Un revirement de carrière à 37 ans, vous y croyez, vous?

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En ce moment, je me pose beaucoup de questions par rapport à mon avenir professionnel.

Est-ce que c’est encore  légitime de vouloir changer de voie à 37 ans ?

De formation littéraire, j’ai finalement très peu exercé dans ce domaine, poussée par d’autres vents, au gré de mes rencontres.

Je le regrette un peu aujourd’hui car j’ai toujours aimé les mots et m’en éloigner m’a rendue quelque part assez malheureuse.

D’autres maux sont arrivés et m’ont dicté d’autres chemins.

Puis de retour à Paris après un séjour de 7 ans à l’étranger, il a fallu trouver un emploi très rapidement, et oui, on ne vit pas d’amour et d’eau fraîche (je vivais d’ailleurs plus d’eau fraîche à l’époque).

Je me suis rapidement engagée dans les métiers du service dans un très grande groupe qui prétendait vendre des services de luxe.

Je n’étais pas du tout d’accord avec cette politique, bien que j’ai évolué rapidement au sein de ladite société, ce qui peut aider à adhérer aux « valeurs » de l’entreprise.

Les relations y étaient assez malsaines, les commerciaux étaient capables de vendre leurs propres enfants pour obtenir un « deal ».
L’hypocrisie était le sésame pour réussir.

La pression du chiffre d’affaires prenait le pas sur tout.

Nous étions pourtant Numéro 1 dans notre secteur.

Puis il y a eu cet épisode qui m’avait profondément choquée : la directrice du centre d’affaires qui m’avait recrutée, s’est fait retirer la direction de ce centre de prestige peu de temps après un changement de direction…tout était copinage et commérage.

Nous n’avons même pas eu le temps de lui dire au revoir (coucou Caro).

Elle était fortement appréciée de son équipe.Personne ne s’en ai soucié.

Je ne parlerai même pas de la personne qui l’a remplacée, tant elle a causé de mal au sein des équipes, elle ne s’est jamais remise en cause (et elle y est toujours).

Puis il y a eu l’ épisode 137 qui m’a achevée : j’étais à ce moment responsable d’une équipe de jeunes filles charmantes qui étaient ce qu’ils appelaient Customer Service Representative (en français : boniche du client).

Nous avions recruté une jeune fille pleine d’entrain et avec le sens du service (c’est tout de même ce qui devrait primer, non ?) qui se trouvait à l’accueil le jour du passage d’un haut membre de la Direction.

Il est venu nous voir et nous a dit « C’est quoi ça ? »

« Comment ça,ça ? »

« Cette fille à l’accueil. On ne renouvelle pas sa période d’essai.
Elle part aujourd’hui ».

J’étais en état de choc, les larmes me piquaient les yeux.

Cette jeune fille ne correspondait en effet pas aux critères habituels de l’hôtesse d’accueil : grande, belle et mince.

Elle était petite, boulotte et avait les joues rouges. Elle ne se maquillait pratiquement pas non plus.

Juste pour cela, elle a été congédiée sans appel.

Cette société ne méritait plus ma considération puisqu’elle n’en avait elle même aucune pour les êtres humains qui la constituaient .

Je garde tout de même de belles amitiés et de non moins belles rencontres au sein de ce groupe (coucou les copains).

Mais j’y ai surtout développé un très grand sens du service et du client et j’y ai appris énormément de choses.

J’ai finalement été débauchée par un client pour lequel je suis partie en tant qu’Office Manager.

Office Manager c’est une pièce maîtresse: le relais entre les collaborateurs et la Direction, la gestion du bureau, un peu l’œil de Moscou,multi-tâches et très basé sur le relationnel…l’humain, c’est ma came.

Une plus petite structure, ce qui me convenait parfaitement.

Puis au bout de 4 ans j’ai eu envie de changer d’air et me suis envolée vers une autre grosse entreprise (un des Big 4).

Ce fut cauchemardesque.
Je ne retiendrai et n’évoquerai ici que deux choses : les jolies rencontres (coucou les copines) et à nouveau le manque d’humanisme des grands groupes.

Me voilà aujourd’hui dans une plus petite structure (nous sommes 80), toujours en tant qu’ Office Manager (une fois que l’étiquette est collée, elle ne vous lâche plus).

Le côté humain est bien présent puisque nous ne sommes pas 4000 et cela me plaît.

Etre plus qu’un numéro de matricule, s’appeler par nos prénoms et avoir une relation d’humain à humain, c’est quand même chouette.

Je ne manque jamais d’occupation , je suis assez volontaire et curieuse et m’essaie donc à d’autres fonctions qui n’étaient pas comprises au départ dans mon poste : celles de Community Manager et gestion du site Web.

Une refonte du site internet et la mise en place d’autres actions dans le domaine du digital m’ont donné envie d’en savoir plus.

J’ai alors décidé de retourner à l’école : je suis actuellement une formation de Community Manager, formation que je devrai terminer en mars 2016.

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Je me suis découverte une passion pour le WEB 2.0.

Is that too late, Sir? (je vous ai déjà dit que j’étais bilingue, hein?).

Clairement je suis lasse de ce que je fais et aimerai m’insérer dans une dynamique de reconversion professionnelle.

J’ai besoin de challenges, nouveaux défis, plus de créativité, d’être dans un environnement qui me corresponde plus, un monde où on communique!

I believe I can fly ! (ah ah)

Seulement, voilà, je n’ai plus 20 ans.

A 37 ans, on vous dit souvent, trop tard pour avoir un enfant, reprendre ses études ou prendre le large vers d’autres océans.

Il ne faut pas prendre de risque, tu as la chance d’avoir un job et de surcroît bien payé, pourquoi se bouger le cul?

Seulement, je me dis, pourquoi est-ce que je ne prouverai pas le contraire?

Est-ce que ces « on dit » seront suffisants pour mettre fin à ma détermination?

I don’t think so.

Alors, j’aimerai bien découdre cette étiquette.

Je m’en vais de ce pas acheter une trousse de couture.

Et vous, qu’en pensez-vous?


29 réflexions sur “Un revirement de carrière à 37 ans, vous y croyez, vous?

  1. Je suis totalement d’accord avec toi ! Et puis d’abord on passe plus de temps au travail que chez soi alors autant essayer dans la mesure du possible de s’y sentir bien et d’être en osmose avec nos souhaits. J’ai été 8 ans dans l’hôtellerie. Je souhaite me réorienter mais je galère car malgré mes capacités évidentes à la lecture de mon CV pour les postes recherchés, il me manque une expérience significative. Mais je suis persuadée qu’avec de la patience, beaucoup de self-contrôle et un peu de chance quand même on peux y arriver. Je te souhaite tout le meilleur et ne te base jamais sur les « on-dit » car sinon on avance jamais ! 😉 bisous

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  2. Je suis d’avis qu’il n’y a pas d’age pour changer. Je vois des tas de personnes se réorienter et je trouve ça génial.Quand les choses se seront tassées pour moi, j’ai bon espoir de passer ce cap du changement d’orientation. Aujourd’hui j’apprends, demain j’entreprends.
    Fonces Cristina! The power is with you!

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    1. Bonjour Marie ! Nous avons beaucoup de points en commun je vois .les choses commencent à aller beaucoup mieux pour moi alors je me dis pourquoi pas ! The power with us ! Des bisous et très bonne journée , Cristina

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  3. Pour moi il n’y a pas d’âge pour changer de voie, à partir du moment où tu es bien décidée à tourner une page parce que tu en ressens vraiment le besoin il faut se lancer. 🙂
    En tout cas je suis choquée de la reflexion  » mais c’est quoi ça » au sujet de la jeune fille à l’accueil, certaines personnes ont vraiment perdu de leur humanité c’est triste!

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    1. Bonjour Fafa ! Merci de ton soutien ! Cela est très encourageant ! En ce qui concerne mon expérience dans cette fameuse boîte , ce n’est malheureusement qu’un échantillon ! Dans ce cas en plus, c’est moi qui ai du lui annoncer. J’en ai été malade pendant plusieurs jours ! C’est assez traumatisant ( imagine pour elle ). En tous cas c’est derrière moi ! Et je ne veux plus de ça . Bises tout fraîches de Paris !Cristina

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  4. Ton article fait echo. J’ai changé de voie à 37 ans ! Adieu bon salaire et travail qui ne m’epanouissait plus. Bonjour la légèreté et l’entrain retrouvé. Faut pas se leurrer le plys difficile quand on repart à zéro à cet âge c’est de dire au revoir à un certain niveau de vie. Mais cela en vaut la peine ! On gagne en sérénité et ça c’est quand même le plus important ! Good luck 🙂

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  5. Moi je pense qu’il n’est jamais trop tard 🙂 Et même si mon job me plaît à l’heure actuelle, je ne sais pas si je saurais supporter la pression encore 28 ans (j’ai calculé, je peux prendre ma retraite à 62 ans :D)

    On est en 2015, et c’est normal d’avoir plusieurs vies professionnelles, contrairement à nos parents qui n’ont pas vraiment connu ça, parce que ça ne se faisait pas, ça n’était pas dans les mentalités (déjà quand une maman travaillait à l’époque c’était pas forcément toujours très bien vu…). Par contre je crois que le seul point sur lequel j’aurais du mal à revenir en arrière, c’est le salaire et le niveau de vie. Ça ne m’aurait pas du tout dérangé il y a 4 ans quand je n’avais pas mon fils, mais maintenant c’est différent, j’ai envie qu’on soit bien, qu’on puisse partir en vacances, et pouvoir lui assurer son avenir en mettant de l’argent de côté. Bref, il y a des sacrifices que je ne serais pas forcément prête à faire, tout est une question de choix je pense !
    J’ai hâte de t’en parler de vive voix !

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    1. ahha 62 ans !! au secours !! Tu as raison, à aprtir du moment où l’on a un certain confort financier et on a habitué nos enfants à vivre en conséquence, c’est compliqué…Moi aussi j’ai tant de choses à te dire ! Je ne sais pas si une soirée va être suffisante ! Merci en tous cas ma Chère Anne ! Je t’embrasse

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  6. Rien n’est impossible ! Après 7 ans dans le paramédical, j’ai enfin sauté le pas d’une reconversion (dans la couture). A 30 ans avec une petite fille en bas âge et une maison en construction ! Et que personne me dise que « ce n’était pas le moment ». Ceux-là, je ne les entends plus. Il faut s’écouter et si ça te permet d’être plus épanouie alors « oui c’est le bon moment et oui c’est le bon choix » ! Fonce !

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    1. Merci beaucoup Fanny ! Vos précieux témoignages m’encouragent vraiment..je sais que rien n’est simple et tout ne pas être rose dès le départ mais il faut bien entendu être persévérant ! Bravo à toi pour ta reconversion réussie alors 🙂 A bientôt, Cristina

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  7. Salut,

    J’ai refait une formation pro à 26 ans (ok tu vas dire que c’est jeune) mais… dans mon groupe de collegue de reconversion, il y avait des mamans (oui toutes avaient des enfants, allant de 1 à 4 enfants) de plus de 40ans. Elles y sont arrivées sans soucis, avec de l’organisation (pour les enfants) et parfois en travaillant à mi temps à coté (parce que comme tu dis on ne vit pas d’amour, d’eau fraiche et d’études). Maintenant, elles ont finies, elles ont un nouveau taf qui les éclatent, elles se bougent à fond, elles montent des projets (parfois gros) et réussissent! Leur gros avantage : la motivation (alors que la moyenne d’âge dans ces études est de 18-19 ans).

    Alors si tu es motivée : fonce!!

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    1. Merci Madame Ananas ! 😉 C’est vraiment très sympa de passer du temps à me donner des conseils et vos retours d’expérience…je viens de jeter un oeil à ton blog, il a l’air très sympa…A très bientôt Karine ! Cristina

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    2. J’ai également fait des formations où j’avais le double voire plus que l’âge de la majorité des participants, tout en travaillant en parallèle… En effet, le point fort, c’est la motivation ! 😉

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    1. Tu as raison, la vie n’est pas un long fleuve tranquille mais un long fleuve de changements. Il faut savoir prendre des risques. J’espère pouvoir vous raconter ça bientôt ! Merci de ton passage par ici Aline. Bonne soirée ! Cristina

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  8. J’ai bossé et évolué dans la grande distribution avant que l’on me montre « poliment » la porte de sortie.
    Après un bilan de compétences, j’ai préparé le concours pour devenir prof des écoles.
    Je l’ai réussi.
    Pas évident de se remettre à potasser et de se retrouver avec des petites jeunes et petits jeunes fraichement sortis de l’école.
    Notre avantage, je pense, la rigueur dans notre travail et notre préparation.
    Bon courage à toi.

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    1. Les petites jeunes ça ne me fait pas peur ! Effectivement, je pense bien avoir acquis rigueur et préparation…Je vais demander à Monsieur Courage de me pousser et Madame Chance de me donner un petit coup de pouce…je m’occupe du reste…Bravo à toi et merci pour ton commentaire et à bientôt.

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  9. C’est un beau message de courage et cela montre ta force de caractère !! Je réfléchis aussi à changer, et je trouve des milliards de raisons d’avoir peur, alors qu’il suffit de se lancer et d’y croire très fort ! Une formation sur le web, c’est une super idée, je croise les doigts pour toi 😉

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  10. Bah, je ne peux que souscrire aux précédents commentaires : il n’est JAMAIS trop tard pour changer quoi que ce soit: enfant, travail… Bien au contraire !

    Tout au long de ma vie, je n’ai fait que changer car j’aime apprendre et avoir plusieurs « cordes à mon arc »… J’ai suivi des formations et obtenu des diplômes dans différents domaines (animation, photo, para-médical, écriture… J’ai même eu l’équivalent du BAC à 49 ans !)
    Et maintenant, à 50 ans, ce n’est pas fini ! (je viens d’être à nouveau papa et j’envisage la FAC ! ).

    Rien n’est figé, rien n’est définitif, rien n’est acquis…

    Je t’encourage donc à aller de l’avant ! 😉

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