Un viol par consentement.

Souvent, à l’heure du déjeuner, je vais écrire dans une célèbre enseigne américaine où le café est bien trop cher et assez mauvais, paraît-il.

Je m’en fiche, je n’y bois que du thé.

L’autre jour, alors qu’un rayon de soleil, capable de rendre le parisien hystérique (moi, y compris), baignait la terrasse de ce café, une personne de sexe masculin me dit bonjour.

J’écris personne de sexe masculin car, jusqu’à ce qu’il me parle, il n’était qu’une forme humaine comme une autre, poil au vent, tongs aux pieds.

Poliment, je lui réponds.

« Bonjour ».

Il faut savoir que si tu ne réponds pas, tu peux être considérée une salope.

Si tu réponds, tu es une allumeuse.

Je traverse la rue Lafayette, très passante, pour me rendre à mon bureau, situé à un peu plus de cinq minutes.

Je sens cette présence désagréable dans mon dos, un regard insistant, une attitude déplacée.

Le type en question me suit.

Je m’arrête, il s’arrête.

Je lui demande ce qu’il veut.

« Je marche avec toi, je n’ai pas le droit ? », me répond-t-il.

Je continue, paniquée, change de trajectoire.

Il est toujours là, me dévisage avec insistance, sa main droite se balade maladroitement le long de son aine.

A mon tour, je le tutoie.

« Tu me lâches, maintenant, laisse-moi tranquille ».

Ce type a la rage, le regard vitreux, le geste malsain.

Malgré mes talons, je me mets à courir, sur les trottoirs étroits tâchés de déchets canins et humains.

La rue qui mène à mon bureau est déserte.

Je veux crier mais la voix ne parvient pas à se frayer un chemin, la peur m’étouffe.

Je trébuche.

Derrière moi, il marche, toujours au pas.

Chaque seconde dure une éternité, chaque pas me semble un marathon.

Je pousse enfin la porte de l’immeuble et me précipite dans la cage d’escalier, délabrée.

Ce jour là, parce que j’ai dit bonjour, j’ai consenti à me faire suivre.

Mais pas seulement.

Je raconte la scène à quelqu’un que je ne saurai nommer poliment, il faudrait que je l’affuble d’adjectifs plus poétiques les uns que les autres.

Puis on dirait que j’ai le syndrome de Tourette.

« Si tu ne portais pas une robe dos nu et des chaussures rouges, tu n’attirerais pas autant le regard ».

Excusez, moi, je vais vomir, je reviens.

Ce genre de réaction ne me surprend même plus.

Nous sommes des milliers de femmes à souffrir quotidiennement de harcèlement de rue.

« Vous devriez être flattées », « C’est bon, il n’y a pas mort d’homme » sont encore des remarques trop fréquentes.

Pas plus tard qu’hier, je portais une robe patineuse, qui m’arrivait légèrement au dessus du genou.

Sur mes collants, couleur chaire, une couture graphique qui imite le porte-jarretelles.

Un détail coquin et féminin, certes, normalement invisible.

Cependant, un tantinet trop grands, mes collants descendaient un peu le long de mes cuissots potelés.

Quand je me suis assise, dans le métro, je me suis aperçue que la couture était visible.

C’est le type en face de moi qui me l’a fait remarquer.

Dans le couloir, je récolte en moins de trois minutes un joli « salope », un fracassant « quelle belle pute », un croquant « je te les arracherai bien avec les dents ».

De quoi puis-je me plaindre ?

Je l’ai bien mérité.

De part ma tenue, je suis consentante, bien évidemment.

Aujourd’hui, comme, je l’espère, beaucoup d’entre vous, je suis choquée par la décision du parquet de Pontoise de qualifier le viol d’une enfant de 11 ans par un homme de 28 ans, comme une simple « atteinte sexuelle sur mineure de 15 ans ».

Parce que nous sommes bien d’accord, à 11 ans, on est encore un enfant ?

Pincez-moi, je rêve.

Plutôt, je nage en plein cauchemar.

Comment est-il envisageable d’imaginer un seul instant qu’une fillette de cet âge rêve de fellation dans une cage d’escalier, de voir son intimité violée par un sexe d’homme, sauvage, ignoble animal préhistorique.

Je ne suis pas une féministe dans l’âme, je revendique plutôt d’être traitée d’égal à égal.

Je veux juste qu’on nous respecte, bordel.

N’y a-t-il pas un léger dysfonctionnement dans la loi française qui offre aux violeurs la possibilité de passer pour des victimes ?

Ah oui, parce que la justice française considère que « Se taire, c’est consentir ».

A vrai dire, je n’ai pas de mots pour qualifier cette décision surréaliste.

On vient de briser cette petite fille, probablement traumatisée à vie, en la rendant coupable et consentante d’un viol qu’elle a subi.

Certains commentaires sur les réseaux sociaux, me débectent, pure et simplement.

Des femmes, souvent, pointent du doigt l’enfant, qui selon leurs dires, n’en est plus un, cherchant maintes fois à provoquer les hommes plus âgés.

Je ne veux pas croire que ces gens aient des enfants, des neveux, des filleuls, des petites sœurs, des petits frères.

Je ne veux pas croire que ces gens n’aient pas eux mêmes subi un traumatisme pour afficher ainsi une réaction si absurde.

Comment espérer qu’une petite fille se débatte, tente de s’enfuir ou proteste quand nous, adultes pouvons être tétanisés par la peur ?

J’en ai fait l’expérience plusieurs fois et, plusieurs années après, garde toujours en mémoire chaque détail de ces outrages à ma personne.

J’espère sincèrement, que jamais, jamais, jamais, leur enfant, ne rentrera à la maison en leur disant avoir croisé la route d’un inconnu qui a souhaité l’initier à l’amour.

Mesdames et Messieurs, imaginez un instant, un tout petit instant, le fruit de vos entrailles, avec un cartable sur le dos, des socquettes blanches arrivant à la cheville, un pénis dans la bouche.

Oserez-vous me dire qu’il a été consentant ?

Madame Veil, vous avez bien fait de partir rejoindre Madame de Beauvoir.

A vous deux, pourriez-vous nous envoyer un semblant d’espoir ?

Signature

PARIS EST MAGIQUE ?

Alors, évidemment, ce pseudo coup de gueule passera pour une foutaise.

On dira que j’avais mes règles ou que l’amoureux n’avait pas honoré son devoir conjugal.

Ni l’un, ni l’autre, bien que je vous accorde que les deux auraient pu être liés.

Une fille, ça ne comprend de toute façon rien au foot, diront les machos, et encore moins les règles et les subtilités sous-jacentes au mercato.

Seulement, il s’avère que j’aime le foot.

Le foot, dans le pays de mes origines, c’est culturel, on a un peu ça dans le sang.

Ce matin, alors que je faisais défiler mon fil d’actualités dans le RER, on ne parlait que de deux choses : la canicule, certes, mais surtout le transfert le plus cher de toute l’histoire du ballon rond.

A moins que vous ne soyez en trek au cœur de l’Amazonie, que vous aimiez le foot ou non, vous n’avez pas pu passer à côté de cette information.

Le PSG a payé 222 million d’Euros pour s’offrir le joyau brésilien Neymar Jr.

Non, je ne me suis pas endormie sur la touche 2 de mon clavier.

Pas 2, pas 22, 222.

OUTCH.

Ce matin, je descendais à Gare du Nord, pour me mêler à la très éclectique population du quartier.

Comme d’habitude, j’ai croisé les toxicomanes.

J’ai vu ce jeune garçon, qui dort à même le sol, au milieu de son urine.

Il souriait, bien qu’il n’ait plus que deux dents.

Je me suis inquiétée de ne pas voir cette vieille dame, pieds nus, avec son foulard coloré et sa doudoune, quelle que soit la météo.

Elle, qui tient toujours entre ses mains, un vieux carton de déménagement qui a déjà vu la pluie et le beau temps, sur lequel on peut lire:

« J’ai 78 ans. Je suis dans la rue depuis cinq ans. Une petite pièce pour manger, un ticket resto ou un sourire ».

J’ai vu la famille syrienne avec ses trois enfants en bas-âge, désormais habituée à ce qu’on ne les regarde plus.

Au début, ils criaient, pour attirer notre attention.

Aujourd’hui, le son de leur voix ne parvient même plus à nos oreilles.

Devant la boulangerie, ce vieux papi.

Peut-être a-t-il ce partagé ce même morceau de carton que la vieille dame, un peu plus haut.

Son message n’est pas très différent :

« J’ai 81 ans. Je dors dehors. Aidez-moi. Pour manger ».

Une boîte de conserve de thon lui fait office de tirelire.

Plus bas, encore, quelques tentes Quechua colorent quelque peu cette rue un peu plus sombre.

Ce n’est pas du street-art.

Tous les matins, je croise la misère, je la regarde souvent dans les yeux, mais je ne la vis pas.

Alors, je me demande.

Si l’on peut trouver autant d’argent pour se payer le rêve de voir un des meilleurs joueurs de la planète jouer dans son club, pourquoi ne trouve-t-on pas quelques milliers de centimes pour palier à la misère profonde ?

Je ne vous parle pas des gens qui sont à découvert le 15 du mois, qui n’arrivent pas à joindre les deux bouts, ceux qui ne peuvent pas aller chez le dentiste ou l’ophtalmo.

Je vous parle de ces visages délavés, souillés, tristes, sans espoir et sans âme.

De ces pieds fatigués, souvent nus, noirs et empreints des marques de la rue.

Ceux que vous et moi croisons probablement tous les jours dans les rues de Paris.

Paris, la magnifique, ville qui fait rêver le monde entier, capitale du romantisme et de la mode.

Paris, est magique, disent les supporters du PSG.

Paris, qui laisse ses rues se peupler de détresse humaine.

Combien de millions faudraient-il pour esquisser une solution, pour tendre une main, offrir un moment de dignité, un sourire, une plus belle histoire ?

Je suis persuadée qu’avec 222 millions, on pourrait faire pas mal de choses.

Neymar aurait payé lui-même sa clause libératoire, bien sûr.

Prenez-nous pour des jambons de Paris.

Alors, oui, excusez-moi, mais je suis choquée.

Pas vous ?

Je m’excuse de ce billet qui ne sent ni l’été, ni les vacances.

La prochaine fois, je vous montre des photos de moi en maillot de bain, promis.

Bon week-end à tous et bonnes vacances à ceux qui partent  !

Signature

P-S : Neymar, je crois que tu as fais une grosse bêtise. Pas por ton porte-monnaie, c’est certain.

Bilan des vacances : je ne vous avais pas menti.

Je suis reviendue ! (oui, je suis une blogueuse qui souhaite être accessible à tout public).

Après vous avoir nargué pendant trois semaines, avec mes photos de mer turquoise, plages désertes, ciel bleu et bourrelets, je ne faisais pas ma maligne hier matin, entre ceux qui ignorent encore l’existence du déodorant et les autres pauvres gens que le sourire a déserté, ô pauvres gens.

Quand le réveil a sonné, j’ai pensé pendant quelques secondes que le coq me faisait une mauvaise blague et qu’il avait changé son chant, rien que pour moi.

Que nenni.

Il s’agissait bien de la sonnerie « vagues » de mon appareil à la pomme.

Mais si je reviens de si tôt, ce n’est pas pour vous faire un rapport détaillé sur la Sardaigne et le Portugal, car si vous partez bientôt, vos destinations sont déjà choisies et je ne vous serai d’aucune aide dans l’immédiat.

Je pourrai vous en reparler plus tard, si toutefois ma grande bonté ne m’a pas désertée (comme les autres avec le sourire).

A vous, qui trépignez d’impatience de faire vos valises avec vos marmots et qui ne m’avez pas crue un seul instant quand je vous disais que les vacances pouvaient se transformer en enfer avec ces nains qui font pipi dans la piscine, dans mon dernier billet, je viens vous prouver que je disais vrai.

Tout ce que je vais vous raconter est certifié conforme, avec mes respectueuses salutations.

Avant toute chose, et sans aucun rapport avec l’objet principal de cet assemblage de mots, je dois vous avertir que si vous partez en Sardaigne, vous devez porter un string sur la plage.

Toute sarde qui se respecte en portait un, pour le plus grand plaisir de ces messieurs (et de l’amoureux).

Choisissez-le sans couture et de couleur flashy.

Mon conseil mode vous ayant été gracieusement offert, je peux maintenant vous lister quelques situations qui peuvent se produire pendant les vacances dont vous rêvez depuis onze mois. Onze interminables mois.

Je commence doucement, pour ne pas vous brusquer et n’évoquerai cette fois-ci que trois cas d’école.

Vous qui n’avez pas d’enfants, fuyez.

  1. La piqûre de Méduse : nous y avons eu droit. Pas une fois, pas deux fois, mais trois. Une piqûre de méduse, ça fait mal, on le sait. Mais pas au point de mobiliser toute la plage autour de toi. Imagines-toi tranquillement installé(e) contre ta moitié, dégoulinant(e) d’huile solaire, les cheveux mouillés, prêt à pénétrer sa bouche avec…ta langue. Les enfants pataugent dans l’eau, la mer est calme, il n’y a pas de danger. Tout à coup, tu entends des hurlements provenant de la mer. Ô God, un squale ! Quelqu’un est en train de se faire démembrer par un requin blanc, c’est sûr. Les requins blancs, c’est connu en Sardaigne, m’enfin. Tout le monde, ABSOLUMENT tout le monde est debout sur la plage. Tu te lèves pour dire à tes enfants de sortir de l’eau et tu reconnais une symphonie familière. La même sirène qui se déclenche quand tu ordonnes à ton mioche d’aller se coucher ou quand tu lui annonces qu’il n’y a plus de Nutella. Nooooon. C’est mon enfant. Que faire ? Se cacher ? Non…tu ne peux pas. Musique d’Alerte à Malibu en fond sonore, tu clopines sur le sable brûlant et essaies d’arracher ta progéniture de la vilaine créature. Là, elle te voit approcher, et se met à hurler ton nom de plus en plus fort, au cas où les autres personnes ne sont pas encore au courant que tu es le parent indigne.Tu palpes le mouflet, il ne lui manque rien. Pour sauver la mise, tu le prends dans tes bras comme David l’aurait fait avec Pamela. Sur le cuissot du moutard (bon en fait, il s’agissait de la moutarde mais ça le faisait pas), un énorme tatouage.

« E una puntura di medusa ! » s’écrient Paolo et Gina autour de nous.

Medusa ? Come ?

Ah ? C’était donc ça.

Note positive : tout les gens autour de nous nous ont tendu leur crème à base de cortisone censée apaiser il bambino. Nous avons vu le sarde d’un autre œil. En échange, ils nous ont demandé de leur apprendre le french kiss. L’amoureux a refusé. S’il adore le string, il déteste le poulpe. Et ils avaient tous une haleine de poulpe.

La prochaine fois, je vous raconte la piqûre de frelon (vécue aussi).

  1. C’est bien connu, la mer ouvre l’appétit. Nous mêmes, adultes, sommes toujours en train de grignoter. Avec des chiards, tu sais que tu te ballades avec une valise en guise de garde manger. Quand tu choisis l’option pique-nique, normalement pour leur plus grand plaisir, tu peux très vite regretter ton choix. Un soir, jusqu’à minuit, au lieu de nous accoupler, nous avons cuit du riz, des pâtes, des œufs, haché des légumes frais afin de faire des salades colorées et nutritives à ces farfadets. Nous y avons mélangé thon, jambon, fromage et olives. Elles étaient belles, nous étions fiers. Sur un malentendu, nous avons pris un paquet de chips. Arrivée l’heure du repas, serrés sous le parasol blanc et rouge, les yeux collés par le sel, nous ouvrons fièrement la glacière, en nouveaux Bidochons que nous étions en train de devenir (certains diront Bonichons) et sortons nos deux saladiers aux couleurs de l’arc-en-ciel.

Un piquet de grève se constitue dans la minute. Flopée d’onomatopées.« Beurk », Arhrgg », « Hannn », « Bouh ».

Succès nul pour nos salades, évidemment. Le paquet de chips, par contre, a été savouré tel un met gastronomique.

Ingrats. Ces gosses sont des ingrats.

Un autre jour, alors que nous avions décidé de leur faire découvrir la gastronomie sarde dans un restaurant traditionnel, nous avons failli les abandonner. Un par un. Chacun commande son plat sans comprendre un mot de la carte. Pas de problèmes, tout a l’air très bon. Pour rappel, lecteur, le sarde pense que l’italien est la seule langue au monde et ne traduit pas ses menus. Tous les trois se ruent sur la corbeille de pains et de gressinis qu’ils dévorent en une minute trente, montre en main. Les plats arrivent. Flopée d’onomatopées. Les mêmes que celles du pique-nique. Les mini-nous souhaitaient tous le plat du voisin, mais surtout pas le leur. Nous avons été obligés de négocier sévèrement, méthode GIGN, pour les forcer à partager. Nous n’avons évidemment presque rien mangé, contraints de leur offrir nos plats, sous peine de déclenchement de sirènes.

Fière d’avoir su apaiser le conflit, je propose un dessert.

La seule chose que j’ai comprise de la bouche de la serveuse me donnait envie : desserts traditionnels, faits maisons. Entre ces mots, il y avait les mots Panacotta, Nutella et Ricotta. Miam.

Les voilà de nouveau enthousiastes. Ils sont presque charmants.

L’amoureux me dit que c’est une mauvaise idée. J’insiste.

Les desserts posés sur la table, nous découvrons qu’ils connaissent d’autres onomatopées. Nous les menaçons de leur supprimer les spinners, de les faire chanter tous nus dans la rue, de couper le WIFI, de faire l’amour devant eux pour qu’ils mangent au moins une petite bouchée. Une seule bouchée d’un truc en –A. Ils ne démordent pas et forment un trio solidaire. Ils ne mangeront pas.

Note positive : il n’y en a pas. Nous avons eu une addition ultra salée et nous, adultes, avons mis trois jours à digérer la farandole de spécialités en -A.

La prochaine fois, ils mangeront du sable, croyez-nous.

Ingrats, ces gosses sont des ingrats.

  1. Peut-être le point qui me fait le plus mal car je suis personnellement une grosse dormeuse.

Pourtant tu le sais, à l’instant où tu mets un bébé au monde, tes nuits et tes grasses matinées tu oublieras.

Quoi, tu ne le savais pas ? Quitte ce blog, ce sera certainement trop douloureux pour toi.

Avant les vacances, une fois nos trois progénitures réunies, nous avions convoqué un conseil exceptionnel de bambins.

Powerpoint à l’appui, nous leur avons sagement expliqué qu’ils avaient tout à gagner à nous laisser dormir au moins jusqu’à neuf heures et demie le matin.

Nous serions de meilleure humeur, aurions envie de sortir avec eux le soir, et promettions même des glaces à l’italienne à volonté.

L’enfant blond rétorquait que c’était tout à fait impossible pour lui, cela lui était biologiquement inconcevable.

Le châtain clair qu’il allait essayer mais ne promettait pas d’aller au delà de neuf heures.

L’ado, bien sûr, pour une fois, était notre allié.

C’est peut-être ça l’espoir, attendre qu’ils aient quinze ans pour qu’ils dorment jusqu’à midi.

Arrivés sur place, le premier jour, nous étions persuadés qu’ils allaient tomber comme des mouches et laisser sonner au moins onze coups au clocher de l’église, le lendemain.

Fingers in the nose.

Nous nous étions levés à quatre heures du matin, après trois heures de sommeil.

Autant vous dire que nous, les quadras, étions rincés et pratiquement sous perfusion.

Au préalable, l’amoureux avait redonné la consigne : s’ils se réveillent avant nous, ils restent sagement dans leur chambre. En cas de force majeure, ils peuvent venir gratter doucement à la porte. Si urgence force 2, trois petits coups peuvent être frappés. Mais on n’ouvre jamais la porte avant le signal.

Papa et maman font parfois du coloriage.

Le lendemain matin, chacun de notre côté du lit, pour essayer de ne pas fabriquer encore plus de chaleur que l’existante, nous ouvrons tous les deux un œil. Lui le gauche, moi le droit. Tels des chiens de garde, nos oreilles sont aux aguets.

Quelqu’un gratte à la porte.

Nous faisons les morts.

Je regarde mon portable : il est huit heures.

Quelqu’un frappe.

Nous sommes enterrés.

PAS LA.

Des petits pas d’éléphanteaux se font entendre dans le couloir. Les petits morveux.

Ouf, ils se sont recouchés.

J’essuie ma bave, l’amoureux tente un rapprochement.

On frappe de nouveau à la porte.

Il est huit heures quinze.

Cas de force 2.

« Qu’est-ce qui se passe ?

C’est NOUS !!!

Oui mais qu’est-ce que vous voulez ?

On veut vous faire un câlin ! On peut entrer ? »

Dois-je vraiment vous préciser que cette scène se répéta tous les jours ?

Note positive : je vous laisse deviner.

Je pourrai vous raconter encore des dizaines d’anecdotes de vacances avec les mouflets. Et vous, quelles sont les vôtres ?

Bonnes vacances à tous ceux qui partent bientôt, bon courage à ceux qui ne peuvent pas partir et bravo à nous d’avoir survécu à cette épreuve, bravo à vous d’être arrivés jusqu’ici.

A part ça l’eau était transparente, les plages plutôt très belles et le ciel très bleu.

 

Signature

Vacances A5

Ce matin, sur Paris, il fait tout gris.

Je crois que demain, ce sera le cas aussi.

Pourtant, je m’en secoue le sein gauche, voire même le droit.

Moi, j’attends midi.

Parce qu’à midi, aujourd’hui, après 27 rondades et 15 nuits sans dormir, nous entamerons 3 semaines A5, en 3D.

Vous suivez ?

Demain matin, décollage imminent pour les eaux turquoises, le ciel bleu (le vrai hein, pas la copie made in China), la focaccia, les gelati et les bibite (pour les incultes, ça ne veut pas dire petit bite, ça veut dire boissons).

Voilà.

Je vous vends du rêve, ou pas ?

Alors, imaginez, dans vos bagages…

Un petit garçon de huit ans, la maladie du purpura sous la peau, hyperactif, caractère de cochon, qui se croit le meilleur en tout et qui n’a JAMAIS sommeil.

Une petite fille de sept ans avec un ver solitaire qui a pris un bail à durée indéterminée dans son corps, qui se croit la meilleure (qui l’est sur beaucoup de points), capricieuse et coquine, qui se lève à SIX heures du matin (c’est un motif d’enfermement à la cave, nous sommes bien d’accord, les amis).

Un adolescent de quinze ans, dont je vous ai déjà beaucoup parlé ici , qui communique en monosyllabes, dort la journée entière si on le laisse et qui comme signe de contentement, se limite au grognement…sauf s’il y a le WI-FI everywhere…U see what I mean ?

Au milieu de ces trois adorables créatures, vraiment (promis à la fin du billet, je vous mets le lien vers l’annonce du boncoin.fr où nous les avons mis en donation – sans succès à ce jour), deux parents d’enfants qui ne sont pas les leurs, fous amoureux, ne rêvant que de nuits torrides.

Tout ça, sous 35 degrés.

Vous le sentez comment, vous ?

Avant d’arriver à la nuit torride, il faudra :

  • Préparer le petit-déjeuner pour 5
  • Préparer l’immense sac bleu IKEA, qui est le seul à pouvoir contenir 5 serviettes, le ballon de foot, le frisbee , deux seaux, deux pelles (si tu es un fou tu prends les râteaux), 3 paquets de brioches et 2 de petits-beurre, 3 bouteilles d’eau, les crèmes solaires, ton Cosmo que tu n’auras JAMAIS le temps de lire.
  • Déballer le contenu de ton sac IKEA sur le sable
  • Faire des châteaux de sable, TOUTE la journée.
  • Remettre TOUT le contenu dans le sac, cherchez la pelle, le râteau, tes enfants

Ca y est, j’ai mal à l’épaule droite.

Ce n’est pourtant pas fini. Continuons :

  • Préparer le déjeuner pour 5 ou aller au restaurant : tiens-toi bien, ne cries pas, ne manges pas avec les mains, ne prends pas ça, c’est trop cher, non pas de coca, non tu n’as pas le droit de prendre 3 desserts, tu as fait pipi il y a 5 minutes, quoi, encore ?
  • La douche…on en parle de la douche ?

A ce stade, vous rêvez déjà d’aller coucher…euh, vous coucher.

Ne rêvez pas…vous avez déjà une machine à faire tourner, car bolognaise, glaces, et autres substances illicites auront investi les t-shirts vieux de 3 jours.

Je vous vois venir…et je valide…laissons-les nus pour le reste des vacances.

Si vous avez le temps, vous prendrez votre douche.

A tour de rôle, bien sûr.

Oubliez les douches Tahiti, senteur vanille, sensuelles et parfumées, corps à corps.

Il faut toujours un garde de service pour surveiller la troupe.

Vous les aurez déjà punis à tour de rôle, menacés de rentrer ou de les abandonner au bord de la route.

Après le dîner, vous irez marcher sur la plage ou faire un tour dans le village, de façon à préparer la machine à laver du lendemain, car pendant les vacances, les tournées de glace du soir sont OBLIGATOIRES.

En vacances, aucun des nains ne veut JAMAIS dormir.

D’abord, parce que c’est les vacances.

Ensuite parce qu’il fait trop chaud, il fait soif, on entend les moustiques, un chien qui aboie au loin, le cœur qui bat, les rires refoulés de toutes les autres nuits de l’année, le pipi et plus si affinités.

Il est minuit.

Un inconnu est dans votre lit.

Bonsoir, vous! 

Aurez-vous encore de l’énergie après tout ça ?

Nous, oui,.

Dans quatre heures, il sera midi.

Salut, les ouistitis !Signature

P-S-1 Je viens de voir que leboncoin.fr vient de supprimer mon annonce, je me demande pourquoi…c’était gratuit 🤔

Lecture coup de coeur – « Une maison dans le ciel », un récit bouleversant.

Il y a des lectures vers lesquelles nous sommes naturellement attirés.

Des couvertures chaleureuses, des titres poétiques, une promesse d’amour, un élan d’émotion, parfois même un soupçon de tristesse.

On est toujours à la recherche de quelque chose lorsque l’on caresse la couverture d’un livre.

Va t-il nous offrir de la joie ? De la tristesse ? Va-t-il m’enseigner des choses, m’éclairer sur un sujet, me faire réfléchir ? Vais-je pleurer ou rire ? Peut-être même les deux.

Pour ma part, beaucoup de mes choix de lecture se portent et se porteront toujours sur l’amour.

Depuis les sœurs Brontë, à Stendhal, en passant par Jane Austen et aujourd’hui des auteurs contemporains comme Albert Cohen, Jojo Moyes, Gabriel Garcia Marquez ou Alexandre Jardin, j’ai toujours été en quête de la flamme qui nous a tous brûlé un jour ou par laquelle on rêve de se faire ravager.

Je suis une amoureuse de l’amour, que voulez-vous.

Trêve de minauderies.

Quand j’ai eu le livre dont je vais vous parler entre les mains, ce n’est pas le mot amour qui m’a sauté au visage.

Pas vraiment, non.

Le titre est assez parnassien, « Une maison dans le ciel ».

La couverture est le portrait d’une jolie jeune femme, que l’on imagine douce et délicate.

Puis je comprends qu’il s’agit d’une histoire vraie.

Cette histoire, c’est celle d’Amanda Lindhout, qui a été détenue pendant 460 jours aux mains de miliciens islamistes, en Somalie.

Vous conviendrez que l’on fait mieux comme histoire de romance, je vous l’accorde.

J’ai tout de même eu envie de le retourner, ce livre, et de lire le quatrième de couverture.

C’est en général l’épreuve de feu, celle qui va me convaincre de le mettre dans mon panier ou de le laisser sur l’étagère.

Indéniablement, ma curiosité avait été piquée au vif.

Comment cette jeune canadienne avait survécu à une détention dans un pays considéré comme l’un des plus dangereux au monde, où la milice islamiste Al Shabaab, liée à Al Qaida, contrôle la plus grande partie de la Somalie, dans sa condition de femme occidentale, qui plus est, non musulmane ?

Best-seller international, titulaire de plusieurs prix, j’ai saisi que ce témoignage avait quelque chose de poignant et qu’il me fallait le lire.

Me voilà alors embarquée dans l’enfance d’Amanda, au Canada, dans la ville de Silver Lake.

On ne peut pas dire qu’elle ait eu une enfance très heureuse, dans une famille modeste, très tôt éclatée, qui ne lui offrira pas le réconfort ou la tendresse dont rêvent toutes les petites filles.

Amanda s’évadera de son quotidien hostile en se plongeant dans de vieux numéros du célèbre magazine National Geographic, qu’elle achète vint-cinq cents, dans une bouquinerie de sa rue.

Ce furent les premiers voyages de la petite fille canadienne.

Ces paysages fabuleux, couchés sur le papier glacé, offraient à Amanda une fenêtre sur le monde, un monde qui se voulait riche et coloré, un monde qui la faisait fantasmer.

Plutôt que dans les pages des magazines, Amanda caresse l’espoir de découvrir ces merveilles que le monde a à offrir, de ses propres yeux.

Alors, plutôt que de faire des études, elle décide de travailler comme serveuse, job avec lequel elle parvient à réunir des sommes assez importantes pour partir d’abord à la découverte de l’Amérique du Sud, puis de l’Asie.

Amanda est curieuse et aura vite envie de tutoyer le danger de plus près.

Les seuls noms de l’Afghanistan, Syrie ou Irak nous auraient probablement fait fuir.

La canadienne, elle, est tentée de découvrir si ce que l’on raconte dans les médias est véridique et d’approcher ainsi l’horreur.

Elle s’imagine reporter de guerre et réunira toute son énergie et sa force de caractère pour pénétrer le très dur milieu du journalisme, en terrain si hostile.

En Éthiopie, elle rencontrera Nigel, avec qui elle vit une histoire d’amour.

Elle ne savait alors pas dans quel enfer elle allait l’entraîner, malgré elle.

Amanda est téméraire, aime à braver les dangers et se sent presque irrésistiblement attirée par les situations périlleuses.

On ne peut pas le nier, la jeune et jolie Amanda a l’amour du risque.

Elle finit par connaître le véritable visage du danger, lorsqu’elle se fait kidnapper, en Somalie, avec son désormais ami Nigel, par un groupe d’hommes armés, appartenant à une milice islamiste, à Mogadiscio.

S’en suivent 460 jours de captivité, aux mains de ravisseurs dont Amanda ignore au départ la véritable motivation.

Ils apprendront assez vite que les membres de l’organisation islamiste réclament une rançon s’élevant à plusieurs millions de dollars.

Les conditions de détention ont été effroyables.

Il n’existe d’ailleurs aucun adjectif pour qualifier véritablement la souffrance et l’horreur dans laquelle Amanda est jetée, sans appel.

Il est certain que la toute nouvelle reporter ne s’attendait pas à regarder la mort en face de si tôt.

Nous vivons au fil des pages une éprouvante et abominable histoire de violence, humiliation, maltraitance.

Je ne pourrai en dire plus, la réalité est bien plus dure que ces simples noms communs.

Très rapidement, nous sommes transportés dans cet incroyable récit, ce combat pour la vie, contre la mort qui la menace chaque jour, à l’encontre de la violence de ces hommes, ensorcelés par une folle illusion.

Seule femme au milieu de ces soldats du djihad, qui prétendent se réfugier dans la religion pour mener à bien leur mission, Amanda fait preuve d’une force de caractère inimaginable, pour s’accrocher au mince fil qu’est désormais son existence.

Elle se convertira à l’Islam, pour mieux comprendre ses ravisseurs mais surtout pour tenter de les adoucir et de se voir peut être considérée comme une sœur.

Elle deviendra Amina, étudiera le Coran, priera cinq fois par jour, s’appliquera à exercer le culte musulman du mieux possible.

Je lui tire ma révérence, sa force et sont courage sont presque surréalistes.

A aucun moment du récit, nous tombons dans le pathos.

Avec Amanda, nous nous raccrochons aux souvenirs, au mince filet de lumière qui pénétrera dans sa cellule, à la moitié d’une papaye qu’un ravisseur lui offrira dans un inattendu élan de générosité.

Son instinct de survie est absolument ahurissant.

Avec elle, nous pleurons aussi, dans les plus grands moments de désespoir et de cruauté.

Nous perdrons presque espoir et attendrons le pire.

Puis, avec Amanda, nous nous réfugions dans cette maison dans le ciel, qu’elle imagine joyeuse et synonyme de liberté.

Elle essaiera de comprendre les véritables motivations de ses tortionnaires, qui n’en restent pas moins des êtres humains et la façon dont ils ont pu sombrer dans cette folle épopée.

Cette histoire est évidemment d’autant plus touchante et saisissante parce qu’elle est vraie.

Nous pouvons mettre un visage sur ces mots, une âme véritable derrière ces pages noircies par les ténèbres.

Il n’en ressort pas moins un message d’espoir après sa libération qu’elle n’attendait plus.

Amanda Lindhout est un véritable modèle de bravoure.

On peut se dire qu’elle l’a cherché, qu’elle savait qu’elle prenait des risques, bien évidemment.

Mais malgré l’horreur vécue, elle véhicule aujourd’hui une déclaration de paix, une ouverture d’esprit et une véritable missive d’espoir, qui a tout son sens dans le contexte actuel que nous connaissons tous.

Elle a choisi de pardonner à ceux qui lui ont volé sa liberté, peut-être pour toujours.

« Pour mon propre bien, je fais primer le pardon et la compassion sur tous les autres sentiments – colère, haine, confusion, apitoiement sur mon sort – qui bouillonnent en moi… ».

Je me demande aujourd’hui où elle a puisé la force pour se reconstruire et être à la tête de la fondation « Global Enrichment Foundation » qui vient en aide aux femmes somaliennes, dans ce pays qui a été pour elle synonyme d’enfer.

Il y a des destins comme celui d’Amanda Lindhout, incroyables, qui vous mettent une claque et vous remettent à votre place.

Je salue ici le talent de Sara Corbett, co-auteure du livre, qui grâce à ses descriptions fouillées, nous livre une peinture sur papier, dans laquelle nous avons la chance de découvrir le moindre détail de l’histoire.

Bravo à Amanda qui a eu le courage de partager avec nous ce supplice, sans aucun doute un exercice très difficile, qui l’a obligée à fouiller de nouveau ses douloureuses réminiscences.

C’est un livre que je vous conseille, avant tout pour la leçon de vie qui nous est livrée.

Une fois entre vos mains, vous ne pourrez plus vous arrêter.

En tournant la dernière page, je me suis sentie toute petite…comme une envie de grandir autrement.

Merci aux Editions Seramis de m’avoir fait découvrir ce témoignage, absolument bouleversant.

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Tout peut arriver

Pour quelques heures, je lâche aujourd’hui mon manuscrit riche de mes 42 500 mots et ses 112 pages.

D’abord parce que je me dois d’honorer mon devoir conjugal, ensuite parce que je ne souhaite pas que cela devienne une obsession (en vrai, ça l’est).

Ecrire un livre est sans aucun doute un exercice très difficile.

Ecrire un livre dans lequel on parle beaucoup de soit l’est bien plus.

Retourner chercher ses souvenirs, fouiller dans sa mémoire, bousculer ses peurs, repousser les angoisses qui meurent d’envie de se frayer un chemin par la petite porte entrouverte, prendre du recul.

Si je me sens capable de le faire, c’est que j’estime avoir tourné la page depuis longtemps sur un passé qui m’a façonnée pour être celle que je suis à l’instant où j’écris ces mots.

Belle, sensuelle et cougar assumée. Libre, épanouie et heureuse, j’ai de nouveau appris à tutoyer le bonheur.

Je le conjugue même au plus que parfait, vous ne me croyez pas ?

Rien que pour vous : je n’eus jamais cru que je tutoyasse de nouveau le bonheur de si près.

Ça claque, hein ?

J’assume les erreurs que j’ai faites, ainsi que leurs lourdes conséquences, dommages collatéraux inclus.

Cette introspection profonde que j’avais déjà pu faire avec un professionnel, me laisse tout de même à chaque fois stupéfaite.

Je croyais être une personne, je croyais me connaître.

Pourtant, au contact d’une autre, je me suis littéralement transformée en une femme que je n’ai jamais été, en réalité.

Je prends à chaque fois l’exemple des feuilletons qui sont diffusés sur M6 après le déjeuner, pour expliquer ce qui m’est arrivé.

Ne dites pas que vous n’en avez jamais vu un seul, ne serait-ce que quelques minutes.

Ces histoires tirées par les cheveux, où Jason manipule la blonde et innocente Nickie qui n’a rien vu venir, alors, que nous, derrière notre écran, on s’exclame :

« Non, mais, elle est blonde, ou bien ? Comment peut-elle le croire ? Elle ne va pas tomber dans le panneau quand même ? Mais c’était évident ! ».

C’est à cet instant que vous décidez de zapper sur Chasse et Pêche, émission intellectuellement plus évoluée.

J’ai été cette Nickie.

Le seul détail qui différait, c’est que j’étais brune (je vous laisse lire le message qui en découle).

J’en profite pour présenter mes excuses à toutes mes amies blondes.

Comment une fille comme moi, qui se revendiquait à forte personnalité, maîtresse de ses choix avait-t-elle pu subir un tel changement sans tirer la sonnette d’alarme ?

En retranscrivant certaines scènes absolument inconcevables aujourd’hui, je réalise à quel point je n’ai jamais rien voulu voir, alors que les faits étaient là, devant moi et que j’étais la seule à ne pas me rendre compte de la gravité de la situation.

Des proches ont bien tenté de m’alerter.

Je les jugeais hâtivement jaloux et les rayais de ma vie, sans appel.

L’état de fragilité dans lequel je me trouvais au moment où est survenue la rencontre fatale m’a rendue perméable aux griffes de ce manipulateur narcissique qui m’avait flairée comme la proie idéale.

En manque de confiance, à la recherche d’une reconnaissance que je n’avais jamais eue de la part de mes proches, je tombais candidement dans un piège que je refermais moi même.

Si j’écris tout cela, c’est pour rappeler à tout le monde que personne n’est à l’abri de vivre une histoire de soumission, manipulation et destruction.

Petit à petit, ce genre d’individu va ponctionner votre personnalité, tel un vampire, pour vous en écrire une nouvelle, celle qui lui convient à lui.

Vous ne jugerez que par lui, le laisserez volontiers vous éloigner de vos amis, votre famille, vos centres d’intérêt.

Il vous fera croire que tout ce qu’il fait est pour votre bien.

Détrompez-vous, la seule personne à qui il fait du bien, c’est à lui.

Non, non, je ne tomberai jamais dans le pathos ou dans le mélodramatique.

Le côté obscur de la force n’a pas vaincu, amis padawans.

Je préfère rire, même des choses tristes.

En passant ma tête dans mes mémoires, je jette un regard amusé sur certaines situations ridicules que je me suis laissée imposer.

A croire que j’avais 3 grammes d’alcool dans le sang en permanence ou que je carburais au crack, parfois les deux.

Je me demandais aussi, souvent, si je n’étais pas illuminée ou si cette fille étrange que j’avais croisée dans mon ancien job, ne m’avait pas jeté un sort (elle me parlait parfois de culottes maléfiques avec lesquelles elle piégeait ses amants).

Il fut même une période où je vérifiais tous les jours si je n’avais pas un trou de mon crâne, suspectant fortement qu’il ait aspiré mes neurones.

Que nenni les amis.

J’étais une grande fille, plutôt assez bien constituée, qui s’est laissée dire ce qu’elle avait envie d’entendre à cet instant précis.

J’ai donc été une victime consentante.

Une fois dans l’engrenage infernal, la sortie de route peut vous coûter la vie.

Elle a failli coûter la mienne.

Alors, quand je regarde le chemin parcouru, je suis plutôt fière de moi.

Renaître des cendres est possible et connaître le véritable bonheur, AUSSI.

Plus j’avance dans la vie, plus je me rends compte que j’ignorais la définition du bonheur.

Ce processus d’écriture est donc également pour moi une manière de sceller un épisode de ma vie qui me fait regarder loin devant, et non plus loin derrière.

Et ça, déjà, c’est une victoire.

Je vous laisse, je suis appelée au deuxième tour du devoir conjugal.

Merci d’être arrivés jusqu’ici.

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Le parfum du bonheur est plus fort sous la pluie.

L’amoureux s’endort avec mon manuscrit entre les mains.

Je ne suis pas certaine que cela soit vraiment bon signe.

Il est une heure du matin, le silence gronde fort.

Je l’attendais depuis des mois, partout j’ai cherché le réconfort.

J’en ai essayé d’autres, mais mes nuits n’avaient jamais retrouvé un aussi bon amant.

J’ai cherché en vain à retrouver cette émotion qui vous prend aux tripes, qui dès les premiers mots prend votre corps d’assaut.

Mardi dernier, je t’ai enfin eu entre les mains.

Je t’ai touché, timidement, tu étais lourd, chargé de promesses.

Je ne t’ai pas ouvert, j’ai attendu que nous soyons seuls pour nous retrouver, je ne voulais pas te partager.

Je suis égoïste, parfois.

J’ai fait durer le plaisir pendant quatre crépuscules, l’absence avait été longue, je voulais te garder le plus longtemps possible près de moi.

Enivrés de plaisir, nous ne pouvions plus nous séparer, tu te donnais à moi, je te prenais en retour.

Hier soir, à une heure du matin, tu m’as consumée, pleinement.

Tel un orgasme qui nous dévore après une longue étreinte, tu m’as secouée de spasmes.

J’étais triste de te quitter, déjà.

Tu ne m’as pourtant pas épargnée, tu m’as laissée baigner dans une mer de larmes.

Mais tu m’as aussi fait rire, sourire, beaucoup.

Ce fut d’ailleurs de cette façon que nous avions débuté notre relation, quelques années auparavant.

Femme qui rit, à moitié dans son lit, n’est-ce pas ?

Aujourd’hui, je pense qu’il serait totalement injuste de te garder dans mes draps, uniquement pour moi.

Tu mérites de prendre ton envol, d’aller semer ici et là ton parfum et ta sensibilité qui te rendent si uniques.

Alors voilà (copyright Baptiste Beaulieu).

Tu t’appelles « Le parfum du bonheur est plus fort sous la pluie ».

Ta maman, je l’aime d’amour, comme mon amoureux, Vianney, le chocolat, la mer et l’Italie.

Elle est un peu tout ça à la fois, ta maman : de la poésie, du soleil, de la délicatesse, du bleu azur, une chanson douce, une gourmandise, un éclat de rire.

J’étais contente que l’amoureux se soit endormi hier, finalement.

Cette fois-ci, il n’aura pas pu voir mes yeux de panda, ma morve qui menaçait d’investir ma bouche.

Il aurait démissionné sur le champ de son poste de faiseur du bonheur.

Ta maman est particulièrement douée pour provoquer un éventail d’émotions, des nuances de couleurs, allant du blanc au noir, mais en passant toujours pas le vert, le rouge ou le rose.

Car oui, tout n’est pas très gai, toujours.

La force de ta maman c’est qu’elle transforme le moche en joli, je lui ai souvent dit.

L’arc en ciel finit pas se dessiner, là-bas, au loin.

Cela n’est pas donné à tout le monde.

Comment ne pas être touchée pas cette histoire qui, sur un fond de vécu personnel, on le devine grandement, trace le portrait d’une famille dont chaque membre porte des blessures souvent profondes.

J’ai d’abord détesté Ben, d’avoir abandonné Pauline, avec leur petit garçon, Jules.

Il ne l’aimait plus. Point.

Je ne savais pas qu’il y avait une virgule.

Touchée au plus profond de moi même, les premières lignes ont réveillé mon histoire personnelle.

J’ai accompagné Pauline dans sa souffrance, son incompréhension, sa douleur, sa tentative de reconquête, sa reconstruction.

Brillamment, ta maman nous fait osciller entre les souvenirs, rendant la lecture addictive.

Je comprends mieux ce que ta maman voulait nous dire, quand mardi dernier, elle nous confessait qu’il s’agissait ici de son roman le plus personnel.

La fin n’est pas celle que j’attendais.

Elle m’a surprise, m’a d’abord rendue infiniment triste.

Puis j’ai relu cette phrase, encore et encore.

«  Ce n’est pas parce que ça ne finit pas comme on le veut que ça finit mal ».

Je devrais le savoir, depuis le temps.

J’ai pardonné à Ben, quand à son tour, il nous a livré ses souvenirs.

Je l’ai compris.

C’était la virgule.

Qui peut sortir indemne d’une telle épreuve ?

Peut-on jamais vraiment cicatriser d’une blessure si profonde, d’un drame qui vous marque au fer rouge pour toute une vie ?

Virginie Grimaldi signe ici son troisième opus, petit bijou de sensibilité, humour, amour et surtout résilience.

Volontairement, je ne dévoilerai pas ici les interlignes profondes de l’histoire, qui ne se résument pas à la simple séparation de Pauline et Ben, évidemment.

Chacun d’entre vous doit la sortir de son écrin, à sa façon, avec ses propres émotions et son ressenti.

Vous y reconnaîtrez peut-être des membres de votre propre famille, avec leurs qualités, leurs défauts, leurs éraflures.

Vous aurez également des nouvelles de certains des personnages de « Tu comprendras quand tu seras plus grande », s’ils vous avaient manqué.

Je ne peux vous affirmer qu’une seule chose avec une profonde certitude : une fois que vous l’aurez entre les mains, vous souhaiterez rajouter des heures à vos jours et vos nuits car vous ne pourrez plus vous en séparer.

Le moment de refermer le livre est toujours douloureux, bien sûr.

Vous aurez peut-être aussi envie de grimper sur la dune du Pilat, de manger des huîtres, de profiter de la vie, tout simplement.

Non, Virginie, ton dernier bébé ne m’a pas déçue, ô que non, bien au contraire.

Tu fais quand même chier d’écrire aussi bien et de me transformer en femme fontaine (le robinet du haut, hein).

Je te dis bravo.

Bravo pour tout, pour ce roman, le chemin parcouru, pour ta victoire sur la vie.

Au fait, tu me dois 36 paquets de mouchoirs.

« Le parfum du bonheur est plus fort sous la pluie » sort en librairie le 3 mai prochain, aux Editions Fayard.

Ça ne sent pas enfin bon le printemps, tout ça ?

Je vous laisse, je vais changer mes draps.

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Les grands voyageurs que nous sommes… (!)

Cadix - Septembre 2016
Cadix – Septembre 2016

« Mais vous êtes toujours en vadrouille ! »

« Vous bossez des fois ?»

« Mais comment vous vous débrouillez pour partir toujours en week-end ici et làbas » ?

Voilà le genre de réflexion épicée que nous nous prenons régulièrement en pleine face (parfois de dos), avec l’amoureux.

Amis, famille, collègues de travail ou co-locataires de bureau, tous y vont de leur commentaire quelque peu grinçant.

Au départ, cela me faisait sourire, et je répondais allègrement à chacun de ces commentaires, qui, à mon sens, ne présentaient aucune méchanceté (et je le pense toujours).

Puis en ce début d’année, je discutais avec quelqu’un de mon entourage qui énumérait tous les endroits où nous avions été dernièrement en me faisant remarquer avec une certaine poésie, que nous étions des enfoirés de chanceux.

Oui, je le sais…nous avons beaucoup de chance, évidemment, nous le reconnaissons et essayons de nous le remémorer autant que possible dans les périodes les plus compliquées (en fait, on se le rappelle du lundi au jeudi, à 06 :50, dès que le réveil sonne).

Mais, tout de même, j’aimerai éclaircir un peu la chose.

La chance se cherche, se titille (j’adore ce mot débile), il faut arrêter de croire que tout tombe du ciel, les enfants (l’amoureux ne m’est pas tombé du ciel non plus, je l’ai cherché !).

Tout d’abord, nous travaillons tous les deux, et on ne peut pas dire que ce soit l’amour à la plage (mes yeux dans tes yeux, baisers et coquillages, tchatchatcha) tous les jours !

Sauf que nous refusons catégoriquement de faire partie de ces gens qui se plaignent constamment que leur vie est métro-boulot-dodo depuis des années.

Ça l’est pour nous aussi parfois, je vous rassure, après tout, la frénésie de la vie parisienne nous affecte également, nous ne sommes pas intouchables, si seulement, si.

Mais nous ne laissons jamais ce passage sous le tunnel durer trop longtemps, au risque de mettre en péril tout ce qui fait notre bonheur aujourd’hui !

Alors, oui, nous estimons que nous avons le droit de nous octroyer ces phases spatio-temporelles, qui contribuent à notre équilibre et à la préservation de notre vie de couple et de famille.

Nous nous organisons toujours en conséquence, et prévoyons souvent quelques mois à l’avance…cela nous permet de réaliser de sacrées économies, croyez-moi (l’amoureux est champion du monde de l’organisation).

Et si nous y arrivons, nous mettons peut-être certaines choses en pointillés, voire parfois entre parenthèses.

Par exemple, depuis que nous avons acheté notre appartement en juin 2015, nous n’avons pas réalisé la moitié des travaux planifiés.

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Vous croyez vraiment que je suis faite pour les travaux?
Beaucoup de choses restent à faire pour que cela devienne le petit nid douillet de rêve, néanmoins, nous sommes désormais dans une période de notre vie où nous appliquons une logique non mathématique.

Nos précédentes relations et expériences nous auront appris cela.

Nous écoutons plus notre cœur et notre besoin d’être ensemble et préférons par conséquent, et encore une fois (combien de fois devrai-je le répéter ?), vivre des moments à deux, en famille, des moments qui resteront là pour TOUJOURS.

A quoi me servirait d’avoir la salle de bains de Maisons et Objets, ma cuisine où je pourrai me travestir en Bree Van Der Kamp si pendant tout ce temps, je ne peux m’offrir des moments d’escapade et de liberté pour justement fuir le métro-boulot-dodo ?

Chacun a sa manière de voir les choses, de concevoir sa vie et surtout, chacun ses priorités.

Les travaux se feront petit à petit, ce n’est pas cette demeure qui est en péril.

Notre vie de famille recomposée est de plus déjà assez compliquée pour que nous ne sachions lâcher prise.

Je ferai également remarquer que si nous faisons plusieurs escapades au cours de l’année, nous ne partons pas non plus à l’autre bout de la planète ou dans les endroits les plus exotiques qui existent.

Certains choisissent de faire un très beau voyage, loin, onéreux une fois par an, nous, nous privilégions de courtes escapades, mais plus régulières.

Nous ne passons pas non plus nos soirées au restaurant ou à boire des bières, et à Paris, cela peut rapidement être un sacré budget.

Ce budget que certains allouent à leurs sorties régulières, nous préférons le mettre dans notre cochon (tirelire, les gars) et nous envoyer en l’air !

Mettez l’argent de 2 restaurants en semaine et 2 pubs (qui en plus de vous faire pousser la brioche, vous videront le porte-monnaie) et vous pourrez partir en week-end !

Nous faisons également très attention à nos budgets voyage, en réservant les vols assez tôt (Skyscanner est devenu notre meilleur ami) et prenons la plupart du temps des appartements sur Airbnb.

Je me sens si coupable en écrivant cela, car je dois bien avouer quelque chose les gars, c’est que c’est la plupart du temps l’amoureux qui passe son temps à trouver les meilleures offres…mais il a évidemment tout mon soutien moral, pendant que je fais la vaisselle !

A l’heure qu’il est, par exemple, il a déjà réservé les vacances pour cet été…avec mon accord, of course !

Cyclades -Juillet 2015
Cyclades -Juillet 2015
Organisation, quelques sacrifices, une revue de nos priorités et surtout l’envie, sont nos atouts majeurs pour des fenêtre ouvertes sur le monde, sur la vie…et oui, notre business plan est pourtant simple, non ?

Alors, certes, nous n’avons pas besoin d’un gestionnaire de fortune pour gérer notre argent car nous n’en avons pas plus que ça, mais nous sommes intégralement responsables du portefeuille de notre bonheur et c’est pour nous le plus important !

A bon entendeur, je vous souhaite une belle soirée.

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Que reste-t-il de Noël?

Voilà, Noël est passé, des semaines de préparation pour certains, et tout s’est envolé en fumée en 2 petites journées pour d’autres.

Que reste-t-il de Noël ?

Plus grand-chose sur le compte en banque, première constatation.

Quelques jours avant les fêtes, j’ai été, comme tous les ans, à nouveau assaillie par ce sentiment de culpabilité, celui qui envahit toutes les consommatrices compulsives à la vue d’objets brillants.

Cela a commencé quand je revenais de ma consultation chez ma gynécologue pour la pose d’un stérilet (on en reparle une prochaine fois si vous voulez bien), et chez laquelle je venais de lâcher 135 €.

Parcourant toute la rue Saint-Lazare avec ce nouvel habitant au creux de mon corps, force était de constater que je n’avais jamais vu autant de sans-abris dans les rues de Paris.

Jeunes, vieux, enfants, français, étrangers, beaux et moins beaux, la précarité n’épargne désormais aucun visage.

Je me demandais alors si ces 135 € n’avaient pas été mal employés, si je ne devais pas aller me faire retirer l’intrus de suite et distribuer ces quelques billets à ceux qui avaient des besoins bien plus vitaux que les miens.

Plus je marchais, plus la douleur éprouvée dans le bas-ventre se répandait dans l’intégralité de mon grand corps tout endolori.

C’était néanmoins mon cœur qui me faisait le plus peiner, alors que je calculais (comptais sur mes doigts en fait), la somme que j’allouais à mes cadeaux de Noël, alors qu’eux, ceux que je m’obligeais presque à ne pas voir, assis sur un vieux carton de déménagement, n’avaient rien.

Je rejoignais mon quartier un peu plus maussade que la veille, lors de ma virée aux Galeries Lafayette où Noël n’est qu’explosion d’étoiles filantes.

La réalité est pourtant toute autre quand on passe la grande porte et on s’engouffre dans le métro.

J’ai honteusement eu envie de cacher mes sacs quand j’ai aperçu de nouveau cette jeune fille, dans les courants d’air de la station Chaussée d’Antin-La Fayette, cette même jeune fille que j’aperçois là depuis des semaines, cette jeune fille qui me ressemble presque.

Puis cet adolescent, guère plus âgé que mon fils, qui affiche un sourire qui me surprend (note à moi-même : faut-il que je mette l’ado à la porte pour qu’il montre ses dents ?).

Deux femmes s’approchent de lui, j’imagine alors qu’elles ont été également touchées par celui qui pourrait être leur fils.

J’apprendrai plus tard sur le quai par une de ces 2 femmes, que Nicolas vit dans la rue depuis 3 semaines, après une énième dispute familiale, cela lui était devenu insupportable.

Je rentre chez moi en me disant que le Père-Noël ne faisait pas bien son job, il distribue toujours aux mêmes, oubliant ceux qui n’ont pas d’adresse postale.

Tout cet étalage de cadeaux sous le sapin m’écœure quelque peu, j’y ai pourtant grandement contribué, cela est bien hypocrite de ma part.

J’essaie de déculpabiliser en me répétant de ma petite voix aiguë, que cela est pour faire plaisir à ceux que j’aime, il n’y a pas de mal à cela.

Pour fuir Paris et cette frénésie contagieuse avant Noël, nous partons 2 jours avec les enfants, sur un coup de tête, vivre quelques moments en famille loin de tout cela.

Nous nous ressourçons, mangeons beaucoup trop, rigolons, avons froid, les enfants se disputent, et surtout, nous sommes ensemble et c’est le plus important.

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A l’ouverture des cadeaux, dimanche matin, la principale préoccupation des petits, avant même de savoir ce qu’il y avait dedans, était celle de savoir qui avait récolté le plus de paquets.

Cela en devient déplaisant.

Mais à qui l(m)a faute ?

Aujourd’hui, les poubelles débordent d’emballages de papier doré déchiré sans aucune considération pour les petites mains qui l’ont plié avec amour, les chambres regorgent de nouveaux jouets, et les enfants ne sont pas là.

Bien sûr, le Père-Noël nous a encore une fois drôlement gâtés, trop, cela en devient gênant quand on regarde les infos, que l’on lit les journaux, que l’on lève un peu le nez de son téléphone dans la rue.

J’apprécie ENORMEMENT chacun des cadeaux qui m’a été fait, bien évidemment (je les kiffe grave).

Mais savez-vous ce que je retiendrais le plus ?

Les moments passés avec la smala, le fait d’avoir pu nous réunir avec les 2 familles.

Je les apprécie d’autant plus que je sais que mes parents ne seront plus en France l’année prochaine et c’est comme si Noël allait perdre tout son sens.

Car sans cette même famille, il y a 7 ans, alors que le monde s’écroulait autour de moi, c’est moi qui aurait pu me retrouver assise sur un bout de carton de déménagement, dans le métro, à regarder les autres courir avec leurs immenses sacs remplis de présents, ceux-là mêmes qui n’auraient pas eu un seul regard pour moi.

Alors, que reste-il de Noël ?

Des sourires, des rires, des pleurs, des moments de colère, des cris, des punitions, de l’énervement, parfois un peu de désespoir mais tous ENSEMBLE.

Et ça, cela ne s’emballe pas.

Distribution d’amour sur tous et bien évidemment, bonnes fêtes !

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