !)

Tu sens quand ça ne va pas même si je te dis que ça va.

Tu vois que je suis en colère même si je m’efforce de ne rien montrer et de faire ma Kofi Annan.

Tu m’aimes quand je fais ma bourriquette parce que tu sais que je suis aussi Winnie et Tigrou réunis, un peu fofolle et tout miel.

Et non, je te confirme que tu ne les fais pas tes 40 ans!

Tu es mon sexy boy (oups, j’ai failli écrire toy), celui qui m’a donné des papillons dans le ventre malgré ton horrible chemise rose lors de notre premier rendez-vous.

Nous avons déjà partagé tellement de choses…

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Nouvel an en Andalousie

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Week-end dans la Baie de Somme

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Week-end de la Saint-Valentin à Bruges

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A Florence, en Toscane

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En Alsace
Il est difficile de photographier les mauvais moments, c’est sûr, mais nous savons tous les deux les identifier, et le plus important, c’est qu’ils nous ont aidé à grandir ensemble, toujours.

Alors, même si tu es super tête en l’air, que tu as la mémoire de Nemo, que tu es parfois plus têtu que Bourriquet et que tu perds tout le temps la CB, moi aussi c’est avec toi que j’ai envie d’aller au bout de mes rêves.

Même quand j’aurai les seins qui arrivent aux genoux, que tu prendras du Viagra et que tu resteras peut être avec mon dentier dans la bouche quand tu me rouleras une pelle.

To me, you are perfect (qu’est-ce qu’elle nous aura servi cette réplique).

Un peu d’amour et de tendresse par les temps qui sprintent, ne font de mal à personne !

Joyeux anniversaire my love.

PS- I love you (tu le sais mais ça fait du bien de l’entendre).

Une merveilleuse histoire du temps, c’est aussi l’histoire d’une femme merveilleuse.

Le film « Une merveilleuse histoire du temps » est sorti en France en  janvier 2015.

J’avais lu ici et ailleurs diverses critiques, très positives dans leur majorité, la plupart soulignant la prestation magistrale de l’acteur Eddie Redmayne dont on disait qu’il incarnait le grand Stephen Hawking plus qu’à la perfection, c’est dire….

Oui, parce que c’est bien de Stephen Hawking dont on parle dans ce film.

Il s’agirait en fait de l’adaptation des mémoires « Travelling to Infinity: My Life with Stephen » écrites en 2008 par la première femme de Hawking, Jane Wilde.

Ce célèbre physicien et cosmologiste donc, un des plus brillants de tout les temps dit-on.

La physique et moi, faisant deux (mais où sont le glamour, les chaussures et les paillettes là-dedans, dites-le moi), je ne me suis donc jamais passionnée plus que ça ni par le personnage, ni par son histoire.

Je savais qui il était, qu’il était notamment l’auteur de l’oeuvre culte « Une brève histoire du temps », point barre à la ligne, affaire classée sans suite (tous les férus de science s’insurgent en ce moment même contre moi, je sais, je sais).

Impressionante ressemblance entre le véritable Stephen Hawking et l'acteur Eddie Redmayne
Impressionnante ressemblance entre le véritable Stephen Hawking et l’acteur Eddie Redmayne

Quand l’autre jour,alors que nous préparions une soirée charentaises et anti-sexe dans notre nouveau sweet home (enfin pas encore so sweet car encore en travaux) et essayions de choisir un film en VOD avec mon amoureux, je vois qu’il bat un peu des cils comme Betty Boop quand  la télécommande s’arrête sur l’affiche « Une merveilleuse histoire du temps ».

Étant consciente que je suis très souvent privilégiée par mon choix de films à l’eau de rose, je reconnais avec une bonne foi exemplaire (vous noterez) que l’amoureux dispose d’un crédit de 10 ans au moins sur le droit à choisir des films.

C’est parti ! Je suis en plus très surprise d’entendre de la bouche de mon amoureux, pleine de chocolat (toujours, quand on prend un film en VOD), que Stephen Hawking était son idole quand il était jeune.

Bon, elle le commence quand son billet ?

J’arrive, on y vient ( je prends juste un carré de chocolat,le dernier de la plaquette, celui que tu laisses pour te donner bonne conscience, tu vois?).

Bon ok, j’arrête (vous n’êtes pas patients, franchement).

Je m’attendais à de la rhétorique méta-physique sur l’univers, rien de super enivrant, donc.

Je suis pourtant captivée dès les premières minutes par ce charismatique et non moins étrange personnage que, très tôt, Stephen semble être.

Je ne vais pas vous raconter l’histoire du film, le message que je souhaite vous faire passer est tout autre.

Intelligence rare et supérieure, on peut le dire, Stephen initie une relation amoureuse avec la candide mais déterminée Jane qui s’intéresse à cette sorte d’extra-terrestre, bien que tout les éloigne en théorie.

Lui, athée et scientifique, elle, anglicane très croyante et pratiquante (un peu sainte nitouche au premier abord), étudiante en littérature médiévale.

Mais la magie opère et fait même quelques étincelles, si je puis me permettre.

Alors qu’il est donc à l’aube de sa jeunesse et que ses  découvertes scientifiques ne sont encore que des gouttes de rosée, on lui diagnostique une dystrophie neuromusculaire, attribuée à une sclérose latérale amyotrophique, plus connue chez nous sous le nom de la Maladie de Charcot.

Le verdict tombe : il lui reste,dans le meilleur des cas, 2 ans à vivre.

Les larmes me montent immédiatement aux yeux, creusant même un petit sillage sur mon fond de teint (et oui, un mois à Paris, zéro trace de bronzage).

L’amoureux sort le mouchoir : « tiens, je crois que tu vas en avoir besoin ».

Oui, impossible de ne pas se rappeler du livre « Deux petits pas sur le sable mouillé », d’Anne-Dauphine Julliand et de la petite Thaïs, à qui l’on diagnostique une maladie  génétique orpheline à l’âge de 2 ans.

Le monde s’écroule pour ce génie en puissance, lui, qui pense avoir tant à offrir à son monde, à notre monde.

Instinctivement, il rejette Jane quand elle vient le trouver.

Elle prendra connaissance de ce terrible sort que la vie a décidé de leur jouer, par le biais d’un camarade de promo de Stephen.

Plus déterminée que jamais, elle lui tient tête et prend avec lui un pari fou, au risque de passer pour une poulette sans cerveau (c’est bien connu ) : vivre ces deux années à fond, comme si la fin du monde était  annoncée pour demain, profiter de chaque instant tant que la vie le permet, tel sera leur combat.

Elle l’aime ! Et dans cet amour elle puisera pour faire face à toutes les épreuves qu’elle s’engage à affronter à ses côtés, devant Dieu.

Epoustouflante ressemblance, encore une fois

Un premier enfant naît de cette union.

La maladie montre trop rapidement ses signes ravageurs : les mouvements deviennent de plus en plus lourds pour Stephen, la parole se fait la belle… le quotidien devient très difficile, mais malgré tout cela, Stephen devient brillamment docteur en cosmologie.

Jane, elle, met sa carrière entre parenthèses .

Rien n’est plus important pour elle que de vivre cet amour unique, avec cet homme hors du commun.

Je rappelle qu’il s’agit d’une histoire réelle et non d’une romance adoubée de romantisme et scènes larmoyantes.

La maladie est bien là, s’aggravant de jour en jour et Jane est là, elle aussi, forte et fragile à la fois, mais faisant face à maintes contraintes qu’elle renverse du mieux qu’elle le peut.

Jane, et bien, en attendant, elle s’oublie.

Les 2 ans de vie se transforment en plusieurs années , 2 autres enfants vont voir le jour, fruits de leur amour improbable, laissant plus d’une personne estomaquée.

Ils ne pensaient pas qu’il allait vivre si longtemps…

Nous observons au fil des jours et des années, cette femme courageuse et parfois à bout de force qui n’a qu’un objectif : tenir la promesse faite à Stephen, être toujours à ses côtés.

La maladie dégénérative est pourtant douloureusement supportable, plus dure à chaque réveil, à chaque coucher.

Nous imaginons ce que Stephen a du endurer, voyant toutes ses fonctions motrices foutre le camp alors que son cerveau, lui, était en ébullition permanente.

Il est petit à petit devenu dépendant comme un  bébé que l’on habille, à qui l’on fait sa toilette, à qui l’on donne à manger, comme cela doit être dégradant.

Ironique, non, pour quelqu’un qui fait sa thèse de doctorat sur le temps?

Il régresse dans ce temps…

Jane Wilde et l'actrice Felicity Jones qui incarne son rôle dans le biopic
Jane Wilde et l’actrice Felicity Jones qui incarne son rôle dans le biopic

Mais le rôle de son épouse, on en parle ?

Cette femme qui malgré les avis défaitistes de tous, ces mêmes tous  qui l’avaient prise pour une folle lorsqu’elle avait crié corps et âme qu’elle resterait à ses côtés quoi qu’il arrive.

Pour lui, elle s’est battue, elle a couru, elle a donné la vie, a beaucoup pleuré, travaillé, transpiré.

Elle l’a aimé, choyé, nourri, admiré, supporté, porté et tant d’autres verbes encore…

Elle l’a aimé même s’il s’était transformé en légume dans son fauteuil roulant et n’avait même plus l’usage de la parole.

Elle n’a pas baissé les bras.

Que de force faut-il avoir pour affronter tous les jours ce quotidien parsemé d’embûches.

Que de courage faut-il faire preuve pour s’engager dans un combat sans fin au nom de l’amour et de la foi.

Trouverions-nous tous normal de sacrifier son propre moi pour l’autre ?

Serions-nous capables de le faire ?

Où s’arrêtent nos devoirs et nos obligations dans une situation pareille ?

Doit-on renoncer à sa propre vie pour l’autre?

Je me suis posée toutes ces questions après le film ( c’est sûr, on ne se pose pas le même genre de questions après avoir visionné 50 Nuances de Grey).

Pour ma part, je pense que le cœur parlerait plus fort que le reste, mais je ne peux l’affirmer avec véhémence car je n’ai jamais vécu une telle tragédie.

Je souhaitais rendre hommage à cette honorable et grande femme, qui était celle du grand et renommé Stephen Hawking.

Sans elle, il ne serait jamais devenu l’homme qu’il est aujourd’hui.

Oui, car il est toujours vivant…on ne lui donnait pourtant que deux ans de vie.

Peut-être n’aurait il pas eu la force de continuer à vivre s’il n’avait pas puisé l’espoir et l’énergie dans les magnifiques yeux azurs de Jane.

Jane et Stephen sont restés mariés 26 ans.

Pour le reste, je vous invite à regarder ce formidable film et la stupéfiante interprétation de l’acteur Eddie Redmayne.

Ce film est à mon sens, un magnifique hymne à la vie, une ode à l’amour.

Oui, vous allez pleurer, sourire et même rire, être boulversés, révoltés, mais vous allez surtout surtout ressentir cette admiration, avec un grand A, ce respect, je vous le souhaite en tous cas.

Je vous souhaite à tous un bon week-end!

Pour ma part, je pars me perdre dans les vignes alsaciennes!