Avoir envie d’un bébé et devoir faire un choix

Pourtant tout le monde sait que j’ai détesté être enceinte et l’état hippopotamus.

J’ai toujours dit plus JAMAIS de grossesse, plus jamais de doigts en knackis, de carte michelin sur mes seins, d’aigreurs et de nausées insupportables et horreur absolue, être privée de sashimis saumon, non, plus JAMAIS.

Mais si ça ne tenait « qu’à ça »…peut-être oserai-je vous confesser que je serai prête à tenter de nouveau l’aventure.

Ce n’est pas l’âge qui m’en empêche, je vous rassure.

Oui, je crois que je serai prête à tenter de nouveau l’aventure.

Pour être choyée au moins une fois en tant que femme enceinte dans toute sa fragilité.

Pour que l’on m’aime un peu malgré mes 20 kilos de trop et mes fesses XXXXXL.

Pour que je ressente pendant quelques petits instants de mon existence que c’est un projet qui va aboutir, que l’on a voulu tous les deux et pour lequel on sera TOUJOURS deux.

Pour que cette fois-ci, ce bébé ne fasse pas l’objet d’un planning excel pour synchroniser les gardes.

Pour que pendant l’accouchement, je sente dans le regard de mon amoureux l’amour qui lui a donné envie de me choisir pour mère de son enfant, notre enfant.

Pour que pendant toute une vie, on rit, on pleure, on se soucie et on blasphème,à deux.

Pour que dans la cuisine, on entende « papa » et « maman » et cette fois-ci on tourne la tête, tous les deux.

Pour offrir à ce trésor ce que je ne pourrai pas donner à mes garçons.

Seulement, si aujourd’hui nous décidions d’avoir « notre » bébé, cela signifierait peut-être la fin de ce sentiment de bonheur que personne ne peut entraver.

Nous avons déjà 3 enfants avec des aléas non négligeables.

Nous avons toujours su jusqu’à présent tout concilier et avons tiré de chaque situation compliquée un enseignement qui nous a été bénéfique.

Les choses ne sont pas si simples.

L’organisation est minutieusement ficelée des mois à l’avance, afin que les vacances et les week-ends puissent coïncider et que nous puissions nous retrouver tous ensemble mais aussi tous les deux.

Nous apprécions ces moments où finalement grâce à notre malheur, nous avons l’occasion de nous retrouver en tête en tête.

Un bébé tout neuf nous priverait de ces moments de liberté et de cette insouciance que nous retrouvons volontiers 1 week-end sur deux.

Un bébé tout nouveau viendrait encore rallonger nos journées et charger nos plannings déjà si bien remplis.

Mais voilà, j’aimerai tellement avoir un bébé à nous.

Comment faire un choix?

Comment définir la priorité?

Aujourd’hui j’ai envie de choisir ma vie de couple, ma vie de femme.

Et puis, ce n’est pas comme si je n’avais jamais été maman.

Un choix égoïste me diront certains.

Mais si,comme par le passé, et comme il arrive à un certain nombre de couples,le bébé venait nous éloigner?

Non, j’ai peur.

Mon choix est fait.

Mais voilà, j’aimerai tellement avoir un bébé à nous.

243798843_cd6ab25b70_b

 

Ne retiens pas tes larmes

J’ai pourtant sous la jupe un billet tout léger, tout frais, prêt à poster, dans lequel je souhaitais partager avec vous mes derniers coups de cœur lecture.

Mais il y a ces larmes que je vois couler sur ton joli visage, mon amie.

J’y pense et j’y repense.

En tant que femme et  encore plus en tant que maman, ces larmes me touchent.

Au-delà de ces deux raisons plus qu’évidentes, elles me touchent parce qu’elles me parlent.

Elles me parlent pour une raison très simple : je crois savoir ce que tu ressens car je me suis retrouvée dans la même situation et je crois donc connaître le goût amer de ces larmes et le son aigu de tes silences.

Je dis bien « je crois », ce que nous ressentons est tellement propre à chacune de nous.

C’est une décision difficile à prendre, qui de surcroît doit être prise dans un délai assez court.

Je connais le poids accablant de cette solitude et de ce sentiment d’abandon.

Prendre cette résolution qui est en fait une sentence, seule et murée dans ce mutisme suffocant est un acte très courageux, ne pense pas le contraire.

Il y a quelques années, quand je me dirigeais vers la clinique, je n’ai pas versé une seule larme.

Je savais que c’était la bonne décision et mon destin m’a confirmé que mon jugement (sans appel) avait été lucide et plein de bon sens (pour une fois me dirait ma mère) puisque nous nous sommes séparés 3 mois plus tard.

L’infirmière me demande si je suis seule. Silence. Elle comprend que oui.

L’infirmière me demande si je suis sûre de ce que je fais. Je lui réponds un oui timide.

L’infirmière insiste. Je lui réponds que bien évidemment que je suis sûre, je suis là parce que je le veux et parce que je veux redevenir maîtresse de ma fortune.

Non, je ne veux que le papa soit au courant.

Je t’avouerai avoir ressenti sur moi le regard de pitié du personnel féminin mais il m’en importait peu.

Mon médecin avec qui j’avais longuement échangé au cours de la semaine me soutenait et avait rapidement saisi les enjeux de cette décision, si elle avait été contraire.

Mon amie, il en est de même pour toi aujourd’hui.

La maternité te tient à cœur, je le sais, je me remémore encore les discussions quand nous étions enfants.

Et pourtant, ce ne serait pas juste.

Ce ne serait pas juste pour toi, ni pour lui.

Aucun couple fragile ou en rupture imminente ne se sauve grâce à la venue d’un enfant.

En tout cas, moi, je ne le crois pas.

J’en parle assez souvent, la venue d’un enfant au sein d’un couple éveille ou réveille fréquemment des désaccords et des tensions moins visibles auparavant, parfois difficilement surmontables.

Mon amie, tu as pris la bonne décision et ne laisse jamais, à aucun moment de ta vie, personne te dire le contraire.

Tu viens de te donner une nouvelle chance de te libérer, je t’en prie, saisis-la.

Ce n’est juste pas le moment pour toi aujourd’hui. Ce n’est juste pas lui.Il viendra.

Tu t’es emplie de courage, je t’en félicite et je suis fière de toi.

Et tu oublieras, tu grandiras et tu vivras, crois-moi.

Moi aussi j’ai oublié.

Ce dont je me rappelle aujourd’hui c’est le  beau sourire du médecin, à mon réveil qui me murmure «Je sais que ce n’est peut-être pas le moment mais je vous souhaite tout de même un joyeux anniversaire, vous allez y arrivez, vous êtes une battante».

Toi aussi mon amie, tu es une battante et tu vas surmonter cette épreuve comme je l’ai fait.

Je serai là à tes côtés, mon amie, je tenais à te le dire.