Je ne supporte plus mon enfant

Comment peut une maman proférer une telle phrase ?
Comment peut-on dire ça de sa progéniture, du fruit de ses entrailles?
On est bien censés les aimer à toute épreuve, quoi qu’il arrive, n’est- ce pas?
Et bien je dois vous confesser que je suis une bien mauvaise maman en ce moment.
Car je ne supporte pas mon fils.

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Ce fils qui a été un petit bébé dont on a jamais entendu les pleurs.
Ce petit garçon qui était toujours accroché à la robe de sa maman et qui me sautait dans les bras quand j’allais le chercher à l’école ou le récupérer chez sa grand- mère.
Où est passé ce petit garçon ?
Il a aujourd’hui 13 ans.
Il est là sans être là.
Nos relations sont devenues conflictuelles.
Nos moments de complicité ont disparu.
Son sourire s’est transformé en un masque triste et nonchalant.
Quand il était petit, je croyais que les nuits sans dormir,son manque d’appétit et les otites à répétition étaient les plus graves problèmes que je pouvais rencontrer.
Comme je regrette ce temps là!
Si seulement je pouvais le remonter,le temps.
Revenir en arrière et profiter au maximum de ses éclats de rire, de ses siestes contre ma poitrine ou encore de nos vacances à la mer où nous construisions des châteaux de sable ensemble.

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ENSEMBLE.
On ne fait plus rien ensemble aujourd’hui.
Sauf nous disputer.
Tu passes tes journées enfermé dans ta chambre.
Tu ne parles pas.
Tu ne souris jamais.
Tu sembles blasé en permanence.
Tu n’as pas l’air heureux.

Tu es insolent et provocateur.

Tu es paresseux.

Rien ne te contente.

Tout te semble inintéressant et désuet.

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Et moi?

Je me sens désemparée et impuissante.

Je rentre chaque soir pleine de bonne volonté en me disant que tout va bien se passer.

Puis en cinq minutes ma patience et ma bonne volonté sont anéanties.

Tu n’as pas fait tes devoirs, tu n’as pas pris ta douche, tes vêtements sont toujours éparpillés dans la chambre, rien de ce que je t’ai écrit sur la liste n’est barré.

Mais ce n’est pas le pire.

Le pire c’est de voir ta mauvaise humeur se dessiner dès que je passe la porte:

 » ça y est, la chieuse est rentrée, elle va me supprimer mon portable et m’obliger à faire mes devoirs ».

C’est ce que je lis sur ton visage.

Et tu es accroché à ce fichu téléphone qui est devenu ton meilleur ami et confident.

J’ai pourtant l’impression de faire plein de concessions et d’efforts pour pouvoir avoir la chance de pénétrer dans ton univers: Starbucks à répétition, restaurant japonais que tu affectionnes tant, regarder avec toi tes séries préférées et overdose de Twilight, t’autoriser à avoir un compte Instagram, faire dormir à la maison les copains que je n’apprécie pas forcément,écouter ta musique qui me donne envie de me pendre.

Mais le sourire ne revient pas.

Tu continues enfermé dans ta bulle.

Mais la bonne humeur n’est jamais au rendez-vous.

Tu continues à t’éloigner de moi.

Tous les ponts sont coupés, tu ne captes plus aucun réseau.

J’essaie pourtant de me connecter,en direct, en wi-fi,en bluetooth. Rien ne passe.

Tu n’aimes personne, ton petit frère n’échappe pas à la haine que tu voues aux humains de la terre entière, tous responsables de ton mal -être.

Alors, oui, en ce moment, je ne te supporte plus.

J’aimerai me réveiller demain et me dire que ça y est, c’est fini, le cauchemar a pris fin et tu fais de nouveau partie de la famille.

Mais ce n’était pas encore le cas ce matin et je sais que ce ne le sera pas après-demain non plus.

Combien de temps vais-je encore détester l’adolescent invivable que tu es devenu?

Quand vas-tu enfin venir me parler spontanément sans que ce soit pour une raison intéressée?

Où est passé mon bébé?

En ce moment j’aurai envie de reprendre la chanson de Stromaë « Où est mon papa » et changer le titre par « Où est mon bébé »?

Je suis heureuse, et alors?

BonheurdanssamainGenerationOptimiste

L’autre soir je suis allée dîner avec des copines.

Je prends toujours beaucoup de plaisir à les voir, d’autant plus que nous avons du mal à faire coïncider nos agendas supra chargés de maman, working girls et femmes parisiennes (comme je me la pète, j’adore). 😉

Une première tournée de Cosmopolitains (toute ressemblance avec les retrouvailles des héroïnes de Sex&TheCity est…vérifiée),et nous prenons des nouvelles les unes des autres et également de celles qui n’ont pas pu venir.

Puis quand je demande comment va Minnie (c’est son nom de scène, je vous rassure), je vois que ça coince et que mes compagnes de débauche sont gênées.

Que se passe-t-il? Oh, tu sais, il ne faut pas que tu le prennes mal mais bon,cela ne va pas très bien dans sa vie perso, elle est célibataire depuis un moment maintenant, ça va pas fort dans son boulot non plus, elle galère financièrement

Oui, je comprends,et alors? Raison de plus pour qu’on se voit, c’est fait pour ça aussi les copines, enfin je crois.

Se soutenir, parler, se changer les idées, échanger, partager, je me trompe?

Bah… elle dit qu’elle en a marre que tu lui renvoies ton bonheur à la figure, que tu sois toujours radieuse, que tu postes toujours des photos de toi, de vous, sur facebook, de vos week-ends… Voilà quoi.

Donc elle n’est pas venue, à cause de moi? Bon, pas que, mais, oui, un peu me disent-elles visiblement embarrassées.

Triste et déçue, je décide de ne pas me pencher  trop longtemps sur la question sur le moment, décidée à passer une bonne soirée.

Et ce fut une super soirée.

Le lendemain je tente quand même de l’appeler, Minnie, parce que honnêtement, non, je ne comprends pas.

1, fois, 2 fois, 3 fois, message sur répondeur. « Rappelle-moi ! ». Silence radio.

Je me décide alors à lui écrire un mail. 1 heure après je reçois sa réponse d’une page.

Sans vous retranscrire son courriel, son mail était un tricot (très mal ficelé) de reproches, plus inexplicables les uns que les autres.

Les photos de mon week-end en Toscane, nos vacances,ma photo de profil FB où je suis avec mon chéri, les fleurs qu’il m’envoie, mon air niais et amoureux quand nous nous voyons, ma volonté exagérée de vouloir rester séduisante, mes régimes à répétition, ma façon de m’habiller, ma gentillesse « insupportable » ( là je la cite vraiment)…

Crédit photo: http://reactiongif.org/
Crédit photo: http: //reactiongif.org

Cela ne fait pas du bien de voir ça quand on ne va pas bien, tu devrais le savoir, non?

NON.

En gros, je m’en prends plein la tronche parce que je montre trop que je suis heureuse et que je fais tout pour le rester?

Mais c’est un phénomène de mode ou quoi de maudire les gens qui osent dire que tout va bien?

Pourtant Pharel Williams lui même a remporté un succès fou en disant qu’il était HAPPY!

Mon amoureux a lui aussi eu la même expérience avec deux de ses amies qui ne voulaient pas le voir parce qu’elles mêmes ne traversent pas une bonne période, et que notre bonheur affiché au grand jour était une sorte d’outrage.

Quand il m’avait raconté, je lui avais répondu , elles sont connes et aigries tes copines!

Moi mes amis sont tous contents pour moi !

C’est moi qui ai l’air bien conne là…

Est-ce que c’est mal de dire que oui, tout va bien, que les choses se passent (enfin) bien pour nous?

Doit-on peser ses mots, cacher certaines choses,se contenir ou même faire semblant sous prétexte de pouvoir faire du mal?

Je me rappelle pourtant, il n’y a pas si longtemps que ça d’ailleurs, je me réjouissais d’entendre mes amis dire qu’ils avaient trouvé l’amour, qu’ils se mariaient ou avaient mis un bébé en route.

Je ne leur en voulais pas de me raconter tout ça sans filtre, je ne considérais aucunement que ce n’était pas respectueux envers moi, au contraire! Je m’en nourrissais ! Je prenais encore et encore, cela m’a tellement aidé à remonter la pente et, surtout, à me dire que moi aussi j’y arriverai un jour, bien qu’à ce moment là, je sois plus proche du trou que des étoiles!

Pourquoi y-a-t-il ce négativisme à l’encontre des personnes qui semblent s’aimer, qui veulent aller de l’avant, le montrent et le revendiquent?

Est-ce de la jalousie? De la méchanceté? De l’aigreur? Un mal être?

J’essaie vraiment de comprendre..Mais je n’y arrive pas.

Et je me rends compte qu’en effet, autour de moi, j’ai perdu quelques copains qui m’affectionnaient bizarrement plus quand j’étais célibataire et au bord du précipice.

Tout à coup, il n’ont plus le temps ou ils prétextent que c’est moi qui ne l’ai plus, parce que je suis sur « une autre planète ».

Et bien laissez-moi vous dire que justement parce que je suis sur mon nuage,j’ai de l’amour et de l’amitié à donner au centuple, des épaules encore mieux dessinées pour vous soutenir si vous en avez besoin et une oreille (même deux :-)) pour vous écouter.

Je ne me réjouis pas que ça n’aille pas ou que ça aille moins bien pour vous.

Je n’ai pas la prétention d’affirmer que je peux le changer, mais je peux peut-être vous aider. Je peux être là. Je suis là.

Le reste du chemin vous devez le faire seuls, par vous-mêmes. Vous devez décider si vous voulez reprendre votre destin en main.

Crédithttp://lesbeauxproverbes.com/
Crédit Photo :http://lesbeauxproverbes.com/

C’est ce que j’ai fait. je me suis réveillée un jour et me suis dit que c’était fini de me plaindre, de me complaire dans mon malheur et ma douleur.

J’étais la seule à pouvoir changer les choses.

Aujourd’hui je suis heureuse, mais je l’ai cherché, je l’ai voulu et me suis battue.

Mais rien n’est figé, rien n’est acquis. Pour le moment, je profite de ce qui s’offre à moi, et oui, je le vis à 2000 à l’heure et je dévore tout à pleines dents!

Mais je ne suis pas à l’abri de retomber, je ne crois plus en l’amour éternel et aux contes de fée depuis longtemps.

Et alors? Cela ne m’empêche pas de profiter pleinement de la vie !

Je remercie aujourd’hui mes amis et ma famille,  qui ont cru en moi et qui m’ont aidé à voir la vie sous un autre angle.

A aimer la vie.Tout simplement.

Alors ne m’en voulez pas de le montrer.

Le bonheur peut se multiplier à l’infini. Je suis certaine qu’il y a une part pour vous aussi.

Cherchez-la !

Photo prise à Pise lors de notre séjour en Toscane en juin 2014
Photo prise à Pise lors de notre séjour en Toscane en juin 2014