Un je t’aime pour ma maman

Quarante ans, je vais bientôt avoir quarante ans.

Ce n’est pas le nombre qui me fait peur.

Je n’ai jamais été aussi épanouie que maintenant.

Absolument.

Je pénètre dans mon cycle d’accomplissements, je m’essaye à de nouvelles choses qui m’effrayaient jusqu’à présent, je me jette, je me guette.

Ce qui me terrifie vraiment, c’est l’idée de perdre mes parents.

Si les derniers jours ont été un véritable medley d’émotions, ce n’est pas uniquement parce que je suis en train de signer un contrat d’édition pour publier mon premier livre, rêve pourtant très cher à mon cœur.

C’est aussi parce que j’ai perdu un petit bout de mes parents.

Cela faisait des mois que j’y pensais, des sanglots dans la voix à chaque fois que j’en parlais.

Dimanche dernier, mes parents sont partis.

Ils sont partis rejoindre leur pays, qu’ils avaient quitté il y a plus de quarante ans, pour fuir la misère et la dictature.

Ils avaient quitté leurs proches, leur culture, leurs racines.

Ils n’étaient encore que des enfants.

Pendant toutes ces années, durant, nous y retournions pour les grandes vacances.

Chaque année qui passait, de nouvelles rides avaient creusé les visages teintés de soleil de mes grands-parents.

Nous les trouvions amoindris, fustigés par la maladie, nous n’étions pas là quand ils sont partis.

Ils n’ont pas pu leur dire au revoir, quand ils sont arrivés il était déjà trop tard.

Toute ma vie, je me rappellerai la douleur de mon papa, à la vue de ma grand-mère, dans le cercueil.

Papa était redevenu un enfant, il n’avait pas pu dire au revoir à sa maman.

Toutes ces années loin, à gagner sa croute de pain, pour ne pas pouvoir dans leur dernier souffle, leur donner la main.

Le temps passe si vite que nous n’en apercevons même pas.

Hier encore, nous étions des enfants, aujourd’hui, nous voilà à notre tour parents.

J’appréhende cette phase de ma vie où, à mon tour, je vais les voir se faner et perdre leurs pétales.

Je me sentais plus rassurée quand ils étaient à mes côtés.

Ils ne sont pas loin, bien sûr, 2 heures de vol et je peux les retrouver.

Mais ils ne font plus partie de mon quotidien et je ne fais plus partie du leur.

Je ne peux pas les retrouver le dimanche, je ne peux plus prévoir de retrouvailles spontanées avec mes enfants.

C’est dire si ce sujet m’émeut encore beaucoup trop, les larmes coulent sur mon clavier pendant que j’écris ces mots.

Je ne sais pas si mon frère ressent la même chose, nous n’en avons jamais parlé.

Chez nous, ces émotions sont difficiles à exprimer.

Nous préférons rester habillés de notre fierté.

Pourtant, là, je me sens, nue, complètement prise au dépourvu.

Depuis une semaine, je me sens comme orpheline.

Je pense à la fête des mères, dans huit jours et je la sens qui se resserre, ma poitrine.

Vous voyez, il ne faut pas croire tout ce que l’on vous dit sur Instagram.

On ne vous montre que le beau et le rigolo, et c’est tant mieux ainsi.

Auriez-vous aimé que je capture mes yeux rougis, remplis de larmes, mon nez de Madame Patate et mes cernes creusées ?

Je ne pense pas.

Si vous jugez que la fête des mères est une fête commerciale, vous avez probablement raison.

Il n’y a pas de jour spécial pour célébrer ses parents.

Mais c’est peut-être une occasion qui nous est donnée de leur dire « je t’aime », si nous n’arrivons pas à le faire autrement.

Personnellement, je regrette déjà de ne pas voir vécu plus de choses avec eux, ne pas leur avoir tout dit, d’avoir gâché de jolis moments que j’ai transformés en règlements de comptes.

Nous sommes tous soumis à la fuite du temps, inexorablement.

Les moments de bonheur avec les nôtres sont trop fugaces, il est important de savoir jouir de l’instant présent.

Profitez de ceux qui vous sont chers, n’attendez pas qu’il soit trop tard.

J’essaie d’enseigner la même chose à mes enfants et c’est peut-être la seule leçon que je leur demande de retenir.

Alors, malgré la distance qui s’est désormais mise entre nous, dimanche prochain, mon cœur sera avec ma maman, l’unique et la seule.

Pourtant, je vais avoir 40 ans.

Il n’y a pas d’âge pour dire je t’aime à sa maman.

Si vous avez la chance d’avoir la votre à vos côtés, profitez <3.

Bonne fin de week-end à tous,

Signature

A mon bébé sumo à la clavicule cassée

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Un doudou oublié, les chaussons rangés, le calme retrouvé, la porte de la chambre refermée, mais pas la sérénité.

Une nouvelle semaine qui commence chez papa, où tu vas cocher les jours sur le calendrier posé au dessus de ton lit, afin de compter les dodos qui te séparent des câlins de maman, de ses fajitas et des meilleures pâtes à la carbonara de l’univers, comme tu le dis.

Pourtant tu te plains souvent que chez maman on se couche trop tôt, on a trop de règles « énervantes ».

Tu m’as dit hier que tu préférerais que je retourne vivre avec ton papa.

Je te réponds que tu étais pourtant trop petit lorsque nous avons décidé de ne plus nous aimer, que tu as connu la valse des sacs à dos très tôt, que tu n’as peut-être pas eu le temps de garder des images de nous dans ta petite tête de bébé joufflu.

Et que c’est peut-être mieux ainsi.

Tu me susurres que tu t’en fiches, même si on se n’aime plus, ce serait le seul moyen de me voir plus souvent, car, après tout, ce n’est pas juste que ce soit ton frère qui profite de moi tous les jours et pas toi.

Toi qui es un petit bonhomme si dur et si fort de caractère, du haut de tes presque huit ans, tu oses enfin me demander pourquoi est-ce que l’on s’est séparé.

Toi, qui sais si bien faire la part des choses et qui semble profiter pleinement de ton papa et de ta maman séparément, tu poses enfin des mots sur ce qui apparaissait si naturel depuis toujours.

Comment mettre à mon tour des mots sur ce qui s’est passé ?

Je ne pourrai jamais te l’expliquer.

Je me dois de te préserver.

Distinguer mon rôle de maman et de femme et faire ainsi la part des choses, n’a pas toujours été facile.

Lors de ce tremblement de terre, j’aurai voulu t’arracher de ton père et faire en sorte qu’il ne te voit plus jamais, pour qu’il mesure les conséquences de ses actes et qu’il souffre, à son tour.

Je mesure la dureté de mes propos.

Cela n’aurait évidemment pas été intelligent, tu aurais probablement été celui qui en aurait finalement pâtit le plus, plus tard.

Mais fait-on preuve d’intelligence quand on est submergé par la peine et terrassé par la douleur ?

Il faut croire que oui, que l’on va puiser quelque part cette lumière de lucidité et c’est ce que j’ai choisi pour toi, alors que d’autres s’évertuent à faire la guerre, moi, j’ai déposé les armes.

Si tu avais vu « Kramer contre Kramer », tu comprendrais…

Pour l’instant nos échanges cinéphiles se limitent aux Disney.

Cela ne signifie pas que je n’ai pas décidé de me battre pour toi, bien au contraire.

Cette peur que tu m’en veuilles un jour me réveille parfois.

Je comprends mieux ton agressivité et ton hostilité à l’égard de l’image de la famille recomposée parfaite que nous véhiculons, tes paroles souvent rudes, tes regards et gestes qui peuvent être blessants.

Peut-être penses-tu au plus profond de toi que je ne t’ai jamais assez aimé pour te garder toujours auprès de moi.

Ta peine fait finalement surface, nous qui pensions avoir réussi à la noyer au milieu de l’océan de nos propres pleurs.

Il faudrait peut être que tu saches pour comprendre, toutes ces choses que je m’interdis de te dire.

La seule réponse que je puisse t’apporter est l’amour, l’amour A2, A3, A4, A5, l’amour sous tous ses formats, de toutes les couleurs, celui qui empêchera nos cœurs de s’assécher, de devenir aigris et vivre dans le passé.

Parce que le présent est aujourd’hui en quadrichromie et que c’est ainsi que nous souhaitons que tu vois l’avenir, la vie, l’amour, le monde.

Je me dois de t’écrire ces mots si un jour tu te mettais en quête de réponses.

Le fait que j’aime un autre que toi, ton frère ou ton papa, n’enlève rien à tout l’amour que mon cœur de maman ressent pour toi, bien au contraire.

Et que même si ce n’est pas le parfum de mon cou que tu respires les soirs où tu es avec papa, lorsque tu vas te coucher, je m’efforce de t’envoyer par bluetooth, toi qui es déjà si familier avec les nouvelles technologies, toutes les notes de senteurs qui sont uniquement les nôtres, à toi et moi, depuis que tu es apparu dans ma vie, cette journée ensoleillée d’avril, avec ta tête de sumo et ta clavicule cassée.

Signature

P-S : Oui, je sais, ce n’est pas avec ce titre que je vais améliorer le référencement de mon blog sur Google…mais est-ce le but?

Nous avons 7 ans toi et moi

Il y a exactement 7 ans, mes cheveux étaient longs, beaux et forts.
Mes pieds étaient knackis, mes fesses marmelade, la taille de  mes seins immensurable.
Tu prenais déjà une place si énorme dans mon corps que je me demandais s’il allait reprendre ses droits un jour, jour que je voyais fort fort lointain, peut -être au pays de Shrek.
Je me soûlais au jus d’orange en imaginant que c’était de la vodka, appréhendant le cataclysme qui tôt ou tard allait arriver dans ma vie.
12 heures de souffrance en silence et quelques poussées ont suffi pour que cette petite boule de 4500 grammes vienne changer ma vie par cette belle journée de fin avril.
À tout jamais.
Je ne t’ai pas tout de suite aimé comme tu le méritais, je le conçois.
Tu venais me voler ma place, tu étais la raison pour laquelle ton père était avec moi.
Pour lui je n’étais qu’un ventre qui couvait son trésor, son précieux, la prolongation de cette personnalité narcissique et égocentrique.
Tu étais pourtant un petit garçon que beaucoup de nouvelles mamans aimeraient avoir, sage comme une gravure de mode.
Je t’avais toi mais je le perdais, lui.
Je me suis longtemps sentie indigne de ne pas dédier tout l’amour d’une maman à son enfant.
Je crois bien que je t’ai même détesté parfois.
Tu m’as transformée en transparence, tu as fait de moi un fantôme, un accessoire dont on peut bien se passer, une pièce d’une collection qui n’est plus à la mode.
Je n’étais plus irremplaçable, tu étais plus important que moi.
Alors que la majorité des autres mamans consacraient toutes les minutes de leur vie, même celles qu’elles n’avaient pas, au fruit de leurs entrailles, je passais chaque minute à faire du sport alors que je venais d’accoucher, à me resculpter la silhouette, à partir à la recherche de ma féminité perdue, à m’affamer.
J’essayais en vain de sauver mon couple qui n’était plus depuis longtemps.
Je t’ai aimé en pointillés, ne sachant pas quoi faire, tiraillée entre ton amour bel et bien là, et ce mépris que je voulais aveuglement transformer en désir, mépris qui était le seul sentiment que ton père était dorénavant capable de m’offrir.
Mes nuits étaient longues et baignées de larmes et non plus de lumière.
Puis l’inévitable est arrivé comme une évidence, comme une page d’un livre écrite et vieillie depuis des années.
Ton père s’est séparé de moi, il a essayé de te séparer de moi également.
Il y est presque arrivé.
Il a failli transformer l’amour en haine, la bienveillance en indifférence, la joie en folie.
Les étapes qui s’en sont suivies furent éprouvantes et j’ai souvent cru que je n’y arriverai pas.
Que je n’arriverai pas à t’aimer.
Aujourd’hui tu apparais comme synonyme de gaieté dans mon dictionnaire.
Tu es un petit garçon dynamique, intelligent, sensible et vivant.
Tes mots pour me consoler quand tu me vois désemparée face à l’ado, tes gestes de tendresse quand tu me vois souffrir du dos, ta façon de me mettre de la crème ou de vouloir me coiffer, je ne les échangerais pour rien au monde.
Ta façon de comprendre les choses bien qu’on ne te les raconte pas tout le temps.
Ton intelligence émotionnelle qui te permet de faire la part de choses et nous aimer différemment, ton papa et moi.
Ta manière d’être heureux et de vivre cette vie que j’ai failli te voler, qui a presque mis fin à la mienne.

Ta façon de me dire que mes fesses sont quand même un peu grosses, mais que ça va encore.

Ton sourire.

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Aujourd’hui nous avons 7 ans, toi et moi.
Et ta place est bien là car j’ai enfin trouvé la mienne.

« Parce que tu m’aimes tout là-haut jusqu’au ciel »

Pardon pour tous ces « je t’aime » inaudibles, ces moments d’absence, ces coups de fil jamais passés, ce trop plein de larmes versées.

Le seul regret que j’éprouve aujourd’hui est de ne pas t’avoir choisi un autre père, mais il est trop tard et inutile de revenir sur ce « petit » détail.

Joyeux anniversaire ma petite tête de pastèque!

Maman au BDR

Au BDR est une expression que nous utilisons avec une copine du bureau quand nous avons les roubignoles qui nous remontent au niveau du cou.

« T’es au bout du rouleau?
« Ouais, je vais faire un meurtre »
« Moi aussi, viens, on se serre les coudes »

Et nous voilà réparties pour supporter gaiement Mr misogyne, Madame je sais tout, Miss je pète plus haut que mon cul, Monsieur qui s’adresse uniquement à mes seins quand il me parle.
Ça c’est au bureau.
A la maison, je suis la plupart du temps au BDR en ce moment.
L’ado sévit encore, plus que jamais.
Cela faisait longtemps que je ne vous parlais pas de lui alors vous vous disiez, ça y est, ils se font des snapchats en sous-vêtements ensemble, ils mangent McDo devant Pretty Little Liars et cultivent le no douche en famille.
Que nenni mes amis.
On m’avait prévenue que ce n’était que le début.
D’accord, d’accord (prendre l’accent de Francis Cabrel).
Mais on ne m’a pas vraiment dit sciemment quand intervenait la date de fin de l’adolescence.

Alors je me méfie, je me dis qu’il n’y en a peut-être pas.

Si c’est vraiment un contrat à durée indéterminée, je ne suis pas sûre de pouvoir l’honorer jusqu’à la fin.

Voyez-vous, j’envisage même une rupture conventionnelle, parce que vraiment, là, à l’instant présent où je vous me confie à vous, je suis au BDR.

Il n’y a pas un seul jour où un incident, non des moindres se produise.

D’abord, sachez, que tout dialogue est impossible avec l’ado.

Ne vous attendez pas à ce qu’il aille plus loin que le hochement de tête, le oui, enfin non, c’est plutôt le NON son mot de prédilection…ou plutôt un grognement préhistorique.

Dans la catégorie préhistoire, nous pouvons classer également son hygiène et son savoir-vivre.

Toute tentative de creuser un peu un sujet se solde en échec, en crise de larmes, en provocation.

L’ado finit par me clamer en vibrato qu’il me déteste.

Je serai donc la pire maman du monde.

Croyez-moi, j’ai le sens de l’humour, suis souvent taxée de rigolote, mais là, à moins que ce soit du 27èmedegré, ça ne me fait pas rire.

DU TOUT.

Je peux même vous confesser que ça fait mal, surtout après tout ce que j’essaie de faire pour que cela se passe bien.

Rien n’est jamais suffisant.

Tous les sujets sont une excellente thèse de conflit, voire de doctorat.

Les repas sont infectes, il n’a pas assez de baskets de marque, son iPhone, son manque de travail au collège, son trop grand intérêt pour des séries décérébrées, son manque d’intérêt en général pour quoi que ce soit, son arrogance et son insolence légendaires.

Ce sont des traits de comportement que l’on retrouve chez la plupart des adolescents de nos jours paraît-il.

Ce n’est pas pour cela que le quotidien est plus facile à vivre, en discutant avec les autres parents, on se dit  » ça me rassure » mais en fait ça ne rassure fichtrement personne.

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Parfois j’aimerai avoir de nouveau un bébé pour retrouver cette innocence et cet amour à toute épreuve, ce parfum de douceurs.

Recevoir des câlins et des  » Maman je t’aime » gratuits, sans que ce soit en échange d’une compensation consumériste.

J’aimerai surtout lui faire comprendre que je voudrai qu’il devienne quelqu’un de bien.

Plus que tout je souhaiterais qu’il se trouve, qu’il enfile enfin les bonnes chaussures à ses pieds et qu’il se sente bien dedans.

C’est terrible pour les parents de voir son enfant qui n’a envie de rien, ne semble aimer personne de son entourage alors qu’il vénère la moitié de la planète Instagram.

C’est comme si nous vivions dans deux mondes différents, dans lesquels l’ordre des priorités était totalement inversé.

Je voudrais qu’il devienne quelqu’un de bien, qu’il s’aime tout court.

Selon un psy vu à la télé l’autre jour, c’est normal, le cerveau d’un ado n’est pas tout à fait câblé.

A nous de les aider.

Mais comment faire quand vous essayez de vous connecter et il ne vous capte pas, vous avez beau relancer le routeur, l’adresse IP est incompatible, vous n’obtenez que des messages d’erreur.

Evidemment, il n’est pas bien dans sa peau, c’est une période bouleversante pour eux.

Il évoque dans ses cris de désespoir des mots que je ne peux que taire, trop douloureux de les prononcer pour une mère.

Parce que si l’enfant-adolescent a besoin d’amour qu’il rejette pourtant, une maman n’est pas préparée pour se faire rejetée par son enfant.

Cet enfant qui lui glisse entre les doigts.

Il me confesse que des idées noires le guette parfois, qu’il ne comprend pas le sens de la vie, que de toute façon l’amour n’existe pas.

Le regard vague, triste, assis en tailleurs sur son lit, je le trouve parfois.

Et je me sens démunie, entre cris, larmes et silences, moi essayant de parler, lui faisant tout pour ne pas m’écouter.

Parce que selon lui, je ne peux pas le comprendre.

Alors que moi, je n’ai envie que de l’entendre,

Me murmurer tout bas,

Que oui maman, ne t’inquiète pas, ça va.

Une maman au BDR

Femme ou maman? Les deux, s’il vous plaît !

Est-ce que l’on doit nécessairement se sentir plus maman que femme quand on a donné la vie?

Ces deux rôles seraient-ils réellement si incompatibles que cela ?
Vous êtes-vous déjà posé cette question, à savoir quel rôle choisiriez-vous si tel vous était demandé ?
Abdiqueriez- vous de votre vie de femme ou vie de maman ?
Cela fait beaucoup de questions à la fois, je vous l’accorde.
Mais c’est que personne ne me répond clairement,  voyez-vous.

Je vois des points d’interrogation partout mais nulle part je ne reçois de confirmation.
C’est une question qui plane toujours au-dessus de ma petite tête, perchée sur mes 10 centimètres de talons.
J’en parle beaucoup sur mon blog, il faut croire que cela m’obsède, et mon premier billet abordait déjà ce vaste et complexe sujet, évidemment, toujours à partir de mon expérience personnelle.
Je me sens souvent en décalage avec la plupart des mamans qui abdiquent de beaucoup de choses pour se consacrer uniquement au bien être de leur progéniture.

Est-ce que cela fait de moi une mauvaise maman ?
Elles abdiquent trop souvent de leur temps, de leurs rêves, de leur corps, démissionnent parfois de leur couple.
La frontière entre ces deux vies paraît beaucoup trop bien dessinée, souvent infranchissable, malheureusement.
Je ne ressens pas cela, moi, et je me demande maintes fois si c’est moi qui ne suis pas normale.
Je privilégie autant mon couple que mes enfants, et il m’est arrivé de choisir quelque chose qui serait plus bénéfique pour mon couple au détriment de mes enfants.
Si l’on peut utiliser l’expression « au détriment de », bien sûr.
En fait, je ne suis pas convaincue que se consacrer corps et âme à son mistouflon soit le meilleur et le plus salutaire des compromis.
C’est mon opinion personnelle (coucou la ligue des supers mamans).
Lui consacrer tout son temps au risque de s’oublier, ne me paraît pas mériter pour autant un oscar et je suis même convaincue que l’on finit par payer un jour une addition conséquente ( pour son couple).

Source Pinterest
Source Pinterest

Je me rends compte que mes enfants préfèrent me voir rayonnante, me pomponner, bien habillée, sortir, voyager, rire aux éclats, ou tout simplement heureuse, même s’ils ne sont pas tout le temps présents  pendants ces moments.

Ils savent que d’autres viendront, de moments, partagés cette fois-ci avec eux.

Ils ont fini par comprendre que du temps est nécessaire pour moi et avec l’amoureux pour que leur maman soit bien dans ses Stan Smith.

Si des femmes se montrent plus épanouies que jamais uniquement quand elles sont parées de  leur habit de maman, d’autres aimeraient qu’il en soit autrement et n’arrivent tout simplement pas à résoudre cette énigme.

Ces derniers mois, quelques copines sont devenues maman.

Des filles actives, qui avaient pour habitude de sortir, très coquettes.

Quand je les entends parler maintenant, je ne les envie vraiment mais vraiment pas.

Et pourtant, moi aussi, je suis passée par là.

Elles me disent que leur emploi du temps est uniquement et entièrement consacré à leur rejeton, ne plus savoir ce qu’est un coiffeur, un DVD, une vraie douche, Monoprix (la base), un miroir.

Elles ne font pas que me dire, elles le crient, elles pleurent, elles sont enragées, ne comprennent pas.

Mais ce n’est pas le pire, toutes les mamans ont connu cette difficile phase de réglages entre leurs désormais multiples jobs.

Le pire (à mes yeux) est l’éloignement de son amoureux, conjoint, mari, Lapinou, Petit Canard ou tout autre petit nom animalier que vous lui donnez en secret.

Une situation de crise s’est installée, sans qu’aucune des parties ne sache vraiment comment la résoudre, crise qui peut avoir des conséquences très néfastes pour la vie de couple.

Pour cet homme et cette femme qui se sont aimés mais qui ne savent plus se retrouver.

Je les vois claquer la porte pour faire un break, parfois ne pas revenir.

La maman déclame que le papa ne la comprend pas, l’homme riposte qu’il a perdu sa femme pour donner naissance à une maman.

Cette situation je l’ai connue, moi aussi.

C’est pour cela que je m’investis autant dans l’entretien de mon couple comme une bonne vieille Rolls.

Je ne culpabilise plus de partir en week-end sans les enfants, de sortir en semaine pour aller au théâtre, de prendre de temps en temps une après-midi pour m’occuper de moi et pas nécessairement d’eux.

Ce n’est pas si grave, ils le comprennent parfaitement et ne me l’ont jamais reproché.

Le reste du temps leur est généreusement offert, mon attention est là au quotidien, mes sourires, mes peurs, mes angoisses, mes reproches, mes préoccupations aussi.

Je sais que je peux mieux assumer mon rôle de maman en étant accomplie dans mon rôle de femme.

Mon ado conserve dans sa tête des souvenirs d’une époque où je souffrais profondément sans pouvoir lui cacher  et accueille aujourd’hui avec bienveillance la situation de paix et de bonheur installés dans notre Sweet Home.

Rien ne torture plus un enfant que de voir ses parents se déchirer, pensant parfois même être l’objet de ces disputes.

Je pense que le plus important c’est vraiment que vos enfants vous voient heureux, ils ne recherchent pas des parents parfaits, des nounous à temps plein, ils sont avides de votre amour.

Existe-t-il une meilleure façon d’aimer et d’apprendre à aimer à ses enfants que de leur montrer que vous aimez vous-mêmes ?

Si, l’amour est contagieux !

Je ne souhaite pas choisir entre mon rôle de femme et mon rôle de maman, je veux combiner harmonieusement les deux, avec mes défauts et mes imperfections, mais toujours avec amour.

Et vous?

Bonne soirée à tous ❤

« Les yeux de la mama »

C’était jeudi dernier.

Mon 4ème jour d’assignation à résidence.

Je réussissais enfin à déplacer mes fesses qui criaient au secours.

Je ne sais pas si c’est parce qu’elles ne supportaient plus d’être prisonnières de Mickey dans mon boxer de chez Undiz ou parce qu’elles avaient créé une relation trop intime avec le lit.

Arrivée sur mon canapé, donc, trop fière que j’étais, mais ne pouvant pas non plus encore participer au Top Body Challenge, j’appuyais machinalement sur la télécommande de la télévision et tombais sur l’émission TPMP de Cyril Hanouna.

Sans honte.

Il me fait rire, désolée de vous décevoir.

Et je sens que je vais encore le faire, vous décevoir.

Il annonçait la venue de la dernière star de The Voice, Kendji Girac.

Cela fait plusieurs jours que j’entends et je lis partout la sortie de son nouvel album.

Je ne comprends pas cet engouement et décide de rester avec mon pote Cyril pour décrypter ce phénomène.

Il est plutôt mignon, souriant… Bon.

Je ne comprends toujours pas.

Puis passe l’extrait d’une chanson de son dernier album « Les yeux de la Mamma ».

Attention, je ne suis absolument pas fan.

Je lui en ai d’ailleurs voulu très longtemps d’avoir volé la victoire à Maximilien (mais t’es où? ).

Mais je ne sais pourquoi (enfin si, en vrai, je sais), les paroles de cette chanson m’ont touchée en plein cœur.

Heureusement que j’étais en mode no make-up et que le rouleau de sopalin était à proximité.

Les larmes ont coulé chaleureusement.

Il parle de sa maman, vous l’aurez compris, même si vous n’avez pas fait espagnol LV1,  ce qu’elle est, ce qu’elle représente à ses yeux, tout le bien qu’elle lui a fait, blablabla.

Bateau me direz-vous.

Un petit extrait :

Oh mon Dieu, laissez-les-moi
Les beaux yeux de la Mama
Enlevez-moi même tout le reste
Mais pas la douceur de ses gestes
Elle m’a porté avant le monde
Elle me porte encore chaque seconde
Elle m’emportera avec elle
Je lui serai toujours fidèle

Et pourtant, purée, comme c’est beau de dire ca, de pouvoir le chanter au monde entier.

Je me dis que sa petite maman doit être bien fière de son fils et bien plus que de son succès, d’ailleurs.

Que son fils doit vraiment aimer sa maman, c’est fou mais ça se ressent tellement dans son interprétation et pardonnez-moi (ou pas) mais je trouve ça si touchant.

Combien d’entre nous osent se mettre ainsi à nu ?

Je repense à ce que disait ma maman quand elle parlait du changement qui s’opère dans votre vie quand vous devenez parents.

Source Pinterest
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Cette souffrance latente, cette préoccupation constante, cette volonté à toute épreuve, cette force que l’on puise on ne sait où.

Puis je me dis que j’aimerai qu’un jour mes enfants puissent parler de moi ainsi.

Cela me paraît très improbable pour le moment.

Mais je me dis surtout que j’aimerai pouvoir dire des choses aussi simples que belles, à la mienne, de Maman.

Ce n’est pas que je ne les pense pas.

C’est que je ne sais pas si j’y arriverai un jour.

J’ignore s’il nous reste assez de temps ici pour arriver à faire tomber  toutes ces barrières, ces non-dits et ces blessures qui n’en ont pas fini de cicatriser.

Nous ne sommes pourtant que de passage, pourquoi tant d’orgueil mal placé ?

Parfois je me réveille la nuit et j’ai peur que tu ne sois plus là et de ne pas avoir eu le temps de te chanter.

Source Pinterest

Alors, Kendji, d’abord , je retire tout ce que j’ai dit sur toi, et je te pardonne d’avoir empêché mon Maximilien de gagner.

Puis, Kendji, je te remercie pour cette chanson et cette magnifique interprétation.

Tu nous fais une jolie piqure de rappel, une maman on en a qu’une et on ne lui dit pas assez souvent je t’aime.

Tu le fais avec grande humilité et pour cela tu as toute mon admiration.

C’est tellement plus facile de ne retenir que le négatif, ce qui ne va pas, ce qu’elle n’a pas fait.

Mais si on regarde bien, à côté, elle en a joué son rôle du mieux qu’elle a pu.

Peut-être pas comme nous le souhaitions, peut-être pas de la meilleure forme.

Mais depuis que je suis maman , je sais, oui, je sais.

Je vais essayer de m’inspirer de tes jolis mots et de cette force qui s’en dégagent.

Je vais tenter d’écrire ma propre chanson avant qu’il ne soit trop tard.

Je vais oser réécrire l’histoire.

Merci à toi Kendji, pour ce moment d’émotion.

Bonne semaine à tous.

Les vendredis des papas

Chaque vendredi, j’observe un phénomène qui m’est malheureusement trop familier: l’échange des enfants pour le week-end ou la semaine, selon le mode de garde.

Je les observe à la sortie de l’école, dans le métro, à la gare ou dans les rues.

On se reconnaît entre parents séparés, il y a des signes qui ne trompent pas…ce sourire malgré la fatigue de la semaine, ce regard bienveillant envers sa progéniture, cette accolade chaleureuse, ce sentiment de bonheur qui parfume l’air autour d’eux.

Ce sont souvent les papas que je vois, car c’est généralement en faveur de la maman que le juge aux affaires familiales tranche.

Parce que depuis toujours, on considère que cela doit être ainsi.

Que la maman a l’instinct maternel, que les enfants ont plus besoin de leur maman que de leur papa pour se construire, que maman fait tout mieux que papa, gnaganagana.

Toutes ces idées que l’on nous martèle depuis que nous sommes petits, de la même façon que l’on nous fait croire aux contes de fées comme Cendrillon.

Source Pinterest
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Mais où est-il écrit et prouvé que les choses doivent être ainsi?

Vous avez le manuel, vous?

Je suis pourtant une maman et ne devrais peut-être pas me prononcer de la sorte.

Je les observe, ces papas.

Parfois maladroits, prenant leur petit bout d’un bras et le sac débordant d’affaires de l’autre, pour le court moment qui leur est accordé, juste le temps d’un week-end.

Souvent touchants par leurs gestes si attentionnés, vite débordés par un quotidien auquel ils ne sont pas habitués.

Mais pourquoi?

Parce qu’à mon sens, on les conditionne à ne pas être à la hauteur à partir du moment où la grossesse est annoncée.

C’est la femme qui porte le bébé, qui en souffre les conséquences physiques et émotionnelles, qui le ressent, donc, naturellement, le lien avec le bébé se forme de façon plus étroite.

Ensuite, après la naissance, la maman prend le dessus et devient la louve protectrice que vous avez peut-être été ou que vous avez connue (souvent au détriment de sa vie de couple, malheureusement).

Et si on laissait le papa participer plus au quotidien de la vie de famille?

Il en a pourtant souvent envie mais on ne lui accorde pas cette chance.

Ce que j’essaie de dire aujourd’hui c’est que l’on parle souvent de la souffrance des mamans après une séparation, je suis la première à pouvoir m’exprimer sur le sujet, je me suis faite congédiée par téléphone, deux mois après la naissance de mon deuxième enfant, ça aurait pu être avec une note sur un post-it, c’était pareil (si tu as suivi tous les épisodes de Sex &The City, tu peux comprendre).

Mais nous ne sommes pas les seules à ressentir une douleur, cette amertume, le son de la peine.

De nombreux papas se retrouvent séparés de leurs enfants sans avoir eu le temps d’apprendre à tisser un véritable lien avec eux, sans avoir pu crier gare ou avoir pu donner leur avis.

Ils ont probablement eu autant envie de ce bébé que la femme avec qui ils avaient décidé de le concevoir.

Beaucoup d’entre eux ne méritent pas cet éloignement amer et éprouvant.

Nombreux souhaiteraient prendre véritablement leur rôle au sérieux.

Quand j’observe certaines mamans agir, je me fais parfois la réflexion que leur enfant serait aussi bien avec le papa.

Certains papas peuvent être meilleurs que nous, les mamans, il faut savoir l’accepter.

Source : http://mylittlebiglove.com/
Source : http://mylittlebiglove.com/

J’ai de nombreux exemples autour de moi.

Evidemment celui qui me saute aux yeux est celui de l’amoureux.

Sa fille habite à plus de 500 kilomètres de chez nous, maintenant.

Non pas que sa maman fasse mal son job.

Mais la distance est bien là , et il est difficile de construire une relation stable et de contribuer véritablement à son éducation puisqu’il n’est pas présent au quotidien bien qu’il fasse tout pour ( je l’admire également beaucoup pour cela, beaucoup auraient déjà abandonné).

Il ne le mérite pas.

C’est un super papa, meilleur dans son rôle que je ne le suis dans mon rôle de maman, je pense.

Il est plus patient, plus pédagogue, pense toujours au bien de sa fille en premier lieu.

Source : gledow.tumblr.com
Source : gledow.tumblr.com

Comme lui, des milliers de papas sont dans cette situation.

Ils n’ont pas eu d’alternative.

La douleur de la séparation n’est pas un sentiment exclusivement réservé à la femme.

Alors, quand chaque vendredi, je les aperçois avec des petits doigts potelés suspendus à leur cou, un doudou dans la poche du manteau, et la tétine qui dépasse de la poche du jean, j’ai un petit pincement au coeur.

Parce que je sais…enfin, je crois savoir.

Parce que je t’aime tout là-haut jusqu’au ciel #2 (et pas le dernier)

Ce billet, je n’avais pas idée que j’allais l’écrire il y a 20 minutes.

En ce moment aucune envie d’écrire ni de m’adonner à aucune de mes passions, le médecin ma dit « REPOS ABSOLU MA PETITE DAME ».

Milles excuses de ces milles pièces jetées ainsi sur la toile de façon désordonnée.

Pourtant j’ai eu le temps cet après-midi de réfléchir, entre la préparation de mon moelleux au chocolat pour mon ado et le guacamole pour l’amoureux.

Attendez, j’ai d’ailleurs encore un peu d’avocat sous les ongles.

Voilà, c’est mieux, je me disais aussi que je sentais la mexicaine un peu périmée.

Puis pour me détendre, je lis un peu ce qui se passe sur la blogosphère.

Je tombe sur la dernière perle de Ginie, oui parce qu’on ne parle plus de billet avec Ginie, à chaque fois tu sais que c’est un bijou, tu n’en connais juste pas la couleur et c’est ça qui est génial.

Je vous écris encore avec des sanglots dans la voix, désolée si vous y voyez la morve qui en découle.

Je lis dans ce billet tout l’amour pour son bébé qui a fait sa première rentrée aujourd’hui.

Vous l’avez certainement lu, ri, souri et même pleuré si vous avez un petit cœur, que vous soyez parent ou pas; si ce n’est pas le cas, vous êtes un peu con, pardonnez-moi la franchise.

Tiens, tu peux te rattraper , espèce d’inculte : http://www.femmesweetfemme.fr/cetait-le-3-septembre-2015/

Je me suis mise à pleurer parce qu’indirectement j’ai fait le parallèle avec mon ado.

Il a 13 ans, et non, évidemment, ce n’est pas sa première rentrée.

La nature de nos rapports est plutôt houleuse, le commun des mortels me dit que c’est la puberté qui la dicte, la maman que je suis, trouve que je suis juste mauvaise.

Il me trouve trop cool quand je lui achète des T-Shirts Eleven Paris et lui prête mes Stan Smith, mais me fait sentir Maman Yeta quand je refuse qu’il sorte avec un copain que je ne connais pas.

Il revient de 3 semaines de vacances avec mes parents et j’ai su qu’il a glissé à ma maman avant de rentrer dimanche dernier « J’espère que maman va être contente de me retrouver ».

Oui parce qu’à cause de cette foutue phase de la vie qu’on appelle l’adolescence (mais Dieu, pourquoi nous as-tu imposé ça, on pouvait pas éviter les boutons, problèmes de code, besoin d’un développeur ?), nos rapports sont biaisés.

Attention cher lecteur, j’ai dit biaisés et non pas baisés, tu es fatigué si c’est ce que tu as lu.

Mais ce n’est pas faux non plus, j’aurai pu dire baisés.

Et donc, tu penses que je ne t’aime pas.

Ce que tu ne sais pas, parce que j’essaie de ne pas te le montrer, c’est que je ne dors plus depuis 2 mois.

Depuis exactement 63 jours où j’ai entamé une guerre contre les services de l’Education Nationale.

Parce que je veux le meilleur pour toi.

Même si tu es souvent insolent, dédaigneux, à la limite de 10 coups de ceinture (et je ne parle pas de sadomasochisme, maintenant que tu connais 50 nuances de Grey), je parle de réelle sanction face à ton comportement, à la limite du supportable.

Pourtant, pour toi, je me bats.

J’ai épuisé mon énergie à écrire des centaines de mails, des dizaines de courriers, passé des dizaines de coup de fils pour que tu sois dans l’école que j’avais choisie pour toi.

L’éducation Nationale en a décidé autrement jeudi dernier et nous déclare ainsi la guerre.

Elle ne sait pas que j’étais super forte à Street Fighter sur ma Nintendo.

Tu m’as surprise et tu t’es armé de courage,tu as ravalé ta bile cent fois sur le chemin de ce collège où tu as fait ta rentrée hier, cet établissement dont nous ne voulons pas tous les deux.

J’ai senti ton désarroi et lu dans tes yeux toute ta peur et ta tristesse quand je t’ai laissé seul et désemparé face à cette bande de gros cons et de petites connes.

Je sais ce que tu as ressenti aujourd’hui et je souligne ta noblesse de caractère, tu as fini par t’effondrer dans mes bras, une fois arrivé à la maison.

Je ne te croyais pas si fort, pardonne moi si je me suis trompée.

Ce que je veux te dire, mon fils, c’est que malgré les problèmes de santé auxquels je dois faire face en ce moment, une vie professionnelle aussi rose que la nuit, je n’arrêterai pas de me battre.

Pour toi.

Et tant que je n’aurai pas obtenu satisfaction, je n’arrêterai pas.

Parce que même si je suis parfois en overdose de tes demandes aussi martiennes les unes que les autres, tu es mon fils.

Tu es celui qui m’a laissé de grosses vergetures sur le ventre , alors crois-moi, je ne t’oublierai jamais.

Tu es celui qui m’a fait perdre une taille de bonnet de soutien-gorge tellement tu étais gourmand (bon, je ne vais pas me plaindre).

Tu es celui qui t’es perdu dans le métro à 8 ans alors que j’étais sur un salon professionnel et j’ai cru en mourir.

Tu es celui qui a pleuré des nuits entières en me voyant malheureuse quand les évènements de la vie ont fait que nous nous retrouvions seuls.

Tu as peur pour moi, je sais que tu as eu peur de me perdre.

Alors, écoute moi bien mon petit lascar, ma petite centrale électrique (mince le rendez-vous chez l’orthodontiste, je l’ai oublié avec cette affaire), mon petit gars aux pieds de hobbits : je ne te lâcherai pas.

Fais moi confiance.

La raison est simple, elle existe depuis la création du monde : l’amour.

Parce que je t’aime.

Et comme dirait ton petit frère, que je soupçonne d’être un petit philosophe en herbe, « Parce que je t’aime tout là-haut jusqu’au ciel ».

photo

J’ai trouvé qu’il était important de te le dire aujourd’hui, plus que les autres jours.

Ta maman qui s’habille encore comme une ado mais qui agira pour ton bien comme une adulte.

Parce que je t’aime tout là-haut jusqu’au ciel #2

Ce billet, je n’avais pas idée que j’allais l’écrire il y a 20 minutes.

En ce moment aucune envie d’écrire ni de m’adonner à aucune de mes passions, le médecin ma dit « REPOS ABSOLU MA PETITE DAME ».

Milles excuses de ces mille pièces jetées ainsi sur la toile de façon désordonnée.

Pourtant j’ai eu le temps cet après-midi de réfléchir, entre la préparation de mon moelleux au chocolat pour mon ado et le guacamole pour l’amoureux.

Attendez, j’ai d’ailleurs encore un peu d’avocat sous les ongles.

Voilà, c’est mieux, je me disais aussi que je sentais la mexicaine un peu périmée.

Puis pour me détendre, je lis un peu ce qui se passe sur la blogosphère.

Je tombe sur la dernière perle de Ginie, oui parce qu’on ne parle plus de billet avec Ginie, à chaque fois tu sais que c’est un bijou, tu n’en connais juste pas la couleur et c’est ça qui est génial.

Je vous écris encore avec des sanglots dans la voix, désolée si vous y voyez la morve qui en découle.

Je lis dans ce billet tout l’amour pour son bébé qui a fait sa première rentrée aujourd’hui.

Vous l’avez certainement lu, ri, souri et même pleuré si vous avez un petit cœur, que vous soyez parent ou pas; si ce n’est pas le cas, vous êtes un peu con, pardonnez-moi la franchise.

Tiens, tu peux te rattraper , espèce d’inculte : http://www.femmesweetfemme.fr/cetait-le-3-septembre-2015/

Je me suis mise à pleurer parce qu’indirectement j’ai fait le parallèle avec mon ado.

Il a 13 ans, et non, évidemment, ce n’est pas sa première rentrée.

La nature de nos rapports est plutôt houleuse, le commun des mortels me dit que c’est la puberté qui la dicte, la maman que je suis, trouve que je suis juste mauvaise.

Il me trouve trop cool quand je lui achète des T-Shirts Eleven Paris et lui prête mes Stan Smith, mais me fait sentir Maman Yeta quand je refuse qu’il sorte avec un copain que je ne connais pas.

Il revient de 3 semaines de vacances avec mes parents et j’ai su qu’il a glissé à ma maman avant de rentrer dimanche dernier « J’espère que maman va être contente de me retrouver ».

Oui parce qu’à cause de cette foutue phase de la vie qu’on appelle l’adolescence (mais Dieu, pourquoi nous as-tu imposé ça, on pouvait pas éviter les boutons, problèmes de code, besoin d’un développeur ?), nos rapports sont biaisés.

Attention cher lecteur, j’ai dit biaisés et non pas baisés, tu es fatigué si c’est ce que tu as lu.

Mais ce n’est pas faux non plus, j’aurai pu dire baisés.

Et donc, tu penses que je ne t’aime pas.

Ce que tu ne sais pas, parce que j’essaie de ne pas te le montrer, c’est que je ne dors plus depuis 2 mois.

Depuis exactement 63 jours où j’ai entamé une guerre contre les services de l’Education Nationale.

Parce que je veux le meilleur pour toi.

Même si tu es souvent insolent, dédaigneux, à la limite de 10 coups de ceinture (et je ne parle pas de sadomasochisme, maintenant que tu connais 50 nuances de Grey), je parle de réelle sanction face à ton comportement, à la limite du supportable.

Pourtant, pour toi, je me bats.

J’ai épuisé mon énergie à écrire des centaines de mails, des dizaines de courriers, passé des dizaines de coup de fils pour que tu sois dans l’école que j’avais choisie pour toi.

L’éducation Nationale en a décidé autrement jeudi dernier et nous déclare ainsi la guerre.

Elle ne sait pas que j’étais super forte à Street Fighter sur ma Nintendo.

Tu m’as surprise et tu t’es armé de courage,tu as ravalé ta bile cent fois sur le chemin de ce collège où tu as fait ta rentrée hier, cet établissement dont nous ne voulons pas tous les deux.

J’ai senti ton désarroi et lu dans tes yeux toute ta peur et ta tristesse quand je t’ai laissé seul et désemparé face à cette bande de gros cons et de petites connes.

Je sais ce que tu as ressenti aujourd’hui et je souligne ta noblesse de caractère, tu as fini par t’effondrer dans mes bras, une fois arrivé à la maison.

Je ne te croyais pas si fort, pardonne moi si je me suis trompée.

Ce que je veux te dire, mon fils, c’est que malgré les problèmes de santé auxquels je dois faire face en ce moment, une vie professionnelle aussi rose que la nuit, je n’arrêterai pas de me battre.

Pour toi.

Et tant que je n’aurai pas obtenu satisfaction, je n’arrêterai pas.

Parce que même si je suis parfois en overdose de tes demandes aussi martiennes les unes que les autres, tu es mon fils.

Tu es celui qui m’a laissé de grosses vergetures sur le ventre , alors crois-moi, je ne t’oublierai jamais.

Tu es celui qui m’a fait perdre une taille de bonnet de soutien-gorge tellement tu étais gourmand (bon, je ne vais pas me plaindre).

Tu es celui qui t’es perdu dans le métro à 8 ans alors que j’étais sur un salon professionnel et j’ai cru en mourir.

Tu es celui qui a pleuré des nuits entières en me voyant malheureuse quand les évènements de la vie ont fait que nous nous retrouvions seuls.

Tu as peur pour moi, je sais que tu as eu peur de me perdre.

Alors, écoute moi bien mon petit lascar, ma petite centrale électrique (mince le rendez-vous chez l’orthodontiste, je l’ai oublié avec cette affaire), mon petit gars aux pieds de hobbits : je ne te lâcherai pas.

Fais moi confiance.

La raison est simple, elle existe depuis la création du monde : l’amour.

Parce que je t’aime.

Et comme dirait ton petit frère, que je soupçonne d’être un petit philosophe en herbe, « Parce que je t’aime tout là-haut jusqu’au ciel ».

photo

J’ai trouvé qu’il était important de te le dire aujourd’hui, plus que les autres jours.

Ta maman qui s’habille encore comme une ado mais qui agira pour ton bien comme une adulte.