A mon bébé sumo à la clavicule cassée

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Un doudou oublié, les chaussons rangés, le calme retrouvé, la porte de la chambre refermée, mais pas la sérénité.

Une nouvelle semaine qui commence chez papa, où tu vas cocher les jours sur le calendrier posé au dessus de ton lit, afin de compter les dodos qui te séparent des câlins de maman, de ses fajitas et des meilleures pâtes à la carbonara de l’univers, comme tu le dis.

Pourtant tu te plains souvent que chez maman on se couche trop tôt, on a trop de règles « énervantes ».

Tu m’as dit hier que tu préférerais que je retourne vivre avec ton papa.

Je te réponds que tu étais pourtant trop petit lorsque nous avons décidé de ne plus nous aimer, que tu as connu la valse des sacs à dos très tôt, que tu n’as peut-être pas eu le temps de garder des images de nous dans ta petite tête de bébé joufflu.

Et que c’est peut-être mieux ainsi.

Tu me susurres que tu t’en fiches, même si on se n’aime plus, ce serait le seul moyen de me voir plus souvent, car, après tout, ce n’est pas juste que ce soit ton frère qui profite de moi tous les jours et pas toi.

Toi qui es un petit bonhomme si dur et si fort de caractère, du haut de tes presque huit ans, tu oses enfin me demander pourquoi est-ce que l’on s’est séparé.

Toi, qui sais si bien faire la part des choses et qui semble profiter pleinement de ton papa et de ta maman séparément, tu poses enfin des mots sur ce qui apparaissait si naturel depuis toujours.

Comment mettre à mon tour des mots sur ce qui s’est passé ?

Je ne pourrai jamais te l’expliquer.

Je me dois de te préserver.

Distinguer mon rôle de maman et de femme et faire ainsi la part des choses, n’a pas toujours été facile.

Lors de ce tremblement de terre, j’aurai voulu t’arracher de ton père et faire en sorte qu’il ne te voit plus jamais, pour qu’il mesure les conséquences de ses actes et qu’il souffre, à son tour.

Je mesure la dureté de mes propos.

Cela n’aurait évidemment pas été intelligent, tu aurais probablement été celui qui en aurait finalement pâtit le plus, plus tard.

Mais fait-on preuve d’intelligence quand on est submergé par la peine et terrassé par la douleur ?

Il faut croire que oui, que l’on va puiser quelque part cette lumière de lucidité et c’est ce que j’ai choisi pour toi, alors que d’autres s’évertuent à faire la guerre, moi, j’ai déposé les armes.

Si tu avais vu « Kramer contre Kramer », tu comprendrais…

Pour l’instant nos échanges cinéphiles se limitent aux Disney.

Cela ne signifie pas que je n’ai pas décidé de me battre pour toi, bien au contraire.

Cette peur que tu m’en veuilles un jour me réveille parfois.

Je comprends mieux ton agressivité et ton hostilité à l’égard de l’image de la famille recomposée parfaite que nous véhiculons, tes paroles souvent rudes, tes regards et gestes qui peuvent être blessants.

Peut-être penses-tu au plus profond de toi que je ne t’ai jamais assez aimé pour te garder toujours auprès de moi.

Ta peine fait finalement surface, nous qui pensions avoir réussi à la noyer au milieu de l’océan de nos propres pleurs.

Il faudrait peut être que tu saches pour comprendre, toutes ces choses que je m’interdis de te dire.

La seule réponse que je puisse t’apporter est l’amour, l’amour A2, A3, A4, A5, l’amour sous tous ses formats, de toutes les couleurs, celui qui empêchera nos cœurs de s’assécher, de devenir aigris et vivre dans le passé.

Parce que le présent est aujourd’hui en quadrichromie et que c’est ainsi que nous souhaitons que tu vois l’avenir, la vie, l’amour, le monde.

Je me dois de t’écrire ces mots si un jour tu te mettais en quête de réponses.

Le fait que j’aime un autre que toi, ton frère ou ton papa, n’enlève rien à tout l’amour que mon cœur de maman ressent pour toi, bien au contraire.

Et que même si ce n’est pas le parfum de mon cou que tu respires les soirs où tu es avec papa, lorsque tu vas te coucher, je m’efforce de t’envoyer par bluetooth, toi qui es déjà si familier avec les nouvelles technologies, toutes les notes de senteurs qui sont uniquement les nôtres, à toi et moi, depuis que tu es apparu dans ma vie, cette journée ensoleillée d’avril, avec ta tête de sumo et ta clavicule cassée.

Signature

P-S : Oui, je sais, ce n’est pas avec ce titre que je vais améliorer le référencement de mon blog sur Google…mais est-ce le but?

L’amour je…jetable?

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Parfois dans mes rêves qui ressemblent plus à des cauchemars, je me revois, couchée sur le sol marbré de la cuisine de mes parents.

Mon visage amaigri par tant de jours de privation, de nourriture mais encore plus d’amour, baignant dans ses propres larmes qu’il ne soupçonnait pas si amères.

Ce jour-là, je venais de me faire larguer comme un kleenex, à peine remise de mon accouchement, mon utérus peinait à retrouver sa place, mon cœur ne savait plus où était la sienne.

Oui, je venais bel et bien de me faire congédier comme une pestiférée, par téléphone, en deux phrases.

Je me souviens d’un épisode de Sex and the City dans lequel Carrie Bradshaw se faisait larguer par Burger (qui cela dit au passage était un mauvais coup), sur un post-it.

Elle avait du mal à comprendre comment on pouvait faire preuve d’autant de lâcheté, alors qu’entre adultes, à vrai dire, il est tout de même simple d’avoir une conversation plus ou moins censée selon les personnes.

Moi aussi.

Mais tout le monde mérite une explication, même notre pire ennemi.

Se faire jeter à la poubelle comme un vieux kleenex post-rhume, une vieille feuille sur laquelle on a trop écrit, une page de son agenda imbibée de café.

Ce jour-là, je venais à mon tour de comprendre ce qu’était l’amour jetable, se servir, consommer parfois jusqu’à l’intoxication, en redemander, puis décider comme si d’une chemise il s’agissait, de la jeter sans crier gare.

On se sert des gens comme de biens courants de consommations, on oublie qu’ils ont des sentiments, une âme, un cœur, des rêves, des projets.

On ne réfléchit pas trop, on fuit les problèmes, on ne se remet surtout pas en cause, il est tellement plus facile de faire table rase de tout et de faire comme si rien n’avait jamais existé.

Si aujourd’hui je vous parle de l’amour jetable, ce n’est pas pour m’apitoyer sur mon sort qui a finalement cassé la gueule au destin.

L’amour jetable, j’en entends parler tout le temps.

Régulièrement, trop à mon goût, j’apprends la séparation d’un couple, sans aucun préavis ou de signe avant-coureur.

Je suis parfois si triste de l’apprendre, déçue par le comportement de certains, désappointée par l’attitude de certaines.

J’essaie d’en savoir plus, de pousser les gens à communiquer, constatant trop souvent que les gens n’ont pas de raison digne de ce nom pour envisager des chemins séparés.

J’ai parfois l’impression que les couples empruntent trop facilement la voie de l’impasse, ne désirant pas voire les difficultés submerger leur quotidien qu’ils rêvent idyllique.

Mais qui ne l’a pas rêvé ?

Oui, parce qu’il est vrai que quand on se met en couple, on se croit invincible, plus forts que les autres, rien ne peut nous atteindre.

On est amoureux, aucune peine, souffrance ou problème n’osera s’attaquer à notre cocon, non, ils n’oseraient pas ces cons.

Pourtant, l’expérience nous apprendra à tous que le sentiment amoureux ne nous immunise pas contre les échecs, les faiblesses, les tracas du quotidien.

Quoi de plus propice à la friction d’un couple que d’habiter ensemble et découvrir les petits défauts dissimulés de l’autre, ses imperfections, son intimité ?

Alors, quand la première difficulté fait face, on se dit que ça y est, tout est fini.

Finalement, « on n’était peut-être pas fait pour être ensemble ».

Je suis peut-être vieux jeu, mais ne pensez-vous pas que dans une ère de consommation comme la nôtre, l’amour est devenu lui aussi un bien jetable, bac non-recyclable?

Quand l’amour ne correspond soudain plus aux illusions que nous nous étions faites, on le jette sans réfléchir aux conséquences.

On s’empresse de s’inscrire sur un site de rencontres, comme si la personne qui était allongée dans votre lit la nuit d’avant et les 7190 précédentes n’avait fait que passer, un fucking friend quoi.

Allez, salut !

On oublie de souffrir, là, tout de suite.

On balaye des années de joies et de bonheurs, de projets rêvés et réalisés, on semble aussi parfois oublier qu’on a eu des enfants et la raison qui nous a poussés à vouloir être parents.

Aurions-nous une mauvaise définition de la vie à deux, d’une relation ?

Une relation doit nous enseigner à nous dépasser, à accepter l’autre tel qu’il l’est et non pas tel que nous le voulons, à notre image.

Nous devons apprendre à nous améliorer pour mieux vivre ensemble !

Quoi de plus facile d’être amoureux quand tout va bien dans le meilleur des mondes, au pays de Candy ?

Je trouve que c’est justement dans les difficultés que l’on peut vérifier les capacités de l’autre à aimer, à écouter, à communiquer.

C’est ensemble que l’on doit essayer de trouver une solution aux problèmes.

Alors, évidemment, ce n’est pas simple.

Cela demande beaucoup de travail et surtout de la volonté, cela peut devenir un véritable parcours d’endurance : faire des concessions, fixer nos limites, gérer nos émotions mais aussi nos réactions, s’adapter, accepter un peu de changement, respecter l’autre et ce qu’il est, écouter, s’exprimer et laisser l’autre le faire, et surtout, je ne vous apprendrai rien, COMMUNIQUER.

Pourquoi est-ce qu’au début d’une relation, on est prêt et l’on se sent capable de déplacer des montagnes, et quand les premiers tracas font leur apparition, on se sent la mobilité d’un pachyderme ?

Evidemment, tomber et s’écorcher à vif cela nous forge, cela fait de nous des personnes plus fortes.

On se passerait pourtant de certains apprentissages et de certaines blessures, n’est-ce pas ? (ouiiiiiiiii).

Heureusement, beaucoup de couples y arrivent et sont pour moi des modèles.

J’ai récemment fait la connaissance d’un couple qui a vécu l’enfer d’un cancer du sein foudroyant, un autre qui avait perdu un bébé, épreuves aux immenses séquelles, on peut l’imaginer.

Des années après les avoir traversées, contournées et anéanties, ces épreuves, ils se sentent plus amoureux que jamais, leur amour renforcé de leur victoire commune.

Alors permettez-moi de dire que ceux qui abandonnent tout pour un surplus de kilos, une trop grosse charge de travail, une manie dérangeante, une baisse de libido, une incompatibilité de hobbies, un ongle incarné ou je ne sais quel autre motif qui n’en est pas vraiment un, devraient se remettre un petit peu en cause.

L’arc-en-ciel après la pluie, vous connaissez ? Cela n’existe pas que dans les Bisounours !

Photo prise après une grosse tempête...
Photo prise après notre premier orage ensemble

Accrochez-vous, putain !

Vivant moi-même une très jolie histoire, je peux affirmer sans avoir à demander l’autorisation de ma moitié que nous sommes très heureux en couple.

Ce n’est pas pour cela que nous n’avons pas de difficultés, ô que si, et elles sont de taille, notre modèle familial étant assez chamboulé, mais ça, j’en écrirai un jour un livre !

Elles sont d’ailleurs peut-être bien supérieures à celles rencontrées dans nos relations précédentes, ce qui peut paraître complètement fou.

Seulement avec lui, ou plutôt devrai-je dire ensemble, elles nous paraissent moindres et nous avons su en parler, les contourner, leur dire merde et avancer.

Les kleenex, nous avons décidé de les garder pour notre session de visionnage de «The Notebook »…ou nous faisons désormais l’usage de mouchoirs en tissu…ça se lave, et hop, c’est reparti !

Oui, je sais, il est presque parfait et je ne vous mens pas : il accepte de regarder avec moi « The Notebook », avec Ryan Gosling, oué.

Si ce n’est pas de la concession et de la capacité à s’adapter à l’autre, ça 😉 ?

Bonne soirée et bonne fête de la musique !

Les vendredis des papas

Chaque vendredi, j’observe un phénomène qui m’est malheureusement trop familier: l’échange des enfants pour le week-end ou la semaine, selon le mode de garde.

Je les observe à la sortie de l’école, dans le métro, à la gare ou dans les rues.

On se reconnaît entre parents séparés, il y a des signes qui ne trompent pas…ce sourire malgré la fatigue de la semaine, ce regard bienveillant envers sa progéniture, cette accolade chaleureuse, ce sentiment de bonheur qui parfume l’air autour d’eux.

Ce sont souvent les papas que je vois, car c’est généralement en faveur de la maman que le juge aux affaires familiales tranche.

Parce que depuis toujours, on considère que cela doit être ainsi.

Que la maman a l’instinct maternel, que les enfants ont plus besoin de leur maman que de leur papa pour se construire, que maman fait tout mieux que papa, gnaganagana.

Toutes ces idées que l’on nous martèle depuis que nous sommes petits, de la même façon que l’on nous fait croire aux contes de fées comme Cendrillon.

Source Pinterest
Source Pinterest

Mais où est-il écrit et prouvé que les choses doivent être ainsi?

Vous avez le manuel, vous?

Je suis pourtant une maman et ne devrais peut-être pas me prononcer de la sorte.

Je les observe, ces papas.

Parfois maladroits, prenant leur petit bout d’un bras et le sac débordant d’affaires de l’autre, pour le court moment qui leur est accordé, juste le temps d’un week-end.

Souvent touchants par leurs gestes si attentionnés, vite débordés par un quotidien auquel ils ne sont pas habitués.

Mais pourquoi?

Parce qu’à mon sens, on les conditionne à ne pas être à la hauteur à partir du moment où la grossesse est annoncée.

C’est la femme qui porte le bébé, qui en souffre les conséquences physiques et émotionnelles, qui le ressent, donc, naturellement, le lien avec le bébé se forme de façon plus étroite.

Ensuite, après la naissance, la maman prend le dessus et devient la louve protectrice que vous avez peut-être été ou que vous avez connue (souvent au détriment de sa vie de couple, malheureusement).

Et si on laissait le papa participer plus au quotidien de la vie de famille?

Il en a pourtant souvent envie mais on ne lui accorde pas cette chance.

Ce que j’essaie de dire aujourd’hui c’est que l’on parle souvent de la souffrance des mamans après une séparation, je suis la première à pouvoir m’exprimer sur le sujet, je me suis faite congédiée par téléphone, deux mois après la naissance de mon deuxième enfant, ça aurait pu être avec une note sur un post-it, c’était pareil (si tu as suivi tous les épisodes de Sex &The City, tu peux comprendre).

Mais nous ne sommes pas les seules à ressentir une douleur, cette amertume, le son de la peine.

De nombreux papas se retrouvent séparés de leurs enfants sans avoir eu le temps d’apprendre à tisser un véritable lien avec eux, sans avoir pu crier gare ou avoir pu donner leur avis.

Ils ont probablement eu autant envie de ce bébé que la femme avec qui ils avaient décidé de le concevoir.

Beaucoup d’entre eux ne méritent pas cet éloignement amer et éprouvant.

Nombreux souhaiteraient prendre véritablement leur rôle au sérieux.

Quand j’observe certaines mamans agir, je me fais parfois la réflexion que leur enfant serait aussi bien avec le papa.

Certains papas peuvent être meilleurs que nous, les mamans, il faut savoir l’accepter.

Source : http://mylittlebiglove.com/
Source : http://mylittlebiglove.com/

J’ai de nombreux exemples autour de moi.

Evidemment celui qui me saute aux yeux est celui de l’amoureux.

Sa fille habite à plus de 500 kilomètres de chez nous, maintenant.

Non pas que sa maman fasse mal son job.

Mais la distance est bien là , et il est difficile de construire une relation stable et de contribuer véritablement à son éducation puisqu’il n’est pas présent au quotidien bien qu’il fasse tout pour ( je l’admire également beaucoup pour cela, beaucoup auraient déjà abandonné).

Il ne le mérite pas.

C’est un super papa, meilleur dans son rôle que je ne le suis dans mon rôle de maman, je pense.

Il est plus patient, plus pédagogue, pense toujours au bien de sa fille en premier lieu.

Source : gledow.tumblr.com
Source : gledow.tumblr.com

Comme lui, des milliers de papas sont dans cette situation.

Ils n’ont pas eu d’alternative.

La douleur de la séparation n’est pas un sentiment exclusivement réservé à la femme.

Alors, quand chaque vendredi, je les aperçois avec des petits doigts potelés suspendus à leur cou, un doudou dans la poche du manteau, et la tétine qui dépasse de la poche du jean, j’ai un petit pincement au coeur.

Parce que je sais…enfin, je crois savoir.

Que se passe-t-il?

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Alors ça y est, déménagement fait,106 cartons ouverts et entassés dans une pièce qui nous sert pour le moment de débarras,enfin l’apéro sur la terrasse avec vue sur la Marne (et plus sur les seins de la voisine d’en face,très en face).

Ayant vécu en véritable ermite ces deniers temps, je prends des nouvelles des uns et des autres.

D’ailleurs, allez-vous tous bien?

J’ai été plus qu’heureuse d’appendre la naissance du bébé de mon amie dont je vous parlais ici (sa maman est d’ailleurs venue pour l’occasion, j’en ai été très émue pour elle),le mariage de ma très bonne copine super canon qui est née pour l’organiser (son  mariage) et les petits bonheurs de personnes qui me sont chères.

J’ai par contre été stupéfaite d’apprendre la rupture de certains couples d’amis pour qui j’aurai mis ma main à couper,que je voyais déjà vieillir ensemble et avec qui je comptais bien partir en voyages organisés pour le 3ème âge.

Ils foutent mes plans en l’air. Non mais sans blague.

Pas un, pas deux,mais trois.

Mais que se passe t-il ?

C’est l’approche de l’été qui fait s’emballer les ardeurs et cause un dérèglement climatique dans les cerveaux?

Parce que non, je ne peux pas comprendre que l’on se sépare comme ça ,sur un coup de tête, au premier obstacle, à la première difficulté,à la moindre étincelle.

Nous croyons tous avoir des raisons légitimes de se séparer et en avons,bien souvent.

Mais nous posons-nous les bonnes questions?

Avons-nous déjà essayé d’effleurer ce monstre que semble être pour beaucoup,la communication ?

Nous ne pouvons pas toujours être d’accord, nous sommes parfois fatigués,notre travail est souvent contraignant,la vie de tous les jours peut être usante.

Mais crois- tu cher ami, si tu me lis, qu’en balayant sans appel des années de vie commune et de complicité, tu vas vivre heureux pour toujours en un claquement de doigts?

Non, ça c’est dans Cendrillon…ou dans Shrek.

Cher ami, as- tu essayé de te remettre quelques secondes en cause et d’analyser (sans pour autant faire de maths) l’ampleur de la situation et des dégâts?

Tu es donc prêt à tout foutre en l’air sous le prétexte d’une dispute qui est allée trop loin, de quelques kilos pris ou d’une routine asphyxiante?

Laisse moi te dire que la vie n’est pas si linéaire et que tout se mérite, rien ne tombe du cocotier (ou du ciel si tu es très croyant), tout se travaille et s’entretient.

La facilité est de fuir, tourner le dos à la réalité et oser miroiter un avenir plus sulfureux?

Je ne t’en félicite pas.

As- tu déjà pensé à comment expliquer à ton enfant la raison de votre séparation?

Bah tu vois, Mateo, ta mère sait que j’aime bien les chipos bien cuites.Et ce jour là les chipos étaient crues. Alors, tu comprends, on s’est disputé et ta mère m’a reproché qu’elle en avait marre de me servir de boniche. On a alors décidé de se séparer parce que c’était mieux pour tout le monde ».

Pour qui ? Pour toi qui t’es déjà empressé de télécharger Tinder sur ton téléphone et qui te voit déjà passer des nuits chaudes et endiablées entre les cuisses d’une jeune adulte?

Vous me faites bien de la peine,sincèrement.

J’espérais pourtant que le TCI ( taux de connerie infernale) était en phase de régression,il me semblait même l’avoir vu sur BFMTV lors d’un reportage sur le renouveau des valeurs morales au sein du couple.

Je suis triste d’apprendre qu’il y a encore plus de lâches que de courageux, plus de résignés que d’amoureux, plus d’ingrats que de reconnaissants, plus de moribonds que de passionnés.

Putain,il faut s’accrocher,essayer de balayer chaque difficulté avec un revers de choc,un couple ça se construit AUSSI dans la difficulté bordel (à cause de vous je parle mal maintenant).

J’aimerai ne plus avoir ce genre de nouvelle.

On a tous le droit de se tromper,on peut arriver à bout d’une situation,changer,évoluer,ne plus s’aimer.

Mais on ne peut pas tout envoyer en l’air à la première difficulté.

J’ai l’impression que cela est devenu monnaie courante de se séparer au premier bug…je vous conseille plutôt d’ouvrir un ticket,comme on dit dans le langage informatique et d’essayer de résoudre l’incident,plutôt que vous enfuir de suite chez un nouvel opérateur.

Un jour,on le regrette,mais il est trop tard.

Non,vraiment,je ne voudrai plus avoir ce genre de nouvelle.

Bonne semaine à tous.

Quand les familles sont coupées en deux

Cette semaine nous avons Boucle d’Or avec nous car elle est en vacances. Boucle d’Or,c’est la petite fille de mon amoureux qui vit avec sa maman en Alsace. Je redoute toujours la semaine où elle est chez nous car elle soumet mes nerfs à dure épreuve. Elle se réveille toujours très tôt le matin alors que mes petits mecs dorment sans problèmes et sont familiers avec la grasse matinée,eux.Et moi,je suis une dormeuse invétérée. Elle est également très capricieuse et est dans la phase où elle affirme de plus en plus son caractère, nous repoussant toujours dans nos limites. Et qu’est-ce que c’est dur quand il ne s’agit pas de ton enfant! Il ne faut pas se voiler la face.

A l’instant où je vous parle,je viens d’ailleurs  d’avoir droit à un « De toute façon,Cristina,c’est pas ma mère »!

Mais c’est également une petite fille très intelligente et c’est surtout et d’abord une enfant,il ne faut pas l’oublier. Nous avons été au restaurant japonais hier soir pour célébrer son arrivée et les hostilités ont débuté à table alors qu’elle ne tenait pas en place, ronchonnait parce ce que ça n’allait pas assez vite ou se mettait à pleurer parce qu’elle n’obtenait pas ce qu’elle voulait. Classique, une enfant,donc,rien d’alarmant.

Source: ufunk.net
Source: ufunk.net

Ce qui m’a véritablement attristée c’est sa réponse alors que son papa évoquait avec elle la notion de famille. Elle lui rétorqua alors avec une non dissimulée effronterie que nous n’étions pas sa famille,qui était véritablement constituée uniquement par sa maman, son beau- père et son petit frère tout neuf. Elle savait ce qu’elle disait et qu’elle blessait son père en le disant. Cette réponse a été une vengeance à la fessée qu’elle venait de recevoir quelques minutes auparavant. Elle va avoir 5 ans et utilise déjà cette forme de chantage affectif. Je le sais car mon petit mouflet qui a juste un an de plus que Boucle d’Or fait de même dès que nous ne faisons pas à sa guise. C’est terriblement cruel, croyez- moi. Du haut de leur mètre et des poussières,ils savent pertinemment ce qui nous fait mal et que c’est sur ce bouton qu’il faut appuyer pour faire échec et mat. Est- ce que c’est nous qui avons fait d’eux de petits manipulateurs dignes de Dallas? Ils sont déjà très familiers avec le mensonge, la manipulation, le semblant et le paraître. Il est pour moi très important, dès le plus jeune âge d’essayer au maximum de mettre cela au clair avec nos progénitures. Leur expliquer très tôt ce qu’est vraiment la famille, bien que le schéma dit classique ai forcément été bousculé. Nous ne sommes évidemment pas obligés de leur expliquer les véritables raisons de la rupture familiale. Mais il semblerait que nous ne leur répétions pas encore assez que malgré la séparation, nous les aimons de façon égale. Que ce n’est pas parce que nous n’habitons pas toujours ensemble qu’ils ne sont pas au plus profond de nous et qu’ils n’occupent pas nos pensées. Le rôle de l’autre parent est indéniablement fondamental dans cette construction de notion de famille. Il semblerait naturel que l’autre parent parle en bien de celui ou celle qui fut un jour son grand amour et avec qui il avait à priori décidé de vivre une aventure pour la vie. Mais ce n’est pas toujours le cas. Ce n’est pas toujours si simple. On garde souvent le souvenir de la souffrance à laquelle il nous a exposé et la rancoeur qui se marie souvent avec. Pourtant il faut tirer un trait dessus. D’abord pour nous, évidemment. Surtout pour eux, logiquement. Il me semble bon de rappeler qu’ils ne sont en rien responsables de leurs nos actes, qu’ils doivent rester neutres dans cette mésaventure. Et qu’avec nous aussi,ils peuvent vivre de jolis moments car, si si, nous sommes bien leur famille. Nous sommes, papa, maman, beau- papa, belle- maman.

Source Pinterest
Source Pinterest

Cette fois- ci, nous aimerions arriver au bout de l’aventure,tous ensemble. Et je ne voudrai plus jamais revoir le visage triste de mon amoureux,après que la petite femme la plus importante de sa vie ai voulu le toucher en plein cœur.

Ne laissez jamais personne vous détruire

Dire que je m’apprêtais à vous raconter mon escapade dans la petite Venise du Nord .

Dire que j’allais vous enivrer avec ma niaiserie de ce week-end de Saint-Valentin.

Je suis dans le train qui me ramène de Bruges à Paris (où quelqu’un essaie d’ailleurs de me tuer car c’est de l’air froid qui souffle à la place du chauffage juste au niveau de mon siège, je ne sais pas si je pourrai terminer ce billet).

Pourtant, je viens d’être confrontée à nouveau à la douleur d’une collègue qui traverse un moment difficile, un moment que beaucoup trop d’entre nous ont vécu et par conséquent j’ai envie de vous parler d’elle, de moi et des autres.

Elle vient de m’envoyer un message de désarroi.

Je sais qu’on a beau dire que les paroles sont emportées par le vent (j’ai toujours le même humour pourri, vous pouvez le vérifier), je trouve qu’il est toujours bon de redire les choses,les répéter maintes fois au risque de paraître pénible et rabat-joie, raconter son expérience peut être bien souvent salvateur,tout simplement pour éviter qu’elle ne se reproduise.

Encore une fois.

Pour que vous ayez une chance de prendre un autre chemin, vous arrêter à temps ou tourner à droite, au lieu de vous éloigner et sombrer.

Cette collègue, cela faisait quelques mois que je la voyais dépérir.

Elle avait perdu son sourire,d’habitude si avenant et entraînant.

Elle ne parlait plus, elle ne se mélangeait plus à nous, elle qui était la première à commander une tournée de bières lors nos sorties.

Les cernes sous ses yeux se sont creusées.

Ses jolies formes se sont gommées.

Elle n’était plus que l’ombre d’elle même.

J’ai d’abord pensé qu’elle était gravement malade.

C’est toujours difficile d’aborder son intimité avec un collègue de bureau, surtout quand on ne sait pas vraiment de quoi il s’agit.

Mais un jour je l’ai vue dans un tel désarroi que je lui ai demandé de venir dans mon bureau.

J’ai juste eu à lui dire que je voyais que ça n’allait pas et que je pouvais peut-être faire quelque chose.

Puis elle m’a dit.

Elle souffrait de la même maladie que moi il y a quelques années, années qui ne sont finalement pas si lointaines.

Elle souffrait.

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Sa séparation brutale et inattendue était en train de la tuer à petit feu.
Ses enfants, deux et en bas âge , elle ne sait plus comment les gérer.
Elle ne sait plus où trouver la force .
Elle ne sait plus à quoi s’accrocher, à qui.
On peut vite basculer et se demander si la vie vaut le coup d’être vécue à présent.

Je ne le sais que trop.

Tout s’est écroulé, sans aucun préavis .

Je lui dit que c’est au fond d’elle qu’il faut qu’elle la trouve,cette force.
Je lui ai montré une photo de moi au moment où je traversais cette épreuve(elle cause toujours un électrochoc aux gens qui m’ont connue bien dans mes baskets).
Je pesais alors 49 kilos ( pour 1,74m) et je faisais peur à voir (c’est pas pour ça que je me présente à Miss France non plus maintenant héhé).
Et je l’ai mise en garde.

Ce mal et cette souffrance peuvent t’entraîner loin, là où tu ne songes même pas.

Je lui ai parlé de la maladie qui s’est déclenchée suite à ma séparation, qui aurait pu avoir de lourdes conséquences si je n’avais pas choisi de me battre.
Mon médecin m’avait alors dit qu’il avait eu à faire au cours de sa carrière à des cas similaires au mien : patients en parfaite santé,puis,après un violent choc émotionnel, un mal qui vous ronge de l’intérieur et vous donne l’impression de marcher avec des couteaux dans le ventre,et hop, cette vilaine  pathologie s’invite chez vous.

Et peut vous tuer.

Je ne mettrai pas un nom dessus car aujourd’hui je ne veux pas vous parler de ça.
Par contre à elle , je lui ai dit que si je m’en étais sortie, c’était grandement grâce à ma volonté.
Mais aussi pour mes enfants, la famille et quelques précieux amis (coucou Philippe).
Je lui ai aussi dit que je connaissais cette douleur .Trop.

Mais aucun être humain n’a le droit sur cette terre de nous faire peiner de la sorte.

Personne, non, personne n’a le droit de nous détruire .

Il ne mérite pas qu’elle se mette dans cet état.
Nous sommes plus forts que nous le pensons.
L’horreur d’aujourd’hui pourra se transformer en bonheur demain.
Seulement demain c’est peut être dans 6 mois, dans 1 an, dans deux ans.
Il faut être prêt, il faut se reconstruire.
Mais on ne peut pas le faire seul.
Je le sais.

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Alors aujourd’hui j’aimerai juste que tu acceptes qu’on te tende la main.
Cela peut être la mienne, un ami, un membre de ta famille, ton prof de gym, qui tu veux.
Quelqu’un qui voit en toi qui tu es vraiment.
Tu es jolie,une belle personne, pétillante et brillante.
Moins en ce moment.
Et n’oublie pas.

Tu as deux enfants merveilleux qui ne seront plus les mêmes si tu n’es pas là.
Moi aussi j’ai voulu partir.

Regarde- moi maintenant.

Accroche toi , je t’en prie, cela vaut la peine.

Parle,crie, pleure, cours, marche, cuisine, sors, pars loin un moment s’il le faut, regarde Bridget Jones en boucle.

Tu as le droit.

Mais reviens.
Reviens avec ce beau visage qui m’a fait dire de toi la première fois que je t’ai rencontrée « cette nana, elle est vraiment canon, sous tous rapports ».
Cette nana canon, c’est toi.

Réveille la. S’il te plaît .Réveille-toi.

Tu vois, moi, je suis guérie .

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Tu vas y arriver aussi.

Affectueusement,

 

 

Ces vendredis où mon coeur s’emballe.

« Parce que tu m’aimes tout là haut jusqu’au ciel ».

Oui, il faut que je m’en rappelle tous les jours de cette phrase.

Parce que c’est n’est pas simple.

Rappelez-vous ce vendredi où je vous racontais comment mon petit coeur de maman avait éclaté en mille morceaux, c’était ici: Parce que tu m’aimes tout là haut jusqu’au ciel.

Le vendredi, c’est le week-end, tout le monde adore le vendredi.

Sauf que moi, une semaine sur deux quand je vais te chercher alors que tu as passé la semaine avec ton papa, j’ai les jambes qui tremblent et le coeur qui s’emballe, comme si je venais de courir un marathon.

A chaque fois, j’ai peur que tu me dises de nouveau que tu ne veux pas me voir, que tu préfères papa.

Cela ne s’était jamais reproduit.

Mais vendredi dernier, mon petit coeur s’est retrouvé à nouveau à battre comme un fou (comme un soldat, comme une star de cinémaaaa, ok, c’est pas drôle).

Parce que ce vendredi, tu m’as accueillie en me disant que tu en avais marre que, avec moi, tu sois obligé de rentrer en bus à la maison.

« Papa, lui, il prend toujours la voiture » (pour parcourir 500 mètres).

Avec papa, de toute façon c’est toujours mieux.

« Je déteste les règles, maman ».

Comme toujours, j’essaie de ne pas hausser le ton de la voix ou lui montrer que je suis submergée par l’émotion et que j’ai mal.

Et j’essaie de comprendre ce qui le pousse à dire de nouveau ça.

Il me dit alors qu’il n’aime pas que j’ai un amoureux (« même si on fait bien la bagarre ») parce qu’il aurait préféré qu’on reste toute la vie que tous les 3.

Je lui demande alors qui sont les trois personnes.
« Maman, bah tu sais bien ! Toi, moi et mon frère. C’est ça la famille« .

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Je lui dit alors que son papa aussi est important dans sa vie, et qu’il en a besoin (je vous mentirai si je vous disais que je n’étais pas contente qu’il m’ait inclus dans le trio vital, c’est humain je pense).

« Oui maman, je sais. Mais je pourrai le voir le week-end des fois, 2 ou 3 dodos. Mon copain T. m’a dit à l’école que le plus important c’est la maman et que on a plus besoin d’elle pour être un homme. Alors il a dit que c’est pas normal que je suis pas toujours avec toi » ( j’ai transcris ses paroles, je n’ai rien corrigé).

Je suis stupéfaite par ces propos, ses propos.

Je lui rappelle qu’il vient pourtant de me dire que tout était mieux avec papa.

« Oui mais t’as rien compris maman. C’est mieux parce qu’il est toujours plus (+) là et que j’ai le droit de faire ce que je veux.Mais je préfère faire ce que je veux avec toi…mais je peux pas parce que tu travailles beaucoup et tu peux pas me garder toujours » (Je précise que son papa travaille de la maison, est à son compte, ce qui lui offre une plus grande souplesse, que je n’ai effectivement pas).

Et comme l’autre vendredi, tu te blottis contre moi et tu t’endors.

Puis tu te réveilles comme si de rien n’était.

Que dire? Que faire?

Je ne peux pas lui dire que je me réjouis.

Je ne peux pas lui dire que je suis triste.

Je ne peux pas lui dire que cette situation, je ne l’ai pas voulue, que ce n’est pas de ma faute.

Et puis ce soir, au coucher, tu me dis que chaque nuit, avant de te t’endormir, quand tu es chez ton papa, tu penses à moi et « je regarde très fort la photo accrochée au dessus de mon oreiller, celle où on est tous les deux, et tu portes ta robe noire, maman. Elle me rappelle que je t’oublie pas quand je suis pas avec toi ».

Alors, je peux juste lui dire que je l’aime.

Que moi aussi, je l’aime tout là haut jusqu’au ciel.

Avoir envie d’un bébé et devoir faire un choix

Pourtant tout le monde sait que j’ai détesté être enceinte et l’état hippopotamus.

J’ai toujours dit plus JAMAIS de grossesse, plus jamais de doigts en knackis, de carte michelin sur mes seins, d’aigreurs et de nausées insupportables et horreur absolue, être privée de sashimis saumon, non, plus JAMAIS.

Mais si ça ne tenait « qu’à ça »…peut-être oserai-je vous confesser que je serai prête à tenter de nouveau l’aventure.

Ce n’est pas l’âge qui m’en empêche, je vous rassure.

Oui, je crois que je serai prête à tenter de nouveau l’aventure.

Pour être choyée au moins une fois en tant que femme enceinte dans toute sa fragilité.

Pour que l’on m’aime un peu malgré mes 20 kilos de trop et mes fesses XXXXXL.

Pour que je ressente pendant quelques petits instants de mon existence que c’est un projet qui va aboutir, que l’on a voulu tous les deux et pour lequel on sera TOUJOURS deux.

Pour que cette fois-ci, ce bébé ne fasse pas l’objet d’un planning excel pour synchroniser les gardes.

Pour que pendant l’accouchement, je sente dans le regard de mon amoureux l’amour qui lui a donné envie de me choisir pour mère de son enfant, notre enfant.

Pour que pendant toute une vie, on rit, on pleure, on se soucie et on blasphème,à deux.

Pour que dans la cuisine, on entende « papa » et « maman » et cette fois-ci on tourne la tête, tous les deux.

Pour offrir à ce trésor ce que je ne pourrai pas donner à mes garçons.

Seulement, si aujourd’hui nous décidions d’avoir « notre » bébé, cela signifierait peut-être la fin de ce sentiment de bonheur que personne ne peut entraver.

Nous avons déjà 3 enfants avec des aléas non négligeables.

Nous avons toujours su jusqu’à présent tout concilier et avons tiré de chaque situation compliquée un enseignement qui nous a été bénéfique.

Les choses ne sont pas si simples.

L’organisation est minutieusement ficelée des mois à l’avance, afin que les vacances et les week-ends puissent coïncider et que nous puissions nous retrouver tous ensemble mais aussi tous les deux.

Nous apprécions ces moments où finalement grâce à notre malheur, nous avons l’occasion de nous retrouver en tête en tête.

Un bébé tout neuf nous priverait de ces moments de liberté et de cette insouciance que nous retrouvons volontiers 1 week-end sur deux.

Un bébé tout nouveau viendrait encore rallonger nos journées et charger nos plannings déjà si bien remplis.

Mais voilà, j’aimerai tellement avoir un bébé à nous.

Comment faire un choix?

Comment définir la priorité?

Aujourd’hui j’ai envie de choisir ma vie de couple, ma vie de femme.

Et puis, ce n’est pas comme si je n’avais jamais été maman.

Un choix égoïste me diront certains.

Mais si,comme par le passé, et comme il arrive à un certain nombre de couples,le bébé venait nous éloigner?

Non, j’ai peur.

Mon choix est fait.

Mais voilà, j’aimerai tellement avoir un bébé à nous.

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Parce que tu m’aimes tout là-haut jusqu’au ciel

Ce vendredi je suis allée te chercher à l’école.

Ce vendredi, pour la première fois, j’ai reçu une claque de ta part. Peut-être pas la dernière.

Mais celle-ci a été très douloureuse,vraiment.

Pour la première fois tu as hurlé quand tu as vu que c’était moi qui venais te chercher.

Pour la première fois tu m’as dit « Maman, je ne t’aime pas, je préfère Papa ».

Mille et une idées m’ont traversé l’esprit. J’ai eu envie de pleurer, hurler, de te dire d’aller chez ton père et ne plus revenir.

Je suis ta maman et je me dois de comprendre.

Je suis ta maman et tu es un enfant, mon enfant.

Après avoir pleuré toutes les larmes que ton petit corps menu pouvait contenir, tu viens te blottir dans mes bras.

Tu ne parles pas. Moi non plus. Nous sommes tous les deux sous le choc.

Puis tu me dis que tu es fatigué, « trop fatigué maman ».

Puis tu me dis que des fois c’est trop dur de choisir avec qui on veut être.

Je te réponds que je comprends.

Je te réponds que je comprends et qu’en aucun cas ton papa et ta maman te demandent de choisir entre l’un d’entre eux.

J’ose alors te demander pourquoi est-ce que tu as dit que tu ne m’aimais pas et que tu préférais papa.

Tu me dis que tu m’as menti.

Que bien sûr que tu m’aimes, tout là haut jusqu’au ciel, même.

Tu me dis que des fois tu « préfères plus » papa parce que chez lui tu as une tablette rien que pour toi.

Que tu peux regarder tout le temps Gulli et que tu choisis toujours ce que tu veux manger.

Parce qu’avec papa on va toujours chez Quick, parce que tu n’aimes pas McDo.

Que tu peux te coucher toujours très tard avec papa.

Parce qu’avec papa, on a toujours le droit de regarder les films qui sont interdits aux petits.

Vous imaginez tout ce qui passe par la tête d’une maman quand on entend cela, et toutes les paroles que j’aurai voulu proférer mais qui ne sont finalement pas sorties de ma bouche.

Je t’ai alors dit que je t’aimais très fort.

Que ton papa aussi t’aimait très fort.

Que papa te laisse faire tout ça parce que c’est une façon de te prouver son amour.

Que maman ne te laisse pas faire tout ça parce que c’est une façon de te prouver son amour.

Je ne t’ai pas dit que je pensais que tu étais trop petit pour comprendre certaines choses.

Je ne t’ai pas dit que quand tu étais bébé, quand ton papa et moi nous sommes séparés, je craignais exactement ceci.

Que tu préfères les joujoux par milliers aux câlins.

Que tu préfères l’anarchie aux règles.

Que tu préfères papa à maman.

Mais ce n’est pas le cas.

Car je suis là.

Car je suis là et je me battrai pour toi.

Car si papa t’aime, maman t’aime aussi.

Même si tu trouves que papa t’aime mieux.

Un jour, tu comprendras.

Je suis prête à prendre d’autres claques.

Pour l’instant, ce qui compte le plus, c’est que tu ne te sentes pas obligé de choisir et que tu sois HEUREUX.

Pour l’instant, ce qui compte le plus, c’est que tu m’aimes, tout là-haut jusqu’au ciel.

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