Vacances A5

Ce matin, sur Paris, il fait tout gris.

Je crois que demain, ce sera le cas aussi.

Pourtant, je m’en secoue le sein gauche, voire même le droit.

Moi, j’attends midi.

Parce qu’à midi, aujourd’hui, après 27 rondades et 15 nuits sans dormir, nous entamerons 3 semaines A5, en 3D.

Vous suivez ?

Demain matin, décollage imminent pour les eaux turquoises, le ciel bleu (le vrai hein, pas la copie made in China), la focaccia, les gelati et les bibite (pour les incultes, ça ne veut pas dire petit bite, ça veut dire boissons).

Voilà.

Je vous vends du rêve, ou pas ?

Alors, imaginez, dans vos bagages…

Un petit garçon de huit ans, la maladie du purpura sous la peau, hyperactif, caractère de cochon, qui se croit le meilleur en tout et qui n’a JAMAIS sommeil.

Une petite fille de sept ans avec un ver solitaire qui a pris un bail à durée indéterminée dans son corps, qui se croit la meilleure (qui l’est sur beaucoup de points), capricieuse et coquine, qui se lève à SIX heures du matin (c’est un motif d’enfermement à la cave, nous sommes bien d’accord, les amis).

Un adolescent de quinze ans, dont je vous ai déjà beaucoup parlé ici , qui communique en monosyllabes, dort la journée entière si on le laisse et qui comme signe de contentement, se limite au grognement…sauf s’il y a le WI-FI everywhere…U see what I mean ?

Au milieu de ces trois adorables créatures, vraiment (promis à la fin du billet, je vous mets le lien vers l’annonce du boncoin.fr où nous les avons mis en donation – sans succès à ce jour), deux parents d’enfants qui ne sont pas les leurs, fous amoureux, ne rêvant que de nuits torrides.

Tout ça, sous 35 degrés.

Vous le sentez comment, vous ?

Avant d’arriver à la nuit torride, il faudra :

  • Préparer le petit-déjeuner pour 5
  • Préparer l’immense sac bleu IKEA, qui est le seul à pouvoir contenir 5 serviettes, le ballon de foot, le frisbee , deux seaux, deux pelles (si tu es un fou tu prends les râteaux), 3 paquets de brioches et 2 de petits-beurre, 3 bouteilles d’eau, les crèmes solaires, ton Cosmo que tu n’auras JAMAIS le temps de lire.
  • Déballer le contenu de ton sac IKEA sur le sable
  • Faire des châteaux de sable, TOUTE la journée.
  • Remettre TOUT le contenu dans le sac, cherchez la pelle, le râteau, tes enfants

Ca y est, j’ai mal à l’épaule droite.

Ce n’est pourtant pas fini. Continuons :

  • Préparer le déjeuner pour 5 ou aller au restaurant : tiens-toi bien, ne cries pas, ne manges pas avec les mains, ne prends pas ça, c’est trop cher, non pas de coca, non tu n’as pas le droit de prendre 3 desserts, tu as fait pipi il y a 5 minutes, quoi, encore ?
  • La douche…on en parle de la douche ?

A ce stade, vous rêvez déjà d’aller coucher…euh, vous coucher.

Ne rêvez pas…vous avez déjà une machine à faire tourner, car bolognaise, glaces, et autres substances illicites auront investi les t-shirts vieux de 3 jours.

Je vous vois venir…et je valide…laissons-les nus pour le reste des vacances.

Si vous avez le temps, vous prendrez votre douche.

A tour de rôle, bien sûr.

Oubliez les douches Tahiti, senteur vanille, sensuelles et parfumées, corps à corps.

Il faut toujours un garde de service pour surveiller la troupe.

Vous les aurez déjà punis à tour de rôle, menacés de rentrer ou de les abandonner au bord de la route.

Après le dîner, vous irez marcher sur la plage ou faire un tour dans le village, de façon à préparer la machine à laver du lendemain, car pendant les vacances, les tournées de glace du soir sont OBLIGATOIRES.

En vacances, aucun des nains ne veut JAMAIS dormir.

D’abord, parce que c’est les vacances.

Ensuite parce qu’il fait trop chaud, il fait soif, on entend les moustiques, un chien qui aboie au loin, le cœur qui bat, les rires refoulés de toutes les autres nuits de l’année, le pipi et plus si affinités.

Il est minuit.

Un inconnu est dans votre lit.

Bonsoir, vous! 

Aurez-vous encore de l’énergie après tout ça ?

Nous, oui,.

Dans quatre heures, il sera midi.

Salut, les ouistitis !Signature

P-S-1 Je viens de voir que leboncoin.fr vient de supprimer mon annonce, je me demande pourquoi…c’était gratuit 🤔

Ma come sei bella , Sardegna !

Avant toute chose, je dois vous informer qu’un minimum de pré-requis est indispensable pour un voyage sur cette île enchanteresse qu’est la Sardaigne.

Je vous convie ainsi à valider les points suivants :

  • vous ne devez pas être allergique au bleu, à toutes ses infinies nuances possibles et rêvées, et plus particulièrement au turquoise
  • vous devez pouvoir être capable d’admirer votre reflet dans la mer sans vous en offusquer (rappelez-vous, c’était un vrai problème pour moi, il n’y a pas si longtemps que cela)
  • vous aimez à la folie, voire passionnément, l’astre suprême qu’est le soleil
  • vous êtes friands de paysages spectaculaires, dessinés avec une main de maître, par la Mère Nature, entre ciel, terre et mer
  • vous aimez faire votre rebel et sortir des sentiers battus, braver les guides touristiques
  • vous n’êtes pas jaloux (grosse concentration de belles créatures en string ou en moule-quéquette)
  • vous parlez l’italien (seule et unique langue connue par les sardes, en plus du sarde, bien sûr)

Vous voilà donc prêts à décoller vers ce joyau de la Méditerranée, située au sud de la Corse, avec laquelle nous avons d’ailleurs retrouvé énormément de similitudes.

Quand nous nous sommes penchés, en janvier, sur le choix de notre destination des grandes vacances, nous avions tout d’abord songé de nouveau aux Cyclades, que nous avions tellement affectionnées l’été dernier, destination préférée de nos enfants jusqu’à présent.

Mais, avec l’amoureux, nous avons à coeur de choisir des destinations qui nous sont inconnues à tous les deux, ce qui était le cas pour la Sardaigne.

Cinq autre raisons entrent toujours en considération dans notre choix:

  • beau temps garanti, 30 degrés minimum
  • budget raisonnable, famille nombreuse oblige
  • durée du voyage en avion tolérée par nos farfadets
  • alternatives à la plage, culturelles et historiques
  • destination hors de la France (houhou, je vous entends déjà huer), pour un dépaysement total

Après une petite étude de marché, la lecture de blogs divers et d’autres papiers tissés sur la toile, ces 5 critères se sont vite retrouvés cochés et, séduits par les alléchantes photos offertes par ses nombreux visiteurs, notre choix s’est porté sans aucun doute sur la Sardaigne.

Nous avons planté notre tente (comprendre loué une petite bicoque) sur le Golfe d’Orosei, situé à environ 80 kilomètres au sud d’Olbia, sur la côte Est.

1H30 au départ de Paris, nous aurons suffit pour rejoindre l’île de beauté et atterrir à Olbia.

Il était pour nous hors de question de nous retrouver sur la Costa Esmerala, lieu tant prisé par les touristes.

Si nous fuyions Paris et sa jungle, ce n’était évidemment pas pour nous retrouver avec des milliers d’autres voyageurs en mal de soleil, nez sur la ficelle de Paola, une demi-fesse sur la serviette de Maurizio.

Nous préférons de loin les lieux peu fréquentés, nous aimons à emprunter les chemins de terre, n’avons pas peur de nous retrouver seuls sur la plage (oui, nous sommes adeptes du nudisme).

La curiosité nous a tout de même poussés à monter dans la voiture et aller voir ce qui se passait chez les riches et nous n’avons pas regretté un seul instant notre choix, je vous laisser juger par vous même :

San Teodoro
San Teodoro

Si la Sardaigne est très réputée pour ses plages paradisiaques, l’arrière-pays n’en demeure pas moins charmant et mérite d’être visité.

Et pour cela, une voiture est indispensable, à moins que vous ne souhaitiez tourner en rond dans votre resort.

Mais revenons à la mer.

Ce qui nous revient à l’esprit en permanence, c’est la beauté de sa côte, creusée par d’innombrables grottes, ses baies, ses vertigineuses gorges venant mourrir sur cette eau transparente, d’un bleu caraïbéen qui met tous vos sens en émoi, si, si.

En Sardaigne, on se nourrit de la mer, rien qu’en la regardant.

Justement pour découvrir toutes les nuances de bleu tant attendues, nous avons loué un bateau à deux reprises, de façon à pouvoir explorer le maximum de criques, plages secrètes, jeter l’encre où bon nous semblait et nous offrir sans pudeur à cette mer qui n’attend qu’à être bue.

Nous avons révisé toutes nos onomatopées:

Piscine Di Venere
Piscine Di Venere

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Les fonds marins et la transparence de l'eau sont une invitation au snorkling
Les fonds marins et la transparence de l’eau sont une invitation au snorkeling

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Quand je vous parlais de la transparence 🙂
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Hommage à mon maillot de bain de vieille, selon ma maman
Mer d'huile
Reflet dans la mer d’huile
Nous avons jeté l’encre ici pour rejoindre la petite plage, derrière la grotte
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Tant de beauté invite à la méditation
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Guimauve Time

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La vue en face de notre chez nous
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Ne te moque pas
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Ballade en mer
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Dans un virage, tu t’arrêtes, et tu aperçois cette crique de folie (Cala Golone)

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Je pourrai encore vous coller ici 2000 photos, que je ferai encore « ouaou » « oohohohoh » « uhuhuhuh », tellement c’est beau.

Les grottes marines seront appréciées par les amateurs de plongée, qui adoreront explorer les incroyables formations granitiques de ces immenses blocs de roche.
La Sardaigne, c’est  une beauté sauvage, brute et caractérielle, que vous pourrez contempler en parcourant ses villages escarpés, au sommet des montagnes, surplombant fièrement la mer.

Nombreux sont encore les vestiges de la culture nuragique, qui contribuent à une fidélisation des traditions antiques et à une atmosphère unique.

Loin des projets d’urbanisation de certaines zones côtières, la Sardaigne a su conserver une nature sauvage et fière.

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Orosei
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Magnifique ville de Bosa, sur la côte ouest
Village de Posada
Petit village médiéval de Posada, complètement désert où nous avons été merveilleusement accueillis
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Village fantôme, surréaliste, San Salvatore de Sinis, sur la côte ouest où ont été tournés de nombreux westerns
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Orosei et ses charmants tons pastels
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A Oristano
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San Salvatore de Sinis
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L’église immaculée d’Orosei

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3 semaines ne nous ont évidemment pas été suffisantes pour explorer l’île qui paraît petite mais offre une large palette de loisirs, activités et endroits à fouiller, approfondir, à expérimenter.

Nous aurions aimé pouvoir emprunter un des nombreux chemins de randonnée spectaculaires qui se faufilent dangereusement sur les falaises pour venir terminer leur chemin en mer mais cela nous était complètement impossible avec les farfadets (quelle idée de les emmener dans un endroit aussi paradisiaque – note à nous mêmes, se contenter de les emmener à Center Parcs, la prochaine fois).

Une autre escapade s’impose donc, cette fois-ci, en amoureux, sans pause-pipi et goûter toutes les 7 minutes 30 (on en reparle dans un prochain billet si vous le voulez bien).

Si nous avons été enchantés par les paysages sardes, nous noterons deux petits bémols à notre séjour:

  • Les sardes ne parlent pas un seul mot d’anglais, donc autant vous dire que le français est pour eux une langue morte.

Cela a généré quelques situations cocasses, au restaurant par exemple où nous nous sommes retrouvés avec de la viande à la place de poisson et vice-versa.

Nous avons également fait vivre à nos enfants le premier resto-baskets, après une attente et un service pitoyables dans le touristique village de San Teodoro !

Ils ne font aucun effort et te font comprendre que c’est à toi de parler leur langue, car c’est toi qui viens chez eux.

  • Nous avions lu partout que l’hospitalité des habitants de l’île était légendaire et pourtant nous ne sommes pas sûrs de l’avoir jamais rencontrée.
Hospitalité sarde
Sur un mur, à Posada

Pour la petite anecdote, la personne qui nous a réservé le meilleur accueil était allemande, tombée amoureuse d’un sarde et de son village perdu, Posada, qui s’y est installée et tient aujourd’hui un hôtel-restaurant avec son cher et tendre.

Certains disent qu’ils sont pudiques et fiers.

Peut-être…en tout cas, nous n’avons pu nous empêcher de faire le parallèle avec le sens de l’accueil si généreux des habitants de Paros et Naxos, l’année dernière, qui est une des raisons principales pour lesquelles nos exigeantes progénitures souhaitent y retourner.

Notre constat reste néanmoins sans appel :

 Ma come sei bella , Sardegna !

J’espère que vous passez tous un bel été de votre côté !

A très vite pour la suite des aventures!

                                                   , qui s’est prise pour une sirène pendant 3 semaines

Sea, Sex & Sun ? (ou les grandes vacances avec des enfants)

Tu crois que c'est ça?

L’été approche (je n’y crois pas une seconde si je regarde par la fenêtre, emmitouflée dans mes charentaises), bientôt le Sea Sex & Sun time!
Ah, cet adage que l’on criait sans vergogne à l’approche de l’été quand on avait 17 ans!

Est-il toujours d’actualité, 2 décennies plus tard, 3 enfants en prime?
Comme tu le sais, je compte les dodos pour renouer d’intimes et sexys liens avec le soleil.
Dans 20 dodos, je serai normalement en communion absolue avec l’astre suprême et la mer méditerranée…pour le reste, ce n’est pas si simple.

Partir en vacances avec des enfants, c’est évidemment du bonheur (pendant 1 jour et demi).

Tu as enfin du temps à leur consacrer, tu ne les presses pas au petit-déjeuner, tu tolères même un certain laisser-aller.

Partir en vacances avec des enfants, c’est aussi s’oublier un peu en tant que couple, ne nous mentons pas.
Pourtant, vacances à la plage riment avec farniente, lâcher prise et décontraction, n’est-ce pas ?
Ta peau est dorée, tes gambettes douces et épilées après des mois d’hiver en jachère, tu sens le monoï, tes épaules sont dénudées et tu es finement prête à te faire secouer la cafetière !

Sauf que les enfants, en vacances ou pas, ils ont toujours besoin que l’on s’occupe d’eux, ces assistés, dingue, vraiment dingue.

Ils n’ont toujours pas compris que toi aussi tu es en vacances, et que tu aimerais bien ne rien faire de tes journées, par exemple.

Seuls au monde

Trou 2

Incapables de mettre leur maillot à tremper, d’aller à la douche avant 25 rappels et menaces de mort, de se tenir correctement au restaurant, de ne pas jeter un sceau de sable sur ta serviette alors que tu viens de t’allonger, cheveux mouillés, bouche en cul de poule, telle une sirène botoxée.

Tu te ballades, où que tu ailles, avec un garde manger mobile car un enfant, ça a toujours faim ou soif et surtout, un enfant, ça ne sait pas attendre.

Pelles, râteaux, ballons, bouées et autres jouets de plage deviennent les outils indispensables à ta survie…ou pas, quand tu es sacré champion de monde de constructeur de châteaux de sable, à l’insu de ton plein gré.

Alors que tu te délectes de ton livre et que tu arrives au moment où Christian enlève la culotte d’Anastasia la farouche, tu entends un de tes enfants (bien que tu fasses semblant de ne pas le connaître) hurler parce qu’un autre enfant que tu feins ignorer également, vient de lui faire manger une délicieuse pizza…en sable.

Désormais ensemble 24 heures par jour, les enfants tissent d’incroyables liens de complicité mais ont aussi beaucoup plus l’occasion de se chamailler allègrement.

Et au bout de 3 minutes de cris, tous les regards posés sur tes bourrelets, tu es obligé d’intervenir et de planter ton cornetto dans le sable, pour ne plus jamais le retrouver.

Tu deviens aussi agent de sécurité pendant les vacances, sache-le.

Derrière tes lunettes noires, tu rêves de piquer du nez, de Louboutins et de paillettes mais tu n’as jamais le temps d’écrire la première ligne de ton fantasme car tu surveilles en permanence ton enfant, ta plus grande peur étant la noyade de la progéniture.

Tout ceci est un peu hypocrite car secrètement, tu lui plongerais bien la tête sous l’eau pendant une heure ou deux, histoire d’avoir la paix ou d’envisager une sieste crapuleuse.

Promenade 2

La grasse matinée est une équation qui n’est toujours pas résolue chez tes marmots.

Tu les couches pourtant plus tard, les croyant épuisés et prêts à dormir 3 jours durant.

Que nenni, d’épuisé il n’y a que toi et tu finis par t’endormir en leur racontant une histoire.

Voilà, tu as passé ta journée à t’occuper d’eux et maintenant, 00 :17 affichés sur ton téléphone, 3 photos postées sur Instagram, tu regardes ta moitié et en même temps vous prononcez honteusement ces 3 mots :

« Je suis mort(e) ».

Les vacances censées être une parenthèse à la routine du reste de l’année peuvent donc mettre un couple à dure épreuve si les enfants prennent les commandes, ce qu’ils ont tendance à faire avec beaucoup d’aplomb.

Il est important de leur faire comprendre que ces vacances sont aussi et surtout les vôtres et que vous avez besoin de repos et d’intimité (mais ne les noyez pas).

N’hésitez pas à leur donner la chance d’être plus autonomes, en les responsabilisant, cela vous permettra de souffler un peu.

L’année dernière, il nous est par exemple arrivé, au restaurant, de faire table séparée.

Nous avions envie de nous retrouver en tête à tête et de ne pas passer le dîner à crier, pour une fois.

Aussi, nous avions demandé au grand de s’occuper des deux petits.

Je vous rassure, leur table était à côté de la nôtre, ils ont trouvé ça très drôle et nous avons payé leur addition !

Mais à aucun moment nous sommes intervenus et nous avons pu avoir une conversation longue de plus de trois mots sans interruption, admirer nos bronzages respectifs et nous dire que nous étions bien, là <3.

Dans notre situation de famille recomposée, les moments où nous pouvons être tous les 5 aussi longtemps sont finalement trop rares.

Nous nous efforçons par conséquent de partager le plus de moments ensemble, alors oui, parfois nous nous oublions un peu tous les deux, mais nous en avons conscience et savons pourquoi nous le faisons.

Enfants heureux

C’est pourquoi, dès que nous le pouvons, et, que notre austère banquière nous l’autorise, nous nous accordons de courts moments rien que tous les deux et revisitons pleinement l’adage de nos 17 ans, histoire de rattraper ces instants dérobés !

« Sea, Sex & Sun »

Bonne fin de week-end à tous!

Je serai une petite sirène

orosei

Youpi, nous sommes enfin au mois de juin, ça commence à sentir les vacances, le monoï, les chouchous, les glaces, les boissons fraîches!

Comment ça, tu ne le respires pas, ce doux parfum de l’été ?

La pluie non-stop, la Marne qui veut s’inviter sur notre balcon, l’écharpe du matin, les collants, le ciel chaque jour un peu plus gris qu’hier, le chauffage allumé, le gilet de mamie, non, ça ne rime définitivement pas avec la définition de l’été, je te l’accorde.

Alors, pour ne pas prendre des actions chez Lindt ou ne pas sombrer dans l’alcoolisme temporaire, j’ai ma petite méthode à moi : je bave tel un chat avec la rage féline, absolument chaque jour, sur les photos de l’endroit où nous partons en vacances.

Je vérifie les températures matin, midi, soir et parfois deux fois la nuit, et je hennis comme un cheval en voyant un petit 28 affiché au thermostat, crinière gonflée par cette chienne de pluie.

Et, évidemment, tu l’auras deviné, je compte les dodos, comme les tous petits.

Dans ces instants là, on aime à se sentir à nouveau un enfant, les soucis nous paraissent tout à coup moindres, au diable la déclaration des impôts et le coup de fil de la banquière hystérique.

Bientôt, nous allons retrouver le soleil !

Il reste donc 31 longs et interminables dodos, 31 réveils en mode hyène, 31 trajets de métro à haïr ceux qui boycottent le déodorant, au moins 15 « tu me donnes ton 06 Mademoiselle » (à l’approche de l’été, l’homme désespère au point d’appeler une Madame Mademoiselle).

Il y a un an de cela, à quelques jours près, j’avais écrit ce billet A un mois du bikini.

Parce que naturellement, été est pour beaucoup d’entre nous synonyme de plage.

Plage va de pair avec maillot de bain.

Maillot de bain est égal à corps exposé au regard des autres.

On la résout cette équation ?

Dans le mille : c’est le début du cauchemar pour grand nombre de petites âmes sensibles.

Vous en conviendrez, c’est le même scénario chaque année: les magazines nous bombardent de régimes miraculeux, de nouveaux produits minceur promettent de réduire à néant notre porte-monnaie, bikinis, trikinis et autres bouts de tissu rikikis envahissent tous les espaces publicitaires.

Nous voilà hésitants devant la part de carrot cake, réticents face au carré de chocolat censé sauver notre journée, fuyant toute invitation aux apéros qui se composeraient d’autres aliments que des bâtonnets de céleri, de citron et d’eau plate.

Quelle dictature, ne pensez-vous pas?

Mais qui a envie de ressembler à Adriana Lima dans la pub Calzedonia?

Pas moi?!!!!

Bah si moi! Mais il faudrait tout refaire et je n’ai pas envie de passer mes 10 prochaines années sur le billard, je n’aime même pas ça d’abord le billard, je préfère le baby- foot.

Dans 31 dodos, moi, qui me sens la grasse grâce d’un cachalot et d’un zèbre réunis, je vais faire semblant de me prendre au moins pour Ariel, la petite sirène (pas Dombasle, hein).

Le cachalot c’est pour les petites rondeurs ici et là mais surtout pour la façon de me déplacer sur le sable, tout doucement, en observant avec une vision 360 degrés, qui pourrait être en train de m’observer, moi.

Le regard des autres m’a longtemps traumatisée, rendu chaque virée on the beach très douloureuse.

Il faut que tu saches que j’attendais toujours que toutes les personnes soient endormies autour de moi pour oser me lever et aller me baigner.

Et là encore, je marchais dos à l’eau ( les enfants m’ont maudite et m’ont jeté leur râteau à la figure de nombreuses fois car j’ai détruit beaucoup de forteresses en marche arrière…ah, les femmes au volant).

Longtemps j’ai envisagé n’aller à la plage que la nuit.

Je n’enlevais jamais mon t-shirt, un paréo géant entourait mon popotin et les hanches de femme dessinées au pinceau gros-œuvre.

Mon bronzage était donc très inégal, d’où les zébrures.

Aujourd’hui, c’est plutôt mes vergetures de grossesses qui me donnent ce petit côté animal… Grrrr…. Mouais.

Mais laissez-moi vous dire que, peut-être pour la première fois de ma longue vie, je n’ai pas cédé à la dictature, je suis en monde anarchie totale et Bon Diou que ça fait du bien!

Je mange ce qu’il me plait (pas que en mai), brunchs et dîners sont les bienvenus, j’ai redécouvert le goût du martini et des blinis .

Attention les amis, je ne me laisse pas aller pour autant.

J’essaie d’aller au sport tous les jours et fais au moins 3 séances de cardio par semaine, j’entretiens la mécanique !

Je ne maigris pas mais je me sens bien, ehehe, c’est foufou que je puisse dire ça.

Mon corps est plus ferme (c’est pas moi qui le dit, c’est l’homme dans mon lit).

Je continue donc à avoir une vie sociale sans passer pour la régimeuse pénible de service, je peux manger à table avec tout le monde, céder à l’appel du fraisier sans m’infliger une séance de fouet.

C’est un long chemin pour moi, ceux qui me connaissent bien, savent ô combien mon image a été ma meilleure ennemie, des décennies durant.

Je ne suis pas la seule responsable de ce changement.

Le regard bienveillant et gourmand de l’amoureux y sont bien sûr pour beaucoup.

Se sentir désirée et aimée, entendre tous les jours qu’il me trouve belle (même le matin au réveil mais avec la bouche fermée), se nourrir de ses compliments quotidiens a été la meilleure des thérapies et ne m’a pas coûté une livre (on trouve un arrangement en nature).

Le regard de sa moitié est donc fondamental pour notre auto-estime, je ne vous apprendrai rien et je peux d’autant plus vous le dire pour avoir connu le juste contraire auparavant.

Alors, petite poignée d’amour ou pas au centre, vue dégagée sur ma poitrine plus au nord, fesses très apparentes vers le sud, je m’en fous, je suis fière de ne pas avoir cédé aux diktats de la société et de pouvoir vivre comme je le veux, comme je le suis vraiment.

Cet été, la petite sirène ce sera moi, et peut-être toi et vous, si vous le voulez bien, non?

Vous savez pourquoi ?

Parce que moi, les diktats, maintenant…

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Bonne soirée à tous !

                                                                                                                 , Petite Sirène