Des tourbillons dans ma tête

Mon amoureux  vient de partir en déplacement 3 jours et contrairement à ce que pensent mes copines, je m’en réjouis.

Je ressentais le besoin de rester seule.

De rentrer le soir et balancer mes talons au milieu du salon, mettre mon vieux legging Dim et mon non moins jeune débardeur qui laisse entrevoir mon ventre imparfait.

Souffler.

Après ce week-end sous tensions à Rome.

Respirer.

Avant de changer de vie.

Réfléchir.

6846393922_4d1d3c8222_z
Source Flickr

 

Nous venons en effet de prendre une grande décision, acheter un appartement ensemble.

La plupart des couples le font un jour ou l’autre me direz-vous.

Cela implique un grand changement pour moi, pour nous.

Géographique d’abord.

Et oui, nous avons sauté le pas, nous passons de l’autre côté du périphérique et partons en banlieue.

Rien que le mot banlieue me hérissait le poil avant.

RER, TER, 2 heures de transport quotidiennes, inconnus pour moi.

Dans 3 mois, fini de mettre ses baskets aux pieds et partir au boulot en marchant.

Je sais pourtant pertinemment que nous y gagnerons en qualité de vie : plus de surface, une grande terrasse (le truc impossible à Paris), des espaces verts, une ville paisible et calme.

Et puis, est-ce qu’on va s’y plaire là-bas ?

Et puis, est-ce que je lui fais suffisamment confiance pour franchir ce pas ?

Et puis, est-ce que je ne vais pas regretter Paris ?

Et puis, est-ce que c’est vraiment lui,l’homme de ma vie ?

Et puis, est-ce qu’on va devenir des ours asociaux ?

Ma tête…une vraie machine à laver, ça tourbillonne,ça tourbillonne!

Ce n’est pas un engagement anodin, je le sais.

Nous en avons longuement discuté.

Il m’a bien répété l’autre jour qu’il fallait que je me rappelle que certains de mes rêves de petite fille ne pourraient jamais être réalisés avec lui.

Etais-je prête à le suivre dans cette aventure malgré cela ?

Est-ce que je n’allais pas quitter le bateau en cours de traversée ?

Ma première réponse a été « MAIS NON ».

Alors pourquoi tous ces tourbillons dans ma tête ?

Je me réveille dans la nuit, je dors mal, je suis angoissée, j’ai même peur, peut-être que très peur.

Ces tourbillons me font partir loin, me donnent envie de voyager encore plus loin et ne plus revenir.

Fuir la réalité.

Source Flickr
Source Flickr

Ne plus avoir envie de voir qui que ce soit.

C’est fou ce qu’on peut être positif un jour et limite dépressif le lendemain.

Mais ce n’est pas moi ça,me dis-je.

Je me demande alors ce que je regretterai si je fuyais.

Je me demande aussi qui me regrettera si je m’en vais.

Mon fils aîné ne me parle presque plus (la faute à la crise d’adolescence on me dit).

Le plus jeune me dit qu’il préfère papa (parce qu’il peut faire tout ce qu’il veut avec lui et qu’avec moi c’est nul parce qu’il faut toujours se coucher tôt me dit-il,ce petit salaud).

Peut-être que mes parents seraient soulagés de ne plus avoir cette fille qui leur fait tant honte.

Mon frère ne s’en apercevrait pas.

Et mon amoureux ?

Oh, il s’en remettrait, il a déjà survécu à un grand cataclysme, bien plus traumatisant.

Alors je me réjouis d’avoir 3 jours pour moi, seule avec moi-même mais aussi avec mes amies et avec qui j’en ai envie, comme j’en ai envie.

Parler quand je veux.

Avec qui je veux.

Ou garder le silence.

Rire fort si je le souhaite.

Pleurer si l’envie m’en prends.

Manger un pot de glace sans me soucier des calories.

Frissonner, douter,chanter, danser,aimer,transpirer,détester,m’apitoyer.

Pendant 3 jours, j’ai décidé de me laisse emporter par ces tourbillons…

Est-ce que vous aussi vous avez des tourbillons dans la tête parfois?

A-t-on le droit de Juger les femmes qui ne veulent pas avoir d’enfants?

Crédit Photo www.dreamstime.com
Crédit Photo
http://www.dreamstime.com

C’est une discussion que nous avons eu ce midi pendant le déjeuner.

Moi qui pensais que cela allait être un repas très tranquille au cours duquel on allait juste parler pour la énième fois de sexe, je me suis retrouvée arbitre des partisans des deux camps.

Et ce fut un match musclé! Digne du calendrier des Dieux du Stade.

Certains, mais soyons honnêtes, plus certaines affirmaient avec une particulière véhémence qu’il était inconcevable de vivre pleinement une vie sans avoir connu la joie d’être maman (et non pas celle d’être parents, nuance).

Les mamans ont souvent tendance à ramener la maternité à elles, le désir d’enfanter, l’horloge biologique, ce serait réservé exclusivement aux femmes…soit.

De l’autre côté de la table (pile poil), les adeptes de la liberté comme ils le disaient.

Oui, parce que selon eux, ne pas avoir d’enfants,c’est choisir d’être libres.

Et moi, la maman qui voulait être femme, comment me situer au milieu de tout ça?

Ce qui m’a donné envie d’écrire ce billet c’est le jugement très sévère de certaines personnes à l’égard de ceux et celles qui affirmaient avec conviction, ne pas avoir envie d’avoir de descendance.

Je ne pense pas qu’il faille avoir une opinion si tranchée, un jugement presque sans appel.

Je les ai trouvés un peu durs.

Une femme ou un couple qui, par choix, n’aura pas d’enfant, ne passe pas  forcément à côté de sa vie.

D’autres zones d’épanouissement seront privilégiées et cultivées différemment.

Ne pas avoir d’enfant ou d’attache comme on aime à dire, c’est être libre de partir en vacances quand on veut, voyager sans aucune contrainte, partir en week-end sur un coup de tête, rentrer du bureau à l’heure qu’on veut ou ne pas courir à la crèche perchée sur ses talons au risque de se tordre la cheville (oui, oui, c’est un métier dangereux).

C’est aussi pouvoir avoir des parties de jambes en l’air improvisées dès qu’on passe la porte sans glisser sur un playmobil ou une barbie mais aussi ne pas tomber sur les mômes tout court !

Hello les nains de jardin, aujourd’hui on va vous enseigner la 43 ème position du Kama Sutra !

Non, mais vous imaginez? Oui, hein?
Moi oui, ça m’est déjà arrivé! 
Et là on dit tous en cœur  » faites des gosses »!

Ne pas avoir d’enfant est donc très souvent vu comme une forme d’égoïsme.
Parce que forcément, on se prive moins, on peut se permettre d’aller plus souvent chez le coiffeur, s’acheter la dernière robe atrocement chère qui nous plait ou aller dîner à ce nouveau restaurant hyper branché qui vient d’ouvrir.
Et oui, pas besoin d’économiser pour leurs études, encore faut- il qu’il ne choisisse pas l’option Tanguy.
Choisir de ne pas devenir maman, je ne le répéterai jamais assez, c’est également prendre l’option ventre lisse et sans vergetures, ne pas infliger de blessures à son corps ou encore de traumatismes intemporels.

La vie nous en inflige déjà de si durs…

On sait ce que sont les grasses matinées quand on est pas parents,cela vaut combien ça, en euros?

Mais ne pas avoir d’enfants c’est surtout avoir un bien inestimable : du temps.

Du temps pour soi, du temps pour les autres, pour faire une multitude de choses, du temps pour ne rien faire aussi.

Vous hallucinez une maman qui dit ça, non ? Vous me jugez mauvaise mère pour ça ?

Et quand on choisit de devenir maman, qu’est-ce qu’on gagne dans la pochette surprise ?

Crédit Photo www.dreamstime.com
Crédit Photo
http://www.dreamstime.com

Parce que c’est définitivement un lot que l’on va tirer.
Bon ou mauvais, ce sera notre enfant, à tout jamais.
Cela commence dès la grossesse sur laquelle je ne m’attarderai pas car j’en parle déjà beaucoup sur mon blog…et pour moi, être enceinte, vous savez ce que cela signifie…la torture.
Je soulignerai juste à nouveau, histoire de ne pas oublier, que ces 9 mois peuvent être très durs… Ou pas.
Pour certaines c’est un état de grâce et c’est tant mieux.

Mais encore…

La sensation de ressentir ce petit être dans son ventre, une crevette au départ, et le sentir grandir,vous donner des coups de pieds, c’est juste magique.

Voir le produit fini, sortir de votre propre usine, c’est juste incroyable:-).

Avoir un petit bébé qui sent la Mustela, toucher ses petites mains, ses petits pieds, lui faire plein de bisous sur le ventre, l’endormir sur sa poitrine, c’est indescriptible.

Crédit Photo www.dreamstime.com
Crédit Photo
http://www.dreamstime.com

J’ai moi aussi du mal à comprendre que l’on n’ai pas envie, un jour peut-être pas aujourd’hui,ni demain, mais un jour, d’avoir un petit prolongement de soi, que l’on puisse chérir jusqu’à l’infini.

Ses premiers sourires,son premier « maman » ou « papa », ses premiers pas, c’est inestimable.

Ces moments de petits bonheurs que seuls eux savent tisser au quotidien, c’est irremplaçable.

Les voir se jeter dans nos bras après une journée toute pourrie, cela n’a pas de prix.

Avoir un projet pour votre enfant,le construire et tout donner pour le réaliser, c’est ça aussi être maman.

Rien ne remplace le câlin et le je t’aime de son enfant. Il est sincère et n’est pas intéressé.

Bon, jusqu’à 6 ans…après c’est une autre histoire.

On leur transmet nos valeurs, nos centres d’intérêt, on essaie de leur enseigner la vie, à notre tour.

On ne naît pas parents.

C’est un apprentissage permanent.

On peste souvent, on pleure parce qu’on y arrive pas, parce que ce ne sont pas les enfants dont on a rêvé.

Mais ces petits êtres qui deviennent grands, c’est notre prolongement, notre chaire, notre sang.

Et ce sentiment, il est inexplicable.

Réunir sa famille autour de la table, la joie qu’ils apportent à ces réunions dominicales auxquelles on ne veut pas se rendre, ils les transforment, par leur cris, leurs éclats de rire, leurs pitreries.

Et le temps dont je parlais plus haut, quand je me retrouvais dans l’autre clan, c’est eux qui l’occupent de ce côté.

On ne s’ennuie jamais, on cherche des occupations en permanence, on donne en permanence.

Alors, oui, ce sont d’innombrables sacrifices parfois, mais ils nous apportent tant,tant.

« Je t’aime tout là-haut jusqu’au ciel » ou « Maman t’es la plus belles des mamans », ce sont des phrases cotées au Nasdaq de notre coeur et qui ne se dévalorisent JAMAIS.

Parce que tout ça, en fait, ce n’est qu’une chose, la seule chose qui puisse changer profondément les choses dans une vie.

C’est l’AMOUR.

Et cet amour il a une autre saveur, plus sucrée ( une fois la phase du vomi passée).

Pourtant, malgré tout ce que je viens de dire, je ne porte pas un regard noir envers les femmes qui ne souhaitent pas donner la vie.

Je respecte leur choix car j’entends parfaitement leurs arguments, je les comprends et j’y adhère parfois bien souvent pour une maman.

Mais c’est ainsi.

Et je terminerai comme souvent, en disant que dans la vie, rien n’est immuable, rien n’est figé à jamais.

Parfois une rencontre peut bouleverser vos convictions que vous pensiez vous mêmes inébranlables.

Et là, tout peut changer.

Mais non, je ne vous jugerai pas.

Pas moi qui ai fait un choix, et vous en parlais il n’y a pas si longtemps ici Avoir envie d’un bébé et devoir faire un choix.

J’ai fait le choix de pas voir un autre bébé pour préserver mon couple.

Alors, non, je n’ai pas le droit de vous juger.

Avoir envie d’un bébé et devoir faire un choix

Pourtant tout le monde sait que j’ai détesté être enceinte et l’état hippopotamus.

J’ai toujours dit plus JAMAIS de grossesse, plus jamais de doigts en knackis, de carte michelin sur mes seins, d’aigreurs et de nausées insupportables et horreur absolue, être privée de sashimis saumon, non, plus JAMAIS.

Mais si ça ne tenait « qu’à ça »…peut-être oserai-je vous confesser que je serai prête à tenter de nouveau l’aventure.

Ce n’est pas l’âge qui m’en empêche, je vous rassure.

Oui, je crois que je serai prête à tenter de nouveau l’aventure.

Pour être choyée au moins une fois en tant que femme enceinte dans toute sa fragilité.

Pour que l’on m’aime un peu malgré mes 20 kilos de trop et mes fesses XXXXXL.

Pour que je ressente pendant quelques petits instants de mon existence que c’est un projet qui va aboutir, que l’on a voulu tous les deux et pour lequel on sera TOUJOURS deux.

Pour que cette fois-ci, ce bébé ne fasse pas l’objet d’un planning excel pour synchroniser les gardes.

Pour que pendant l’accouchement, je sente dans le regard de mon amoureux l’amour qui lui a donné envie de me choisir pour mère de son enfant, notre enfant.

Pour que pendant toute une vie, on rit, on pleure, on se soucie et on blasphème,à deux.

Pour que dans la cuisine, on entende « papa » et « maman » et cette fois-ci on tourne la tête, tous les deux.

Pour offrir à ce trésor ce que je ne pourrai pas donner à mes garçons.

Seulement, si aujourd’hui nous décidions d’avoir « notre » bébé, cela signifierait peut-être la fin de ce sentiment de bonheur que personne ne peut entraver.

Nous avons déjà 3 enfants avec des aléas non négligeables.

Nous avons toujours su jusqu’à présent tout concilier et avons tiré de chaque situation compliquée un enseignement qui nous a été bénéfique.

Les choses ne sont pas si simples.

L’organisation est minutieusement ficelée des mois à l’avance, afin que les vacances et les week-ends puissent coïncider et que nous puissions nous retrouver tous ensemble mais aussi tous les deux.

Nous apprécions ces moments où finalement grâce à notre malheur, nous avons l’occasion de nous retrouver en tête en tête.

Un bébé tout neuf nous priverait de ces moments de liberté et de cette insouciance que nous retrouvons volontiers 1 week-end sur deux.

Un bébé tout nouveau viendrait encore rallonger nos journées et charger nos plannings déjà si bien remplis.

Mais voilà, j’aimerai tellement avoir un bébé à nous.

Comment faire un choix?

Comment définir la priorité?

Aujourd’hui j’ai envie de choisir ma vie de couple, ma vie de femme.

Et puis, ce n’est pas comme si je n’avais jamais été maman.

Un choix égoïste me diront certains.

Mais si,comme par le passé, et comme il arrive à un certain nombre de couples,le bébé venait nous éloigner?

Non, j’ai peur.

Mon choix est fait.

Mais voilà, j’aimerai tellement avoir un bébé à nous.

243798843_cd6ab25b70_b