Un week-end, un sentiment de honte, une belle rencontre.

Relativisons, positivons.

Oui parce qu’après les tourbillons, les frémissements dans le bas du ventre, les giboulées familiales,et j’en passe, je pourrai avoir envie de me mettre au fond du trou.

Après tout, je suis humaine.

Ce lundi,j’ai appris le décès d’un ami de la famille,dans un accident.

Stupéfaction, tristesse, sentiment de n’être rien dans ce monde,dans lequel nous ne faisons que passer.

Et sa fille qui me confiait il y a quelques semaines au combien elle était si fière de son papa, fière qu’il la conduise à l’autel pour son mariage prévu en août.

En quelques secondes,tout s’écroule.

Hier, cet avion qui s’écrase avec à son bord,plus de 150 personnes,dont deux bébés.

Je me suis mise à réfléchir.

Et à relativiser.

Je me suis mise à penser à tout ce qui m’était arrivé de bon ces derniers jours.

Des petites choses et des grandes.
Mais oui,il y en a eu des choses.

Toutes m’ont réchauffé le cœur.

rayon de soleil

Ce déjeuner avec une très bonne amie, enceinte, alors qu’elle n’osait même plus l’espérer, qui, grâce à son grand sourire et sa positive attitude à toute épreuve, m’ont donné envie de courir un marathon sous la pluie qui était en train de tomber.

Ces retrouvailles avec mon amoureux après son déplacement…des retrouvailles passionnées comme si nous nous étions quittés depuis des mois.

Ces papillons dans le ventre…

Ce film, « Still Alice » qui m’a tellement émue, qui m’a tellement fait pleurer et Dieu,ce que ça fait du bien de pleurer quand on veut laver ses peines!

Source Pinterest

Ce concert exceptionnel de Michaël Gregorio, artiste fabuleux, au Bataclan, un moment magique de partage et de générosité avec des amies et mon fils aîné.

Ces deux nouveaux jeans skinny achetés, un rose et un camel, qui me font sentir comme une jeune fille qui connaît ses premiers émois,quel petit bonheur!

Ce fou rire avec mes collègues préférés du bureau, à la cafétéria, ce bon fou rire qui vous donne mal aux côtes mais qui est si salutaire pour le bon déroulement de la journée.

Cette session de sauna infrarouge qui m’a vue sortir de la cabine perchée sur un petit nuage.

Ce bouquet de fleurs que j’ai fait envoyer au bureau de mon amoureux, juste comme ça, pour le remercier d’être toujours là,et,son sourire que j’entendais au téléphone quand il m’a appelée.

Ce rayon de soleil il y a quelques instants qui inondait mon bureau alors que mon horloge marquait 18 :26…oui oui, le printemps frappe à la porte !

Ce week-end que nous avons réservé pour le mois de mai dans les Cévennes.

Cet appartement que nous allons pouvoir  aménager et décorer à notre goût.

Ce sourire sur le visage de cette petite fille dans la salle d’attente du médecin qui me dit du haut de ces 3 ans « Tu es belle Madame ».

Source Pinterest
Source Pinterest

Cette enveloppe envoyée au Brésil, à destination de mon filleul que je parraine grâce à l’association PLAN, une enveloppe remplie de rêves et de tendresse.

Voilà.

Cela peut ne pas vous sembler grand-chose.

Mais tous ces petits et grands moments sont venus me chuchoter qu’il fallait que je relativise.

Que je positive.

Le bonheur est ici et là-bas, au détour d’une rue, derrière le visage d’une petite fille ou dans les bras de ceux qu’on aime.

A portée de mains.

Lectures ou humeurs ?

À la fin de ce billet, il va bien falloir que je le classe dans la catégorie « lectures ou humeurs ».
Pourtant j’en suis incapable.
C’est la lecture de ce livre qui a déclenché ce flot d’émotions en moi, de cela j’en suis sûre.
Vous aurais- je parler de ce livre s’il ne m’avait pas bouleversée ?
J’en suis moins certaine.
Vous aurais-je parler de ce mélange de sentiments déclenchés par ces mots s’il ne s’agissait pas de ce livre?
Permettez- moi d’en douter.
Le livre dont je vous parle s’intitule « Juste avant le bonheur », a été écrit par Agnès Ledig et a obtenu le Prix 2013 de la Maison de La Presse.
Le titre m’en disait au premier abord que le bonheur devait être au bout du chemin…
Je comprenais que des difficultés ou même des épreuves allaient certainement se présenter à nous.
Mais pas CETTE épreuve.
Nous entendons dès les premières pages du livre que Julie, une jeune femme de 20 ans, caissière dans un supermarché a une triste vie, monotone et linéaire.
Un emploi loin d’être épanouissant,elle est victime de harcèlement de la part de son supérieur,a du mal à boucler ses fins de mois.
Son seul bonheur,c’est Lulu, son petit garçon de 3 ans, qu’elle a eu avec une « erreur » de soirée un peu trop arrosée,peut être.
Ce petit garçon, elle l’élève seule.Elle l’a voulu.

Il est son soleil, sa nourriture spirituelle, son combat.
Puis un jour, derrière son tapis de caisse, entre deux kilos d’oranges et un pack de bière,elle fait connaissance avec un client qui a l’air de vouloir la prendre sous son aile et lui offrir des petits moments de bonheur, la tristesse de Julie se lisant certainement sur son visage.

hope
Source Pinterest

Elle se méfie car Paul a bien plus que l’âge d’être son père.
Et puis pourquoi pas?
Dans un élan de folie (ou de lucidité), Paul lui propose de l’emmener en Bretagne,voir la mer.
Son fils Jérôme sera également de la partie, lui, dont la femme a mis fin à ses jours.
Tous les deux ont des douleurs et des maux à apprivoiser.
Pour Lulu, elle accepte.
Car Lulu n’a jamais vu la mer et elle rêve depuis toujours de l’y emmener mais n’en a pas les moyens.
Je ne vais pas vous raconter toute l’histoire.
Rencontres délicates, relations émouvantes, des liens se tissent.
Malgré leurs différences, ils apprennent à s’aimer, à trouver en chacun un petit bout de réconfort, une petite noix de baume à passer sur leurs cicatrices respectives.
L’événement qui m’a bouleversée: la mort du petit Ludovic, suite à un accident de voiture, sur le chemin du retour des apaisantes vacances en Bretagne.
Il n’est pas mort sur le coup.
Plongé dans le coma pendant de nombreuses semaines, sa maman prend alors la décision de le débrancher des machines qui le maintiennent artificiellement en vie, qui ne le laissent pas traverser le couloir.
Quelle décision à prendre…
Lulu, la seule chose qui la maintenait en vie, elle.
Le voir partir.
Décider qu’il parte.
Voir son tout petit cercueil se recouvrir de terre.
Le rejoindre?
Ne plus avoir la force.
Devoir rester en vie ?
Pourquoi ?

Source Pinterest
Source Pinterest

Nous vivons avec Julie, Paul, Jérôme et les autres personnages du livre, un véritable combat pour la vie.
Construire une vie avec les autres.
Construire une vie sans lui.
Pleurer, penser ne plus avoir de larmes et en avoir tant encore.
Esquisser un sourire et se sentir coupable pour cela.
Rechuter et se sentir incapable de continuer.
Puis,petit à petit, à l’aide de ses nouveaux amis et en particulier d’une rencontre faite à l’hôpital, Julie reprend goût à la vie.
D’abord tout doucement, comme un chuchotement.
Puis un peu plus vite.

Source Pinterest
Source Pinterest

Cette histoire,qui on ne peut le nier,est tout de même très triste,est un véritable message d’espoir.
La lumière peut s’entrevoir derrière toute ces portes si lourdes et obscures.
Accepter que l’on vous tende une main, faire à nouveau confiance et se laisser guider.
J’ai beaucoup pleuré à la lecture de ce livre, ressenti énormément de bienveillance et ai reçu une leçon de courage et d’espoir.
Parce qu’à la fin, on sait que Lulu, il sera toujours là et qu’un jour, ils se retrouveront,lui et sa maman.
Si vous devez le lire? Oui.

Ce roman est touchant,rempli d’amour,vous vous attacherez rapidement à ces personnages cabossés et fragilisés par la vie.

Ensemble, tout est possible.
Vous allez apprendre comment.