Bilan des vacances : je ne vous avais pas menti.

Je suis reviendue ! (oui, je suis une blogueuse qui souhaite être accessible à tout public).

Après vous avoir nargué pendant trois semaines, avec mes photos de mer turquoise, plages désertes, ciel bleu et bourrelets, je ne faisais pas ma maligne hier matin, entre ceux qui ignorent encore l’existence du déodorant et les autres pauvres gens que le sourire a déserté, ô pauvres gens.

Quand le réveil a sonné, j’ai pensé pendant quelques secondes que le coq me faisait une mauvaise blague et qu’il avait changé son chant, rien que pour moi.

Que nenni.

Il s’agissait bien de la sonnerie « vagues » de mon appareil à la pomme.

Mais si je reviens de si tôt, ce n’est pas pour vous faire un rapport détaillé sur la Sardaigne et le Portugal, car si vous partez bientôt, vos destinations sont déjà choisies et je ne vous serai d’aucune aide dans l’immédiat.

Je pourrai vous en reparler plus tard, si toutefois ma grande bonté ne m’a pas désertée (comme les autres avec le sourire).

A vous, qui trépignez d’impatience de faire vos valises avec vos marmots et qui ne m’avez pas crue un seul instant quand je vous disais que les vacances pouvaient se transformer en enfer avec ces nains qui font pipi dans la piscine, dans mon dernier billet, je viens vous prouver que je disais vrai.

Tout ce que je vais vous raconter est certifié conforme, avec mes respectueuses salutations.

Avant toute chose, et sans aucun rapport avec l’objet principal de cet assemblage de mots, je dois vous avertir que si vous partez en Sardaigne, vous devez porter un string sur la plage.

Toute sarde qui se respecte en portait un, pour le plus grand plaisir de ces messieurs (et de l’amoureux).

Choisissez-le sans couture et de couleur flashy.

Mon conseil mode vous ayant été gracieusement offert, je peux maintenant vous lister quelques situations qui peuvent se produire pendant les vacances dont vous rêvez depuis onze mois. Onze interminables mois.

Je commence doucement, pour ne pas vous brusquer et n’évoquerai cette fois-ci que trois cas d’école.

Vous qui n’avez pas d’enfants, fuyez.

  1. La piqûre de Méduse : nous y avons eu droit. Pas une fois, pas deux fois, mais trois. Une piqûre de méduse, ça fait mal, on le sait. Mais pas au point de mobiliser toute la plage autour de toi. Imagines-toi tranquillement installé(e) contre ta moitié, dégoulinant(e) d’huile solaire, les cheveux mouillés, prêt à pénétrer sa bouche avec…ta langue. Les enfants pataugent dans l’eau, la mer est calme, il n’y a pas de danger. Tout à coup, tu entends des hurlements provenant de la mer. Ô God, un squale ! Quelqu’un est en train de se faire démembrer par un requin blanc, c’est sûr. Les requins blancs, c’est connu en Sardaigne, m’enfin. Tout le monde, ABSOLUMENT tout le monde est debout sur la plage. Tu te lèves pour dire à tes enfants de sortir de l’eau et tu reconnais une symphonie familière. La même sirène qui se déclenche quand tu ordonnes à ton mioche d’aller se coucher ou quand tu lui annonces qu’il n’y a plus de Nutella. Nooooon. C’est mon enfant. Que faire ? Se cacher ? Non…tu ne peux pas. Musique d’Alerte à Malibu en fond sonore, tu clopines sur le sable brûlant et essaies d’arracher ta progéniture de la vilaine créature. Là, elle te voit approcher, et se met à hurler ton nom de plus en plus fort, au cas où les autres personnes ne sont pas encore au courant que tu es le parent indigne.Tu palpes le mouflet, il ne lui manque rien. Pour sauver la mise, tu le prends dans tes bras comme David l’aurait fait avec Pamela. Sur le cuissot du moutard (bon en fait, il s’agissait de la moutarde mais ça le faisait pas), un énorme tatouage.

« E una puntura di medusa ! » s’écrient Paolo et Gina autour de nous.

Medusa ? Come ?

Ah ? C’était donc ça.

Note positive : tout les gens autour de nous nous ont tendu leur crème à base de cortisone censée apaiser il bambino. Nous avons vu le sarde d’un autre œil. En échange, ils nous ont demandé de leur apprendre le french kiss. L’amoureux a refusé. S’il adore le string, il déteste le poulpe. Et ils avaient tous une haleine de poulpe.

La prochaine fois, je vous raconte la piqûre de frelon (vécue aussi).

  1. C’est bien connu, la mer ouvre l’appétit. Nous mêmes, adultes, sommes toujours en train de grignoter. Avec des chiards, tu sais que tu te ballades avec une valise en guise de garde manger. Quand tu choisis l’option pique-nique, normalement pour leur plus grand plaisir, tu peux très vite regretter ton choix. Un soir, jusqu’à minuit, au lieu de nous accoupler, nous avons cuit du riz, des pâtes, des œufs, haché des légumes frais afin de faire des salades colorées et nutritives à ces farfadets. Nous y avons mélangé thon, jambon, fromage et olives. Elles étaient belles, nous étions fiers. Sur un malentendu, nous avons pris un paquet de chips. Arrivée l’heure du repas, serrés sous le parasol blanc et rouge, les yeux collés par le sel, nous ouvrons fièrement la glacière, en nouveaux Bidochons que nous étions en train de devenir (certains diront Bonichons) et sortons nos deux saladiers aux couleurs de l’arc-en-ciel.

Un piquet de grève se constitue dans la minute. Flopée d’onomatopées.« Beurk », Arhrgg », « Hannn », « Bouh ».

Succès nul pour nos salades, évidemment. Le paquet de chips, par contre, a été savouré tel un met gastronomique.

Ingrats. Ces gosses sont des ingrats.

Un autre jour, alors que nous avions décidé de leur faire découvrir la gastronomie sarde dans un restaurant traditionnel, nous avons failli les abandonner. Un par un. Chacun commande son plat sans comprendre un mot de la carte. Pas de problèmes, tout a l’air très bon. Pour rappel, lecteur, le sarde pense que l’italien est la seule langue au monde et ne traduit pas ses menus. Tous les trois se ruent sur la corbeille de pains et de gressinis qu’ils dévorent en une minute trente, montre en main. Les plats arrivent. Flopée d’onomatopées. Les mêmes que celles du pique-nique. Les mini-nous souhaitaient tous le plat du voisin, mais surtout pas le leur. Nous avons été obligés de négocier sévèrement, méthode GIGN, pour les forcer à partager. Nous n’avons évidemment presque rien mangé, contraints de leur offrir nos plats, sous peine de déclenchement de sirènes.

Fière d’avoir su apaiser le conflit, je propose un dessert.

La seule chose que j’ai comprise de la bouche de la serveuse me donnait envie : desserts traditionnels, faits maisons. Entre ces mots, il y avait les mots Panacotta, Nutella et Ricotta. Miam.

Les voilà de nouveau enthousiastes. Ils sont presque charmants.

L’amoureux me dit que c’est une mauvaise idée. J’insiste.

Les desserts posés sur la table, nous découvrons qu’ils connaissent d’autres onomatopées. Nous les menaçons de leur supprimer les spinners, de les faire chanter tous nus dans la rue, de couper le WIFI, de faire l’amour devant eux pour qu’ils mangent au moins une petite bouchée. Une seule bouchée d’un truc en –A. Ils ne démordent pas et forment un trio solidaire. Ils ne mangeront pas.

Note positive : il n’y en a pas. Nous avons eu une addition ultra salée et nous, adultes, avons mis trois jours à digérer la farandole de spécialités en -A.

La prochaine fois, ils mangeront du sable, croyez-nous.

Ingrats, ces gosses sont des ingrats.

  1. Peut-être le point qui me fait le plus mal car je suis personnellement une grosse dormeuse.

Pourtant tu le sais, à l’instant où tu mets un bébé au monde, tes nuits et tes grasses matinées tu oublieras.

Quoi, tu ne le savais pas ? Quitte ce blog, ce sera certainement trop douloureux pour toi.

Avant les vacances, une fois nos trois progénitures réunies, nous avions convoqué un conseil exceptionnel de bambins.

Powerpoint à l’appui, nous leur avons sagement expliqué qu’ils avaient tout à gagner à nous laisser dormir au moins jusqu’à neuf heures et demie le matin.

Nous serions de meilleure humeur, aurions envie de sortir avec eux le soir, et promettions même des glaces à l’italienne à volonté.

L’enfant blond rétorquait que c’était tout à fait impossible pour lui, cela lui était biologiquement inconcevable.

Le châtain clair qu’il allait essayer mais ne promettait pas d’aller au delà de neuf heures.

L’ado, bien sûr, pour une fois, était notre allié.

C’est peut-être ça l’espoir, attendre qu’ils aient quinze ans pour qu’ils dorment jusqu’à midi.

Arrivés sur place, le premier jour, nous étions persuadés qu’ils allaient tomber comme des mouches et laisser sonner au moins onze coups au clocher de l’église, le lendemain.

Fingers in the nose.

Nous nous étions levés à quatre heures du matin, après trois heures de sommeil.

Autant vous dire que nous, les quadras, étions rincés et pratiquement sous perfusion.

Au préalable, l’amoureux avait redonné la consigne : s’ils se réveillent avant nous, ils restent sagement dans leur chambre. En cas de force majeure, ils peuvent venir gratter doucement à la porte. Si urgence force 2, trois petits coups peuvent être frappés. Mais on n’ouvre jamais la porte avant le signal.

Papa et maman font parfois du coloriage.

Le lendemain matin, chacun de notre côté du lit, pour essayer de ne pas fabriquer encore plus de chaleur que l’existante, nous ouvrons tous les deux un œil. Lui le gauche, moi le droit. Tels des chiens de garde, nos oreilles sont aux aguets.

Quelqu’un gratte à la porte.

Nous faisons les morts.

Je regarde mon portable : il est huit heures.

Quelqu’un frappe.

Nous sommes enterrés.

PAS LA.

Des petits pas d’éléphanteaux se font entendre dans le couloir. Les petits morveux.

Ouf, ils se sont recouchés.

J’essuie ma bave, l’amoureux tente un rapprochement.

On frappe de nouveau à la porte.

Il est huit heures quinze.

Cas de force 2.

« Qu’est-ce qui se passe ?

C’est NOUS !!!

Oui mais qu’est-ce que vous voulez ?

On veut vous faire un câlin ! On peut entrer ? »

Dois-je vraiment vous préciser que cette scène se répéta tous les jours ?

Note positive : je vous laisse deviner.

Je pourrai vous raconter encore des dizaines d’anecdotes de vacances avec les mouflets. Et vous, quelles sont les vôtres ?

Bonnes vacances à tous ceux qui partent bientôt, bon courage à ceux qui ne peuvent pas partir et bravo à nous d’avoir survécu à cette épreuve, bravo à vous d’être arrivés jusqu’ici.

A part ça l’eau était transparente, les plages plutôt très belles et le ciel très bleu.

 

Signature

7 réflexions sur “Bilan des vacances : je ne vous avais pas menti.

  1. les vacances avec les enfants c’est une expédition, un véritable périple. Le remède miracle pour les piqures de méduses c’est d’y faire pipi dessus. Je ne te garantis pas l’efficacité mais ça calme net les hurlements! Bisous

    Aimé par 1 personne

  2. Mais tu me fais tellement rire!! « Papa et Maman font parfois du coloriage », je crois qu’elle va rester celle-là!! Mes 2 garçons sont petits, il me reste quelques années de répit (enfin j’espère!) avant de connaître tout ça mais je suis sûre que tu as passé de magnifiques vacances 😉

    Aimé par 1 personne

  3. Vous avez survécu à ces vacances en famille! Chapeau!
    L’enfant sur la plage c’est tellement ça – j’ai failli m’étouffer en te lisant.
    Demain, je passe en mode « soleil, pelles et châteaux de sable ». J’espère avoir quand même un peu de temps pour bouquiner et écrire…A suivre…
    Bonne reprise ma belle et au plaisir de se revoir pour un déj à mon retour.
    Plein de bises

    Aimé par 1 personne

  4. Ha ha ha ha, si tu veux connaître mes vacances de cauchemar avec mes enfants tu enlève les méduses et tu rajoutes des guêpes, et pour le lever le matin c’est pas 8h, c’est pas 7h, c’est même pas 6h, non madame, c’est 5h30 du matin. Tous les matins ou presque (les autres matins c’est 6h, 7h quand on est à la super méga grasse mat’ qui nous réveille dans l’angoisse : comment se fait-il qu’ils ne sont pas encore debout, ils doivent s’être étouffés dans leur lit…). Et oui, nous on a des enfants vraiment lève tôt nous. Du coup j’ai pas réussi à trouver ça affreux que t’ait été réveillée à 8h, tu me comprends hein 😉

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  5. Qu’est-ce que j’ai ri !!! Je fais partie de ceux qui doivent désormais attendre 11 longs mois avant de réexpérimenter les vacances en famille 😉

    Par contre, nous, sur le sommeil, ça a été l’inverse de vous sur à peu près la moitié des vacances : on les extrayait Manu-Militari de leurs duvets vers 7h (gniark, gniark, gniark) … Par contre, ce que j’ai du mal à comprendre, c’est que le reste du temps, quand ils dormaient dans un lit confortable, ils étaient debout entre 6h30 et 7h mais on n’avait rien à gérer : il y avait les grands-parents déjà debout 😛

    Sinon, je veux bien le compte-rendu de la Sardaigne : je vais commencer à préparer les vacances de printemps 2018 …

    Aimé par 1 personne

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