Lectures d’automne

Quelques longues semaines d’absence de la toile, parsemées d’embûches mais aussi parfumées d’espoir.

D’autres penseront que je fais ma Diva et que je me fais désirer.

Que nenni.

La vie est ainsi parfois, a-t-on-besoin d’en dire plus ?

Je m’évade follement grâce à mes lectures, et étant une fidèle des livres papier (je n’éprouve absolument pas le même plaisir sur une liseuse, c’est comme l’amour avec une capote pour moi, vous voyez ?), mes yeux délaissent non sans une petite pointe de satisfaction, toute forme d’écran.

Mes infidélités au web m’ont donc conduite sur le chemin de nombreux livres, tous très différents, avec des messages et des histoires hétéroclites.

J’ai choisi de partager avec vous 3 de ces lectures, pour des raisons très différentes.

Vous savez que je ne suis pas la spécialiste du pitch que je n’affectionne d’ailleurs pas particulièrement de faire, mais, plutôt du partage d’émotions ressenties, cela me ressemble plus.

diane_von_furstenberg_2

Je commencerai par un livre qu’on destinerait au premier abord plus aux femmes, puisqu’il s’agit de la biographie de la créatrice de mode Diane Von Furstenberg, « The woman I wanted to be ».

Il s’agit en fait du deuxième volet de ses mémoires car elle avait déjà publié 16 années auparavant « Diane : a signature of life ».

J’avais envie d’en connaître en peu plus sur celle dont j’admirais d’abord les robes aux célèbres imprimés, la beauté et l’élégance.

Diane von Furstenberg est considérée comme une des femmes les plus influentes au monde, mais vous seriez surpris par son parcours quelque peu chaotique pour être la femme qu’elle est aujourd’hui, et surtout, la femme qu’elle voulait être : forte, indépendante, aimante et aimée.

Je vous confesse qu’au début du livre, j’ai rapidement pensé que le livre allait être « so cliché » : sa maman avait miraculeusement échappé à la mort dans un camp de concentration nazi, Diane a très tôt baigné dans l’aristocratie et la jet-set qui lui ont permis de côtoyer beaucoup de célébrités, ce qui a priori lui aurait gentiment facilité la vie, blablabalabla.

Puis j’ai rapidement changé mon fusil d’épaule (c’est quand j’utilise ce genre d’expression que je me dis qu’il faut que je songe au lifting).

Diane s’est révélée très tôt une femme d’affaires passionnée, créative, entrepreneuse, déterminée, n’ayant peur de rien.

Elle est en parallèle devenue princesse en épousant le beau Egon von und zu Furstenberg et très jeune maman de deux enfants.

Mais Diane ne voulait pas se contenter d’être femme de.

Elle rêvait d’indépendance, de créer et faire rêver.

La robe portefeuille qu’elle a elle-même dessinée et créée, lui a très vite valu reconnaissance et argent.

La suite ne fut pas toute rose.

Diane est avant tout une créative et pas une financière. Ses sociétés ont connu maintes fois des déboires économiques, qui l’ont contrainte à vendre, puis à tout recommencer de 0, à plusieurs reprises.

Jamais Diane n’a abdiqué ou a pensé que c’était fini pour elle, Diane, c’est un exemple de persévérance et combat.

Elle a affronté de cette même façon un cancer, un divorce, des désamours, son passé, toujours la tête haute, en assumant parfaitement ses actes et leurs conséquences, toujours avec beaucoup de lucidité.

Aujourd’hui adulée et très respectée, très engagée aux côtes des femmes, Diane, est en quelque sorte le symbole d’indépendance féminine et rien que pour cela, son parcours mérite d’être lu et connu.

Mon seul bémol va à la mauvaise traduction du livre en langue française, ce qui entraîne quelques fautes de syntaxe et même d’orthographe.

Source https://www.unidivers.fr
Source https://www.unidivers.fr

Dans un tout autre registre, le deuxième livre dont je souhaitais vous parler est le roman de Baptise BEAULIEU, « La ballade de l’enfant gris », un véritable tourbillon d’émotions intenses, qui vous prennent aux tripes, au cœur et tout autre partie de votre corps qui vibre à la lecture de mots à la fois délicats et percutants.

Vous connaissez peut-être le blog de Baptise Beaulieu Alors Voilà, si ce n’est pas le cas, allez-y jeter un œil avec un mouchoir ou deux (attention je n’ai pas dit que vos larmes ne seraient que de tristesse, au contraire, bande de crocodiles).

Dans ce roman, qui est son 3ème si je ne m’abuse, Baptiste, inspiré de son expérience de médecin généraliste dont il parle avec tant de sensibilité, humour et beauté sur son blog, nous raconte l’histoire d’un jeune interne en pédiatrie, d’un petit garçon à la personnalité si attachante, atteint d’une maladie incurable et de sa maman, si secrète, qui n’est pratiquement jamais au chevet de son fils, sans que l’on comprenne le pourquoi de cette attitude qu’on ne peut qualifier que de cruelle.

Je ne vous en dirai pas plus sur l’histoire, ô combien bouleversante.

On ressent toute l’émotion et la frustration de Baptiste qui planent au-dessus de ce merveilleux roman, clairement inspiré par le choc qu’il a ressenti lors de la disparition d’un de ses jeunes patients.

On ne comprend pas tout de suite, on s’interroge, on est souvent dans le noir, on souffre, on est en colère, on est triste, on a envie de percer les mystères.

Mais on sourit et on rit aussi, beaucoup.

On voyage, on s’illumine, on a peur, on ne veut presque plus savoir puis si, quand même, on veut tout savoir, vite.

Ce roman est un poème lyrique, une quête vers l’humain, une symphonie de couleurs sur un fond de fantaisie.

J’ai été prise à la gorge par des émotions si différentes, la tristesse, la tendresse, l’espoir, la bienveillance, la sensibilité, la douleur, la magie, l’inconnu.

Au travers de ces dualités de sentiments si forts auxquels on ne peut rester insensible à moins de s’appeler J.R Ewing (oui cette référence me dicte une nouvelle fois la nécessité du recours au lifting), les mots de Baptiste Beaulieu m’ont rappelé un peu Agnès Ledig dans sa façon de nous faire entrevoir le beau dans ce qui ne l’est pas forcément.

Alors, si comme moi, vous aimez avoir le rimel qui coule et le nez tout rouge, le cœur qui palpite, partez en ballade avec l’enfant gris.

9782714470980

Le troisième livre a été acheté sur un coup de tête alors que je flânais à la librairie des Galeries Lafayette, à la recherche de mon amie perdue.

La couverture m’a plu, le titre avait un goût d’espoir et de légèreté, « La tentation d’être heureux ».

Les « happiness books » se multiplient ces dernières années, et je ne suis pas la dernière à m’en nourrir et à m’en délecter, ce type de lecture fait toujours du bien, n’en déplaise à Yann Moix.

L’auteur de ce roman est Lorenzo Marone, un ancien avocat qui a décidé d’embrasser sa première passion, l’écriture.

Vous l’aurez deviné, l’écrivain est italien, tout comme le héros principal de l’histoire, Cesare, vieil homme de 77 ans, vivant seule dans la grouillante ville de Naples.

Ronchon à tout heure, Cesare déteste avant tout être vieux et ne prend de pincettes avec personne, ni même avec ses enfants (coucou papa).

Pourtant, dès les premières lignes, j’ai été conquise et je suis devenue la meilleure amie de Cesare : je le comprenais.

Je ne pourrai pas dire qu’un roman sur la vieillesse puisse être considéré très sexy ; néanmoins, encore une fois, je me suis rapidement attachée à chaque morceau de cette fresque de vie italienne, à chaque personnage, tous touchants à leur manière.

Marié à une femme qu’il n’aimait pas, ayant exercé une profession qu’il a toujours détesté, plus près de sa demeure ultime que de sa jeunesse, c’est en décidant de tendre la main aux autres que Cesare sera à son tour, tenté par le bonheur.

Lorenzo Marone ne tombe pas dans la niaiserie pour nous décrire ces portraits de vie, ces drames familiaux, ces tragédies de l’existence.

Il le fait parfois même avec un certain cynisme, un réalisme décapant, tout en subtilité.

Nous sommes souvent aux portes du drame dans ce roman, nous le touchons même du bout des doigts, c’est parfois d’une grande violence.

C’est avec lucidité, humour et justesse que notre spirituel héros napolitain affronte son quotidien avec un nouvel objectif : essayer d’être heureux le peu de temps que la vie voudra bien lui accorder, et surtout, essayer de rendre ses proches heureux avec les moyens que possède un vieux monsieur.

Cela peut vous paraître complètement bateau dit ainsi, pourtant cela ne l’est pas, croyez-moi.

Ce livre m’aide grandement à me remettre en question en ce moment.

Priorisez ce qui nous rend vraiment heureux au détriment de la superficialité de nos existences, Cesare le comprend peut-être un peu tard mais il le comprend encore à temps.

Certains s’acharneront toute une vie à passer à côté de la leur car ils n’ont jamais fait la différence entre l’essentiel et le futile, l’important et le désuet, le vrai bonheur et le faire semblant.

Pour ces raisons, cette petite pépite feel-good doit se retrouver sous le sapin d’une personne qui vous est chère, elle comprendra forcément le message.

J’ai lu sur ce livre une phrase qui l’illustre parfaitement :

« Un livre à mettre entre toutes les mains de ceux qui souhaitent mourir plus heureux et moins idiots » (Isabelle Falconnier, L’hebdo sélection Payot).

Vous êtes arrivés jusqu’ici? Vous êtes trop forts. Merciiiii!

Et vous, avez-vous des lectures à me conseiller, à partager ?

Bonne semaine à tous !

Signature

Déconnexion forcée et bouillons de culture : mes coups de coeur #2

IMG_0226
La prise,le fil, c’est cadeau…mon fils était tellement fier de cette photo que je me devais de l’utiliser ❤

Comme promis, je reviens pour vous parler de mes derniers amours littéraires, après avoir partagé ici 3 de mes déceptions successives qui m’ont presque laissée KO sur le ring.

Mais maman au BDR ou pas, on se relève, on se ressaisit et on laisse de nouveaux ses yeux caresser les mots couchés sur le papier, on tourne les pages avec entrain, et sacrilège pour certains, on les corne parfois !

Comme dans la vie, pour ses rêves et ses amours, jamais vaincu tu ne dois t’avouer !

Franck Ribéry le disait déjà, la roue tourne ! (enfin lui, il a plutôt dit la roue tourne va tourner)#minuteculture.

800 pages plus tard, me voilà de nouveau amoureuse des mots, des maux, de l’amour, de la passion, de la tristesse, de l’écriture, de l’espoir, de la vie !

Je commencerai par le roman qui m’a pris aux tripes, dont j’ai dévoré les 500 pages en 3 jours à peine, l’emmenant avec moi dans tout recoin possible et inimaginable (non, n’imagine pas trop) :

IMG_0280

« L’invention de nos vies », de Karine TUIL.

« Sam TAHAR, brillant avocat au barreau de New-York, semble tout avoir : la célébrité, la fortune, un beau mariage…Mais sa réussite repose sur une imposture.

Pour se fabriquer une autre identité en Amérique, il a emprunté les origines juives de son ami de jeunesse Samuel, écrivain raté qui s’enlise dans une banlieue française sous tension.

Vingt ans plus tôt, la belle Nina était restée –par pitié- au côté du plus faible. A mie-vie, ces trois comètes se rencontrent à nouveau, et c’est la déflagration…L’histoire d’un triangle amoureux qui percute avec violence la grande Histoire de notre début de siècle ».

AMOUR : ingrédient numéro un pour me tenir en haleine, ne me blâmez pas et ne croyez pas pour autant que je regarde My Litlle Poney en boucle, mais j’aime l’amour bordel !

Et dans ce roman de Karine TUIL, nous en avons à revendre,de l’amour !

L’amour d’une mère pour ses enfants, l’amour inconditionnel d’une épouse aveugle pour son envoûtant mari, l’amour passionné et interdit de deux anciens amants, l’amour platonique d’un écrivain raté pour sa belle muse.

Je ne peux vous en dire plus, l’intrigue se démultiplie au travers des différents personnages, vous réservant de multiples surprises.

Cet excellent roman vient nous poser à tous cette question sur l’identité, notre appartenance à une communauté, ce que nous sommes prêts à faire pour atteindre la réussite, le succès, la richesse.

Comment peut-on construire la vie que tout le monde nous envie, sur une imposture, sur un tissu de faux-semblants, qui nous entraîne dans la spirale infernale du mensonge ?

Une histoire passionnante et bouleversante, vous en traverserez les couloirs avec parfois des sueurs froides, haletant, tournant nerveusement chaque page mais ne pouvant pas vous en empêcher.

Ce roman est addictif, son intrigue est captivante, ce, jusqu’à la dernière ligne de l’ouvrage.

Bref, j’ai adoré !

FullSizeRender (2)

« Un tout petit rien », de Camille ANSEAUME

Je reviens de très loin avec Camille.

Je vous avais fait part de ma déception après la lecture de son tout nouveau roman, « Ta façon d’être au monde »

Je m’excusais presque de ne pas y avoir été sensible, de ne pas en être tombée amoureuse.

Je pensais surtout que mon manque d’attirance envers ses mots était essentiellement liée à l’univers triste inhérent à celui du deuil, de la perte d’un être cher.

C’est donc avec prudence que j’ai entamé la lecture de celui qui fut le premier roman de cette jeune écrivaine, « Un tout petit rien ».

On ne peut pas dire que le sujet soit celui qui me fasse faire des roulades de rire par son sujet, qui lui aussi, est assez grave.

Dans ce roman, Camille ANSEAUME nous raconte le choix qu’une jeune fille de 25 ans va devoir faire lorsqu’elle découvre qu’elle est enceinte.

Enceinte d’un homme avec qui elle ne partage pas grand chose à part ses nuits.

« On s’aime surtout à l’horizontal et dans le noir.(…)On n’a ni projets ni même le projet d’en avoir. Le plus gros engagement qu’on aurait pris ensemble, c’était de se dire qu’on s’appellerait en fin de semaine. C’était quand même un mardi… »

Comme vous le devinez sans doute, l’amant de ses nuits fuit en apprenant cette nouvelle.

Nous assistons alors à la venue au monde d’une maman en devenir, qui face à l’urgence de décider si elle veut garder ou non cet enfant, dresse des listes, doute, angoisse, désespère, pleure, se relève, réfléchit.

Elle n’a que 12 semaines pour se résoudre à devenir maman célibataire avec toutes les complications qui s’annoncent déjà à elles, ou au contraire, reprendre le cours normal de sa vie.

Cette aventure presque dramatique, nous la vivons avec humour, poésie et la délicatesse qui caractérise si bien l’écriture de Camille.

Ce livre se lit d’une seule traite, tant l’écriture est fluide et formidablement bien cousue.

Sa plume est vive, tout comme sur son blog, Camille va à l’essentiel, sans pathos,ce qui rend sa lecture d’autant plus facile et délicieuse.

Impossible de rester insensible à cette histoire, qui peut être l’histoire de toute jeune fille, qui aurait pu être la mienne, la vôtre.

Je suis heureuse de m’être réconciliée avec Camille, peut-être aurai-je du commencer par son premier, très réussi, roman.

FullSizeRender (1)

« L’essence de l’être », de Marie Kléber.

« La vie dans toute sa complexité et sa beauté. Nos vies qui se croisent, se perdent, se séparent, se transforment. On peut vivre le pire et rebondir, se réinventer, dessiner notre avenir en lettres d’or ».

Cette lecture avait, avant même que je ne la commence, une saveur particulière.

Marie est une talentueuse blogueuse dont j’admire beaucoup l’écriture, si apaisante, juste et raffinée, qui aborde tous les sujets avec un regard toujours très authentique.

J’essaie de ne manquer aucun de ses billets, et ai fini par tisser un véritable lien avec elle et ses lettres, sur la blogosphère.

Aussi, quand elle nous a fait part de son souhait de sauter le pas de la publication de ses écrits, nous avons été nombreuses à l’encourager.

Ce recueil de poésie est, je l’espère pour Marie, le premier de nombreux autres pas vers le succès.

Dès les premières lignes, j’ai ressenti qu’il y avait beaucoup de Marie et de son histoire personnelle derrière ces délicats vers, ces courtes et percutantes phrases.

Nous devinons l’histoire d’amour dévastatrice, la passion destructrice.

Des mots précis pour décrire la douleur, l’incompréhension, la peur, la rage, l’existence.

Malgré tout cela, Marie nous transmet un message d’espérance, une déclaration d’amour à la vie.

Ce livre, je l’ai lu comme l’histoire d’une renaissance, une sorte de thérapie.

Beaucoup de justesse, de douleur, de tristesse, mais toujours ce sentiment vers la lumière qui nous accompagne tout le long.

Le jour où j’ai eu la chance de rencontrer Marie, j’ai encore mieux appréhendé le sens de ce livre, de son histoire.

J’ai vu de mes propres yeux cette sensibilité, j’ai touché cette douceur, cette authenticité.

Je ne suis habituellement pas une grande lectrice de poésie et ai néanmoins lu ce livre en un souffle.

Beaucoup de ses poèmes m’ont énormément parlé, de part mon histoire personnelle, également, évidemment.

Marie a su mettre les mots sur beaucoup des miens aussi, de maux.

Vous pouvez commander le livre de Marie sur le site internet The Book Edition, en format numérique ou papier.

Je profite de ces quelques jours de vacances pour embrayer de nouveau sur une nouvelle série de lectures qui commence par « Celle que vous croyez », de Camille Laurens.

Et vous?

IMG_0275

Bonne semaine à tous et bonne vacances à ceux qui en sont aussi!

Déconnexion forcée et bouillons de culture : mes déceptions #1

Cela fait un moment que je ne vous parlais pas de mes lectures, non pas que j’ai arrêté de lire, bien au contraire !

Je n’ai jamais lu autant que pendant les dernières semaines.

La principale raison : la batterie de mon smartphone à la pomme verte était HS et je ne pouvais donc ni écrire mes billets pour mon blog, ni vous lire aussi assidûment que j’aime à le faire.

Je passais également moins de temps sur les réseaux sociaux et vous savez quoi, ça m’a vraiment fait du bien !

Un peu libéréée, délivrééééééée, je ne me brancherai plus jamais !

Je vous en dirai même plus, j’ai supprimé mon compte Twitter, tellement ce réseau m’angoissait à chaque fois que je voyais l’oiseau bleu me narguer. Je me sentais happée par les mauvaises nouvelles, méchancetés, futilités et autres -és !

Et puis les live tweets de The Voice, je n’en avais rien à lustrer, je le regarde en direct quoi !

Premier pas de désintoxication fait !

Je vous rassure, ce n’est absolument pas le sujet de mon billet.

Revenons à mes derniers bouillons de culture.

Si je ne vous ai pas parlé de mes dernières collations littéraires, c’est que pour la première fois de ma vie, j’ai enchaîné 3 livres de suite qui ne m’ont pas plu.

CIEL !

Vous rendez-vous compte ? Moi, l’amoureuse des mots, des histoires, des personnages hauts en couleurs, j’ai tenu 700 interminables pages sans trémousser de plaisir, sans changer de petite culotte.

Sans sourire, sans trépigner d’impatience, sans passion.

J’aime être amoureuse de mes livres !

D’autant plus que j’avais lu d’excellentes critiques, beaucoup de gens semblaient les avoir apprécier, pourquoi pas moi ?

Je me suis diagnostiquée malade sans même avoir été consulter un médecin de la littérature, comment dirait-on ? Un « littératologue » ?

Puis l’amoureux m’a dit que ce n’était pas si grave de ne pas avoir aimé un livre que la terre entière acclamait.

Et que j’avais même le droit de le dire.

Sauf que voyez-vous, je ne suis pas Léa Salamé ou Natacha Polony.

Je ne suis pas critique, d’ailleurs je déteste dire du mal (j’ai toujours l’impression que c’est gratuit alors que non, c’est évidemment un vrai métier) je préfère parler de ce que j’aime.

Je n’ai toujours partagé avec vous que mes coups de cœur.

Alors, il m’a fallu relire 3 autres livres que j’ai passionnément aimés d’amour pour être prête à vous en parler.

Je vais d’abord évoquer vaporeusement avec vous mes déceptions pour aborder par la suite mes coups de foudre from the bottom of my heart, oué.

IMG_0012

  • « Cet été-là », de Véronique OLMI

L’histoire se déroule un week-end du 14 juillet, dans une maison de vacances, à Countainville.

3 couples s’y retrouvent depuis toujours, un rite qu’on n’ose plus transgresser.

Mais cet été là, leur rencontre avec Dimitri, un adolescent mystérieux, va rompre cette belle harmonie en faisant planer la menace de la disparition prochaine du grand pin.

Mon avis : Je vous avouerai que j’ai attendu jusqu’à la page 250 qu’il se passe quelque chose de fort. Le livre est écrit dans un style impeccable mais trop lisse et monotone à mon goût. J’ai vraiment peiné à le finir, je ne voulais pas regarder le tableau qu’on me peignait: fragilité du couple, non-dits, vieillesse, subtilités de la vie à deux.

Je n’ai pas pris de plaisir à me balader dans cette Normandie, le temps était trop lourd et orageux pour moi.

 

IMG_0013

  • « Debout-Payé », de GAUZ

« Debout-Payé désigne l’ensemble des métiers où il faut rester debout pour gagner sa pitance ».

Gauz a été lui même vigile au sein de grandes enseignes et retire de son expérience la grande indifférence de notre société face au drame des immigrés.

Il nous raconte l’histoire de ces hommes arrivés d’Afrique pour trouver en France une vie meilleure.

Cette nouvelle est un véritable hommage aux familles africaines, où, de père en fils, on devient vigile à Paris.

Mais c’est aussi un ode à cette communauté, que l’on découvre avec tendresse, avec ses travers et ses inébranlables qualités humaines, chanté avec ironie et humour.

Gauz porte un regard sévère sur les relations politiques entre la France et l’Afrique, sur la place des noirs dans notre société, sur les nouveaux temples de la consommation que nous fréquentons tous.

Mon avis : notre société de consumérisme en prend plein la figure, c’est un fait, c’est tellement réaliste.

Il est vrai qu’après avoir lu ce livre, vous ne percevrez plus jamais les vigiles de la même manière.

Mais cela reste pour moi une sorte de documentaire, certes, bien ficelé, mais je n’en suis pas fan, désolée pour cela.

IMG_0043

  • « Ta façon d’être au monde », de Camille ANSEAUME

« Elles sont amies d’enfance. L’une est inquiète, rêveuse, introvertie ;l’autre est souriante, joyeuse, lumineuse. Ensemble, elles grandissent, découvrent la vie, l’amour. Jusqu’à ce qu’un drame bouleverse le monde qu’elles se sont bâti… ».

Mon avis :c’est probablement le livre qui m’a le plus déçue, tellement j’avais lu d’éloges à son sujet, au style de Camille que je connais pourtant très bien à travers son blog « Café de filles » (et que j’apprécie sincèrement).

Probablement que le thème du deuil est pour moi trop difficile à porter sur la longueur, sur tout un livre.

Je ressentais tout au long de la lecture un secret lourd, un drame funeste, un mystère que je n’avais finalement pas envie de percer.

J’ai fermé le livre, voulu arrêter puis recommencé mille fois.

Les mots sont légers et fins, mais tristes, si tristes.

J’ai eu un mal fou à comprendre le choix de narration pendant presque toute la moitié du livre, je trouve que cela rend la lecture difficile et par conséquent moins plaisante.

J’attendais sans vraiment y croire un moment heureux, un feu d’artifice, un arc-en-ciel.

Il n’est jamais arrivé.

Je me suis sentie soulagée lorsque j’ai tourné la dernière page.

J’ai mis quelques heures à me remettre de cet état de chagrin dans lequel le roman m’a plongée, j’en ai voulu à la narratrice.

Mais je n’ai pas dit mon dernier mot pour Camille, car si son dernier roman m’a laissée de marbre, me plonger dans son premier  » Un tout petit rien », nous a réconciliées!

Voilà, je m’apprêtais à vous parler des trois autres livres qui ont suscité en moi papillons de lumière (copyright Cindy S), impatience, extase et changement de culotte cette fois-ci, mais je me rends compte qu’il est l’heure d’aller vous coucher les amis.

Un billet différent parsemé de cœurs vous attend donc dans les jours à venir car je pense parler beaucoup mieux des choses que j’ai aimées, pas vous ?

Bonne nuit les petits !