Un anniversaire pour toute la vie

Il y a ceux qui laissent des dizaines de cadavres dans tout l’appartement.

Il y a ceux où vous finissez la tête dans la cuvette des toilettes.

Il y a ceux que vous passez en amoureux, d’autres avec votre bande de potes.

Sans que vous sachiez comment, vous terminerez certains en petite culotte.

Et puis, il y a ceux qui fabriquent vos plus beaux souvenirs.

Il y a encore quelques jours, j’appréhendais ce week-end.

Comme nous essayons de le faire depuis que nous nous connaissons, soit 1609 jours, 11 heures et 16 minutes, nous avions programmé une escapade pour mon anniversaire.

En septembre, ce sera au tour de l’amoureux.

Tous deux in love de l’Italie, nous avions choisi cette fois-ci de poser nos petites valises remplies de guimauve, sur le Lac de Côme.

Un cadre idyllique, une région magnifique, une gastronomie comme nous les aimons, le tout baigné par le soleil et arrosé par du vin pétillant.

Le décor était planté pour faire des bébés, pour passer un super week-end et par conséquent un très bon anniversaire.

C’était sans compter sur le départ de mes parents.

Je vous avais déjà parlé ici de ma fuite du canal lacrymal.

L’amoureux a beaucoup de qualités et de vertus, vous le savez déjà.

Plusieurs soirs, il avait revêtu sa salopette de Super Mario et avait tenté de réparer la fuite.

Il est à moitié italien, après tout, ça aurait presque pu marcher.

Pourtant, il n’y avait rien à faire, il me voyait inconsolable, encore plus quand mes yeux baignés de larmes se posaient sur sa casquette rouge et sa nouvelle moustache.

C’est néanmoins le cœur gonflé de tendresse et des papillons plein le ventre que je partais mercredi soir.

Plusieurs gaffes auraient pu me mettre la puce à l’oreille.

J’ai d’abord cru que l’amoureux s’était laissé convaincre par Frédéric (Beigbeder, pas mon frère).

Plus de 3 ans passés à s’aimer passionnément et à s’astiquer le dos (bande de coquins, vous pensiez que j’allais dire autre chose…m’enfin) et voilà, tout était fini, il avait trouvé une maîtresse.

Son portable ne cessait de sonner et il se précipitait pour cacher son écran et répondre hâtivement.

Il me mentait effrontément en se plaignant qu’il s’agissait de boulot, de clients chiants.

A 22H00 ?

Je l’imaginais alors écrire « j’ai envie de toi », « retrouvons-nous demain », « dire que l’autre se ballade dans l’appartement aves son nez en patate, son rouleau de PQ parce qu’il n’y a plus de mouchoirs et son pot de glace, alors que je pourrai être avec toi ».

Ma fuite s’aggravait.

Il ne manquait plus que mon périnée lâche et je fasse dans la culotte.

La boucle serait bouclée.

Je n’ai rien vu venir.

Même quand son papa a dit avoir réservé le restaurant pour 7 personnes.

Aveugle, j’étais.

Même quand l’amoureux me parlait d’un jean qu’il ne pourrait porter devant mes parents.

Bouchée, je dormais.

A aucun moment je n’ai ressenti une pointe de stress et d’énervement de sa part, notre programme semblait se dérouler comme il l’avait prévu.

Pourtant, rien ne se passait comme prévu, mais je ne le savais pas encore.

Sa maîtresse nous accompagnait, s’inquiétant de notre périple toutes les 30 minutes.

En fin de journée, nous avons découvert, des étoiles plein les yeux, la villa que l’amoureux avait réservé.

Le cadre était somptueux, la vue sur le Lac de Côme époustouflante.

Il y avait beaucoup de lits dans la maison.

Peut-être allait-elle nous rejoindre ?

Je n’étais pas encore prête pour un plan à 3.

Blondie par le soleil, je ne réfléchissais plus.

C’est après une journée de jeudi éreintante, que nous posions nos fesses sur des chaises en plastique d’une pizzeria de la petite ville de Bellano à 22 heures.

Alors que j’élaborais intérieurement un plan pour reconquérir celui que je ne voulais pas voir partir (et assassiner celle qui osait voler mon bonheur, la SALOPE), je les voyais.

Mon frère, d’abord, avec ses jambes toutes fines et ses dents blanches.

Puis, maman, un chapeau à fleurs blanches posé sur ses cheveux, la fatigue sur le visage.

Enfin, papa, égal à lui même, l’estomac criant famine.

Je restais quelques secondes sans voix.

Ils étaient là. Bien là.

J’apprenais alors qu’ils devaient arriver dans la matinée et que nous devions nous retrouver à Côme pour le déjeuner.

Seulement, mes parents avaient raté leur vol.

Ce n’est pas comme s’ils n’avaient pas dormi à l’aéroport la veille.

Un pipi de dernière minute et tout part en vrille.

Mes parents décollaient de Porto, mon frère de Paris, ils n’arrivaient pas au même aéroport.

Pour corser un peu les choses, mon frère avait oublié son permis.

Il ne pouvait donc pas prendre la voiture qu’il avait réservée.

A moins de changer le conducteur.

C’est alors que je recevais sur mon portable la photo du permis de conduire de mon père, dans un message envoyé par maman.

Elle n’avait pas vu qu’elle répondait à une conversation de groupe que nous avions eu avec mon frère.

Je demandais à maman pourquoi elle m’envoyait ça.

En menteuse professionnelle, elle me répondait que mon père était parti en courses et qu’il avait oublié son permis.

Et puis elle ajoutait « Sinon, il fait beau chez vous? ».

Vous suivez ?

Il n’y a que moi qui ne comprenais rien ?

Pendant que je me plaignais des embouteillages à Milan, mon frère qui était depuis 8 heures du matin dans la capitale de la mode italienne, se démenait pour trouver une solution afin que nos parents puissent nous retrouver.

Et il trouvait !

Nos parents furent obligés de prendre un vol Porto-Paris puis un deuxième Paris-Milan.

Evidemment, le vol n’atterrissait pas à l’aéroport où leur voiture de location était prévue.

Mon frère avait donc poireauté toute la journée à Milan, seul, affamé, avec sa petite valise métallique sous le bras, en attendant de pouvoir récupérer mes parents qui arrivaient en fin de journée.

D’autres auraient abandonné, je le sais.

Trop compliqué, trop d’imprévus, trop de frais, trop fatigant.

J’en connais plus d’un qui n’aurait pas tenté de trouver une solution.

Seulement, ils s’étaient tous promis de me faire une surprise pour mes 40 ans.

Je salue ici bien bas mon plombier adoré, qui en grand chef d’orchestre, a planifié tout cela, depuis des semaines.

Il confirme une nouvelle fois le titre de meilleur amoureux de l’univers.

Je remercie mon frère, Mac Gyver, et mes incroyables parents qui n’ont à aucun moment renoncé.

Ils m’ont offert le plus beau des cadeaux et ont fabriqué tous ensemble mon plus beau souvenir.

Les 40 ans, ça fait mal ? C’est passé comme une lettre à la poste, les amis.

Je me sens plus jeune qu’hier et prête à affronter demain.

Ne me reste plus qu’à ajouter que nous avons passé un trop court mais merveilleux week-end sous le soleil et la beauté de l’Italie, détail non négligeable.

L’ado n’a presque pas fait la tête.

Je repars la tête emplie de paillettes, les veines de spritz, les fesses de mozzarella.

C’était bien. Même très bien.

Je vous laisse, je dois aller perdre 4 kilos et devenir la maîtresse de mon mec.

Bonne semaine à tous.

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A mon bébé sumo à la clavicule cassée

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Un doudou oublié, les chaussons rangés, le calme retrouvé, la porte de la chambre refermée, mais pas la sérénité.

Une nouvelle semaine qui commence chez papa, où tu vas cocher les jours sur le calendrier posé au dessus de ton lit, afin de compter les dodos qui te séparent des câlins de maman, de ses fajitas et des meilleures pâtes à la carbonara de l’univers, comme tu le dis.

Pourtant tu te plains souvent que chez maman on se couche trop tôt, on a trop de règles « énervantes ».

Tu m’as dit hier que tu préférerais que je retourne vivre avec ton papa.

Je te réponds que tu étais pourtant trop petit lorsque nous avons décidé de ne plus nous aimer, que tu as connu la valse des sacs à dos très tôt, que tu n’as peut-être pas eu le temps de garder des images de nous dans ta petite tête de bébé joufflu.

Et que c’est peut-être mieux ainsi.

Tu me susurres que tu t’en fiches, même si on se n’aime plus, ce serait le seul moyen de me voir plus souvent, car, après tout, ce n’est pas juste que ce soit ton frère qui profite de moi tous les jours et pas toi.

Toi qui es un petit bonhomme si dur et si fort de caractère, du haut de tes presque huit ans, tu oses enfin me demander pourquoi est-ce que l’on s’est séparé.

Toi, qui sais si bien faire la part des choses et qui semble profiter pleinement de ton papa et de ta maman séparément, tu poses enfin des mots sur ce qui apparaissait si naturel depuis toujours.

Comment mettre à mon tour des mots sur ce qui s’est passé ?

Je ne pourrai jamais te l’expliquer.

Je me dois de te préserver.

Distinguer mon rôle de maman et de femme et faire ainsi la part des choses, n’a pas toujours été facile.

Lors de ce tremblement de terre, j’aurai voulu t’arracher de ton père et faire en sorte qu’il ne te voit plus jamais, pour qu’il mesure les conséquences de ses actes et qu’il souffre, à son tour.

Je mesure la dureté de mes propos.

Cela n’aurait évidemment pas été intelligent, tu aurais probablement été celui qui en aurait finalement pâtit le plus, plus tard.

Mais fait-on preuve d’intelligence quand on est submergé par la peine et terrassé par la douleur ?

Il faut croire que oui, que l’on va puiser quelque part cette lumière de lucidité et c’est ce que j’ai choisi pour toi, alors que d’autres s’évertuent à faire la guerre, moi, j’ai déposé les armes.

Si tu avais vu « Kramer contre Kramer », tu comprendrais…

Pour l’instant nos échanges cinéphiles se limitent aux Disney.

Cela ne signifie pas que je n’ai pas décidé de me battre pour toi, bien au contraire.

Cette peur que tu m’en veuilles un jour me réveille parfois.

Je comprends mieux ton agressivité et ton hostilité à l’égard de l’image de la famille recomposée parfaite que nous véhiculons, tes paroles souvent rudes, tes regards et gestes qui peuvent être blessants.

Peut-être penses-tu au plus profond de toi que je ne t’ai jamais assez aimé pour te garder toujours auprès de moi.

Ta peine fait finalement surface, nous qui pensions avoir réussi à la noyer au milieu de l’océan de nos propres pleurs.

Il faudrait peut être que tu saches pour comprendre, toutes ces choses que je m’interdis de te dire.

La seule réponse que je puisse t’apporter est l’amour, l’amour A2, A3, A4, A5, l’amour sous tous ses formats, de toutes les couleurs, celui qui empêchera nos cœurs de s’assécher, de devenir aigris et vivre dans le passé.

Parce que le présent est aujourd’hui en quadrichromie et que c’est ainsi que nous souhaitons que tu vois l’avenir, la vie, l’amour, le monde.

Je me dois de t’écrire ces mots si un jour tu te mettais en quête de réponses.

Le fait que j’aime un autre que toi, ton frère ou ton papa, n’enlève rien à tout l’amour que mon cœur de maman ressent pour toi, bien au contraire.

Et que même si ce n’est pas le parfum de mon cou que tu respires les soirs où tu es avec papa, lorsque tu vas te coucher, je m’efforce de t’envoyer par bluetooth, toi qui es déjà si familier avec les nouvelles technologies, toutes les notes de senteurs qui sont uniquement les nôtres, à toi et moi, depuis que tu es apparu dans ma vie, cette journée ensoleillée d’avril, avec ta tête de sumo et ta clavicule cassée.

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P-S : Oui, je sais, ce n’est pas avec ce titre que je vais améliorer le référencement de mon blog sur Google…mais est-ce le but?

Que reste-t-il de Noël?

Voilà, Noël est passé, des semaines de préparation pour certains, et tout s’est envolé en fumée en 2 petites journées pour d’autres.

Que reste-t-il de Noël ?

Plus grand-chose sur le compte en banque, première constatation.

Quelques jours avant les fêtes, j’ai été, comme tous les ans, à nouveau assaillie par ce sentiment de culpabilité, celui qui envahit toutes les consommatrices compulsives à la vue d’objets brillants.

Cela a commencé quand je revenais de ma consultation chez ma gynécologue pour la pose d’un stérilet (on en reparle une prochaine fois si vous voulez bien), et chez laquelle je venais de lâcher 135 €.

Parcourant toute la rue Saint-Lazare avec ce nouvel habitant au creux de mon corps, force était de constater que je n’avais jamais vu autant de sans-abris dans les rues de Paris.

Jeunes, vieux, enfants, français, étrangers, beaux et moins beaux, la précarité n’épargne désormais aucun visage.

Je me demandais alors si ces 135 € n’avaient pas été mal employés, si je ne devais pas aller me faire retirer l’intrus de suite et distribuer ces quelques billets à ceux qui avaient des besoins bien plus vitaux que les miens.

Plus je marchais, plus la douleur éprouvée dans le bas-ventre se répandait dans l’intégralité de mon grand corps tout endolori.

C’était néanmoins mon cœur qui me faisait le plus peiner, alors que je calculais (comptais sur mes doigts en fait), la somme que j’allouais à mes cadeaux de Noël, alors qu’eux, ceux que je m’obligeais presque à ne pas voir, assis sur un vieux carton de déménagement, n’avaient rien.

Je rejoignais mon quartier un peu plus maussade que la veille, lors de ma virée aux Galeries Lafayette où Noël n’est qu’explosion d’étoiles filantes.

La réalité est pourtant toute autre quand on passe la grande porte et on s’engouffre dans le métro.

J’ai honteusement eu envie de cacher mes sacs quand j’ai aperçu de nouveau cette jeune fille, dans les courants d’air de la station Chaussée d’Antin-La Fayette, cette même jeune fille que j’aperçois là depuis des semaines, cette jeune fille qui me ressemble presque.

Puis cet adolescent, guère plus âgé que mon fils, qui affiche un sourire qui me surprend (note à moi-même : faut-il que je mette l’ado à la porte pour qu’il montre ses dents ?).

Deux femmes s’approchent de lui, j’imagine alors qu’elles ont été également touchées par celui qui pourrait être leur fils.

J’apprendrai plus tard sur le quai par une de ces 2 femmes, que Nicolas vit dans la rue depuis 3 semaines, après une énième dispute familiale, cela lui était devenu insupportable.

Je rentre chez moi en me disant que le Père-Noël ne faisait pas bien son job, il distribue toujours aux mêmes, oubliant ceux qui n’ont pas d’adresse postale.

Tout cet étalage de cadeaux sous le sapin m’écœure quelque peu, j’y ai pourtant grandement contribué, cela est bien hypocrite de ma part.

J’essaie de déculpabiliser en me répétant de ma petite voix aiguë, que cela est pour faire plaisir à ceux que j’aime, il n’y a pas de mal à cela.

Pour fuir Paris et cette frénésie contagieuse avant Noël, nous partons 2 jours avec les enfants, sur un coup de tête, vivre quelques moments en famille loin de tout cela.

Nous nous ressourçons, mangeons beaucoup trop, rigolons, avons froid, les enfants se disputent, et surtout, nous sommes ensemble et c’est le plus important.

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A l’ouverture des cadeaux, dimanche matin, la principale préoccupation des petits, avant même de savoir ce qu’il y avait dedans, était celle de savoir qui avait récolté le plus de paquets.

Cela en devient déplaisant.

Mais à qui l(m)a faute ?

Aujourd’hui, les poubelles débordent d’emballages de papier doré déchiré sans aucune considération pour les petites mains qui l’ont plié avec amour, les chambres regorgent de nouveaux jouets, et les enfants ne sont pas là.

Bien sûr, le Père-Noël nous a encore une fois drôlement gâtés, trop, cela en devient gênant quand on regarde les infos, que l’on lit les journaux, que l’on lève un peu le nez de son téléphone dans la rue.

J’apprécie ENORMEMENT chacun des cadeaux qui m’a été fait, bien évidemment (je les kiffe grave).

Mais savez-vous ce que je retiendrais le plus ?

Les moments passés avec la smala, le fait d’avoir pu nous réunir avec les 2 familles.

Je les apprécie d’autant plus que je sais que mes parents ne seront plus en France l’année prochaine et c’est comme si Noël allait perdre tout son sens.

Car sans cette même famille, il y a 7 ans, alors que le monde s’écroulait autour de moi, c’est moi qui aurait pu me retrouver assise sur un bout de carton de déménagement, dans le métro, à regarder les autres courir avec leurs immenses sacs remplis de présents, ceux-là mêmes qui n’auraient pas eu un seul regard pour moi.

Alors, que reste-il de Noël ?

Des sourires, des rires, des pleurs, des moments de colère, des cris, des punitions, de l’énervement, parfois un peu de désespoir mais tous ENSEMBLE.

Et ça, cela ne s’emballe pas.

Distribution d’amour sur tous et bien évidemment, bonnes fêtes !

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A 541 kilomètres

5 heures 30 de route ce n’est pas tant que ça.
541 Kilomètres ce n’est pas la mer à boire non plus.

Nous n’avions pas vraiment d’excuse présentable au tribunal, en réalité.
Pour ce long week-end de l’ascension, nous avons enfin réussi à aller rendre visite au papa de l’amoureux qui vit seul au Pays de Gex, un peu chez Heidi quoi.

Mon amour des chaussures et mon glamour intergalactique étaient pourtant ravis d’aller respirer les bouses de vache et surtout le grand air.
Beau-papa a subi deux lourdes opérations il y a de cela deux mois et nous n’avions même pas encore trouvé le temps de nous rendre à son chevet, ingrats que nous sommes.

Les journées passent, les semaines défilent, nos petites vies de fourmis nous dévorent, au point d’en oublier le plus important, c’est bien navrant.
Bien qu’il ne s’agisse pas de mon papa, cette situation m’attristait beaucoup et je n’arrivais pas à comprendre que rendre visite à un parent souffrant ne fasse pas l’objet d’un post-it rose fluo que l’on colle sur son ordinateur et sur son frigo, que cela ne passe pas au-dessus de la pile de tous les dossiers, que cela ne devienne pas la priorité.
Cette situation serait inenvisageable dans ma propre famille.

Nous ne sommes pourtant pas le modèle idéal à calquer ou à offrir en patron téléchargeable, c’est sûr.

Nous avons eu nos accrocs, nos sorties de route mais un petit tour au garage et la mécanique est presque neuve.
Ni temps ni argent ne nous empêcherons jamais , en tout cas, je le pense, de prendre soin les uns des autres dans les moments difficiles.

Ou d’être là, présents, tout simplement.
J’ai un peu de mal, je l’avoue, avec cette vision de famille un peu éclatée qui finit par ne jamais se voir (les parents de l’amoureux sont divorcés).

Etant moi-même divorcée, cela fait évidemment turbiner ma petite tête de maman angoissée qui se demande déjà si mes enfants me placeront en maison de retraite, s’ils viendront me rendre visite, s’ils viendront déjeuner avec moi le dimanche ou si je les passerais seule dans un coin d’un réfectoire qui sent le vieux, l’urine et la naphtaline.

Ne me resteront que des souvenirs.

C’est pour cela que nous accordons autant d’importance à les construire, ces souvenirs, avec nos propres enfants.

Sans pour autant me considérer égoïste, j’estime pouvoir attendre de mes enfants un peu d’attention et d’affection, même quand les rides auront creusé chaque partie de mon corps et de ma peau et que j’en serai une vieille, de peau.

Avoir eu tant de mal à les élever, me donner tant de peine, passer une multitude de nuits sans dormir pour ne plus les voir une fois qu’ils auront pris leur envol ?

Toutes ces vergetures, tous ces kilos, ces larmes et ces pots de nutella, pour RIEN ?

Ce n’est pas la définition de famille qui est inscrite dans mon dictionnaire.

Evidemment tout cela est très personnel, et je ne peux balayer d’un revers de la main toute une histoire de vie écrite pendant de longues années ,je ne peux donc grandement m’en mêler.

Nous avions pourtant prévu depuis quelques mois déjà un week-end de débauche, de bières et de barbecues dans un domaine de Puy-L’Evêque, chez des amis de l’amoureux.

Oui vous l’avez deviné, nous avions prévu de nous rouler tous nus dans les champs, ivres morts d’amour et de rosé frais.

Je suis heureuse de l’avoir troqué contre un week-end de souvenirs, et l’amoureux aussi, bien évidemment (alors que nous mourions d’envie de quelques jours en adultes irresponsables).

J’ai été très touchée par l’importance que mes propres enfants accordaient à cette visite et au combien ils ont été touchés par la situation de celui qu’ils ont très vite appelé « Papy de Gex ».

Ils se demandaient comment il allait faire quand il allait rentrer à la maison et se retrouver seul, qui allait lui faire ses courses, comment il allait pouvoir monter les escaliers.

Ils n’étaient donc pas indifférents, et c’est cette indifférence que je veux combattre, ne pas la laisser entrer dans nos vies, encore moins la laisser tisser ses lianes envahissantes.

Je veux tisser des liens, éternels.

Mes dernières lectures m’ont d’ailleurs énormément conforté sur cette question (Agnès Ledig, Virginie Grimaldi).

La vie est trop courte, nous passons trop de temps à nous disputer et pas assez à nous aimer, nous méritons d’être chéris jusqu’à la fin de nos jours, avec nos dentiers et nos déambulateurs.

Demain, nous ne serons peut-être plus là.

Et quand nous ne serons plus là, il est important que l’on laisse de jolis souvenirs de moments passés, tous ensemble.

Un sourire, un appel, une accolade, une promenade.

Je ne veux pas que mes enfants viennent pleurer sur ma tombe, je veux qu’ils fassent partie de ma vie jusqu’au dernier jour, je veux faire partie de la leur autant que possible.

Comme le dit le grand philosophe François Valéry « Aimons-nous vivants » (les plus jeunes ne comprendront pas, tant pis, suis vieille et alors).

Nous avons de plus pu profiter de la parfaite combinaison : eau-ciel bleu-nature pour nous ressourcer et redécouvrir la magnifique région de Haute-Savoie qui n’a cessé de nous offrir de superbes clichés, gravés pour toujours dans notre tiroir des souvenirs.

Ce tiroir est loin d’être plein et nous souhaitons en fabriquer encore et encore, pour que nous puissions les ouvrir à chaque coup de blues, quand ils ne seront plus là, quand nous ne serons plus là.

En attendant, je vous ouvre une partie de mon tiroir et partage avec vous ces instants gravés dans nos mémoires.

La seule pièce qui manquait au puzzle était notre petite blondinette, à des centaines de kilomètres chez sa maman, que nous n’avions pas pour ce week-end, mais à qui nous avons pensé très fort.

Vous verrez, 541 kilomètres, ce n’est pas si loin.

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Sur le lac d’Annecy
Village médiéval d’Yvoire
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Thonon-Les-Bains
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Thonon-Les-Bains
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Petite promenade en bateau sur le lac d’Annecy
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Montée du col de la Faucille qui m’a permis de brûler 2 tartines de nutella
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Grand soleil et toujours un peu de neige, combinaison idéale pour les enfants
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Remake de « l’Amour est dans le pré » ou « Alerte à Malibu » au milieu d’un des nombreux champs de colza
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Thonon-les-Bains
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Le lac Léman à Yvoire
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Vue imprenable sur le Mont-Blanc, Genève et le Lac léman au sommet du col de La Faucille
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Petite place du village d’Yvoire
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Toujours Yvoire
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My kids and I
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Oui je suis tombée amoureuse d’Yvoire !
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Sur la route qui nous menait à la maison de convalescence de Papy de Gex, vue imprenable sur le Lac du Bourget
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3 coups de soleil gagnés grâce à notre escapade sur cette plage de sable fin du Lac Léman, à Excenevex, avec vue sur les montagnes enneigées
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Lors de notre visite avant de reprendre la route hier, avec Papy ❤

Bonne semaine à tous !

 

Une question de temps

Nous avons tous l’air de dire que nous en manquons cruellement.

Nous vivons dans l’ère de l’overbooking, du débordement, de la course contre la montre, de la recherche des minutes volées par un escroc dont nous ignorons tout ou presque.

Nous aimons presque à dire que nous n’avons pas le temps d’aller faire pipi ou de déjeuner, cela nous donne un genre, on se rêve une personnalité très importante qui passe sa vie dans les avions, alors qu’en fait c’est derrière un clavier que nous nous cachons et nous perdons trop souvent.

Le rêve.

Oubliez les gars, nous ne sommes pas tous des Barack.

Temps, où voles-tu ?

Nous sommes pourtant nombreux à débuter notre journée  en  jetant un œil furtif mais aguerri à nos comptes Instagram, Facebook, ou autre réseau de désocialisation.

Nous envions parfois, jalousons, likons, admirons, détestons souvent.

Et ceci plusieurs fois dans la journée.

Entre-temps, avez-vous dit « Je t’aime » à votre amoureux, à ceux qui vous sont chers ?

Avez-vous pris de leurs nouvelles ?

Moi non plus.

L’actualité d’inconnus ou de vagues connaissances vient grignoter un peu de ce bien si précieux, qu’est le temps.

« T’as vu que Cyril Lignac était avec Sophie Marceau ? ».

Le ping de nos mails sur le téléphone qui nous rappelle sans cesse à lui, comme si nous attendions un message de la Française des Jeux ou de Bill Gates.

Vous n’avez toujours pas eu le temps de dire « Je t’aime » à votre amoureux, encore moins de lui passer un coup de fil, n’est-ce pas ?

Les appels de clients qui viennent envahir le moment du dîner et interrompre parfois le seul instant de partage dont nous devrions  enfin pouvoir profiter.

« Je n’ai pas le choix, c’est un client très important ».

A côté de cela, nous délaissons souvent nos proches, nos amis, notre famille.

De l’importance de ce qui est important, on en parle?

Je suis la première à dire que je ne les vois pas autant que je le souhaiterai, j’en conviens parfaitement.

Nous sommes devenus des esclaves des temps modernes.

Notre job, par exemple, occupe une place si importante que j’ai parfois l’impression que nous sommes tous des chercheurs à l’Institut des maladies incurables et que nous allons sauver le monde.

Nos clients nous tiennent par les roubignolles, nos supérieurs nous tyrannisent, nous asservissent et nous transforment en petits chihuahuas détestables.

Mais est-ce que cela va vraiment changer le cours de la bourse le fait de boucler ce dossier ce soir ou répondre à ce mail envoyé à 21 :24 ?

Source Pinterest
Source Pinterest

C’est une spirale infernale car nous vivons sans cesse dans la peur.

La peur de perdre notre emploi, ne plus rembourser son crédit, de se retrouver à la rue, de ne plus pouvoir subvenir à nos besoins et à ceux de nos enfants.

La peur de ne plus avoir de reconnaissance sociale, statut si important dans la société actuelle.

Alors, nous croquons dans la part du gâteau que nous avions nommée « PERSONNELLE », au départ si grosse, devenue ridiculement infime, au fil des jours, des années.

Avez-vous déjà essayé de faire un cercle et d’y dessiner les parts, équivalentes au temps que vous consacrez à vos amis, à votre famille, à vos enfants, à votre travail, à vous, à vos loisirs ?

Vous serez surpris et pourtant vous n’apprendrez rien que vous ne sachiez déjà et surtout, ô surtout, vous n’en ferez rien.

Vous passerez une nouvelle fois votre chemin, oeillères bien en place, petite queue remuante, prêts à jouer incessamment votre rôle de mouton.

Je suis moi-même un mouton, je le fais très bien d’ailleurs, surtout quand je ne fais pas de brushing.

Quand ce foutu temps qui manque et ces priorités qui n’en sont pas mais que nous avons jugées l’être, viennent nous éloigner des êtres chers, je me remets vraiment en question.

C’est actuellement le cas dans notre vie et ça me grignote de l’intérieur l’ami (je n’ai pas maigri pour autant).

Avoir un être cher malade, un être qui n’est peut-être plus si longtemps que cela avec nous et ne pas pouvoir prendre le temps de lui rendre visite, le réconforter, le soulager de ses maux avec les vôtres, de mots, ça me donne envie de me bouffer les tripes.

Offrir notre temps à notre famille au détriment de choses plus futiles de la vie, ce n’est peut-être pas si con que ça, si ?

Je murmure que nous devons changer nos priorités, alors que j’ai envie de le crier.

Je chuchote que je ne trouve pas ça normal, alors que je me meurs de le taguer sur les murs.

Des fleurs sur la pierre ou sur le marbre, les larmes, les remords, ne remplaceront jamais le temps que vous n’avez pas eu pour les vôtres.

Avant qu’il ne soit trop tard, je souhaiterai revoir mes priorités, cela n’engage que moi, bien sûr.

Ce n’est pas une résolution tardive de 2016, c’est un besoin vital.

Bonne fin de semaine les z’amis.

Nous ne retiendrons que la douceur

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Nos cœurs se remplir d’amour en les entendant mettre la table du petit-déjeuner, bien que nous aurions préféré que leurs petits corps chauds restent plus longtemps enveloppés dans leur couette molletonnée.
Toucher la liberté, le ciel et le silence lors de nos ballades sur ces longues étendues de plages désertes.
Apprendre de nouveau à vivre à cinq pour quelques jours, réinstaller des règles mais pas trop, car nous savons que le temps est précieux, et ces moments aussi, la vie nous l’a appris.
Moments que nous leur avons offerts d’abord emballés dans du papier cadeau doré à paillettes, accompagnés d’une lettre dans laquelle le Père- Noël leur expliquait mieux que nous, les parents, qu’il avait cette année décidé de leur offrir des souvenirs.
Ce n’était pas gagné, nous partions d’ailleurs avec une sérieuse réprimande de l’adolescent.
Leur mine déconfite face au petit nombre de cadeaux sous l’arbre scintillant ne nous a pas découragés.
Nous étions bien décidés à leur apprendre à porter un regard différent sur le monde.
Je ne vais pas vous dire que tout a été parfait.
Je ne vais pas écrire que ces jours de vacances sont l’image des photos postées sur mon compte Instagram.
Non, le ciel n’a pas été toujours bleu.
Oui parfois les pleurs ont volé la place aux sourires.
Non, l’entente entre les deux petits n’a pas été toujours des plus cordiales.
Oui, il a fallu composer et s’armer de patience face à une petite fille capricieuse et colérique dont nous avons entendu bien trop souvent les pleurs.
Non, l’adolescent ne nous a pas offert de trêve de Noël, bien au contraire, il a bien failli nous le gâcher.

Oui, le petit mouflet de 6 ans est une petite teigne qui veut toujours avoir raison et qui est capable de tout pour arriver à ses fins.

Ajouter à cela que chaque parent doit conjuguer habilement tout son art et sa patience face à un enfant qui n’est pas le sien et dont il doit supporter les attitudes hostiles.

Avec tout l’amour du monde, ce n’est pas la chose la plus facile, ceux qui vous peignent le tableau de rose ne vous racontent pas toute la vérité, je vous assure qu’il est bien plus nuancé.
Et pourtant, nous avons réussi à vivre de beaux moments, tout en douceur.
Nous avons parfois déjeuné à 15 heures, mangé plus de M&M’S et de chips que de raison, les avons laissé se bagarrer en pouffant de rire derrière la porte.
Nous n’avons jamais allumé la télévision, sauf pour mettre un DVD spécialement acheté pour l’occasion et cela ne leur a pas manqué, pas un seul instant.
Les petits pas sur le sable, leur ténacité à trouver un restaurant qui servait des moules-frites, leurs rires pour un rien, les parties de Puissance 4, leur capacité à nous suivre partout, leur enthousiasme lors de la lecture de aventures de Max et Lili, les entendre chanter « Formidable » de Stromae pour la centième fois dans la voiture, nous ne retenons que cela.
Grimper sur la Dune du Pilat, courir dans la nuit noire sur la plage les yeux fermés, les voir se régaler de Paella, les entendre parler de la vie avec leurs mots d’enfants, nous retenons cela aussi.
Nous prendre dans les bras en nous disant qu’avec notre amour, nous arriverons à surmonter chaque obstacle, même ceux que les enfants nous dressent sans le savoir.
Tous les deux, nous en ressortons encore plus forts, une nouvelle fois.
Dire merci à  l’amoureux pour cela.
Oui, nous ne retiendrons que cela, la douceur de ces moments.
Une douceur égale à la météo plus que clémente que nous a offert la magnifique région Aquitaine.
Je viens de refermer la porte de leur chambre toute neuve, regarder une dernière fois les petits chaussons disposés à côté des lits, qui devront attendre quelques jours pour mon petit mouflet, un peu plus pour la Miss, avant de retrouver leurs petits propriétaires pour vivre à nouveau ces doux moments.
Ceci est mon premier billet de l’année 2016, livré un peu à chaud après quelques semaines d’absence, et je profite de cette petite place sur la toile pour vous souhaiter à toutes et à tous une très belle année 2016, riche de moments qui vous comblent, proches des vôtres, de ceux que vous aimez et qui vous aiment.
Mes seules résolutions importantes pour ces nouveaux 365 jours sont de continuer à construire les fondations de cette famille qui ressemble bien souvent une équation mathématique, chérir mon amoureux et voir plus souvent mes VRAIS amis.
Bonne reprise à tous.


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De la bienfaisance envers sa famille

A l’approche des fêtes de Noël, nous avons tous pour habitude de nous demander ce que nous faisons, chez qui nous passons le réveillon, ce que nous avons de prévu, si nous avons fait tous nos cadeaux…

Une sorte d’excitation collective qui vient se mélanger aux paillettes, aux lumières scintillantes et à la rassurante odeur de sapin qui parfume nos maisons.

Une chose est sûre de mon côté, c’est que quoi qu’il arrive, je n’envisagerai jamais de passer un seul Noël sans mes proches, c’est à dire mes parents et mon frère (en dehors de l’amoureux et de mes enfants, cela va de soi).

Au delà des différends qui nous ont opposés, des conflits qui nous ont parfois séparés, de ces épreuves nous sommes ressortis renforcés.

C’est pourquoi j’ai du mal à comprendre que l’on puisse passer cette fête (indépendamment de la religion embrassée), loin de ses parents, loin de ses enfants.

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Pour moi, Noël c’est avant tout les retrouvailles familiales.

Oui, sans aucune équivoque, Noël représente à mes yeux les fous rires entre frères, faire tourner ses parents en bourrique, revoir ces Polaroïds usés par nos regards sur le canapé, un plaid recouvrant les genoux de parfois 4 générations.

Manger à n’en plus pouvoir, jouer à ce jeu de société juste pour faire plaisir, regarder ce vieux film déjà visionné tant de fois.

Oui, regarder pour la 1001 ème fois Love Actually, Sissi, Maman j’ai raté l’avion, les bêtisiers de fin d’année et partager nos éclats de rire et nos émotions.

J’ai cette petite boule au ventre qui me chuchote de ne pas m’en mêler, parce que voilà, cela ne me regarde pas ou peu finalement.

Mais cette petite voix dans ma tête me chantonne également d’essayer de faire quelque chose et je ne peux m’empêcher d’y penser.

C’est mon point de vue très personnel et chaque famille a ses blessures, son histoire, un parcours plus ou moins difficile.

Je trouve que comme pour beaucoup de choses de nos jours, nous avons tendance à faire de moins en moins d’efforts.

La distance, certaines difficultés et autres excuses parfois bancales remplacent trop facilement à mon goût les valeurs familiales.

On ne se déplace plus, on est fatigué, on est débordé, c’est trop compliqué.

J’ai du mal avec tout cela.

Peut être mon raisonnement est-il stupide, ringard ou déplacé.

Mais souvent je pense à moi dans 20 ans et je me dis que je serai profondément blessée de ne pas être assise à table avec mes enfants le soir de Noël.

Pourquoi les aurai-je eus, ces divines créatures, si je ne peux partager avec eux ces moments de magie ?

Voir les yeux qui pétillent, lever ma coupe de champagne, entendre le crépitement du feu dans la cheminée, voir les cadeaux se dénuder de leurs robes dorées.

Nonobstant les difficultés, les divergences ou querelles qui pourront nous habiter,  j’espère bien que nous réussirons toujours à nous réunir pour ces occasions spéciales, bien qu’il ne faille pas, bien entendu, attendre ces moments pour se retrouver.

J’espère bien que les enfants feront l’effort de venir à moi, malgré toutes les barrières que la vie aura peut-être dressées entre nous.

Et si ce n’est pas eux qui le font car parfois les choses ne sont pas si simples d’explications, c’est moi qui irai à eux.

Car je trouve qu’il y a des rendez-vous qu’on se doit de ne pas manquer.

Parce que la vie est bien trop courte pour ne pas bien l’honorer.

Certainement aussi parce qu’un jour nous pourrons le regretter.

Il faut parfois essayer d’oublier, quelques instants.

Pardonner aussi il est important.

Personne n’est parfait, le sommes-nous vraiment ?

Laissons-nous entraîner par cette féerie de Noël et imprégnons-nous de cette légèreté et gaieté qui s’en dégagent.

Ouvrons nos cœurs et ayons un peu de bienfaisance envers notre famille.

A Noël, tout est possible…

Cette année, nous offrirons des souvenirs.

Hier matin, alors que la nuit avait été bien trop courte à mon goût, je me suis réveillée de la plus douce façon qu’il soit, avec des douces caresses sur le ventre et toutes les autres parties de ma peau que je n’avais pas réussi à enrouler autour des draps qui sentaient encore la bonne odeur de lessive.

Un concentré de douceurs de la part de mon petit mouflet, comme s’il cherchait à compenser la nonchalance et la désobligeance constante de son grand frère.

Il le sait, il le voit mais il ne comprend pas pourquoi son frère est si souvent de mauvaise humeur, incapable de transpirer une émotion positive ou un message d’empathie vis à vis des gens qui lui souhaitent du bien, c’est à dire nous.

C’est normal, il n’a que 6 ans.

Et pourtant, moi à 38, je ne suis plus.

Le seul élément qui le raccroche à notre monde, monde qui semble si terrifiant à ses yeux est son téléphone portable.

Cet objet sacré qui est devenu le faiseur d’amis et le seul lien social digne de son nom.

Tout le reste est pour lui anecdotique.

Il préfère s’enfermer dans sa chambre et passer en revue des comptes IG, Snapchat ou autres réseaux de désocialisation.

A ses yeux je ne comprends rien, car je suis restée dans les années 80.

En effet, je ne comprends pas qu’on ne passe pas plus de temps ensemble et que l’on préfère se cloîtrer pour mieux se regarder en chiens de faïence.

Je ne comprends pas non plus que la première question que l’on me pose quand on parle de la prochaine destination de vacances est de savoir s’il y aura du wi-fi.

Je ne comprends pas que l’on soit si égoïste et insensible.

Je ne comprends pas ce déversement de méchancetés gratuites vis à vis d’autrui alors qu’il en a été lui même victime.

Je m’insurge contre cette violence verbale, cette absence de mots et de sourires, ce déversement de colère, cette irrévérence.

Je refuse que mon fils ai comme idole un youtubeur de 15 ans, et qu’il le vénère plus que Shiva.

C’est l’adolescence me criez-vous.

Je le sais !

Mais je ne m’y fais pas, voyez-vous.

Ce contexte nous a fait prendre une décision à laquelle nous réfléchissions déjà depuis un moment.

Cette année, pour Noël , nous avons décidé que les enfants n’auraient qu’un seul cadeau de notre part.

Ils ont pourtant une liste aussi longue qu’une de mes rédactions de français (deux copies double s’il vous plaît, et oué, déjà plus jeune je parlais trop).

Las de les voir chaque année se battre pour compter le nombre de cadeaux remporté.

Soucieux de les voir s’approprier des valeurs qui nous sont chères.

Une forte envie de les réconcilier avec la vraie vie.

Noël revêtira cette année plus que jamais son plus généreux costume chez nous, et sans doute le plus important dans nos coeurs : le partage de moments, l’amour, la famille.

Nous sommes prêts à faire face à cette vague de contestation que nous croyons déjà presque entendre, nous y ferons face.

Cette année,notre plus beau cadeau de Noël à tous, sera partager un beau moment, tous ensemble, un moment qui restera pour toujours.

Notre budget sera presque entièrement alloué aux émotions, bien qu’elles n’aient pas de prix, nous le savons.

Un souvenir qu’ils garderont quand nous ne serons plus là, un sourire esquissé en regardant les photos, des images qui les rempliront de bonheur dans les moments plus durs que la vie leur offrira certainement.

Oui, cette année, nous avons décidé que nous offrirons des souvenirs.

Sans doute avez-vous vu circuler ces deux vidéos dernièrement sur la toile.

(en espagnol)

Elles illustrent parfaitement ce que nous ressentons et avons envie de faire.

Il ne tient qu’à nous de le changer, voyez-vous.

Avant qu’il ne soit trop tard.

Bonne semaine à tous <3.

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Quand les familles sont coupées en deux

Cette semaine nous avons Boucle d’Or avec nous car elle est en vacances. Boucle d’Or,c’est la petite fille de mon amoureux qui vit avec sa maman en Alsace. Je redoute toujours la semaine où elle est chez nous car elle soumet mes nerfs à dure épreuve. Elle se réveille toujours très tôt le matin alors que mes petits mecs dorment sans problèmes et sont familiers avec la grasse matinée,eux.Et moi,je suis une dormeuse invétérée. Elle est également très capricieuse et est dans la phase où elle affirme de plus en plus son caractère, nous repoussant toujours dans nos limites. Et qu’est-ce que c’est dur quand il ne s’agit pas de ton enfant! Il ne faut pas se voiler la face.

A l’instant où je vous parle,je viens d’ailleurs  d’avoir droit à un « De toute façon,Cristina,c’est pas ma mère »!

Mais c’est également une petite fille très intelligente et c’est surtout et d’abord une enfant,il ne faut pas l’oublier. Nous avons été au restaurant japonais hier soir pour célébrer son arrivée et les hostilités ont débuté à table alors qu’elle ne tenait pas en place, ronchonnait parce ce que ça n’allait pas assez vite ou se mettait à pleurer parce qu’elle n’obtenait pas ce qu’elle voulait. Classique, une enfant,donc,rien d’alarmant.

Source: ufunk.net
Source: ufunk.net

Ce qui m’a véritablement attristée c’est sa réponse alors que son papa évoquait avec elle la notion de famille. Elle lui rétorqua alors avec une non dissimulée effronterie que nous n’étions pas sa famille,qui était véritablement constituée uniquement par sa maman, son beau- père et son petit frère tout neuf. Elle savait ce qu’elle disait et qu’elle blessait son père en le disant. Cette réponse a été une vengeance à la fessée qu’elle venait de recevoir quelques minutes auparavant. Elle va avoir 5 ans et utilise déjà cette forme de chantage affectif. Je le sais car mon petit mouflet qui a juste un an de plus que Boucle d’Or fait de même dès que nous ne faisons pas à sa guise. C’est terriblement cruel, croyez- moi. Du haut de leur mètre et des poussières,ils savent pertinemment ce qui nous fait mal et que c’est sur ce bouton qu’il faut appuyer pour faire échec et mat. Est- ce que c’est nous qui avons fait d’eux de petits manipulateurs dignes de Dallas? Ils sont déjà très familiers avec le mensonge, la manipulation, le semblant et le paraître. Il est pour moi très important, dès le plus jeune âge d’essayer au maximum de mettre cela au clair avec nos progénitures. Leur expliquer très tôt ce qu’est vraiment la famille, bien que le schéma dit classique ai forcément été bousculé. Nous ne sommes évidemment pas obligés de leur expliquer les véritables raisons de la rupture familiale. Mais il semblerait que nous ne leur répétions pas encore assez que malgré la séparation, nous les aimons de façon égale. Que ce n’est pas parce que nous n’habitons pas toujours ensemble qu’ils ne sont pas au plus profond de nous et qu’ils n’occupent pas nos pensées. Le rôle de l’autre parent est indéniablement fondamental dans cette construction de notion de famille. Il semblerait naturel que l’autre parent parle en bien de celui ou celle qui fut un jour son grand amour et avec qui il avait à priori décidé de vivre une aventure pour la vie. Mais ce n’est pas toujours le cas. Ce n’est pas toujours si simple. On garde souvent le souvenir de la souffrance à laquelle il nous a exposé et la rancoeur qui se marie souvent avec. Pourtant il faut tirer un trait dessus. D’abord pour nous, évidemment. Surtout pour eux, logiquement. Il me semble bon de rappeler qu’ils ne sont en rien responsables de leurs nos actes, qu’ils doivent rester neutres dans cette mésaventure. Et qu’avec nous aussi,ils peuvent vivre de jolis moments car, si si, nous sommes bien leur famille. Nous sommes, papa, maman, beau- papa, belle- maman.

Source Pinterest
Source Pinterest

Cette fois- ci, nous aimerions arriver au bout de l’aventure,tous ensemble. Et je ne voudrai plus jamais revoir le visage triste de mon amoureux,après que la petite femme la plus importante de sa vie ai voulu le toucher en plein cœur.